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Calendrier pour la semaine du 11 août 2019

Cette semaine, l’attention des investisseurs se portera principalement sur l’inflation (IPC), les ventes au détail et les mises en chantier aux Etats-Unis.

L’indice ZEW et le PIB allemand seront également au calendrier de la semaine.

Lundi 12 août

Pas de publication macroéconomique majeure.

Mardi 13 août

L’indice ZEW allemand qui mesure le sentiment économique d’industriels et d’analystes sera le premier indicateur macroéconomique à suivre ce mardi. Le consensus table sur une baisse à -27,8 soit davantage de pessimisme par rapport à juillet.

L’indice des prix à la consommation américain pour le mois de juillet sera publié dans l’après midi. Le consensus table sur une hausse de 0,2% de l’IPC et de l’IPC core comparé à juin.

Une publication en dessous renforcerait les probabilités de voir la Fed baisser à nouveau ses taux directeurs lors de sa prochaine réunion en septembre. Actuellement, le marché prévoit une baisse de 25 bps des taux de la Fed en septembre, mais la probabilité de voir la Fed baisser ses taux de 50 bps a bondi à 15% cette semaine.

Probabilités de baisse des taux de la Fed en septembre 2019

Mercredi 14 août

La première estimation du PIB allemand réalisé au second trimestre sera publiée. Le consensus table sur un recul de 0,1% du PIB allemand contre une hausse de 0,4 au premier trimestre. Si cette baisse est confirmée, les inquiétudes sur une récession allemande seront renforcées.

Pour rappel, une récession a lieu après deux trimestres de recul du PIB. Il faudrait donc également un recul du PIB au troisième trimestre pour affirmer que l’économie allemande est en récession.

Jeudi 15 août

Les ventes au détail américaines du mois de juillet seront publiées à 14h30 CET. Le consensus table sur une hausse de 0,3% comparé aux ventes de juin.

Les ventes au détail sont des données importantes à suivre car nets d’inflation, les ventes au détail arrêtent de croître avant une récession américaine.

Ventes au détail aux Etats-Unis du mois de juillet

En même temps que les ventes au détail, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 208k inscriptions, soit moins que la semaine précédente (209k).

Si ce chiffre vient être confirmé, le marché de l’emploi continuera de donner un signal positif sur l’économie américaine.

La moyenne à 4 semaines est un indicateur avancé sur l’économie américaine qui tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Inscriptions hebdomadaire au chômage aux Etats-Unis

Vendredi 16 août

La semaine se terminera par les chiffres sur le marché du logement, un segment clé de l’économie américaine, et qui montre des signes de détérioration depuis plusieurs mois.

Le consensus prévoit 1,260 million de mises en chantier en juillet, soit un rebond par rapport au mois de juin.

Mises en chantier du mois de juillet aux Etats-Unis

Les mises en chantier, tout comme les permis de construire et les ventes de nouveaux logements, est un indicateur avancé sur l’économie américaine qui tend à baisser avant le début d’une récession.

Le guide complet pour trader avec le RSI

Le Relative Strengh Indicator ou plus communément appelé le RSI, est l’un des indicateurs techniques les plus populaires. Les traders l’utilisent la plupart du temps pour anticiper les retournements du prix.

Développé par Willes Wilder, l’un des pionniers de l’analyse technique, l’indicateur RSI représente la proportion des gains par rapport aux pertes sur une période de temps prédéfinie. Son créateur recommande d’utiliser le RSI sur une période de temps de 14 séances. Il peut être utilisé sur des unités de temps inférieures, mais il sera plus volatil.

Interprétations du RSI

Le RSI est un indicateur de momentum qui mesure la proportion du mouvement haussier ou baissier sur une certaine période de temps.

  • Une valeur du RSI au-dessus de 50 indique que les gains moyens sont supérieurs aux pertes moyennes au cours de la période de temps.
  • Dans le cas contraire, lorsque les pertes moyennes sont supérieures aux gains moyens au cours de la période, le RSI évolue en dessous de 50.

Le RSI est un indicateur borné en 0 et 100. Cela veut dire qu’il ne peut ni aller en dessous de 0 ni au-dessus de 100.

  • Une chute de l’indicateur proche de 0 indique que le prix est « survendu ».
  • Une hausse de l’indicateur proche de 100 indique que le prix est « suracheté ».

Le graphique ci-dessous montre l’indicateur RSI de la paire de devises EUR/USD (bleue).

Graphique de l'EUR/USD avec le RSI

Trader avec le RSI

Les excès de momentum

Le RSI permet de signaler les mouvements d’excès du prix. Pour trader les excès de momentum avec le RSI, il suffit de passer “long” lorsque le RSI sort de sa zone de survente et “short” lorsqu’il sort de sa zone de surachat.

Trading RSI survendu ou suracheté

Les divergences de momentum

Les divergences sont des signaux populaires dans le monde du trading. Elles consistent à un changement de direction entre l’indicateur et le prix.

Par exemple, il existe une divergence baissière lorsque le RSI inscrit des sommets de plus en plus bas alors que le prix continue à inscrire des sommets de plus en plus hauts.

A l’inverse, une divergence haussière se produit lorsque le RSI inscrit des creux de plus en plus hauts alors que le prix continue à inscrire des creux de plus en plus bas.

Trader les divergences du RSI

L’inconvénient de ces deux stratégies est le trading à contre-courant. Il est donc beaucoup plus risqué de spéculer sur un renversement du prix que de trader dans le sens de la tendance. De plus, une divergence baissière ou une sortie du RSI de sa zone d’excès peut très bien se produire avant un retournement majeur du prix comme l’entrée dans une période de consolidation.

En effet, le RSI divergera lorsque le prix consolidera après avoir connu un important mouvement, ce qui ne veut pas dire que le prix va se retourner. Une consolidation peut être une étape avant une nouvelle impulsion dans le sens du précédent mouvement.

Il conviendra donc de filtrer les signaux du RSI soit avec d’autres indicateurs, ou de suivre uniquement les signaux qui sont dans le sens de la tendance.

Les deux stratégies présentées sont mieux adaptées aux marchés qui oscillent beaucoup comme la plupart des paires majeures du Forex. Les indices (structurellement haussiers), sont mieux adaptés pour trader les tendances (surtout les indices US).

Trader les tendances avec le RSI

La dernière stratégie consiste à entrer dans le sens de la tendance (qui peut être identifié par la moyenne mobile à 200 jours), lorsque le RSI croise à la hausse 50.

Trader les tendances du DAX avec le RSI

Ces trois stratégies présentées sont les plus connues, mais ne sont pas les seules utilisations possibles. Appliquer les règles de chartisme sur le RSI est également une façon d’avoir des signaux (cassure ligne de tendance du RSI, sortie d’un range, etc).

Problèmes avec le RSI

La sagesse conventionnelle remise en question

  • Beaucoup de traders pensent que parce que le prix est suracheté ou survendu ou qu’il y a une divergence, le prix va rapidement corriger. Ils prennent donc une position à contre-courant et se retrouvent souvent dans une situation inconfortable.

En réalité, le RSI peut rester longtemps « suracheté » ou « survendu » (surtout lorsqu’il vient de sortir d’une longue période de consolidation).

Le RSI peut rester longtemps en excès

Voici ce qui se passe au S&P 500, cours de l’or, pétrole WTI et EUR/USD, lorsque le RSI sort de sa zone de surachat (signal baissier en théorie) :

Performance lorsque RSI suracheté

Sauf pour le WTI, vous pouvez constater que le cours de ces marché a souvent tendance à être haussier les jours après la sortie du RSI de sa zone de surachat…

Voici ce qui se passe au S&P 500, cours de l’or, pétrole WTI et EUR/USD, lorsque le RSI sort de sa zone de survente (signal haussier en théorie) :

Performance lorsque RSI survendu

L’inverse est également vrai lorsque le RSI sort de sa zone de survente. La sagesse conventionnelle suggère un rebond du prix. En réalité, la tendance baissière a davantage tendance à continuer.

Les paramètres du RSI doivent être adaptées à chaque marché

  • Les plateformes de trading et les brokers paramètrent automatiquement deux lignes horizontales pour leurs clients en guise de zone de surachat et de survente (généralement à 70 et 30 respectivement).

es deux limites doivent être considérées avec précaution, car ces limites sont assez subjectives. Pourquoi le prix est « suracheté » lorsque le RSI est à 71, mais pas à 69 ? De plus, le RSI aura tendance à dépasser souvent ces limites sur des actifs volatiles comme les matières premières, les actions ou les cryptomonnaies.

Afin de déterminer les bornes les plus propices à l’actif sur lequel vous tradez, il peut être utile d’étudier la disparité du RSI sur celui-ci.

Excel est un très bon outil pour cela. Voici un exemple de la disparité du RSI (14 jours) sur le S&P 500, l’Or, l’EURUSD et le Bitcoin :

Evolution du RSI de l'EUR/USD, Bitcoin, S&P 500 et Or

Nous pouvons constater que le RSI du Bitcoin a davantage tendance à aller dans les extrêmes que les autres actifs, ce qui est normal au vu de sa volatilité. Des bornes à 80 et 20 au lieu de 70 et 30 sont donc probablement mieux adaptés avant d’envisager un repli.

Le RSI du S&P 500 évolue plus souvent au-dessus de 50 (62% du temps), ce qui est normal compte tenu du fait que le marché boursier soit structurellement haussier sur du long terme.

La disparité du RSI de l’EUR/USD et de l’Or est beaucoup plus équilibrée et moins volatile. Le RSI de ces deux actifs évolue plus de la moitié du temps entre 40 et 60 ce qui fait des bornes 70 et 30 des bonnes limites de surachat et de survente.

Comment la guerre commerciale impacte l’économie mondiale ?

Résumé de la guerre commerciale sino-américaine

Cela fait maintenant plus d’un an que l’administration de Donald Trump et le gouvernement chinois entreprennent une guerre commerciale et ce, malgré les négociations quasi ininterrompues entre les deux pays.

Les pourparlers semblent dans l’impasse. L’administration américaine souhaite voir son déficit commercial avec la Chine se réduire en exigeant de Pékin l’importation de produits agricoles américains supplémentaire ainsi qu’un meilleur accès des entreprises américaines à son marché notamment dans l’industrie bancaire et financière. Les Etats-Unis exigent également une meilleure protection de la protection intellectuelle des entreprises américaines.

La Chine, bien que préoccupée de la situation, ne semble pas dans la panique. Le gouvernement qui semble ouvert aux discussions, ne souhaite pas donner d’accès privilégié aux américains à leur marché.

Conséquence, l’administration américaine a mis en place au fur et à mesure du temps des tarifs douaniers sur les exportations chinoises vers les Etats-Unis. L’objectif du bureau ovale étant de réduire les exportations chinoises en rendant leurs produits vendus aux Etats-Unis plus cher. Pour compenser ces tarifs douaniers, la Chine assouplit sa politique fiscale pour les entreprises et dévaluerait son yuan (-12% face au dollar depuis le début de la guerre commerciale).

Les conséquences de la guerre commerciale Etats-Unis / Chine sur l’économie mondiale

Le sentiment des directeurs d’achat se dégrade depuis le début du conflit

Baisse consécutive du PMI manufacturier mondial

La première conséquence de cette escalade des tensions est la dégradation constante du sentiment des entreprises. L’indice mondial des directeurs d’achat dans le secteur manufacturier (PMI) est en baisse pour le 15ème mois consécutif. Un record qui a commencé par la mise en place des tarifs douaniers américains sur l’acier chinois fin de mars 2018.
Attention, cette longue série baissière ne veut pas dire que le sentiment des entreprises est pire qu’en 2009, mais seulement qu’il est en baisse pour le 15ème mois consécutif.

La croissance des bénéfices des entreprises ralentit

Impact de la guerre commerciale Etats-Unis / Chine sur le PMI manufacturier mondial et les bénéfices des entreprises

En effet, nous constatons que malgré cette longue baisse du PMI manufacturier, l’indice est très loin de ses niveaux de 2001 et 2008. Toutefois, nous pouvons relever un second impact de cette guerre commerciale : le ralentissement de la croissance des bénéfices des entreprises. Puisque l’économie est le moteur des entreprises, un ralentissement de l’économie mondiale est synonyme de ralentissement de la croissance des bénéfices des entreprises voire baisse de celles-ci.

Compte tenu du fait que les bénéfices des entreprises dirigent les marchés boursiers sur du long terme, une baisse des bénéfices serait un important signal baissier pour les marchés.

Quels impacts sur les marchés financiers ?

Outre la dépréciation du Yuan et l’appréciation du dollar, la guerre commerciale est également source de volatilité pour les bourses mondiales. Depuis le début du conflit, les principaux indices boursiers sont en baisses (en Europe et en Asie) ou consolident (Etats-Unis).

Les annonces de la mise en place de nouveaux tarifs douaniers ont provoqué des baisses allant jusqu’à 20%, mais ont été corrigé en seulement quelques semaines jusqu’à aujourd’hui. L’impact sur les marchés boursiers est donc pour le moment assez limité, mais une poursuite de l’escalade des tensions pourrait peser davantage sur les cours en plus de la détérioration de la macroéconomie.

Impact des annonces de nouveaux tarifs douaniers de Donald Trump sur la Bourse

Graphique réalisé par BullMarkets.co

Quels impacts sur l’Europe ?

Il n’y a pas d’impact direct de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine pour les consommateurs européens. Les prix des produits importés depuis la Chine ou les Etats-Unis ne sont pas affectés par ces tensions.

Toutefois, nous avons observé que la croissance des bénéfices des entreprises mondiales est corrélée au sentiment des directeurs d’achat des entreprises manufacturières. Les grandes entreprises européennes qui exportent aux États-Unis des produits fabriqués en Chine sont donc elles aussi impactées par les tarifs douaniers américains. Un ralentissement de la croissance des bénéfices des entreprises européennes est donc à s’attendre à mesure que la guerre commerciale s’intensifie.

Top 5 des indicateurs de récession les plus fiables

Depuis des décennies, tous les pays connaissent régulièrement des récessions. Malgré le fait qu’elles soient de moins en moins fréquentes, ce phénomène est inévitable et fait partie intégrante d’un processus plus large appelé cycle économique. Et puisque les importants replis des marchés boursiers se font la plupart du temps en période de récession, il est indispensable pour un investisseur d’essayer de sortir du marché boursier (ou même immobilier) avant le début d’une récession et d’y entrer à nouveau lors de la reprise économique.

Réussir à sortir puis rentrer au bon moment permet non seulement d’éviter de voir ses investissements fondre, mais également d’améliorer son rendement.

Evolution du marché boursier américain superposé aux récessions depuis 1980

Pourquoi la macroéconomie est importante pour prédire les récessions ?

L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, et entraîne pour cette raison le marché boursier sur du long terme. Les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques tandis que les marchés baissiers coïncident plutôt avec les récessions. Par conséquent, les indicateurs macroéconomiques sont des éléments clés à analyser lorsque nous investissons sur les marchés boursiers.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés (leading indicators) qui se détériorent également avant le début des récessions.

Cela ne signifie pas que le marché boursier ne peut pas se retourner avant une détérioration de la macroéconomie. En 1973, le S&P 500 s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique aux Etats-Unis se détériore.

Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Cela ne veut pas dire non plus que le marché boursier ne peut pas reculer de 20% lors des périodes d’expansions économiques.

Les marchés ont tendance à réagir de façon émotionnelle sur du court terme en fonction des gros-titres des médias et des décisions politiques (cf. guerres commerciales, tensions géopolitiques, etc.)

De ce fait, plusieurs corrections de 20% peuvent avoir lieu en période d’expansion économique. Toutefois, ces corrections sont la plupart du temps rapidement corrigées (en quelques semaines), ce qui n’est pas le cas des krachs provoqués par les récessions économiques qui prennent plusieurs mois voire années à être corrigés.

Suivez en temps réel les indicateurs macroéconomiques avancés pour surveiller l’économie américaine.

Les récessions et le marché boursier

Drawdowns du S&P 500 superposés aux récessions américaines

Les Etats-Unis ont passé 10% de leur temps en récession depuis 1950. Les récessions coûtent au moins 30% au S&P 500 (près de 60% en 2008).

Dans cet article, nous allons étudier les 5 meilleurs indicateurs pour prédire les récessions.

Pourquoi surveiller la macroéconomie américaine plutôt qu’européenne ?

Compte tenu du fait que la bourse américaine représente environ la moitié de la capitalisation boursière mondiale, les récessions américaines ont un impact beaucoup plus important sur les marchés internationaux (dont français) que les récessions Argentines, Turques ou Grecques…

En fait, tous les krachs majeurs du CAC 40 depuis sa création étaient en raison d’une récession américaine (-50% lors de l’éclatement de la bulle internet en 2000, puis -55% lors de la crise financière de 2008).

A titre de comparaison, la récession européenne à cause de la crise de la dette en 2011 a provoqué une baisse de « seulement » 30% au CAC 40.

Pour cette raison, les indicateurs américains présentés à la suite sont d’une utilité globale.

Top 5 des indicateurs les plus fiables pour prédire les récessions américaines

La courbe des taux

La courbe des taux est l’indicateur le plus connu pour prédire les périodes de récession. Toutefois, bien qu’il soit particulièrement fiable, il n’a pas prédit à temps toutes les récessions.

Parmi les différentes maturités de la courbe des taux, le rendement à 10 ans est souvent comparé à celui à 3 mois et à 2 ans afin de prédire les récessions. Les autres maturités de la courbe des taux sont très peu utilisées dans ce cas de figure.

>> Article pour tout savoir sur la courbe des taux

Au cours des 40 dernières années, le décalage entre l’inversion et le début de la prochaine récession a long: au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans. En général, c’est lorsque le spread redevient positif (supérieur à 0) que le krach boursier commence.

Ecart de taux entre le 10 ans et le 3 mois US

La logique est la même pour le différentiel entre les rendements à 10 ans et 2 ans.

Ecart de taux entre le 10 ans et le 2 ans US

Le taux de chômage

Le taux de chômage est un indicateur particulièrement fiable pour prédire les périodes de récession, car il a tendance à augmenter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Evolution du taux de chômage des Etats-Unis depuis 1950

Alternative au taux de chômage : Inscriptions aux allocations chômages (moyenne 4 semaines).

Les ventes de nouveaux logements

Le marché du logement ne représente que 4 à 5% de l’économie américaine, mais l’immobilier est un indicateur avancé très utile, car il s’agit d’un investissement coûteux pour les particuliers.

Un chômeur a plus de chances de décider de ne pas se payer une nouvelle maison afin de faire des économies. Ce qui n’est pas le cas pour les petits achats comme un dîner au restaurant ou l’achat d’une nouvelle télévision.

Les gros achats sont les premiers à chuter lorsque l’économie américaine se dirige vers la récession.

Le marché immobilier est donc un indicateur important de l’économie américaine. Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de maisons neuves et le début de la prochaine récession.

Ventes de nouveaux logements aux Etats-Unis depuis 1960

Alternative aux ventes de nouveaux logements: Permis de construire, mises en chantier.

Les profits des entreprises

Comme nous l’avons indiqué au début de cet article, l’économie est le moteur des bénéfices des entreprises. Ainsi, les bénéfices des sociétés corrigés de l’inflation ont tendance à baisser pendant plusieurs trimestres avant le début des récessions.

Evolution des profits des entreprises américaines depuis 1950

Le taux de défaut sur tous les prêts

Dans le passé, le taux de défaut sur tous les prêts augmentait avant le début d’une récession.

Taux de défaut sur tous les prêts aux Etats-Unis depuis 1985

Lire un exemple d’une étude complète de la macroéconomie américaine ici.

Le trou d’air des indices terminé ?

Comme prévu, le S&P 500 et les autres indices boursiers ont terminé la semaine dernière en baisse. Les arguments qui tablaient en faveur d’un repli la semaine dernière sont dorénavant en faveur d’un rebond de court terme.

Arguments en faveur d’un rebond :

  • Cinq séances consécutives baissières
  • Repli du VIX avec le S&P 500
  • Le ratio Put/Call à son niveau le plus haut depuis mai

Cinq séances consécutives baissières

Le S&P 500 a terminé en baisse toutes les séances de la semaine dernière avec un momentum baissier important. Ces excès de momentum sont rarement soutenables sur du court et long terme. Chaque baisse de ce type est souvent corrigé d’au moins 50% avant d’éventuellement reprendre une tendance baissière. L’esprit contrarient est donc conseillé dans ce genre de rallye baissier qui peut offrir des opportunités d’achat pour les swing traders.

Voici les probabilités de rebond du S&P 500 selon le nombre de séances consécutives baissières :

RETOURNEMENT BULLISH SPX

Séries baissières du S&P 500

Repli du VIX avec le S&P 500

Alors que le VIX et le S&P 500 sont normalement corrélés négativement (une hausse de la volatilité implicite génère une baisse du S&P 500), le VIX peut parfois inscrire un sommet avant que le S&P 500 rebondisse. C’était le cas vendredi 2 août lorsque le S&P 500 a continué de baisser alors que le VIX a lui aussi reculé.

Statistiquement, le S&P 500 a tendance à continuer de baisser le jour suivant ce signal, mais rebondit les jours suivants et surtout deux semaines plus tard.

Voici les probabilités de rebond du S&P 500 lorsque le SPX baisse de plus de 0.7% et le VIX plus de 1% :

The VIX fells more than 1% while the SPX fells more than 0.7%

Etude VIX et S&P 500

Le ratio Put/Call à son niveau le plus haut depuis mai

Le ratio Put/Call comparé à sa moyenne à 200 séances est quant à lui à son niveau le plus haut depuis le mois de mai (15% au-dessus de sa MM200), ce qui sous-entend un sentiment particulièrement bearish des investisseurs à court terme.

Une si haute valeur était généralement un signal haussier pour le lendemain et surlendemain.

Voici les probabilités de rebond du S&P 500 lorsque le ratio Put/Call est 15% supérieur à sa moyenne à 200 jours pour la première fois en deux mois :

The Put-Call ratio is above 15% for the first time in 2 months

Ratio Put/Call CBOE

Conclusion

Le sentiment du marché est passé extrêmement bearish ces dernières séances et il semblerait qu’un tel momentum ne soit pas soutenable sur du court terme. Bien que le S&P 500 a peut-être effectué un sommet majeur à 3000 points, un rebond du S&P 500 lors des prochaines séances semble à privilégier.

Le rapport de l’emploi américain reste solide malgré un ralentissement de la croissance

Le rapport de l’emploi américain du mois de juillet est resté solide malgré le ralentissement de l’économie mondiale et des Etats-Unis.

Le nombre total de créations d’emplois dans le secteur non agricole est ressorti à 164,000 soit légèrement supérieur aux attentes à 156,000. Cependant, les chiffres des deux précédents mois ont été révisés à la baisse de 41,000 au total.

Le taux de chômage stable à 3,7%

Le taux de chômage est quant à lui resté à 3,7% en juillet. C’est peut-être l’indicateur le plus important à suivre avec la courbe des taux, car le taux de chômage a tendance à augmenter avant le début d’une récession.

Evolution du taux de chômage américaine
Evolution du taux de chômage américaine

La croissance du nombre d’employés à son rythme de croisière

Un autre indicateur intéressant est le changement sur une année du nombre total d’employés (graphique ci-dessous). De manière générale, le nombre d’employés chute avant la récession. Une baisse sous 2 millions serait un signal alertant pour l’économie.

Changement sur une année du nombre total d'employés aux Etats-Unis.
Changement sur une année du nombre total d’employés aux Etats-Unis.

Conclusion du rapport de l’emploi américain de juillet

Pour le moment, le taux de chômage ne donne pas de signal d’alerte, mais un rebond au-delà de 4% augmenterait grandement les chances de récession américaine dans les mois qui suivraient.

Au vu de la courbe des taux (taux 10 ans inférieur au rendement à 3 mois), du ralentissement de l’activité manufacturière et de la chute des permis de construire à leur niveau le plus bas en 2 ans, la récession américaine ne semble plus très loin. La récession américaine a sans doute le plus de chances de se produire en fin d’année ou début d’année prochaine.

Faut-il diversifier ses stratégies de trading ?

Il est généralement conseillé aux investisseurs de diversifier leur portefeuille, afin de réduire leur risque et augmenter les chances de profiter des tendances des différents marchés.

Il en va de même pour les stratégies de trading. La plupart des traders particuliers n’ont soit aucun plan de trading ou qu’une seule stratégie. Pourtant, chaque stratégie de trading est construite pour profiter d’une phase particulière du marché. Il vous suffit de backtester votre stratégie sur du long terme pour constater qu’elle perd de l’argent pendant certains mois (voire années) avant d’être profitable à nouveau.

Par exemple, les stratégies de suivi de tendance sont efficaces lorsque le marché est directionnel, mais le sont peu lorsque les marchés se retournent ou en période de longue consolidation.

À l’inverse, les stratégies de retournement sont efficaces dans les périodes de volatilité, mais le sont peu lorsque les marchés sont directionnels.

Diversifier ses stratégies de trading

Il n’y a pas de réelle diversification si vous ne faites que diversifier vos actifs. Supposons que vous investissez sur des actions américaines et européennes parce que vous pensez que l’économie mondiale s’améliore. Lorsque l’économie mondiale se détériorera, ces deux marchés se retourneront et vous perdrez de l’argent sur vos deux investissements.

Cependant si vous optez pour l’achat d’actions américaines en fonction de critères macroéconomiques et l’achat d’actions européennes en fonction de critères techniques, vos points d’entrée et de sortie seront différents, vous offrant ainsi une diversification de votre portefeuille. Vous allez entrer et sortir de chaque position à des moments différents, en raison de la nature différente des signaux.

Si un trader applique deux stratégies de trading, la première de suivi de tendance et la seconde de retournement, il pourra prétendre être rentable dans toutes les phases de marché, car lorsque le marché sera directionnel, la stratégie de suivi de tendance lui fera gagner de l’argent pendant que la stratégie de retournement sera hors du marché et inversement lorsque le marché sera volatil.

Voici un exemple d’un portefeuille légèrement diversifié. Le portefeuille est composé de deux stratégies sur le S&P 500, une qui fonctionne en fonction du taux de chômage et la seconde en fonction du croisement de moyennes mobiles. Evidemment, cette diversification est loin d’être parfaite, car le portefeuille est concentré sur le S&P 500 ET sur des stratégies de suivi de tendance. L’idéal serait d’avoir un portefeuille composé de stratégies de suivi de tendance ET de retournement sur plusieurs marchés différents (Indices, Or, Pétrole, Forex par exemple).

Toutefois, même si ce portefeuille de stratégie n’est pas très diversifié, il permet d’offrir un rendement équivalant à celui du S&P 500 avec un risque deux fois moins important.

Simulation d’un portefeuille composé de deux stratégies de suivi de tendance sur le S&P 500.

Les investisseurs et traders expérimentés devraient donc songer à diversifier leur portefeuille avec différentes stratégies de trading : allouer une partie de leur portefeuille à leur stratégie A, une partie de leur portefeuille à leur stratégie B, une autre partie à leur stratégie C, etc.

La Fed baisse ses taux pour la première fois en 11 ans – What’s next ?

Sans surprise, le Comité de la Réserve fédérale américaine a décidé de baisser ses taux directeurs de 25 points de base. Une première depuis la crise financière de 2008, mais largement anticipée par les opérateurs de marché en raison du ralentissement économique mondial dont les Etats-Unis alors que le pays semblait faire cas d’exception il y a encore peu de temps.

Dans son communiqué, la Fed a justifié cette baisse des taux par la faible inflation (sous l’objectif de la banque centrale depuis février), le ralentissement de l’économie mondiale et les perspectives économiques plombées par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. La banque centrale a également daté au 1er août la fin de son programme de réduction de son bilan d’actifs débuté fin 2017.

Faut-il s’inquiéter de cette baisse des taux de la Fed ?

D’après les réactions passées, lorsque la Fed procédait à une baisse des taux en fin de cycle économique (taux de chômage inférieur à 5%), les opérateurs de marché devenaient généralement averses au risque à partir du trimestre suivant. Cette habitude du marché peut s’expliquer par la poursuite de la dégradation de la macroéconomie américaine qui vient davantage peser sur la psychologie des investisseurs que le soutien de la banque centrale.

Voici ce qui se passait au S&P 500 lorsque la Fed baisse ses taux alors que le taux de chômage est inférieur à 5%:

Performance du S&P 500 après une baisse des taux de la Fed lorsque le taux de chômage est inférieur à 5%.

Voici ce qui se passait au cours de l’or lorsque la Fed baisse ses taux alors que le taux de chômage est inférieur à 5%:

Performance du S&P 500 après une baisse des taux de la Fed lorsque le taux de chômage est inférieur à 5%.

Cette étude est donc une donnée supplémentaire à ajouter à votre analyse. Bien que les probabilités soient en faveur d’une correction, il ne faut pas exclure l’hypothèse d’une hausse des indices boursiers comme ce fut le cas en 1995 et 1998.

Une hausse pourrait se produire en cas de reprise de l’économie mondiale, mais les indicateurs macroéconomiques ne tablent pas dans ce sens pour le moment.

Qu’attendre après cette baisse des taux de la Fed

Dans l’ensemble, les réductions de taux en fin de cycle ne soutiennent pas les marchés boursiers sur du long terme. À mesure que l’expansion économique vieillit, le risque de dégradation de l’économie est beaucoup plus élevé que le potentiel de croissance.

Cette baisse des taux de la Fed nous permet de confirmer les doutes des membres de la banque centrale sur l’économie américaine. Les perspectives de voir une autre banque centrale faisant partie des économies développées augmenter ses taux au cours des prochains mois (même années) sont également fortement réduites. La BCE a déjà repoussé la semaine dernière la date éventuelle d’une hausse des taux à 2020.

D’un point de vue prix, le S&P 500 est peut-être en train de former un sommet majeur à 3000 points. Du moins, ce que nous pouvons affirmer c’est que les Etats-Unis sont en fin de cycle économique au vu du faible taux de chômage et l’inversion de la courbe des taux.

La prudence est donc plus que jamais conseillée sur les marchés boursiers, pas seulement à Wall Street, mais également en Europe car comme le dit très bien le dicton “quand Wall Street éternue, la bourse de Paris s’enrhume”.

Les prochaines publications PMI et les rapports de l’emploi américains devraient donc être davantage source de volatilité sur les marchés qu’habituellement, car ces indicateurs donneront des informations clés sur l’évolution de la santé économique de la première puissance économique mondiale.

Le ratio VIX/VXV suggérerait-il un nouveau trou d’air des indices à venir ?

Le ratio VIX/VXV est tombé à son plus bas niveau depuis octobre 2018, juste avant que les indices baissent de 7% et que la volatilité augmente.

Graphique représentant le ratio VIX/VXV (en haut) et le S&P 500 (en bas) réalisé par Troy Bombardia

Le ratio VIX/VXV est peu connu des traders, pourtant il donne des informations clés sur la psychologie des traders professionnels utilisant des stratégies de couvertures sur option. Tout le monde connaît le VIX – l’indice de la peur – qui mesure la volatilité implicite sur 30 jours. Le VXV mesure quant à lui la volatilité implicite sur 3 mois.

Comment utiliser la force relative VIX/VXV ?

Le rapport entre le VIX et le VXV (que l’on peut également appeler “ratio” ou “force relative”) nous indique si la volatilité attendue à court terme est supérieure à la volatilité attendue à long terme, et inversement. Par conséquent, un ratio (trop) élevé (> 1,25) signifie une volatilité à court terme élevée et une volatilité à 3 mois attendue inférieure. Un ratio (trop) faible (<0,80) signifie que les traders ne sont absolument pas préoccupés à court terme, mais beaucoup plus à 3 mois. Ces valeurs extrêmes hautes et basses coïncident souvent avec les bottoms et tops des indices comme vous pouvez le constater ci dessus.

Graphique de la force relative VIX/VXV superposée au cours du CAC 40 et du S&P 500

Actuellement, le ratio VIX/VXV évolue proche de son support d’avril à 0.83 avant le trou d’air de 7% des indices. Une nouvelle correction des indices (S&P 500, CAC 40, DAX, etc.) semble donc à s’attendre lors des prochaines séances.

Attention toutefois aux positions shorts (ventes à découvert) sur les indices boursiers, car bien que le ratio VIX/VXV suggère un retracement, les retournements des indices prennent généralement du temps à se former et peuvent durer bien plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable. Pour rappel, après que le ratio ait formé son support à 0.83, les indices avaient plafonné pendant deux semaines avant de chuter en mai. N’oublions pas non plus la plus importante décision monétaire de la Fed de l’année, voire de la décennie, qui aura lieu mercredi 31 juillet. Le Comité devrait annoncer sa toute première baisse des taux depuis 2008, ce qui devrait être source de volatilité sur les marchés financiers et pourrait autant causer une nouvelle hausse de plusieurs centaines de points des indices si la Réserve fédérale se montre plus accommodante que ce qu’anticipe le marché, ou à l’inverse une chute de plusieurs centaines de points si elle se montre moins accommodante que ce que prévoit le marché.

Quelle prévision du CAC 40 et du S&P 500 pour les prochaines séances ?

En conclusion, un retour sous 3000 points le S&P 500 et 5500 points le CAC 40 me semble possible lors des prochaines séances. Si ce scénario se confirme, nous pourrions voir le SPX continuer sa baisse jusqu’à son sommet d’avril à 2950 points et le CAC40 jusqu’à au moins 5400 points avant un éventuel rebond.

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