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Coronavirus : Pourquoi le krach boursier est différent des autres ?

En me basant sur les chiffres macroéconomiques de janvier, j’expliquais début février pourquoi une récession en 2020 et un krach boursier étaient peu probables. Le marché de l’emploi américain continuait à créer des nouveaux emplois, le marché du logement explosait et la consommation des ménages restait solide.

Pourtant, l’économie américaine s’est retournée en mars et est vraisemblablement tombée en récession. La faute ? Nous la connaissons tous. La pandémie de coronavirus a immobilisé la Chine, puis l’Europe et les Etats-Unis.

Du jour au lendemain, les entreprises ont dû fermer. Les avions sont restés cloués au sol, les hôtels, les commerces et les restaurants ont fermé et les usines ont arrêté de tourner. Seuls les postes administratifs arrivent encore à travailler à distance.

L’arrêt instantané d’une partie significative de l’économie rend cette crise économique d’une ampleur considérable, unique et très spéciale. En effet, elle devrait être la pire depuis la Grande Dépression des années 30.

Selon des estimations de cabinets, l’économie européenne pourrait se contracter de 20% et les Etats-Unis de 15% au deuxième trimestre. Des chiffres qui rendent la crise de 2008 ridicule. Pourtant, les conséquences devraient être bien différentes, mais nous allons parler ici des raisons qui font cette crise unique et pourquoi la macroéconomie n’était d’aucune utilité pour la prédire.

Un cycle économique qui se termine différemment des autres

Toutes les crises économiques sont de nature différente, mais possèdent des symptômes similaires avant qu’elles provoquent une récession :

  1. Une chute du marché des logements.
  2. Un puissant ralentissement du nombre de créations d’emplois.

Permis de construire

Le marché des logements se retourne plusieurs mois voire plusieurs années avant le début d’une récession. C’est l’indicateur le plus avancé, mais ne permet pas de « timer » les récessions.

permis de construire Etats-Unis

Nombre total d’employés (% chg. sur un an)

Le marché de l’emploi est celui qui coïncide le mieux à l’économie et qui donne le moins de faux signaux. Il a tendance à ralentir drastiquement quelques mois avant le début d’une récession. Il permet de « timer » les récessions de façon assez précise.

Croissance de l'emploi aux Etats-Unis

En plus de ces deux symptômes, nous pouvons éventuellement observer :

  1. Une baisse de la consommation des ménages.
  2. Une baisse des revenus des ménages.
  3. Une récession de la production industrielle.

Comme vous pouvez le constater dans les deux précédents graphiques, les permis de construire n’ont pas chuté et les créations d’emplois restaient importantes. En réalité, les permis de construire ont même atteint un niveau-record dans ce cycle économique en janvier et les créations d’emplois restaient solides (+1,57% sur une année).

Cela s’explique par le fait qu’en février, ni les Etats-Unis, ni l’Europe n’était sous quarantaine. Tout était normal, car les cas de contaminés étaient uniquement recensés en Asie et principalement en Chine. Les Européens et Américains allaient travailler normalement, consommaient normalement, allaient au restaurant et voyageaient. Mais les politiciens ont pris la dure décision d’étouffer l’économie pour ralentir l’épidémie en mars.

Cette décision a fait passer l’activité économique de 100% à peut-être 50% (nous le saurons plus tard). Le graphique qui illustre le mieux l’arrêt brutal de l’activité économique est celui le plus parlé du moment : les inscriptions initiales aux allocations chômage aux Etats-Unis.

Inscriptions initiales aux allocations chômage (série complète)

Nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

Cette série actualisée de façon hebdomadaire indique le nombre de demandes d’allocations chômage par des nouvelles personnes. Cette série est passée d’environ 220.000/semaine en février à 3,3 puis 6,6 millions les deux dernières semaines de mars ! Du jamais-vu dans l’histoire des Etats-Unis. Ces deux « spikes » ont eu lieu dès le début des confinements.

A titre de comparaison, le nombre le plus important de nouveaux chômeurs aux Etats-Unis lors de la Grande récession de 2008 était de « seulement » 665.000. La série commençait à augmenter doucement dès février 2006, puis a accéléré en janvier 2008 pour atteindre son niveau le plus important en mars 2009. La hausse s’est faite crescendo contrairement, le plus dur s’est fait ressentir vers la fin de la récession.

Inscriptions initiales aux allocations chômage de 2006 à 2010 :

Nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis crise financière 2008

A titre de comparaison, voilà ce qui s’est passé ces dernières semaines :

Inscriptions initiales aux allocations chômage de mars 2015 à mars 2020 :

Nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis 2020

Cette crise est différente, car le plus mal devrait être ressenti au début de la crise, pas à la fin. Les plus importants licenciements se feront probablement en avril, puis baisseront.

Suivre le renouvellement des demandes d’allocations chômage

L’indicateur le plus important à suivre n’est plus les inscriptions initiales, mais le renouvellement des demandes d’allocations chômage. Cette série représente le cumul des sans-emploi qui renouvellent leurs demandes d’allocation. Dès que cette série commencera à diminuer, ce sera la fin de la récession.

Renouvellement inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

Nous pouvons estimer que la baisse de cette série sera presque aussi rapide que sa hausse. Dès que les confinements seront levés, l’activité économique pourra reprendre. Les bars, restaurants, compagnies aériennes, commerces, etc. embaucheront la quasi-totalité des personnes qu’ils ont licenciées.

Analyse de l’économie US -février 2020

Introduction : L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, c’est ce qui tire le marché boursier sur le long terme. Par conséquent, les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques et les marchés baissiers coïncident généralement avec les récessions.

La macro se détériore de temps en temps, ce qui est normal pendant le flux et le reflux d’une expansion économique. Pour différencier les « ralentissements temporaires » des problèmes réels, nous recherchons une détérioration SIGNIFICATIVE de la macroéconomie.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés, qui se détériorent également avant le début des récessions.

Cela ne signifie pas que le sommet exact du marché boursier ne peut pas se produire avant que la macro ne commence à se dégrader. Cela s’est passé en janvier 1973, lorsque le marché boursier s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique ne commence à se détériorer.

Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient toujours après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Analyse de l’état de l’économie U.S. au mois de novembre

Résumé : Le bilan des données macroéconomiques reste positif. Il n’y a actuellement pas de détérioration significative de la conjoncture économique des Etats-Unis. La croissance reste positive mais son rythme ralentit. Une récession en 2020 semble peu probable.

Facteurs positifs pour le moment :

  • Marché de l’emploi
  • Marché de l’immobilier
  • Consommation

Facteurs négatifs pour le moment :

  • Courbe des taux
  • Spread High yield
  • Industrie manufacturière

La courbe des taux se pentifie

Le marché obligataire table sur une croissance continue mais modeste.

Les deux écarts de taux les plus importants (10 ans – 2 ans et 10 ans – 3 mois) sont redevenus positifs en septembre. Depuis 1960, le délai entre l’inversion du 10 ans avec le 2 ans U.S. et le début de la prochaine récession a été long : au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans.

La courbe des taux s’est inversée quelques jours en août. De ce fait, l’expansion actuelle devrait durer jusqu’en 2019, mais 2020 est dorénavant à risque.

Courbe des taux Etats-Unis février 2020

Depuis septembre 2018, la différence de rendements avec les obligations mal notées s’agrandit, tandis que les marchés boursiers enregistrent des nouveaux records.

L’écartement du spread est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour prévoir les marchés baissiers et les récessions. Dans le passé, cet écart de rendements était haussier avant le début des marchés baissiers et des récessions. Pourquoi ? Parce que les participants du marché obligataire sont généralement plus prudents que ceux du marché boursier.

High yield spread Etats-Unis février 2020

Les ventes au détail stagnent

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 3,5% en décembre sur une année, mais restent inférieures au pic inscrit en août. Dans le passé, les ventes au détail corrigées de l’inflation se contractaient (croissance sur une année négative) avant le début des récessions. C’est un point positif pour la macro.

*Ajustée de l’inflation

Ventes au détail réelles Etats-Unis décembre 2019

Les nouvelles inscriptions aux allocations chômage restent à leur plus bas

Les demandes aux allocations chômage ont atteint leur plus bas niveau en 50 ans en avril (il y a tout juste 11 mois). Depuis, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage oscillent proche du plus bas. Au cours des 50 dernières années, elles ont commencé à augmenter au moins 7 mois avant la prochaine récession. C’est un point encore positif, car il n’y a pas de bond des inscriptions aux allocations chômage.

inscriptions aux allocations chômage février

Récent pic des ventes de maisons neuves

Le marché de l’immobilier était préoccupant fin 2018 jusqu’à ce que les ventes de nouveaux logements recommencent à inscrire des nouveaux records en juin grâce aux baisses des taux de la Fed.

Les mises en chantier, les permis de construire et les ventes de nouveaux logements ont progressé en novembre, et sont en hausse de 40%, 6% et 23% respectivement sur une année glissante.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de logements neufs et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en juin, il y a à peine 7 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Ventes de nouveaux logements neufs

Indice économique avancé du Conference Board inchangé

L’indice du Conference Board composé d’indicateurs économiques avancés (LEI) de décembre est ressorti en baisse de 0,3% comparé au chiffre révisé de novembre à 111,5.

Cet indice comprend les indicateurs ci-dessus ainsi que l’évolution du S&P 500, des nouvelles commandes ISM, des heures de travail dans le secteur manufacturier ainsi que la confiance des consommateurs.

« Le LEI a légèrement diminué en décembre, sous l’effet de fortes contributions négatives de la hausse des demandes d’allocations chômage et d’une baisse des permis de construire. »

« Le LEI a maintenant baissé quatre fois au cours des cinq derniers mois. Son taux de croissance semestriel est devenu un peu plus négatif au dernier trimestre 2019, à cause des indicateurs manufacturiers pointant vers une faiblesse persistante du secteur. Cependant, les conditions financières et les perspectives économiques des consommateurs restent positives, ce qui devrait soutenir une croissance d’environ 2% jusqu’au début de 2020 ».

Ataman Ozyildirim, directeur principal de la recherche économique du Conference Board.

Cet indice peut légèrement baisser pendant une expansion, mais au cours des 50 dernières années, le dernier sommet a eu lieu au moins 7 mois avant la prochaine récession et la variation sur 6 mois de la moyenne à 6 mois du LEI était négative avant la prochaine récession.

Cela fait 6 mois que le LEI a inscrit son sommet et la variation à 6 mois de la moyenne à 6 mois du LEI était de 0,1%, ce qui ne suggère pas de récession.

Indicateur avancé LEI Etats-Unis janvier 2020

Pourquoi est-ce important pour les marchés boursiers?

Les indices boursiers sont également des indicateurs en avance sur la prochaine récession, mais les indicateurs macroéconomiques susmentionnés s’affaiblissent encore plus tôt que le marché. Ils permettent entre autres de distinguer une correction de 10-20% d’un long marché baissier.

Dans l’ensemble, ces indicateurs suggèrent qu’une récession au premier semestre 2020 est peu probable, mais qu’une récession en fin 2020 est une possibilité.

Bilan macroéconomique février 2020

Passons maintenant en revue les données les plus récentes, en nous concentrant sur cinq grandes catégories: le marché du travail, la consommation, l’industrie manufacturière, le marché immobilier et l’inflation.

Marché du travail

La croissance de l’emploi ralentit, mais ne montre pas de signe de dégradation majeure.

Emplois

L’économie américaine a créé 225 000 emplois en janvier (nets – hors secteur agricole) plus les 7 000 révisions nettes des deux mois précédents (novembre et décembre).

Les impressions NFP mensuelles sont volatiles. Depuis les années 1990, les publications du NFP proches de 300 000 (comme en janvier 2019) ont été suivis par des publications proches ou inférieures à 100 000 (comme en mai 2019). C’est un phénomène normal dans marché boursier haussier.

Les NFP mensuels étaient même parfois négatifs comme en 1993, 1995, 1996 et 1997, mais rebondissaient les mois d’après. Autrement, c’était des signaux de récession.

NFP depuis 1990

A cause de la volatilité du NFP, il est préférable de regarder sa tendance. En janvier, la croissance de l’emploi était de +1,4% sur 12 mois glissants alors qu’elle était supérieure à 1,5% jusqu’en janvier 2019.

Historiquement, la croissance de l’emploi a tendance à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Croissance de l'emploi aux Etats-Unis janvier 2020

Une autre façon d’analyser le marché de l’emploi est via les inscriptions aux allocations chômage.

Les inscriptions aux allocations chômage mesurent le nombre de personnes ayant demandé à recevoir des prestations de chômage.

En d’autres termes, cela mesure le nombre de personnes récemment au chômage. Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, les inscriptions aux allocations chômage avaient tendance à bondir avant le début d’une récession. Cet indicateur est donc toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où les demandes augmenteraient, car elles sont très faibles en ce moment.

inscriptions hebdomadaires allocations chômage février 2020

Les bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage mesurent le nombre de personnes qui renouvellent leurs demandes d’allocations chômage.

Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, le nombre de bénéficiaires réguliers avait tendance à augmenter avant le début d’une récession. C’est toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où ils augmenteraient, car le nombre de bénéficiaires est également très faible en ce moment.

renouvellements inscriptions allocations chômage février 2020

Salaires

La croissance réelle du salaire horaire moyen a été de 1% sur un an en novembre. Le taux de février à 1,9% était le plus élevé depuis 2015. Le rythme a donc ralenti depuis le début de l’année.

C’est une tendance positive, qui montre un marché de l’emploi en bonne santé avec une demande pour plus de travailleurs. Une accélération soutenue des salaires constituerait un grand avantage pour la consommation des américains et les investissements, ce qui alimenterait l’emploi.

Croissance des salaires réels Etats-Unis janvier 2020

Dans le même temps, l’indice des coûts de la main d’oeuvre a légèrement diminué au T4 2019 par rapport au T3 (+2,96% vs +2,98% sur une année), mais est proche du niveau le plus élevé au cours des 10 dernières années.

Indice coût de la main d'oeuvre aux Etats-Unis T4 2019

Un indicateur particulièrement intéressant créé par la Fed est le KC Fed Labor Market Conditions Index, Momentum Indicator.

Une valeur positive indique que les conditions du marché du travail sont supérieures à leur moyenne à long terme, tandis qu’une valeur négative signifie que les conditions du marché du travail sont inférieures à leur moyenne à long terme.

L’indicateur tombe généralement sous 0 avant le début d’un récession. Ce n’est pas le cas aujourd’hui (dernière valeur en décembre 2019).

KC Fed Labor Market Conditions Index, Momentum Indicator décembre 2019

Consommation des ménages

La consommation des ménages reste un point positif pour la macro

En excluant du PIB les variations dues aux stocks, on obtient les « ventes finales réelles ». C’est une meilleure mesure de la croissance de la consommation que le PIB. Au quatrième trimestre, sa croissance a accéléré à 2,7% en glissement annuel contre 2,2% au T3.

Croissance des ventes au T4 2019

La composante « dépenses de consommation personnelle réelle » du PIB (PCE réel), qui représente environ 70% du PIB, a légèrement accéléré à +2,6% sur un an au quatrième trimestre.

Le PIB mesure les dépenses totales de l’économie. Une autre mesure est le RIB (revenu intérieur brut), qui mesure le revenu total dans l’économie. Comme chaque dépense produit des revenus, ce sont des mesures équivalentes de l’économie.

La croissance du RIB a ralenti à 1,8% sur un rythme annuel au troisième trimestre 2019 (contre 2,0% au T2).

Revenu intérieur brut Etats-Unis novembre 2019

La croissance des ventes au détail réelles* a ralenti à 1,3% en novembre sur une année. Les ventes ont eu tendance à chuter plus d’un an avant la dernière récession. La contraction en décembre dernier est donc un signal d’alerte pour l’économie américaine.

ventes au détail réelle décembre 2019

Prévisions du PIB du T1 2020

Merrill Lynch+1,0%
NY Fed Nowcasting Report+1,7%
Fed d’Atlanta (GDPNow)+2,7%

Ces estimations suggèrent que la croissance du PIB réel se situera entre 1,0% et 2,7% en rythme annualisé au premier trimestre 2020.

Industrie manufacturière

Le ralentissement économique est le plus visible dans l’industrie manufacturière.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur manufacturier représente moins de 10% de l’emploi aux États-Unis. Ces mesures sont donc de moindre importance.

Part des emplois manufacturiers dans le marché de l'emploi US

La production industrielle s’est contracté de 1,0% sur une année en novembre. La composante de production la plus importante (qui exclut l’industrie minière et de l’extraction de pétrole et de gaz – ligne rouge) s’est contracté de 1,3% sur une année.

production industrielle décembre 2019

La production industrielle est officiellement tombée en récession en septembre. La production industrielle est une série volatile, avec une croissance annuelle négative pendant certains moments sans causer de récession comme en 2014 et 2016. Cela dit, ce signal est un facteur négatif de l’économie U.S.

Marché immobilier

Les indicateurs du marché du logement ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Les nouveaux logements vendus se sont élevées à 694 000 en décembre, en hausse de 23% sur une année. Dans ce cycle économique, les ventes ont atteint un sommet à 729 000 en juin. Historiquement, ces ventes commençaient à se replier en moyenne 28 mois avant la prochaine récession.

Evolution ventes de logements neufs

Les mises en chantier et les permis de construire ont atteint un sommet dans ce cycle économique en décembre et novembre respectivement. Ils sont ressortis en hausse de 40% et 6% respectivement sur une année en décembre.

Inflation

L’inflation est un facteur positif de la macroéconomie.

Malgré la stabilité de la consommation l’inflation de base reste à l’objectif de 2% fixé par la Fed.

L’IPC (ligne bleue) était de 2,3% le mois dernier. L’IPC de base (plus important ; ligne rouge) a également augmenté de 2,3% sur une année.

inflation IPC décembre 2019

La Fed préfère utiliser les dépenses de consommation personnelles (PCE) pour mesurer l’inflation. L’indice PCE total et de base étaient de 1,6% et 1,6% en décembre sur une année.

inflation PCE décembre 2019

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Analyse de l’économie US -décembre 2019

Introduction : Je n’essaie pas de prédire l’avenir de l’économie. Beaucoup de gens très intelligents essaient, et quand on additionne leurs succès et leurs échecs, les résultats ne sont généralement pas meilleurs qu’un tirage au sort 50/50. C’est pourquoi je me concentre plutôt sur les indicateurs économiques avancés. Regardez ce qui est déjà arrivé au lieu de tenter de prédire l’avenir.

L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, c’est ce qui tire le marché boursier sur le long terme. Par conséquent, les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques et les marchés baissiers coïncident généralement avec les récessions.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés, qui se détériorent également avant le début des récessions. Cela ne signifie pas que le sommet exact du marché boursier ne peut pas se produire avant que la macro ne commence à se dégrader. Cela s’est passé en janvier 1973, lorsque le marché boursier s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique ne commence à se détériorer. Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient toujours après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Analyse de l’état de l’économie U.S. au mois de novembre

Résumé : Le bilan des données macroéconomiques reste positif. Il n’y a actuellement pas de détérioration significative de la conjoncture économique des Etats-Unis. La croissance reste positive mais son rythme ralentit. Une récession en 2020 semble peu probable.

Facteurs positifs pour le moment :

  • Marché de l’emploi
  • Marché de l’immobilier
  • Consommation

Facteurs négatifs pour le moment :

  • Courbe des taux
  • Spread High yield
  • Industrie manufacturière

La courbe des taux se pentifie

Le marché obligataire table sur une croissance continue mais modeste.

Les deux écarts de taux les plus importants (10 ans – 2 ans et 10 ans – 3 mois) sont redevenus positifs en septembre après s’être inversés. Depuis 1960, le délai entre l’inversion du 10 ans avec le 2 ans U.S. et le début de la prochaine récession a été long : au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans.

La courbe des taux s’est inversée en août. De ce fait, l’expansion actuelle devrait durer jusqu’en 2019, mais 2020 est dorénavant à risque.

Inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis en août 2019

Depuis septembre 2018, la différence de rendements avec les obligations mal notées s’agrandit, tandis que les marchés boursiers enregistrent des nouveaux records.

L’écartement du spread est une condition nécessaire mais pas suffisante pour prévoir les marchés baissiers et les récessions. Dans le passé, cet écart de rendements était haussier avant le début des marchés baissiers et des récessions. Pourquoi ? Parce que les participants du marché obligataire sont généralement plus prudents que ceux du marché boursier.

High yield spread Etats-Unis novembre 2019

Les ventes au détail réelles stagnent

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 1,3% en novembre sur une année, mais restent inférieures au pic inscrit en août. Dans le passé, les ventes au détail corrigées de l’inflation étaient en tendance baissière avant le début des récessions. C’est un point positif pour la macro.

*Ajustée de l’inflation

Ventes au détail réels Etats-Unis novembre 2019

Les nouvelles inscriptions aux allocations chômage restent faibles

Les demandes aux allocations chômage ont atteint leur plus bas niveau en 50 ans en avril (il y a tout juste 7 mois). Depuis avril, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage consolident autour de 210k. Au cours des 50 dernières années, elles ont commencé à augmenter au moins 7 mois avant la prochaine récession.

Inscriptions aux allocations chômage

Récent pic des ventes de maisons neuves

Le marché de l’immobilier était préoccupant jusqu’à ce que les ventes de nouveaux logements recommencent à inscrire des nouveaux records depuis juin.

Les mises en chantier, les permis de construire et les ventes de nouveaux logements ont progressé en novembre, et sont en hausse de 13,5%, 11% et 31% respectivement sur une année glissante.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de logements neufs et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en septembre, il y a à peine 3 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Nouvelles maisons neuves vendues

Indice économique avancé du Conference Board inchangé

L’indice du Conference Board composé d’indicateurs économiques avancés (LEI) de novembre était inchangé par rapport au chiffre révisé d’octobre de 111,6.

Cet indice comprend les indicateurs ci-dessus ainsi que le cours des actions, les nouvelles commandes ISM, les heures de travail dans le secteur manufacturier ainsi que la confiance des consommateurs.

« Le LEI du Conference Board pour les États-Unis est resté inchangé en novembre après trois baisses consécutives. La forte contribution positive du cours des actions a été compensée par la forte contribution négative de l’indice nouvelles commandes de l’ISM »

Ataman Ozyildirim, directeur principal de la recherche économique du Conference Board.

Cet indice peut légèrement baisser pendant une expansion, mais au cours des 50 dernières années, le dernier sommet a eu lieu au moins 7 mois avant la prochaine récession, ce qui suggère que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Leading Economic Index Conference Board Etats-Unis novembre 2019

Pourquoi est-ce important pour les marchés boursiers?

Les indices boursiers sont également des indicateurs en avance sur la prochaine récession, mais les indicateurs macroéconomiques susmentionnés s’affaiblissent encore plus tôt que le marché. Ils permettent entre autres de distinguer une correction de 10-20% d’un long marché baissier.

Dans l’ensemble, ces indicateurs suggèrent qu’une récession débutant en 2019 est improbable, mais qu’une récession en 2020 est une possibilité.

Passons maintenant en revue les données les plus récentes, en nous concentrant sur cinq grandes catégories: le marché du travail, la demande des consommateurs, l’industrie et le marché immobilier et l’inflation.

Marché du travail

Les indicateurs du marché du travail ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Emplois

L’économie américaine a créé 266 000 emplois en novembre (nets – hors secteur agricole) plus les 41 000 révisions nettes des deux mois précédents (septembre et octobre).

En 2019, l’économie américaine a créé 1,969 million d’emplois jusqu’à la fin de novembre, soit en moyenne 179 000 par mois, contre 2,452 millions d’emplois au cours de la même période en 2018. La croissance de l’emploi a donc ralenti.

Les impressions NFP mensuelles sont volatiles. Depuis les années 1990, les publications du NFP proches de 300 000 (comme en janvier) ont été suivis par des publications proches ou inférieures à 100 000 (comme en mai). C’est un phénomène normal dans marché boursier haussier.

Les NFP mensuels étaient même parfois négatifs comme en 1993, 1995, 1996 et 1997, mais rebondissaient les mois d’après.

NFP depuis 1990

A cause de la volatilité du NFP, il est préférable de regarder sa tendance. En septembre, la croissance de l’emploi était de +1,5% sur 12 mois glissants. Jusqu’à l’hiver 2015, la croissance annuelle était supérieure à 2%, son niveau le plus élevé depuis les années 1990.

Historiquement, la croissance de l’emploi a tendance à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Evolution du nombre d'employés Etats-Unis novembre 2019

Une autre façon d’analyser le marché de l’emploi est via les inscriptions aux allocations chômage.

Les inscriptions aux allocations chômage mesurent le nombre de personnes ayant demandé à recevoir des prestations de chômage.

En d’autres termes, cela mesure le nombre de personnes récemment au chômage. Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, les inscriptions aux allocations chômage avaient tendance à augmenter avant le début d’une récession. Cet indicateur est donc toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où les demandes augmenteraient, car elles sont très faibles en ce moment.

inscriptions hebdomadaires allocations chômage Etats-Unis novembre 2019

Les bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage mesurent le nombre de personnes qui renouvellent leurs demandes de l’allocation chômage.

Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, le nombre de bénéficiaires réguliers avait tendance à augmenter avant le début d’une récession. C’est toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où ils augmenteraient, car le nombre de bénéficiaires est également très faible en ce moment.

novembre de chômeurs Etats-Unis novembre 2019

Salaires

La croissance réelle du salaire horaire moyen a été de 1% sur un an en novembre. Le taux de février à 1,9% était le plus élevé depuis 2015. Le rythme a donc ralenti depuis le début de l’année.

C’est une tendance positive, qui montre un marché de l’emploi en bonne santé avec une demande pour plus de travailleurs. Une accélération soutenue des salaires constituerait un grand avantage pour la consommation des américains et les investissements, ce qui alimenterait l’emploi.

Croissance des salaires réels Etats-Unis novembre 2019

Dans le même temps, l’indice des coûts de la main d’oeuvre a légèrement augmenté au troisième trimestre par rapport au T2 (+3,0% vs +2,9% sur une année), ce qui est presque le plus élevé au cours des 10 dernières années.

Indice coût de la main d'oeuvre aux Etats-Unis

Demande des consommateurs

La consommation des ménages reste un point positif pour la macro.

Le PIB réel a augmenté de 2,1% sur une année au troisième trimestre. Cependant, la croissance au troisième trimestre a été de 1,9% sur un rythme annualisé. La croissance ralentit.

Croissance du PIB des Etats-Unis

En excluant les variations du PIB dues aux stocks, on obtient les « ventes finales réelles ». C’est une meilleure mesure de la croissance de la consommation que le PIB. Au troisième trimestre, sa croissance a accéléré à 2,2% en glissement annuel contre 1,8% au T2.

Croissance ventes finales

La composante « dépenses de consommation personnelle réelle » du PIB (PCE réel), qui représente environ 70% du PIB, a ralenti à +2,6% sur un an au troisième trimestre.

Croissance consommation et dépenses des ménages américains

Le PIB mesure les dépenses totales de l’économie. Une autre mesure est le RIB (revenu intérieur brut), qui mesure le revenu total dans l’économie. Comme chaque dépense produit des revenus, ce sont des mesures équivalentes de l’économie.

La croissance du RIB a ralenti à 1,8% sur un rythme annuel au troisième trimestre 2019 (contre 2,0% au T2).

Revenu intérieur brut Etats-Unis novembre 2019

La croissance des ventes au détail réelles* a ralenti à 1,3% en novembre sur une année. Les ventes ont eu tendance à chuter plus d’un an avant la dernière récession. La contraction en décembre dernier est donc un signal d’alerte pour l’économie américaine.

Ventes au détail Etats-Unis novembre 2019

Prévisions du PIB du T4 2019

Merrill Lynch+1,5%
Goldman Sachs+1,8%
NY Fed Nowcasting Report+1,3%
Fed d’Atlanta (GDPNow)+2,1%

Ces estimations suggèrent que la croissance du PIB réel se situera entre 1,3% et 2,1% en rythme annualisé au quatrième trimestre.

Industrie manufacturière

Le ralentissement économique est le plus visible dans l’industrie manufacturière.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur manufacturier représente moins de 10% de l’emploi aux États-Unis. Ces mesures sont donc de moindre importance.

Part des emplois manufacturiers dans le marché de l'emploi US

La production industrielle s’est contracté de 0,8% sur une année en novembre. La composante de production la plus importante (qui exclut l’industrie minière et de l’extraction de pétrole et de gaz – ligne rouge) s’est contracté de 0,7% sur une année.

Production industrielle Etats-Unis novembre 2019

La production industrielle est officiellement tombée en récession en septembre. La production industrielle est une série volatile, avec une croissance annuelle négative pendant certains moments sans causer de récession comme en 2014 et 2016. Cela dit, ce signal est un facteur négatif de l’économie U.S.

Marché immobilier

Les indicateurs du marché du logement ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Les nouveaux logements vendus se sont élevées à 719 000 en novembre, en hausse de 16,9% sur une année. Dans ce cycle économique, les ventes ont atteint un sommet en septembre à 730 000. Historiquement, ces ventes commençaient à se replier en moyenne 28 mois avant la prochaine récession.

Evolution ventes de logements neufs

Les mises en chantier et les permis de construire ont atteint un sommet dans ce cycle économique le mois dernier. Ils sont ressortis en hausse de 13,5% et 11% respectivement sur une année en novembre.

Croissance permis de construire et mises en chantier

Inflation

L’inflation est un facteur positif de la macroéconomie.

Malgré la stabilité de la consommation l’inflation de base reste à l’objectif de 2% fixé par la Fed.

L’IPC (ligne bleue) était de 2,0% le mois dernier. L’IPC de base (plus important ; ligne rouge) a augmenté de 2,3% sur une année.

Inflation IPC novembre 2019

La Fed préfère utiliser les dépenses de consommation personnelles (PCE) pour mesurer l’inflation. L’indice PCE total et de base étaient de 1,5% et 1,6% en novembre sur une année.

Inflation PCE Fed

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Prévision marché boursier: Début d’un nouveau bull-market ?

Le marché boursier a continué à progresser la semaine dernière. Les principaux indices américains ont continué à inscrire des nouveaux records.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

Ventes de logements neufs

Le marché du logement continue de s’améliorer, ce qui est un bon signe pour l’économie américaine. Après un ralentissement en 2018, les ventes de logements neufs continuent d’être à la hausse cette année. En octobre, les ventes de logements neufs sont ressorties en hausse de 31,6% sur une année.

Ventes logements neufs

Dans le passé, une hausse supérieure de 30% des ventes de logements neufs étaient un bon signe pour l’économie américaine et les marchés actions, puisque le S&P 500 était en hausse 89% du temps 6 mois plus tard.

Réaction S&P 500 lorsque les ventes de logements neufs croient de 30%

VIX

Le VIX a clôturé à son plus bas niveau en 1 an mercredi.

Plus bas d'un an du VIX

C’est assez impressionnant le nombre de personnes qui s’inquiètent d’un VIX si bas. Ils craignent que les chances de correction des marchés augmentent à mesure que le VIX soit faible. Ce raisonnement est vrai dans une certaine mesure.

Lorsque le VIX est très haut (>30), les probabilités de hausse du marché actions sont plus importantes que lorsque le VIX est faible (<20). Cependant, il n’y a pas de réelles différences en terme de probabilité de baisse entre un VIX à 17, 15 ou 12.

Il y a deux semaines, le VIX atteignait son plus bas niveau en 6 mois et je montrais que le VIX avait souvent tendance à rebondir, mais cela ne provoquait pas un repli du marché actions. La constatation est la même lorsque le VIX atteint son plus bas niveau en 1 an.

Evolution du S&P 500 lorsque le VIX inscrit un plus bas d'un an

Ratio Put/Call Equity

La complaisance des investisseurs est telle que la moyenne à 20 jours du ratio Put/Call Equity est inférieure à 0,6 depuis la semaine dernière.

Ratio Put/Call Equity sous 0,6

Dans le passé, une baisse si importante du ratio Put/Call Equity était souvent mitigé/légèrement haussier à court terme, mais bullish sur le long terme pour le marché actions

Evolution du S&P 500 lorsque le ratio Put/Call sous 0,6

MACD de NYSE Composite

La MACD du NYSE Composite est devenue positive en novembre après avoir évolué dans le rouge depuis l’automne 2018.

MACD NYSE Composite

Dans le passé, le marché boursier débutait souvent un nouveau bull-market après ce signal (2009, 2012, 2016). Une des exceptions était en 1987 avant la chute de 30% du marché en quelques mois.

Evolution du S&P 500 lorsque le MACD devient positif

Prévision marché boursier: Correction à venir des marchés ?

Mise à part la nouvelle contraction de la production industrielle américaine le mois dernier, rien n’a changé sur le plan fondamental la semaine dernière. Cette contraction de la production industrielle est une donnée inquiétante, car elle a souvent eu lieu avant une récession (2008, 2001), mais a également donné des faux signaux comme en 2015 et 1991.

Impact production industrielle

Les autres agrégats de l’économie comme le marché de l’emploi et celui de l’immobilier restent solides, donc le risque de récession reste faible malgré cette nouvelle contraction de la production industrielle. J’aurais l’opportunité d’en parler plus en détail dans mon analyse mensuelle publiée après le rapport NFP.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

VIX

Le VIX a clôturé vendredi à son plus bas niveau depuis avril à 12,06. Beaucoup de traders s’inquiètent d’un VIX si bas.

Une stratégie de couverture sur le VIX n’est pas un si mauvaise idée puisque le VIX a tendance à rebondir lorsqu’il atteint un plus bas de 9 mois.

Plus bas 9 mois VIX

Cependant, un tel signal n’était pas forcément bearish pour les actions. Dans le passé, le S&P 500 était haussier sur du court, moyen et long terme malgré un VIX si bas.

SPX après chute du VIX

AD Line

L’Advance/Decline Line diverge avec le S&P 500 depuis le début du mois. Est-ce un signal bearish pour les indices boursiers ?

Divergence AD Line

Voici ce qui se passait dans le passé lorsque l’AD Line était en baisse depuis 2 semaines tandis que le S&P 500 inscrivait des nouveaux records.

Conséquence divergence de l'AD Line

Une divergence comme celle-ci était plus souvent bearish pour les actions sur du très court terme, mais n’était pas un signal d’alerte pour le moyen et long terme.

Nouveau record

Le S&P 500 a clôturé vendredi à son niveau le plus haut de la semaine et à un nouveau record. Le drawdown entre le tick le plus haut et la clôture est de 0,00%. Un signal très rare puisqu’il n’a eu lieu que 24 fois depuis 1962.

Ce signal me rappelle plusieurs conseils d’anciens traders interviewés dans Market Wizard indiquant qu’un nouveau record est un signal bullish et qu’une clôture du marché le vendredi à son niveau le plus haut de la séance et de la semaine était également un signal très bullish.

SPX nouveau record

Voici ce qui se passé dans le passé lorsque le S&P 500 clôturé à son tick le plus haut de son histoire un vendredi :

Performance S&P après nouveau record

Au vu des indicateurs étudiés, le risque de correction (>5%) me semble relativement faible pour le moment. Une consolidation avant une nouvelle impulsion haussière me semble être le scénario le plus probable.

Bien sur, les marchés dépendront essentiellement de l’actualité sur le commerce plutôt que des signaux techniques. Un échec des négociations assécherait l’optimisme et les bears l’emporteraient probablement.

Prévision marché boursier: Faut-il shorter les nouveaux records ?

Encore des nouveaux records. Les bons résultats des entreprises et les annonces globalement positives sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont probablement les deux facteurs soutenant le plus les actions. Inutile pour autant de dire que « les marchés boursiers sont décorrélés de l’économie ». Allez jeter un coup d’œil à mon rapport du mois de novembre de l’économie américaine avant de poursuivre votre lecture.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

Ratio Cuivre / Or

Le ratio Cuivre / Or est surveillé, car il permet de jauger l’état psychologique des marchés

En théorie, lorsque le ratio est en hausse, cela est signe d’appétit au risque (bon pour les actifs risqués). Au contraire, lorsque ce ratio est en baisse, cela est signe d’aversion au risque (bon pour les actifs refuges).

Le ratio Cuivre / Or a inscrit un plus haut de 3 mois la semaine dernière.

Ratio Cuivre / Or

Dans le passé, un tel signal n’était pas « extrêmement » bullish pour les marchés boursiers. Le signal est positif mais n’est pas un signal significativement haussier.

Breakout ratio Cuivre / Or

VIX

Le VIX a clôturé à son plus bas niveau depuis 6 mois vendredi. Beaucoup de personnes sont préoccupées par cette chute du VIX. Ils pensent que ce signal est précurseur d’une correction des marchés actions.

Plus bas de 6 mois du VIX

Et ils est tout à fait normal d’avoir ce raisonnement. Car le VIX a très souvent tendance à rebondir à court terme.

Performance du VIX lorsque le VIX chute à un plus bas de 6 mois

Cependant, je vais sans doute en choquer plus d’un, mais une hausse du VIX n’est pas forcément synonyme de correction des marchés baissiers.

Lorsque la volatilité est très faible, le VIX a tendance à consolider et peut en effet clôturer en légère hausse. Mais le marché boursier corrige seulement lorsque le VIX bondit!

Dans le passé, une baisse du VIX à son niveau le plus bas en 6 mois n’était ni bearish ni bullish. Les traders ne devraient donc pas être plus préoccupés que cela de la faiblesse du VIX. Bien au contraire, car ce signal est fortement bullish sur le long terme (83% du temps haussier après 6 mois).

Performance du S&P 500 lorsque le VIX chute à un plus bas de 6 mois

Put/Call Ratio

Beaucoup de personnes jugent le marché trop complaisant. En plus du VIX à son plus bas en 6 mois, le ratio Put/Call a été extrêmement faible depuis le début du mois.

Le ratio a même atteint son plus bas niveau depuis… janvier 2018! Juste avant la correction de 10% des marchés boursiers en quelques séances.

Ratio Put/Call

Ce signal est une excellente nouvelle pour les permabears qui en profitent pour clamer que le marché va très bientôt corriger.

Personnellement, je préfère regarder la moyenne à 10 séances de ce ratio plutôt que la valeur au jour le jour, car la volatilité de celui-ci est très importante.

La moyenne à 10 séances est tombée sous 0,85 pour la première fois en plus de trois mois. Lorsque cela était arrivé dans le passé alors que le marché était haussier (> MM 200), cet environnement « extrêmement » complaisant n’était pas plus baissier que haussier

Performance S&P 500 lorsque la moyenne à 10 séances du Ratio Put/Call est inférieur à 0,85

% actions > MM200

Le pourcentages d’actions au-dessus de leur moyenne mobile à 200 séances a atteint 74,95% jeudi 07/11 !

Il est important de regarder cet indicateur, car il permet de savoir si la tendance de l’indice est portée par une majorité ou minorité de la côte.

% d'actions au-dessus de leur MM200

Visuellement, nous pouvons constater que les dernières fois qu’autant d’actions étaient en tendance haussière (> MM200), ce n’était pas bon signe pour le S&P 500.

En revanche, si nous nous focalisons sur « la grande image » (« focus on the big picture »), nous constatons que ce signal était plus souvent bullish sur tous les horizons de temps.

Performance du S&P 500 lorsque le % d'actions au-dessus de leur MM200 est supérieur à 74,95%

Autre fait intéressant, ce phénomène n’a jamais eu lieu pendant les marchés baissiers de l’indice (pas de signal en 2008 et 2009), ni même pendant les importantes corrections (2016 et 2018).

Ce signal a surtout eu lieu pendant les phases haussières de l’indice et avec peu de volatilité. Ce signal est donc un bon signe pour le marché boursier.

Prévision marché boursier: Vers un Santa Rallye ?

Le marché boursier continue d’inscrire des nouveaux records. Les meilleurs résultats des entreprises, l’apaisement des tensions commerciales et le léger mieux de la macro mondiale, contribuent à la hausse des indices depuis début octobre.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

CNN Fear & Greed Index

L’indice Fear & Greed Index de CNN est un excellent indicateur pour jauger l’état psychologique des investisseurs sur les marchés.

L’indice est assez complet puisqu’il est composé de plusieurs indicateurs comme le spread entre les obligations pourries (junk) et les obligations bien côtées, le VIX, l’écart entre le S&P 500 et sa moyenne à 125 séances entre autres (plus d’infos à ce lien).

Fear & Greed Index de CNN

Certaines personnes utilisent l’indicateur comme des signaux contrariens :

  • Vente/Short lorsque le marché est très gourmand (extreme Greed)
  • Achat/Débouclement short lorsque le marché est très peureux (extreme Fear)

C’était également ce que je pensais était le mieux. Mais après avoir réalisé un backtest, j’en ai conclu que le Fear & Greed Index n’est pas vraiment meilleur que le RSI.

Lorsque le S&P 500 est dans un marché haussier, les périodes d’extrême peur sont des excellentes opportunités d’achats. Mais les périodes d’extrême gourmandise ne sont pas des bonnes opportunités pour shorter.

Malheureusement, CNN ne fournit pas la formule mathématique exacte de son indicateur. Par conséquent, les données que nous pouvons trouver sur internet varient légèrement de l’indicateur officiel. Mais cela n’est pas un réel problème en soi, car ce que nous voulons savoir c’est si le Fear & Greed index est très haut ou très bas. Qu’il soit à 78, 80 ou 82, importe peu.

D’après les données que j’ai trouvées, le Fear & Greed Index a atteint la semaine dernière son plus haut niveau en 22 mois. Voici ce qui se passait pour le S&P 500 après ce signal :

Performance du S&P 500 lorsque le Fear & Greed Index est haut

Comme nous pouvons le constater le signal donne des perspectives mitigées pour le court terme (< 3 mois) et haussière sur du moyen/long terme.

+21% YTD

Le S&P 500 a clôturé son mois d’octobre en hausse de 21% par rapport au début d’année. Sa meilleure performance YTD depuis 2013!

Depuis 1927, le S&P 500 a progressé de plus de 20% du début d’année jusqu’au 31 octobre seulement 14 fois.

Performance des principaux indices boursiers depuis le début de l'année

Dans le passé, une telle performance était très souvent bullish pour la fin d’année.

Performance du S&P 500 lorsqu'il est en hausse de plu de 20%

% d’actions du S&P au-dessus de sa MM50 séances

Il y a dorénavant plus de 70% des actions du S&P 500 qui sont au-dessus de leur moyenne mobile à 50 séances. Cela veut dire qu’une grande majorité des large-caps américaines sont en tendance haussière.

% d'actions du S&P au-dessus de sa MM50 séances

Dans le passé, une telle participation de la côte américaine au marché haussier était souvent bullish pour le S&P 500.

Performance du S&P 500 lorsque plus de 70% des actions du S&P sont au-dessus de leur MM 50 Séances

Analyse macro US novembre: Pas de récession à l’horizon

Introduction : Je n’essaie pas de prédire l’avenir de l’économie. Beaucoup de gens très intelligents essaient, et quand on additionne leurs succès et leurs échecs, les résultats ne sont généralement pas meilleurs qu’un tirage au sort 50/50. C’est pourquoi je me concentre plutôt sur les indicateurs économiques avancés. Regardez ce qui est déjà arrivé au lieu de tenter de prédire l’avenir.

L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, ce qui tire le marché boursier sur le long terme. Par conséquent, les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques et les marchés baissiers coïncident généralement avec les récessions.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés, qui se détériorent également avant le début des récessions. Cela ne signifie pas que le sommet exact du marché boursier ne peut pas se produire avant que la macro ne commence à se dégrader. Cela s’est passé en janvier 1973, lorsque le marché boursier s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique ne commence à se détériorer. Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient toujours après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Analyse de l’état de l’économie U.S. au mois de novembre

Résumé : Le bilan des données macroéconomiques reste positif. Il n’y a actuellement pas de détérioration significative de la conjoncture économique des Etats-Unis. La croissance reste positive mais son rythme ralentit. Une récession débutant avant le printemps prochain semble peu probable.

Facteurs positifs pour le moment :

  • Marché de l’emploi
  • Marché de l’immobilier
  • Consommation

Facteurs négatifs pour le moment :

  • Courbe des taux
  • Industrie manufacturière

La courbe des taux se pentifie

Le marché obligataire table sur une croissance continue mais modeste.

Les deux écarts de taux les plus importants (10 ans – 2 ans et 10 ans – 3 mois) sont redevenus positifs après s’être inversés. Depuis 1960, le délai entre l’inversion du 10 ans avec le 2 ans U.S. et le début de la prochaine récession a été long : au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans.

La courbe des taux s’est inversée en août. De ce fait, l’expansion actuelle devrait durer jusqu’en 2019, mais 2020 est dorénavant à risque.

Inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis en août 2019

Depuis septembre 2018, la différence de rendements avec les obligations mal notées s’agrandit, tandis que les marchés boursiers enregistrent des nouveaux records.

L’écartement du spread est une condition nécessaire mais pas suffisante pour prévoir les marchés baissiers et les récessions. Dans le passé, cet écart de rendements était haussier avant le début des marchés baissiers et des récessions. Pourquoi ? Parce que les participants du marché obligataire sont généralement plus prudents que ceux du marché boursier.

Spread high yield

Les ventes au détail réelles en croissance

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 2,3% en septembre sur une année, mais ont reculé comparé à août. Les ventes au détail corrigées de l’inflation continuent d’augmenter. Dans le passé, les ventes au détail corrigées de l’inflation étaient en tendance baissière avant le début des récessions. C’est un point positif pour la macro.

*Ajustée de l’inflation

Nouveau record des ventes au détail réelles aux Etats-Unis en août 2019

Faibles nouvelles inscriptions aux allocations chômage

Les demandes aux allocations chômage ont atteint leur plus bas niveau en 50 ans en avril (il y a tout juste 7 mois). Depuis avril, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage consolident autour de 210k. Au cours des 50 dernières années, elles ont commencé à augmenter au moins 7 mois avant la prochaine récession.

Evolution des demandes d'allocations au chômage depuis 1967

Récent pic des ventes de maisons neuves

Le marché de l’immobilier était préoccupant jusqu’à ce que les ventes de nouveaux logements atteignent un niveau record en juin.

Les mises en chantier, les permis de construire et les ventes de nouveaux logements ont reculé en septembre, mais restent en hausse de 1,6%, 8% et 15,5% respectivement sur une année glissante.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de logements neufs et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en juin, il y a à peine 5 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Evolution des ventes de maisons neuves depuis 1960

Consolidation à son plus haut de l’indice avancé du Conference Board

L’indice du Conference Board composé d’indicateurs économiques avancés (LEI), est tombé à 111,9, en baisse de 0,1% par rapport au chiffre révisé d’août à 112,0.

Cet indice comprend les indicateurs ci-dessus ainsi que le cours des actions, les nouvelles commandes ISM, les heures de travail dans le secteur manufacturier ainsi que la confiance des consommateurs.

« Le LEI U.S. a diminué en septembre en raison de la faiblesse du secteur manufacturier et de l’écart de taux d’intérêt, qui n’ont été que partiellement compensés par la hausse des cours des actions et par la contribution positive du Leading Credit Index »

Ataman Ozyildirim, directeur principal de la recherche économique du Conference Board.

Cet indice peut légèrement baisser pendant une expansion, mais le dernier sommet a eu lieu au moins 7 mois avant la prochaine récession au cours des 50 dernières années, ce qui suggère également que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Pourquoi est-ce important pour les marchés boursiers?

Les indices boursiers sont également des indicateurs en avance sur la prochaine récession, mais les indicateurs macroéconomiques susmentionnés s’affaiblissent encore plus tôt que le marché. Ils permettent entre autres de distinguer une correction de 10-20% d’un long marché baissier.

Dans l’ensemble, ces indicateurs suggèrent qu’une récession débutant en 2019 est improbable, mais qu’une récession en 2020 est une possibilité.

Tableau récapitulatif macroéconomique des indicateurs avancés

Passons maintenant en revue les données les plus récentes, en nous concentrant sur cinq grandes catégories: le marché du travail, la demande des consommateurs, l’industrie et le marché immobilier et l’inflation.

Marché du travail

Les indicateurs du marché du travail ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Emplois

La masse salariale non agricole du mois d’octobre était de 128 000 nouveaux employés plus les 95 000 révisions nettes des deux mois précédents (août et septembre).

La croissance de l’emploi ralentit cette année. Le gain mensuel moyen d’emploi était de 240 000 en 2015, 211 000 en 2016, 189 000 en 2017, mais a augmenté à 204 000 en 2018.

Au cours des 12 derniers mois, la moyenne mensuelle est tombée à 174 000, le plus bas niveau en 7 ans.

Evolution de la moyenne du NFP mensuel par an depuis 1975

Les impressions NFP mensuelles sont volatiles. Depuis les années 1990, les publications du NFP proches de 300 000 (comme en janvier) ont été suivis par des publications proches ou inférieures à 100 000 (comme en mai). C’est un phénomène normal dans marché boursier haussier. Les NFP mensuels étaient même parfois négatifs comme en 1993, 1995, 1996 et 1997, mais rebondissaient les mois d’après.

NFP depuis 1990

A cause de la volatilité du NFP, il est préférable de regarder la tendance. En septembre, la croissance de l’emploi était de +1,4% sur 12 mois glissants. Jusqu’au printemps 2016, la croissance annuelle avait été supérieure à 2%, son niveau le plus élevé depuis les années 1990.

Historiquement, la croissance de l’emploi a tendance à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Evolution sur une année du NFP

Salaires

La croissance réelle du salaire horaire moyen a été de 1,3% sur un an en septembre. Le taux de février à 1,9% était le plus élevé depuis 2015.

C’est une tendance positive, qui montre un marché de l’emploi en bonne santé avec une demande pour plus de travailleurs. Une accélération soutenue des salaires constituerait un grand avantage pour la consommation des américains et les investissements, ce qui alimenterait l’emploi.

Salaire horaire moyen réel aux Etats-Unis

Dans le même temps, l’indice des coûts de la main d’oeuvre a légèrement augmenté au troisième trimestre par rapport au T2 (+3,0% vs +2,9% sur une année), ce qui est presque le plus élevé au cours des 10 dernières années.

Indice coût de la main d'oeuvre aux Etats-Unis

Demande des consommateurs

La consommation des ménages reste un point positif pour la macro.

Le PIB réel a augmenté de 2,0% sur une année au troisième trimestre. Cependant, la croissance au troisième trimestre a été de 1,9% sur un rythme annualisé. La croissance ralentit.

Croissance du PIB des Etats-Unis

En excluant les variations du PIB dues aux stocks, on obtient les « ventes finales réelles ». C’est une meilleure mesure de la croissance de la consommation que le PIB. Au troisième trimestre, sa croissance a accéléré à 2,1% en glissement annuel contre 1,8% au T2.

Croissance ventes finales

La composante « dépenses de consommation personnelle réelle » du PIB (PCE réel), qui représente environ 70% du PIB, a ralenti à +2,5% sur un an au troisième trimestre.

Croissance consommation et dépenses des ménages américains

Le PIB mesure les dépenses totales de l’économie. Une autre mesure est le RIB (revenu intérieur brut), qui mesure le revenu total dans l’économie. Comme chaque dépense produit des revenus, ce sont des mesures équivalentes de l’économie.

La croissance du RIB est de 2,3% sur un rythme annuel au second trimestre 2019.

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 2,3% en septembre sur une année, mais ont reculé comparé à août. Les ventes ont chuté plus d’un an avant la dernière récession. La contraction en décembre dernier est donc un signal d’alerte pour l’économie américaine.

Evolution des ventes au détail réelles US depuis 1996

Pour le quatrième trimestre, la Fed d’Atlanta estime la croissance à 1,1%.

Estimation PIB quatrième trimestre 2019 Fed Atlanta

Le modèle de la Fed de New York prévoit un taux de croissance de 0,8%.

La croissance du T4 2019 devrait donc continuer à ralentir et être autour de 1% d’après les différentes estimations.

Industrie manufacturière

Le ralentissement économique est le plus visible dans l’industrie manufacturière.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur manufacturier représente moins de 10% de l’emploi aux États-Unis. Ces mesures sont donc de moindre importance.

Part des emplois manufacturiers dans le marché de l'emploi US

La croissance de la production industrielle s’est contracté de 0,1% sur une année en septembre. La composante de production la plus importante (qui exclut l’industrie minière et de l’extraction de pétrole et de gaz – ligne rouge) a baissé de 0,8% sur un an.

Croissance des indices de production aux Etats-Unis

La production industrielle est officiellement tombée en récession en septembre. La production industrielle est une série volatile, avec une croissance annuelle négative pendant certains moments sans causer de récession comme en 2014 et 2016. Cela dit, ce signal est un facteur négatif de l’économie U.S.

Marché immobilier

Les indicateurs du marché du logement ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Les nouveaux logements vendus se sont élevées à 701 000 en septembre, en hausse de 15,5% sur une année. Dans ce cycle économique, les ventes ont atteint un sommet en juin à 728 000. Historiquement, ces ventes commençaient à se replier en moyenne 28 mois avant la prochaine récession.

Evolution des ventes de nouvelles maisons US depuis 1960

Les mises en chantier et les permis de construire ont atteint un sommet dans ce cycle économique en août. Ils sont ressortis en hausse de 1,6% et 8% respectivement sur une année en septembre.

Evolution des mises en chantier et permis de construire aux Etats-Unis depuis 1960.

>> Lire mon dernier point complet sur l’état du marché immobilier américain

Inflation

L’inflation est un facteur positif de la macroéconomie.

Malgré la stabilité de l’emploi, de la demande et de l’immobilier, l’inflation de base reste proche de l’objectif de 2% fixé par la Fed.

L’IPC (ligne bleue) était de 1,7% le mois dernier. L’IPC de base (plus important ; ligne verte) a augmenté de 2,3% sur une année.

Evolution de l'inflation IPC depuis 1990

La Fed préfère utiliser les dépenses de consommation personnelles (PCE) pour mesurer l’inflation. L’indice PCE total et de base étaient de 1,3% et 1,6% en septembre sur une année.

Evolution de l'inflation PCE depuis 1990

Si vous estimez que cet article a de la valeur, n’hésitez pas à le partager pour faire connaître ce blog à plus de personnes.

Prévision marché boursier: VIX, Nasdaq 100, Put/Call Ratio et AD Line

Le marché boursier a inscrit des nouveaux records la semaine dernière. Les bons résultats des entreprises, notamment technologique, ont fortement contribué à la hausse des indices la semaine dernière.

Cette semaine, les opérateurs de marché devraient avoir les yeux rivés sur les publications des résultats dont notamment ceux de Google, Facebook et Apple, trois mastodontes technologiques.

Sur le plan macroéconomique, le rapport de l’emploi, l’indice ISM manufacturier, les prix des logements et les revenus et dépenses disponibles seront les publications les plus importantes. Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): mitigé.

Cette semaine, nous allons nous concentrer sur le VIX, le Nasdaq 100, le sentiment des opérateurs de marché et l’Advance/Decline Line (participation de la côte américaine au bull-market).

VIX

La nervosité des marchés continue de s’apaiser. L’indice de la peur, le VIX, a clôturé vendredi sous 13 pour la première fois depuis fin juillet.

Graphique du VIX

Dans le passé, le S&P 500 était très bullish les mois après un VIX aussi faible. Il est intéressant de noter que ce signal n’a jamais eu lieu peu de temps en 2000 avant le crash de la bulle tech et en 2007 avant la crise financière.

Performance du S&P 500 lorsque le VIX tombe sous 13

Nouveau record du Nasdaq

Dans cet environnement complaisant, le Nasdaq et plusieurs autres indices boursiers ont inscrit des nouveaux plus hauts.

Nasdaq 100 inscrit des nouveaux records

Le S&P 500 n’a pas inscrit de nouveau record, mais s’est rapproché de son plus haut historique inscrit en juillet à 3025 points.

Dans le passé, lorsque le Nasdaq inscrivait un nouveau plus haut de 1 an pour la première fois en 60 séances, le S&P 500 était haussiers les semaines et mois après ce signal.

Performance du S&P lorsque le Nasdaq 100 inscrit des nouveaux records

Encore une fois, ce qui est intéressant à constater c’est que ce signal n’a pas eu lieu juste avant le début d’un crash.

Lors de l’éclatement de la bulle tech, le S&P 500 est revenu tester son plus haut historique plusieurs semaines après le Nasdaq.

Le Nasdaq s'est replié plusieurs semaines avant le S&P lors de l'éclatement de la bulle

Le nouveau record du Nasdaq 100 et des indices techs à plus fort bêta comme le SOX écarte donc l’hypothèse que ce nouveau record à Wall Street soit un signal baissier.

Sentiment

Le ratio Put/Call de la CBOE vient toutefois rafraîchir les perspectives haussières. Le ratio est devenu négatif et a clôturé sous 0,80 pour la première fois depuis 30 séances, ce qui veut dire que les traders ne prévoient pas de baisse du marché actions.

Graphique du cours du Put/Call Ratio

Dans le passé, un tel optimisme était souvent bullish pour les marchés boursiers, mais le S&P était souvent flat les semaines après.

Performance S&P 500 lorsque le ratio Put/Call clôture sous 0,8

Il faut garder à l’esprit que le marché boursier est une machine à voter géante. Lorsque la grande majorité est optimiste, il n’y a plus personne pour continuer à acheter. Le prix a donc plus de chances de reculer.

A l’inverse, lorsque la grande majorité est pessimiste, il y a beaucoup de potentiels acheteurs. Les perspectives haussières sont donc importantes.

Cette explication est la base de l’analyse contrarienne. Statistiquement, les meilleurs rendements du S&P sont lorsque l’indice a fortement reculé. Le consensus est donc extrêmement pessimiste, mais le pessimisme ne dure pas éternellement…

Exemple marché en panique

Participation de la côte américaine

Contrairement au S&P 500, l’AD Line inscrit des nouveaux records depuis fin août (le S&P est toujours sous ses sommets de juillet).

L’advance / decline line (AD Line), est un indicateur calculé quotidiennement qui additionne/soustrait le nombre net d’avancé des titres du NYSE.

Par exemple, s’il y a plus de titres du NYSE qui ont avancé que reculé la veille, l’AD Line aura clôturé en hausse.

Cet indicateur n’est plus très surveillé aujourd’hui, car contrairement à 2000 et 2007, l’AD Line inscrit des nouveaux records. Or cet indicateur est remis en avant par les permabears uniquement lorsqu’il échoue à inscrire des nouveaux records (en 2000 et 2007, l’AD Line s’est retourné plusieurs mois avant les crashs du S&P 500).

AD Line depuis 2009

Après une importante chute de l’AD Line en fin d’année dernière, il a fortement rebondi en début d’année.

L’AD Line devrait inscrire son 5ème record mensuel consécutif à la fin du mois. Dans le passé, le S&P 500 avait tendance à consolider à court terme avant de reprendre sa tendance haussière.

Performance du S&P lorsque l'AD Line est en hausse pendant 5 mois consécutifs

Focus marchés pour la semaine du 28 octobre 2019

Le rapport clé de cette semaine est le rapport de l’emploi publié vendredi.

Parmi les autres indicateurs clés figurent l’indice ISM manufacturier d’octobre, les revenus et dépenses des ménages ainsi que l’indice Case-Shiller des prix des logements pour août.

Concernant l’industrie, l’enquête de la Fed de Dallas sera publié cette semaine.

Le FOMC se réunit cette semaine et devrait baisser les taux directeurs de la Fed de 25 points de base.

Lundi 28 octobre

14h30 – Indice d’activité nationale de la Fed de Chicago pour septembre. Cet indice est composé de plusieurs données macroéconomiques.

16h00 – Indice manufacturier de la Fed de Dallas pour septembre.

Mardi 29 octobre

15h00 – Indice S&P/Case-Shiller des prix des logements pour août.

Evolution des prix des logements aux Etats-Unis

16h00 – Promesses de ventes de logements pour septembre. Le consensus table sur une baisse de 0,2% en septembre.

Mercredi 30 octobre

14h15 – Le rapport ADP sur l’emploi pour octobre. Ce rapport est uniquement pour les emplois dans le secteur privé (n’inclus pas ceux du gouvernement), ce qui n’est pas le cas du NFP. Le consensus est pour 139’000 créations d’emplois contre 135’000 en septembre.

14h30 – PIB du troisième trimestre 2019 (première estimation). Le consensus table sur une hausse de 1,7% du PIB sur un rythme annualisé, en baisse par rapport au deuxième trimestre (2,0%).

20h00 – Communiqué du FOMC. La Fed devrait procéder à une nouvelle baisse des taux de 25 points de base, sa troisième depuis le début de l’année.

20h30 – Discours du président de la Fed, Jerome Powell.

Jeudi 31 octobre

14h30 – Les revenus et dépenses des ménages pour septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,3% des revenus des ménages et de 0,2% des dépenses. L’indice PCE core est attendu en hausse de 0,1%.

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (212k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

15h45 – Indice PMI de Chicago pour octobre. Le consensus est pour une lecture à 48,0 contre 47,1 en septembre.

Vendredi 1 novembre

14h30 – Le rapport de l’emploi pour octobre. Le consensus est pour une augmentation de 93’000 emplois (publics et privés et hors secteur agricole) et d’une hausse du taux de chômage à 3,6%.

En septembre, il y a eu 136’000 emplois créés dans le secteur non agricole et une baisse à 3,5%.

Le graphique ci-dessous montre le changement sur une année des emplois (hors secteur agricole).

Rapport NFP de l'emploi des Etats-Unis

En septembre, il y a eu 2,147 millions emplois créés sur une année.

Les chiffres sur les salaires seront également importants à suivre.

16h00 – Indice ISM manufacturier pour octobre. Le consensus est pour une lecture à 49%, soit en hausse comparé à septembre (47,8%).

16h00 – Dans le même temps, les dépenses de construction de septembre seront publiées. Le consensus est pour une hausse de 0,2% des dépenses.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon dernier bilan complet de l’économie U.S..

Calendrier économique U.S. d’octobre

Calendrier économique US octobre 2019
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