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Tout savoir sur le quantitative easing (QE) et ses implications pour les marchés

L’assouplissement quantitatif, connu en anglais sous les vocables de quantitative easing (« QE »), est un outil de politique monétaire non conventionnel auquel les banques centrales recourent abondamment depuis que leurs taux directeurs ont atteint des niveaux historiquement bas à 0 % (voire négatifs dans certaines régions) au lendemain de la crise financière de 2008.

Ce billet explique les modalités opérationnelles du QE. Nous y abordons notamment, en détail, le processus d’achat d’obligations (Treasuries) par la banque centrale, en l’espèce la Réserve fédérale américaine (la « Fed »), et l’incidence qui en découle sur l’économie et les marchés.

Fonctionnement du Quantitative Easing (QE)

Les banques centrales qui s’engagent dans des politiques d’assouplissement quantitatif achètent des actifs financiers à grande échelle, principalement des obligations, aux banques commerciales et à d’autres acteurs sur le marché secondaire. Ces achats massifs ont pour ambition de faire baisser les taux d’intérêt directeurs et, partant, de dynamiser l’économie.

Lorsque la Fed achète des titres à une banque, elle crée de nouvelles réserves qu’elle crédite sur le compte de la banque en question. En revanche, si la Fed achète des titres à un investisseur institutionnel, ce qui est le plus souvent le cas, ce dernier obtient alors des dépôts bancaires en contrepartie de l’actif (puisqu’il ne peut pas détenir de réserves, sa banque le fait pour lui). La Banque d’Angleterre a réalisé un schéma pour faciliter la compréhension de ce mécanisme.

Le fonds de pension qui possédait des obligations (en violet) avant le QE dispose à présent de liquidités sous la forme d’un dépôt bancaire (en rouge) détenu auprès d’une banque commerciale.

La banque centrale a créé de nouvelles réserves ex nihilo (pile verte plus élevée) pour acheter des obligations d’État au fonds de pension.

Du côté des passifs, la banque commerciale détient désormais plus de dépôts (pile rouge plus élevée), car le fonds de pension a déposé davantage de fonds sur son compte bancaire. Du côté des actifs, la banque commerciale possède à présent des réserves plus conséquentes sur le compte qu’elle détient auprès de la banque centrale (pile verte plus élevée).

Impact de l’assouplissement quantitatif sur l’économie, l’inflation et les marchés

Techniquement parlant, les ventes de titres des fonds de pension, des compagnies d’assurance, etc., à la Fed créent une masse monétaire M2 plus conséquente. Néanmoins, la masse monétaire M2 (ou même M1) ne constitue plus une mesure utile permettant d’établir les prévisions d’une quelconque variable économique.

Les investisseurs institutionnels qui ont vendu des actifs à la banque centrale se retrouvent avec de nouveaux dépôts bancaires, mais ne disposent d’aucun moyen pour injecter cet argent dans l’économie réelle, si ce n’est par le truchement de prêts directs, dont le montant est insignifiant comparé à l’ampleur du QE.

Les investisseurs institutionnels vont utiliser les nouveaux dépôts bancaires pour rééquilibrer leur portefeuille d’actifs en achetant des actifs à rendement supérieur, tels que des obligations et des actions émises par des sociétés.

À travers le QE, la Fed a pour ambition de faire baisser les taux d’intérêt à long terme, l’augmentation des réserves et des dépôts bancaires étant une conséquence nécessaire du processus. Les modèles académiques laissent entendre que l’assouplissement quantitatif est un outil efficace pour faire baisser les taux d’intérêt et stimuler par la même occasion l’inflation. Néanmoins, les expériences de la Fed, de la Banque du Japon (« BoJ ») et de la Banque centrale européenne (« BCE ») révèlent que l’assouplissement quantitatif massif, du moins appliqué isolément, ne suffit pas à faire grimper durablement l’inflation.

L’assouplissement quantitatif semble avant tout soutenir le prix des actifs… mais beaucoup moins l’activité économique. Cela explique pourquoi, entre la crise financière de 2008 et la pandémie, nous avons assisté à une augmentation significative des prix des actifs financiers, mais très peu de l’inflation. Si la masse monétaire découlant du processus de QE était à même d’induire une tendance inflationniste, cela ferait longtemps que la BoJ aurait atteint son objectif d’inflation fixé à 2 % (les réserves de la BoJ ont été multipliées par 7 entre 2000 et 2019). Dans les faits, c’est là où les fonds sont injectés en premier lieu que l’impact sur les prix est le plus grand.

Cela dit, les opérateurs de marché sont d’avis que l’assouplissement quantitatif stimule le potentiel de croissance nominale, puisque les taux obligataires ont tendance à se redresser et la courbe des taux à se pentifier. Les investisseurs s’attendent à une embellie de la croissance nominale et exigent donc une prime de risque plus élevée en contrepartie de la possession de ces obligations

Impact quantitative easing sur les marchés

En phase d’assouplissement quantitatif, la hausse des taux obligataires à long terme et la pentification de la courbe des taux sont favorables aux actifs à risque, en particulier les valeurs cycliques. La situation est inverse lorsque la Fed normalise sa politique (diminution des achats d’actifs ou réduction de la taille de son bilan). Les opérateurs de marché le savent : à soutien monétaire moindre, potentiel de croissance réduit. C’est pour cela que les taux longs tendent à se contracter lors des phases finales de QE et que la courbe des taux s’aplatit.

>> En savoir plus sur l’impact des taux sur les marchés actions.

Si les banques créent des dépôts bancaires lorsque la banque centrale achète des actifs aux entreprises du secteur privé, elles peuvent tout aussi bien en créer sans l’intervention de cette dernière.

Les prêts bancaires

Les banques commerciales créent de la monnaie, sous forme de dépôts bancaires, en accordant de nouveaux prêts.

Lorsqu’une banque accorde un prêt, par exemple à un particulier contractant un prêt hypothécaire pour acheter un bien immobilier, elle ne lui remet pas des liasses de billets dans un attaché-case noir. En lieu et place, la banque crédite son compte bancaire à raison d’un dépôt bancaire correspondant au montant de l’hypothèque. À travers ce processus, de la nouvelle monnaie est créée. Les banques ne prêtent pas les dépôts de leurs clients ni les réserves qu’elles détiennent auprès de la banque centrale. La Banque d’Angleterre a également réalisé un schéma pour illustrer la manière dont l’octroi d’un prêt permet de créer de la masse monétaire.

Quand une banque accorde un prêt (pile des actifs plus élevée), elle crédite des dépôts bancaires fraîchement créés par la banque (pile rouge plus élevée) sur le compte de l’emprunteur.

Le prêt constitue un actif pour la banque, en ce sens qu’elle perçoit des intérêts sur ce dernier. A contrario, les dépôts représentent des passifs, puisque les banques tendent à rémunérer les épargnants.

Le client de la banque qui a emprunté pour financer son achat (pile des passifs plus élevée) se retrouve avec davantage de dépôts (pile rouge plus élevée).

Le bilan de la banque centrale demeure inchangé lorsque les banques accordent des prêts. La banque commerciale n’intervient pas dans le processus de création des prêts.


Les banques commerciales ne peuvent créer de la masse monétaire via les prêts qu’elles octroient au secteur privé sans quelques contraintes ni limites. Les banques prêtent plus ou moins d’argent en fonction du profil des candidats à l’emprunt, de leur solvabilité, de la rentabilité des fonds propres qu’elles peuvent générer et des contraintes réglementaires auxquelles elles sont soumises.

À ce jour, seules des contraintes de fonds propres pèsent sur les banques, en aucun cas des contraintes de réserves. Ces dernières se sont vues drastiquement renforcées depuis la crise financière de 2008, avec l’introduction des normes issues des accords de Bâle notamment. L’une de ces contraintes est l’effet de levier, qui est conçu pour s’assurer qu’une banque détient suffisamment de fonds propres pour absorber les pertes potentielles. Par exemple, avec un effet de levier plafonné à 20x, une banque disposant de 5 € de fonds propres ne peut détenir que 100 € d’actifs.

Le déficit public

Les gouvernements créent une autre forme de monnaie lorsqu’ils enregistrent des déficits publics, à travers l’émission de dette notamment. Le Trésor américain a par exemple dépensé plus de 6 000 milliards de dollars américains au cours de l’exercice 2020, dont la moitié a été financée par l’émission de nouveaux bons du Trésor.

déficit public Etats-Unis

Lorsque les gouvernements émettent de la dette, les investisseurs échangent leurs dépôts bancaires contre des bons du Trésor. Le gouvernement affecte par la suite ces dépôts bancaires à l’achat de biens et services qui contribuent à l’évolution du PIB.

Les bons du Trésor sont une forme de monnaie dans le système financier. En effet, ils ne présentent aucun risque de crédit, sont extrêmement liquides et sont facilement utilisés comme garanties. En moyenne, le volume des échanges quotidiens dépasse les 500 milliards de dollars américains pour les bons du Trésor américain, contre environ 30 milliards de dollars américains pour l’ETF le plus liquide (SPY).

Néanmoins, alors que les prêts accordés par les banques augmentent la quantité de dépôts bancaires, l’émission d’obligations ne crée pas de nouveaux dépôts. Le niveau total des dépôts bancaires demeure inchangé, seul le nombre de bons du Trésor augmente.

Le déficit public est donc en réalité un moyen de réinjecter les dépôts bancaires épargnés par le secteur privé dans « l’économie réelle » (=> la « vélocité » de la monnaie, c’est-à-dire sa vitesse de circulation, augmente). Le déficit public peut rapidement favoriser l’inflation, surtout lorsque tous les pays émettent de la dette de concert, une situation à laquelle nous assistons depuis le début de la pandémie.

Les déficits publics ont un effet inflationniste lorsqu’ils servent par exemple à financer des salaires, des infrastructures, ou des biens/services. Toutefois, l’impact sur l’économie est beaucoup plus incertain lorsque les fonds des déficits sont directement transférés au secteur privé.

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement américain s’est fortement endetté pour financer la lutte contre la Covid-19 et stimuler l’économie, en signant notamment plusieurs chèques à destination des ménages.

Selon une étude de la Fondation Peter G. Peterson, 74 % des ménages avaient prévu de dépenser immédiatement le premier chèque, mais cette proportion tombe à environ 20 % pour les deuxième et troisième chèques de relance. La moitié des ménages interrogés ont utilisé les deux derniers chèques de « relance » pour se désendetter (destruction de monnaie).

Ainsi, l’analyse de la masse monétaire M1/M2 et du déficit public se révèle insuffisante pour conclure qu’il y aura ou non de l’inflation. Le Japon enregistre d’importants déficits budgétaires depuis de nombreuses années et la banque centrale de l’Archipel achète énormément d’actifs au secteur privé depuis plusieurs décennies. Et pourtant, l’inflation peine à atteindre les 2 % attendus.

Cela tient au désendettement du secteur privé. En effet, le secteur privé japonais se désendette depuis la bulle spéculative connue par le pays (1986-90), ce qui réduit drastiquement l’effet inflationniste des déficits publics de l’État japonais ou des programmes de QE. La dette privée est tombée à 220 % du PIB japonais avant la pandémie, contre 260 % au début des années 2000.

Conclusion

Vous l’aurez compris, les raccourcis “QE = inflation” ou “hausse de la M1/2 = inflation” ne sont pas si évidents.

La Fed ne peut avoir d’action inflationniste à elle toute seule, car elle n’a pas le pouvoir d’injecter de l’argent dans l’économie réelle. Ce sont l’État et le secteur privé qui sont à même de générer de l’inflation en augmentant les dépenses dévolues à l’économie réelle.

Les agents économiques sont contraints par leur capacité d’emprunt, ce qui n’est pas le cas des États, qui peuvent bien plus facilement s’endetter sur les marchés dans l’optique de stimuler l’économie.

Enfin, il est important de se rappeler de l’utilisation qui est faite des dépôts, surtout maintenant que les outils non conventionnels des banques centrales sont devenus conventionnels : en effet, les dépôts peuvent augmenter très rapidement, sans pour autant que cet argent ne circule à nouveau dans l’économie réelle.

Focus marchés pour la semaine du 28 octobre 2019

Le rapport clé de cette semaine est le rapport de l’emploi publié vendredi.

Parmi les autres indicateurs clés figurent l’indice ISM manufacturier d’octobre, les revenus et dépenses des ménages ainsi que l’indice Case-Shiller des prix des logements pour août.

Concernant l’industrie, l’enquête de la Fed de Dallas sera publié cette semaine.

Le FOMC se réunit cette semaine et devrait baisser les taux directeurs de la Fed de 25 points de base.

Lundi 28 octobre

14h30 – Indice d’activité nationale de la Fed de Chicago pour septembre. Cet indice est composé de plusieurs données macroéconomiques.

16h00 – Indice manufacturier de la Fed de Dallas pour septembre.

Mardi 29 octobre

15h00 – Indice S&P/Case-Shiller des prix des logements pour août.

Evolution des prix des logements aux Etats-Unis

16h00 – Promesses de ventes de logements pour septembre. Le consensus table sur une baisse de 0,2% en septembre.

Mercredi 30 octobre

14h15 – Le rapport ADP sur l’emploi pour octobre. Ce rapport est uniquement pour les emplois dans le secteur privé (n’inclus pas ceux du gouvernement), ce qui n’est pas le cas du NFP. Le consensus est pour 139’000 créations d’emplois contre 135’000 en septembre.

14h30 – PIB du troisième trimestre 2019 (première estimation). Le consensus table sur une hausse de 1,7% du PIB sur un rythme annualisé, en baisse par rapport au deuxième trimestre (2,0%).

20h00 – Communiqué du FOMC. La Fed devrait procéder à une nouvelle baisse des taux de 25 points de base, sa troisième depuis le début de l’année.

20h30 – Discours du président de la Fed, Jerome Powell.

Jeudi 31 octobre

14h30 – Les revenus et dépenses des ménages pour septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,3% des revenus des ménages et de 0,2% des dépenses. L’indice PCE core est attendu en hausse de 0,1%.

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (212k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

15h45 – Indice PMI de Chicago pour octobre. Le consensus est pour une lecture à 48,0 contre 47,1 en septembre.

Vendredi 1 novembre

14h30 – Le rapport de l’emploi pour octobre. Le consensus est pour une augmentation de 93’000 emplois (publics et privés et hors secteur agricole) et d’une hausse du taux de chômage à 3,6%.

En septembre, il y a eu 136’000 emplois créés dans le secteur non agricole et une baisse à 3,5%.

Le graphique ci-dessous montre le changement sur une année des emplois (hors secteur agricole).

Rapport NFP de l'emploi des Etats-Unis

En septembre, il y a eu 2,147 millions emplois créés sur une année.

Les chiffres sur les salaires seront également importants à suivre.

16h00 – Indice ISM manufacturier pour octobre. Le consensus est pour une lecture à 49%, soit en hausse comparé à septembre (47,8%).

16h00 – Dans le même temps, les dépenses de construction de septembre seront publiées. Le consensus est pour une hausse de 0,2% des dépenses.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon dernier bilan complet de l’économie U.S..

Calendrier économique U.S. d’octobre

Calendrier économique US octobre 2019

Commentaires sur le marché américain des logements – Septembre

En ce moment, nous attendons beaucoup parler de la courbe des taux, de la guerre commerciale ou de la chute de la production industrielle, mais les observateurs de la macro ne semblent pas s’intéresser au marché des logements.

Confiance des constructeurs immobiliers

Pourtant, le marché des logements aux Etats-Unis continue à s’améliorer.

L’indice NAHB du marché immobilier a atteint son plus haut niveau en 20 mois à 71. Tout chiffre supérieur à 50 indique que davantage de constructeurs considèrent que les conditions de vente plutôt bonnes que mauvaises.

Indice NAHB à un plus haut de 20 mois en septembre.

Les indicateurs du logement sont extrêmement utiles en tant qu’indicateurs avancés de l’économie américaine. Par exemple, ils se sont affaiblis au second semestre de 2018 (avant le krach de décembre) et se sont renforcés depuis le début de 2019.

Dans le passé, lorsque l’indice NAHB du marché du logement atteignait son plus haut niveau en 20 mois, le S&P 500 était tout le temps en hausse 12 mois plus tard (sauf une baisse de 2% en 1993) et avec une performance médiane de 12% !

Performance du S&P 500 lorsque l'indice NAHB est à un plus haut de 20 mois

Mises en chantier

Les mises en chantier de logements mesurent le nombre de nouvelles maisons qui commencent à être construites aux États-Unis. Ce chiffre est en tendance haussière en ce moment.

Les mises en chantier sont ressorties en-dessous des attentes en septembre, mais les chiffres de juillet et août ont été revus à la hausse.

Le rapport a montré que les mises en chantier avaient diminué de 9,4% en septembre par rapport à août, mais qu’ils avaient augmenté de 1,6% sur une année glissante.

Les mises en chantier de maisons individuelles ont augmenté de 4,3% sur une année glissante tandis que les mises en chantier de logements collectifs ont diminué de 5,8%. Une grande partie de la faiblesse de ce mois-ci était dans les logements collectifs, mais le rapport reste correct dans son ensemble.

Dans le passé, les mises en chantier avaient tendance à baisser avant le début des récessions. Cette évolution est positive pour la macroéconomie, d’autant plus que les mises en chantier ont connu une tendance à la baisse à la fin de 2018.

Evolution des mises en chantier aux Etats-Unis

Logements collectifs

Vous trouverez ci-dessous l’évolution des mises en chantier et les achèvements de logements collectifs.

Comme la réalisation d’un logement collectif prend en moyenne plus d’un an, il existe un décalage entre les mises en chantier et les achèvements. Les achèvements sont importants car il s’agit d’une nouvelle offre ajoutée au marché, et les mises en chantier sont importantes car il s’agit d’une nouvelle offre future (les logements en construction sont également importants pour l’emploi).

Mises en chantier des logements collectifs aux Etats-Unis

Nous pouvons constater que la moyenne à 12 mois des mises en chantier (ligne rouge) a fortement augmenté les années après la grande récession jusqu’en 2015, puis a diminué. Les mises en chantier de logements collectifs évoluent dorénavant latéralement.

Cependant, je ne porterai pas de grande attention à cette stabilisation des mises en chantiers de logements collectifs, car nous pouvons constater qu’ils peuvent se stabiliser pendant de nombreuses années sans pour autant causer de récession.

Logements individuels

Le graphique ci-dessous montre les mises en chantier et les achèvements des logements unifamiliaux. Il faut généralement environ 6 mois entre la construction d’une maison unifamiliale et son achèvement. Les deux lignes sont donc beaucoup plus rapprochées. La ligne rouge correspond aux mises en chantier de logements unifamiliaux et la ligne bleue aux achèvements.

Mises en chantier des logements unifamiliaux aux Etats-Unis

Nous pouvons constater que les mises en chantier des logements unifamiliaux sont beaucoup plus utiles pour prédire le marché immobilier, car une baisse de la moyenne mobile à 12 mois peut être un signal de récession important, surtout lorsque l’économie est en fin de cycle (taux de chômage inférieur à 5% et courbe des taux inversée).

Pour le moment, ces mises en chantier sont stables. Leur nombre est relativement faible ce qui donne peu de chances de récession au cours des prochains mois.

Prix de vente des maisons

Le marché de l’immobilier américain n’est pas tout vert. Je note une baisse du prix de vente médian réel (net d’inflation) des maisons vendues. Dans le passé, le prix médian avait tendance à baisser avant la prochaine récession.

Prix réel des maisons vendus aux Etats-Unis

Logements disponibles

Le ratio entre le nombre de logements en vente et le nombre de logements vendus indique combien de mois le stocks de logements en vente disponibles peut tenir avec le rythme actuel d’achat si aucune maison neuve supplémentaire n’était construite.

Stock des logements

Après avoir augmenté en 2018, ce ratio est à nouveau en baisse en 2019, ce qui suggère qu’il y a eu plus de logements vendus que de logements mises en vente sur le marché depuis le début de l’année.

Le « stock » de logements disponible est en baisse et est à son niveau moyen (6 mois).

Le graphique ci-dessous montre la relation entre le ratio étudié précédemment et l’évolution sur une année du prix médian réel des maisons vendues. Nous pouvons constater qu’une réduction de l’offre de maisons (baisse du ratio) suggère un rebond des prix de vente.

Evolution du ratio des logements en vente/vendus

La moyenne à 12 mois du ratio est en baisse depuis seulement août. Si la tendance venait à être baissière, ce serait un signal positif pour l’économie. A l’inverse, si ce ratio recommence à augmenter et venait à dépasser 8 (8 mois de survie du stock avec le rythme actuel d’achat si aucune maison neuve n’est ajoutée au marché), ce serait un signal d’alerte pour l’économie américaine.

Conclusion sur les logements

Au vu des différents indicateurs étudiés, le marché de l’immobilier américain est encore solide et ne montre pas de signes de détérioration. L’indice NAHB et les mises en chantier des logements unifamiliaux sont des éléments positifs de la macro et suggèrent pas de récession à venir dans les prochains mois. L’offre de logements sur le marché est à sa moyenne historique ce qui écarte le scénario d’excès de construction (malgré les taux bas).

Le seul point noir relevé est le prix de vente médian des maisons vendues – en baisse depuis début 2018 (probablement en raison de l’augmentation de l’offre de maisons en vente).

Les ventes de logements neufs en septembre publiés la semaine prochaine devraient être élevées, mais ne devraient pas dépasser son pic inscrit en juin.

Pour une analyse des autres secteurs de l’économie (emploi, production, consommation et inflation), je vous invite à lire mon dernier bilan macroéconomique de l’économie américaine.

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Focus marchés pour la semaine du 20 octobre 2019

Les rapports clés de cette semaine sont ventes de logements neufs et existants

Concernant l’industrie, les enquêtes de la Fed de Richmond et de la Fed de Kansas City seront publiées cette semaine.

Lundi 20 octobre

Pas de publication macroéconomique majeure

Mardi 21 octobre

16h00 – Ventes de logements existants en septembre. Le consensus est pour une baisse à 5,45 millions de logements contre 5,49 millions en août.

16h00 – Enquête auprès de l’industrie par la Fed de Richmond pour octobre.

Mercredi 22 octobre

Pas de publication macroéconomique majeure

Jeudi 23 octobre

10h30 – PMI manufacturier flash de l’Allemagne pour octobre. Le consensus est pour une hausse à 42,0% contre 41,7% en septembre.

14h30 – Commandes de biens durables pour septembre. Le consensus est pour une baisse de 0,7%

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (210k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

16h00 – Ventes de logements neufs en septembre.

Les ventes de logements neufs sont un indicateur avancé de l’économie américaine que je surveille particulièrement, car elles tendent à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Au cours des 50 dernières années, les ventes de logements neufs commençaient à baisser au moins 11 mois avant la prochaine récession. Le dernier pic des ventes de logements neufs était en juin 2019 à 729k soit il y a 4 mois.

Le consensus est pour une nouvelle baisse en septembre à 699K contre 713k en août.

Evolution des ventes de logements neufs depuis 1960

17h00 – Enquête auprès de l’industrie par la Fed de Kansas City pour octobre.

Vendredi 24 septembre

10h00 – Climat des affaires en Allemagne pour octobre. Le consensus est pour une baisse à 94,4 contre 94,6 en septembre.

16h00 – Confiance des consommateurs en octobre par l’Université du Michigan. Le consensus est pour une lecture à 96 contre 93,2 en septembre.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

Calendrier économique US octobre 2019

Focus marchés pour la semaine du 14 octobre 2019

Les rapports clés de cette semaine sont les mises en chantier et les ventes au détail.

Concernant l’industrie, le production industrielle de septembre et les enquêtes de la Fed de New York et de la Fed de Philadelphie seront publiées cette semaine.

Lundi 14 octobre

Jour férié de Christophe Colomb. Les banques seront fermées pour célébrer le jour de Christophe Colomb, mais le marché boursier sera ouvert. Aucune annonce économique n’est prévue.

Mardi 15 octobre

11h00 – Indice ZEW économique allemand pour septembre. Le consensus est pour une baisse à -27,3 contre -22,5 en août.

14h30 – Indice manufacturier Empire State Fed de New York pour le mois d’octobre. Le consensus est pour une baisse à 0,8 contre 2,0 en septembre.

Mercredi 16 octobre

11h00 – Indice des prix à la consommation de la zone euro pour septembre. Le consensus est pour une lecture à 0,9% sur un rythme annuel contre 1,0% en août.

14h30 – Ventes au détail du mois de septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,3% comparé à août.

Les ventes au détail est indicateur avancé de l’économie. Compte tenu du fait que 70% du PIB américain est produit par la consommation, les ventes au détail tendent à reculer pendant les périodes de récession.

Le graphique ci-dessous montre les ventes au détail réelles depuis 1992.

Evolution des ventes au détail réelles aux Etats-Unis

16h00 – Indice NAHB du marché immobilier pour le mois d’octobre. Une lecture au-dessus de 50 indique qu’une majorité de constructeurs voient les conditions de vente “bonnes”. Le consensus est pour une lecture inchangée à 68.

Jeudi 17 octobre

14h30 – Mises en chantier en septembre. Le consensus table sur 1,300 million de mises en chantier en une année en septembre contre 1,364 en août.

Pour rappel, les mises en chantier et les permis de construire ont inscrit des nouveaux records dans ce cycle d’expansion économique en août.

Les mises en chantier est un indicateur avancé de l’économie. Le marché de l’immobilier a tendance à se détériorer plusieurs mois avant le début d’une récession.

Le graphique ci-dessous montre les mises en chantier (rouge) et les permis de construire (bleu) depuis 1959.

Mises en chantier et Permis de construire aux Etats-Unis

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (210k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

14h30 – Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois d’octobre. Le consensus est pour une baisse à 7,1 contre 12 en septembre.

15h15 – La Fed va publier la production industrielle et l’utilisation de la capacité de production pour septembre. Le consensus est pour une baisse de 0,2% de la production industrielle et une utilisation de la capacité de production en baisse à 77,8%.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la production industrielle depuis 1919.

Production industrielle aux Etats-Unis

Vendredi 18 septembre

04h00 – PIB du troisième trimestre de la Chine. Le consensus est pour une lecture à +1,5% au T3 comparé au T2, contre +1,6% au T2 comparé au T1.

Sur un rythme annuel, le taux de croissance est attendu à 6,1% au T3 contre 6,2% au T2

16h00 – La semaine se terminera par le rapport sur l’emploi du Bureau of Labor Statistic (BLS)

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

Focus marchés pour la semaine du 7 octobre 2019

Le rapport clé de cette semaine est l’indice des prix à la consommation (IPC) des Etats-Unis publié jeudi.

Le président de la Fed, Jerome Powell, s’exprimera mardi sur la dépendance des données dans une économie en évolution.

Lundi 7 octobre

21h00 – Crédit à la consommation pour le mois d’août.

Mardi 8 octobre

12h00 – Indice NFIB de l’optimisme des petites entreprises pour septembre.

14h30 – Indice des prix à la production (IPP) de septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,1% de l’IPP et de 0,2% de l’IPP core.

20h30 – Discours de Jerome Powell sur la dépendance des données dans une économie en évolution.

Mercredi 9 octobre

16h00 – Rapport JOLTS (emploi) pour août.

20h00 – Compte rendu de la politique monétaire (Minutes) de la Fed.

Jeudi 10 octobre

13h30 – Compte rendu de la politique monétaire (Minutes) de la BCE.

14h30 – Indice des prix à la consommation (IPC) de septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,1% de l’IPC et de 0,2% de l’IPC core.

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 216k inscriptions, soit en baisse par rapport à la semaine précédente (219k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

Vendredi 11 septembre

16h30 – Enquête sur la confiance des consommateurs par l’université du Michigan pour octobre (enquête préliminaire).

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

Stratégies de suivi de tendance, avantages et inconvénients

Le suivi de tendance est une stratégie d’investissement active qui fonctionne bien sur de nombreuses classes d’actifs différentes telles que les actions, les obligations, les matières premières et les devises. L’efficacité du suivi de tendance est étayée par des recherches universitaires et pratiques, publiées dans des centaines d’articles et de livres d’investissement au cours des dernières décennies.

C’est une méthode de trading simple rendue célèbre dans les années 1970. Beaucoup de grands traders suivaient les puissantes tendances de ces années tel que Paul Tudor Jones. Certains d’entre eux sont présentés dans « Market Wizards », livre de Jack D. Schwager que je ne peux que recommander.

Dans cet article, nous allons examiner :

  • Qu’est-ce que le suivi de tendance ?
  • Quels sont ses avantages et inconvénients.
  • Comment trader les tendances

Qu’est-ce que le suivi de tendance

Le suivi de tendance est une stratégie de trading simple qui peut être utilisée sur tous les marchés. Elle repose exclusivement sur l’analyse technique et ne nécessite aucune analyse des fondamentaux.

Un trader qui suit les tendances va acheter un actif lorsqu’il sera en hausse, car il estimera que le marché va continuer à s’apprécier. A l’inverse, il va vendre voire shorter le marché lorsqu’il sera en baisse, car il estimera que le marché va continuer à se déprécier.

Un trader qui applique une stratégie de suivi de la tendance estime que :

  • Si le marché est en baisse, il est préférable de se positionner à la vente, car personne ne sait avec certitude quand il cessera de baisser.
  • Si le marché est en baisse puis rebondit, le trader peut entrer au début de la nouvelle tendance haussière, car il est raisonnable de supposer que le marché continuera de rebondir.
  • Si le marché est en hausse, il est préférable de se positionner à l’achat, car personne ne sait avec certitude quand il cessera de monter.
  • Si le marché est en hausse puis se renverse, le trader peut entrer au début de la nouvelle tendance baissière, car il est raisonnable de supposer que le marché continuera à se renverser.

Les adeptes du suivi de tendance ne portent aucune attention des fondamentaux. Tout ce qu’ils cherchent à faire, c’est de surfer la tendance en cours (s’il y en a une).

Les traders qui suivent la tendance ne sortent pas du marché à moins que le marché se retourne. Les traders qui suivent la tendance n’utilisent pas de take-profits.

Il existe 2 types de suiveurs de tendance : les suiveurs de tendance systématiques et les suiveurs de tendance discrétionnaires :

Suiveurs de tendances systématiques

Les traders de tendance systématiques utilisent des indicateurs mathématiques tels que les moyennes mobiles et le MACD pour entrer et sortir du marché. Voici un exemple d’une stratégie simple de suivi systématique des tendances :

  • Acheter lorsque le marché croise à la hausse sa moyenne mobile à 50 jours. Le trader estimera que le marché a plus de chances de continuer à progresser que de se retourner.
  • Vendre lorsque le marché croise à la baisse sa moyenne mobile à 50 jours. Dans ce cas, le trader estimera qu’il y a plus de chances que le marché continue à baisser.

Voici un exemple.

Stratégie simple de suivi de tendance

Il existe évidemment des stratégies de suivi de tendance plus complexes, mais qui suivent le même principe (le suivi des prix). C’est le cas par exemple de l’indicateur TrendFrance présent dans le graphique ci-dessous. L’indicateur utilise plusieurs données du prix pour estimer lorsqu’il est bon d’entrer et de sortir du marché (il est optimisé pour le trading d’actions françaises).

Graphique de TrendFrance

Suiveurs de tendance discrétionnaires

Les traders de tendance discrétionnaire utilisent des signaux plus subtiles comme les cassures de lignes de tendance ou de supports/résistances pour entrer et sortir du marché.

  • Ils achètent quand ils pensent que le marché a franchi une résistance majeure.
  • Ils vendent quand ils pensent que le marché a enfoncé un support majeur.

Voici quelques exemples.

Signal vente après breakout
Stratégie breakout

Les stratégies de suivi des tendances systématiques sont généralement meilleures que les stratégies de suivi des tendances discrétionnaires tout simplement parce que vous ne pouvez pas savoir si une stratégie de suivi de tendance discrétionnaire fonctionne.

En effet, vous ne pouvez pas backtester une stratégie basée sur la cassure de ligne de tendance, de support ou de résistance. Par contre, vous pouvez savoir si une stratégie basée sur des indicateurs mathématiques fonctionne, car vous pouvez la backtester.

Le problème avec le suivi de la tendance

Les avantages et inconvénients des stratégies de suivi de tendance sont évidents :

  • Les stratégies de suivi des tendances fonctionnent bien lorsqu’il existe des tendances claires et durables.
  • Les stratégies de suivi de tendance fonctionnent mal lorsque le marché est instable et qu’il commence à osciller. Cela entraîne beaucoup de petites pertes qui peuvent fortement impacter le capital.

Quand les stratégies de suivi de tendance fonctionnent bien

Par exemple, le suivi de la tendance a très bien fonctionné sur le marché boursier en 2017. La tendance haussière était très forte sans réelle correction. Les traders qui suivaient la tendance jusqu’au bout n’ont pas manqué le rallye, à la différence des traders qui pariaient sur un renversement de la tendance parce qu’il était « suracheté » ou « en bulle ».

Voici un exemple d’une simple stratégie de suivi de tendance :

  • Achetez quand le marché croise à la hausse sa moyenne mobile à 100 jours.
  • Vendez quand le marché clôture en dessous.
Exemple d'une stratégie de suivi de tendance simple

Comme vous pouvez le constater, cette simple stratégie de suivi de tendance vous aurait permis de rester dans l’intégralité du marché haussier de 2017 et de surperformer la quasi-totalité des traders et hedges funds puisque vous aurez réalisé un rendement de 19% en 14 mois.

Quand les stratégies de suivi de tendance ne fonctionnent pas bien

Les traders qui suivent la tendance doivent réduire leurs pertes lorsque le marché oscille. C’est lors de ces moments que le marché met en péril ces traders, car ils achètent puis vendent rapidement jusqu’à temps que le marché reprend une direction claire.

  • Le marché monte, alors les traders achètent. Manque de conviction, le marché se retourne, les traders fidèles à leur stratégie sont ainsi forcés à vendre en perte.
  • Ces mêmes traders shortent le marché, car le marché baisse. Problème, le marché rebondit, forçant les traders qui suivaient la tendance à clôturer à nouveau en perte.

Généralement, ces pertes sont petites. Mais lorsque le marché est instable pendant une longue période, ces pertes s’additionnent et peuvent occasionner une perte importante du capital.

Voici un exemple. Le marché boursier a été très instable en 2015. Les traders qui suivaient la tendance ont souvent changé de positionnement, générant ainsi plusieurs petites pertes.

Si nous reprenons la même stratégie de suivi de tendance (achat quand le marché dépasse sa MA100, vente quand le marché passe sous la MA100), les traders auraient été victime des nombreux retournements, qui au final auraient beaucoup coûté à ces traders.

Stratégies suivie de tendance donnent des faux signaux

Comment trader les tendances

L’inconvénient majeur des stratégies de suivi de tendance est que les signaux erronés entraînent beaucoup de petites pertes. La solution pour améliorer une stratégie de suivi de tendance est de réduire le nombre de mauvais signaux.

Pour cela, vous devez savoir si le marché est dans une forte tendance ou en consolidation sur un horizon de temps plus long.

Certains traders indiquent qu’il faut attendre quelques jours pour confirmer le signal du marché. Par exemple, ils vont attendre que le cours évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 100 jours pendant 3 séances avant d’acheter et vont vendre lorsque le cours va évoluer en dessous de sa MM100 pendant 3 séances.

Si vous backtestez avec cette « amélioration », vous constaterez que cette condition supplémentaire n’aide pas à éviter les faux signaux. En réalité, vous entrerez/sortirez du marché à un moins bon prix.

Améliorer les stratégies de suivi de tendance grâce à la macroéconomie

C’est un point que je défends régulièrement : les stratégies qui combinent l’analyse technique et l’analyse fondamentale sont préférables aux stratégies qui dépendent uniquement de l’analyse technique (ou uniquement de l’analyse fondamentale).

Suivre la tendance dépend exclusivement de l’analyse technique. Cela dépend des indicateurs basés sur les prix. Mais si vous combinez une stratégie de suivi de tendance traditionnelle avec des indicateurs fondamentaux, la stratégie deviendra beaucoup plus efficace. Vous obtiendrez beaucoup moins de faux signaux et un bien meilleur rendement.

Le marché boursier

La plus connue des stratégies de suivi de tendance est d’acheter le marché boursier lorsqu’il est au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances et le vendre lorsqu’il tombe en dessous.

Le problème de cette stratégie est que le marché boursier tombe régulièrement en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours sans réellement débuter un marché baissier. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’historiquement, le marché boursier est dans une longue tendance baissière uniquement lorsque l’économie américaine tombe en récession.

Eviter les faux signaux

Par conséquent, si vous combinez cette simple stratégie de suivi de tendance avec des indicateurs fondamentaux, vous pourrez réduire ces faux signaux de vente. Concrètement, votre nouvelle stratégie de suivi de tendance doit ressembler à cela :

  1. Acheter lorsque le S&P 500 est supérieur à sa moyenne mobile à 200 jours.
  2. Vendre lorsque le S&P 500 tombe en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours ET que l’économie américaine se dégrade nettement.

Méthode de trading simple et efficace pour trader les tendances

Voici un exemple concret pour trader simplement et efficacement les longues tendances haussières que fournit le marché boursier.

  1. Vendre le S&P 500 évolue en dessous de sa moyenne mobile à 200 séances ET que le nombre de bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage* aux Etats-Unis évolue au-dessus de sa moyenne à 52 semaines.
  2. Sinon acheter le S&P 500.

*continued claims

Comparaison stratégies suivi de tendance avec macroéconomie

Les résultats de cette simple stratégie sont bluffants. Alors qu’une stratégie basée uniquement sur la moyenne mobile à 200 jours a généré un rendement annuel moyen de 6,2% (hors dividendes), la stratégie présentée ci-dessus a généré un rendement annuel moyen de 8,1% (hors dividendes) depuis 1968.

Voilà un parfait exemple comment surperformer le marché boursier de façon simple et avec moins de risques. Vous n’avez pas besoin d’un doctorat en finance ou un QI de 150 pour surperformer les marchés.

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Focus pour la semaine du 30 septembre 2019

Chaque weekend, vous pouvez retrouver les chiffres macroéconomiques majeurs à surveiller pour la semaine prochaine.

Puisque l’économie et les marchés boursiers évoluent dans la même direction sur long terme, la macroéconomie peut aider les investisseurs et les traders à prendre de meilleures décisions.

Le rapport clé de cette semaine est le rapport sur l’emploi de septembre, publié vendredi.

Parmi les autres indicateurs clés figurent les indices ISM manufacturier et non manufacturier de septembre, les ventes de poids lourds en septembre et le déficit commercial d’août.

Lundi 30 septembre

15h45 – Indice des directeurs d’achat de Chicago pour septembre. Le consensus est pour une lecture à 50,4, soit inchangée par rapport à août.

16h30 – Enquête de la Fed de Dallas sur l’activité manufacturière de septembre.

Mardi 1er octobre

16h00 – Indice ISM manufacturier pour septembre. Le consensus est pour une lecture à 50,0.

Le PMI était à 49,1% en août, l’indice d’emploi à 47,4% et l’indice des nouvelles commandes à 47,2%.

16h00 – Dépenses de construction pour août. Le consensus est pour une augmentation de 0,3%.

Mercredi 2 octobre

14h15 – Le rapport sur l’emploi de l’ADP pour septembre. Ce rapport concerne uniquement les emplois privés (pas du gouvernement). Le consensus porte sur la création de 152 000 emplois supplémentaires, contre 195 000 en août.

Dans la journée : Ventes de poids lourds.

Les ventes de poids lourds sont un indicateur avancé de l’économie. Elles ont tendance à baisser plusieurs mois avant le début d’une récession.

Ce graphique montre les ventes de poids lourds depuis que le BEA a commencé à conserver les données en 1967.

Ventes de poids lourds aux Etats-Unis

Jeudi 3 octobre

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (213k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

16h00 – Indice ISM non manufacturier de septembre. Le consensus est pour une lecture à 50,9% soit inchangé par rapport au mois d’août.

Vendredi 4 septembre

14h30 – Rapport sur l’emploi pour septembre.

Le consensus est pour 145 000 emplois supplémentaires créés, contre 130 000 en août. Le consensus table sur un taux de chômage inchangé à 3,7%.

Ce graphique montre la variation d’une année à l’autre du nombre total d’emplois non agricoles depuis 1968.

Emplois créés sur une année aux Etats-Unis

En août, le changement sur une année était de 2,074 millions d’emplois. Ce nombre a tendance à reculer plusieurs mois avant le début de la prochaine récession.

Un des indicateurs clés de ce rapport sera également l’évolution du salaire.

14h30 – Balance commerciale du mois d’août. Le consensus est pour une hausse du déficit à 54,5 milliards de dollars en août, contre 54,0 milliards de dollars en juillet.

20h00 – Discours de Jerome Powell sur les perspectives sur l’emploi maximum et la stabilité des prix.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

Focus pour la semaine du 23 septembre 2019

Chaque weekend, vous pouvez retrouver les chiffres macroéconomiques majeurs à surveiller pour la semaine prochaine.

Puisque l’économie et les marchés boursiers évoluent dans la même direction sur long terme, la macroéconomie peut aider les investisseurs et les traders à prendre de meilleures décisions.

Cette semaine, ce sont les ventes de logements neufs et la troisième estimation du PIB US du 2nd trimestre qui seront les plus importants à suivre.

D’autres indicateurs clés figurent à l’agenda comme le revenu personnel et les dépenses d’août ainsi que les prix de l’immobilier Case-Shiller pour le mois de juillet.

Concernant le secteur manufacturier, les enquêtes sur les industries de la Fed de Richmond et de la Fed de Kansas City seront publiées.

Lundi 23 septembre

09h30 – Le PMI manufacturier flash de l’Allemagne de septembre. Le consensus est pour une hausse à 44 contre 43,5 en août.

14h30 – L’indice d’activité national de la Fed de Chicago du mois d’août.

Mardi 24 septembre

10h00 – L’enquête IFO du climat des affaires en Allemagne de septembre. Le consensus table pour un léger mieux à 94,5 contre 94,3 en août.

15h00 – L’indice S&P/Case-Shiller des prix de l’immobilier de juillet.

Le graphique ci-dessous montre l’indice national, l’indice composite 10 et l’indice composite 20, corrigés des variations saisonnières.

Le consensus est pour une augmentation de 2,1% sur une année de l’indice Composite 20 en juillet.

Evolution des prix de l'immobilier aux Etats-Unis

L’indice S&P/Case-Shiller sont considérés comme des indicateurs avancés et mesurent l’évolution des prix de l’immobilier résidentiel dans plusieurs régions métropolitaines des Etats-Unis.

16h00 – L’indice de confiance des consommateurs de Conference Board pour le mois de septembre. Le consensus s’attend à une baisse à 134 contre 135,1 le mois dernier.

16h00 – La Fed de Richmond publiera son enquête auprès de l’industrie manufacturière pour le mois de septembre. Le consensus est pour une baisse à -11 en septembre contre 1 en août.

Mercredi 25 septembre

16h00 – Les ventes de logements neufs d’août. Le consensus est pour une hausse à 665k logements neufs vendus sur une année en août contre 635k en juillet

Cette publication est l’une des plus importantes de la semaine, car les ventes de logements neufs sont un indicateur avancé de l’économie américaine.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois et un minimum de 11 mois se sont écoulés entre le pic d’expansion des ventes de maisons neuves et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en juin, il y a à peine 3 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Ventes de logements neufs aux Etats-Unis

Jeudi 26 septembre

14h30 – La troisième estimation du PIB U.S. du second trimestre. Le consensus table sur une croissance du PIB réel de 2% sur un rythme annualisé, soit inchangé par rapport à la première estimation.

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 211k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (208k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

16h00 – Les promesses de ventes de logements d’août.

17h00 – La Fed de Kansas City publiera son enquête auprès de l’industrie manufacturière pour le mois de septembre. C’est la dernière enquête régionale pour septembre.

Vendredi 27 septembre

14h30 – Les commandes de biens durables pour août. Le consensus est pour une diminution de 1,2% des commandes de biens durables.

14h30 – Le revenu personnel et dépenses d’août. Le consensus est pour une augmentation de 0,4% du revenu personnel, une augmentation de 0,3% des dépenses personnelles, et de 0,2% de l’indice des prix PCE de base.

16h00 – L’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (final pour septembre). Le consensus est pour une lecture de 92,0.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

Focus pour la semaine du 16 septembre 2019

Comme chaque dimanche, vous pouvez retrouver les chiffres macroéconomiques majeurs à surveiller pour la semaine prochaine.

Puisque l’économie et les marchés boursiers évoluent dans la même direction sur long terme, la macroéconomie peut aider les investisseurs et les traders à prendre de meilleures décisions.

Cette semaine, ce sont les chiffres sur le marché immobilier qui seront les indicateurs macroéconomiques les plus importants à suivre.

Côté activité manufacturière, la production industrielle d’août, ainsi que les sondages de septembre des Fed de New York et de Philadelphie, seront publiées cette semaine.

Le FOMC sera également au programme et devrait réduire pour la deuxième fois cette année sa fourchette de taux des fonds fédéraux de 25 points de base mercredi.

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