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Prévision marché boursier: Faut-il shorter les nouveaux records ?

Encore des nouveaux records. Les bons résultats des entreprises et les annonces globalement positives sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont probablement les deux facteurs soutenant le plus les actions. Inutile pour autant de dire que « les marchés boursiers sont décorrélés de l’économie ». Allez jeter un coup d’œil à mon rapport du mois de novembre de l’économie américaine avant de poursuivre votre lecture.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

Ratio Cuivre / Or

Le ratio Cuivre / Or est surveillé, car il permet de jauger l’état psychologique des marchés

En théorie, lorsque le ratio est en hausse, cela est signe d’appétit au risque (bon pour les actifs risqués). Au contraire, lorsque ce ratio est en baisse, cela est signe d’aversion au risque (bon pour les actifs refuges).

Le ratio Cuivre / Or a inscrit un plus haut de 3 mois la semaine dernière.

Ratio Cuivre / Or

Dans le passé, un tel signal n’était pas « extrêmement » bullish pour les marchés boursiers. Le signal est positif mais n’est pas un signal significativement haussier.

Breakout ratio Cuivre / Or

VIX

Le VIX a clôturé à son plus bas niveau depuis 6 mois vendredi. Beaucoup de personnes sont préoccupées par cette chute du VIX. Ils pensent que ce signal est précurseur d’une correction des marchés actions.

Plus bas de 6 mois du VIX

Et ils est tout à fait normal d’avoir ce raisonnement. Car le VIX a très souvent tendance à rebondir à court terme.

Performance du VIX lorsque le VIX chute à un plus bas de 6 mois

Cependant, je vais sans doute en choquer plus d’un, mais une hausse du VIX n’est pas forcément synonyme de correction des marchés baissiers.

Lorsque la volatilité est très faible, le VIX a tendance à consolider et peut en effet clôturer en légère hausse. Mais le marché boursier corrige seulement lorsque le VIX bondit!

Dans le passé, une baisse du VIX à son niveau le plus bas en 6 mois n’était ni bearish ni bullish. Les traders ne devraient donc pas être plus préoccupés que cela de la faiblesse du VIX. Bien au contraire, car ce signal est fortement bullish sur le long terme (83% du temps haussier après 6 mois).

Performance du S&P 500 lorsque le VIX chute à un plus bas de 6 mois

Put/Call Ratio

Beaucoup de personnes jugent le marché trop complaisant. En plus du VIX à son plus bas en 6 mois, le ratio Put/Call a été extrêmement faible depuis le début du mois.

Le ratio a même atteint son plus bas niveau depuis… janvier 2018! Juste avant la correction de 10% des marchés boursiers en quelques séances.

Ratio Put/Call

Ce signal est une excellente nouvelle pour les permabears qui en profitent pour clamer que le marché va très bientôt corriger.

Personnellement, je préfère regarder la moyenne à 10 séances de ce ratio plutôt que la valeur au jour le jour, car la volatilité de celui-ci est très importante.

La moyenne à 10 séances est tombée sous 0,85 pour la première fois en plus de trois mois. Lorsque cela était arrivé dans le passé alors que le marché était haussier (> MM 200), cet environnement « extrêmement » complaisant n’était pas plus baissier que haussier

Performance S&P 500 lorsque la moyenne à 10 séances du Ratio Put/Call est inférieur à 0,85

% actions > MM200

Le pourcentages d’actions au-dessus de leur moyenne mobile à 200 séances a atteint 74,95% jeudi 07/11 !

Il est important de regarder cet indicateur, car il permet de savoir si la tendance de l’indice est portée par une majorité ou minorité de la côte.

% d'actions au-dessus de leur MM200

Visuellement, nous pouvons constater que les dernières fois qu’autant d’actions étaient en tendance haussière (> MM200), ce n’était pas bon signe pour le S&P 500.

En revanche, si nous nous focalisons sur « la grande image » (« focus on the big picture »), nous constatons que ce signal était plus souvent bullish sur tous les horizons de temps.

Performance du S&P 500 lorsque le % d'actions au-dessus de leur MM200 est supérieur à 74,95%

Autre fait intéressant, ce phénomène n’a jamais eu lieu pendant les marchés baissiers de l’indice (pas de signal en 2008 et 2009), ni même pendant les importantes corrections (2016 et 2018).

Ce signal a surtout eu lieu pendant les phases haussières de l’indice et avec peu de volatilité. Ce signal est donc un bon signe pour le marché boursier.

Prévision marché boursier: Vers un Santa Rallye ?

Le marché boursier continue d’inscrire des nouveaux records. Les meilleurs résultats des entreprises, l’apaisement des tensions commerciales et le léger mieux de la macro mondiale, contribuent à la hausse des indices depuis début octobre.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

CNN Fear & Greed Index

L’indice Fear & Greed Index de CNN est un excellent indicateur pour jauger l’état psychologique des investisseurs sur les marchés.

L’indice est assez complet puisqu’il est composé de plusieurs indicateurs comme le spread entre les obligations pourries (junk) et les obligations bien côtées, le VIX, l’écart entre le S&P 500 et sa moyenne à 125 séances entre autres (plus d’infos à ce lien).

Fear & Greed Index de CNN

Certaines personnes utilisent l’indicateur comme des signaux contrariens :

  • Vente/Short lorsque le marché est très gourmand (extreme Greed)
  • Achat/Débouclement short lorsque le marché est très peureux (extreme Fear)

C’était également ce que je pensais était le mieux. Mais après avoir réalisé un backtest, j’en ai conclu que le Fear & Greed Index n’est pas vraiment meilleur que le RSI.

Lorsque le S&P 500 est dans un marché haussier, les périodes d’extrême peur sont des excellentes opportunités d’achats. Mais les périodes d’extrême gourmandise ne sont pas des bonnes opportunités pour shorter.

Malheureusement, CNN ne fournit pas la formule mathématique exacte de son indicateur. Par conséquent, les données que nous pouvons trouver sur internet varient légèrement de l’indicateur officiel. Mais cela n’est pas un réel problème en soi, car ce que nous voulons savoir c’est si le Fear & Greed index est très haut ou très bas. Qu’il soit à 78, 80 ou 82, importe peu.

D’après les données que j’ai trouvées, le Fear & Greed Index a atteint la semaine dernière son plus haut niveau en 22 mois. Voici ce qui se passait pour le S&P 500 après ce signal :

Performance du S&P 500 lorsque le Fear & Greed Index est haut

Comme nous pouvons le constater le signal donne des perspectives mitigées pour le court terme (< 3 mois) et haussière sur du moyen/long terme.

+21% YTD

Le S&P 500 a clôturé son mois d’octobre en hausse de 21% par rapport au début d’année. Sa meilleure performance YTD depuis 2013!

Depuis 1927, le S&P 500 a progressé de plus de 20% du début d’année jusqu’au 31 octobre seulement 14 fois.

Performance des principaux indices boursiers depuis le début de l'année

Dans le passé, une telle performance était très souvent bullish pour la fin d’année.

Performance du S&P 500 lorsqu'il est en hausse de plu de 20%

% d’actions du S&P au-dessus de sa MM50 séances

Il y a dorénavant plus de 70% des actions du S&P 500 qui sont au-dessus de leur moyenne mobile à 50 séances. Cela veut dire qu’une grande majorité des large-caps américaines sont en tendance haussière.

% d'actions du S&P au-dessus de sa MM50 séances

Dans le passé, une telle participation de la côte américaine au marché haussier était souvent bullish pour le S&P 500.

Performance du S&P 500 lorsque plus de 70% des actions du S&P sont au-dessus de leur MM 50 Séances

Analyse macro US novembre: Pas de récession à l’horizon

Introduction : Je n’essaie pas de prédire l’avenir de l’économie. Beaucoup de gens très intelligents essaient, et quand on additionne leurs succès et leurs échecs, les résultats ne sont généralement pas meilleurs qu’un tirage au sort 50/50. C’est pourquoi je me concentre plutôt sur les indicateurs économiques avancés. Regardez ce qui est déjà arrivé au lieu de tenter de prédire l’avenir.

L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, ce qui tire le marché boursier sur le long terme. Par conséquent, les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques et les marchés baissiers coïncident généralement avec les récessions.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés, qui se détériorent également avant le début des récessions. Cela ne signifie pas que le sommet exact du marché boursier ne peut pas se produire avant que la macro ne commence à se dégrader. Cela s’est passé en janvier 1973, lorsque le marché boursier s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique ne commence à se détériorer. Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient toujours après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Analyse de l’état de l’économie U.S. au mois de novembre

Résumé : Le bilan des données macroéconomiques reste positif. Il n’y a actuellement pas de détérioration significative de la conjoncture économique des Etats-Unis. La croissance reste positive mais son rythme ralentit. Une récession débutant avant le printemps prochain semble peu probable.

Facteurs positifs pour le moment :

  • Marché de l’emploi
  • Marché de l’immobilier
  • Consommation

Facteurs négatifs pour le moment :

  • Courbe des taux
  • Industrie manufacturière

La courbe des taux se pentifie

Le marché obligataire table sur une croissance continue mais modeste.

Les deux écarts de taux les plus importants (10 ans – 2 ans et 10 ans – 3 mois) sont redevenus positifs après s’être inversés. Depuis 1960, le délai entre l’inversion du 10 ans avec le 2 ans U.S. et le début de la prochaine récession a été long : au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans.

La courbe des taux s’est inversée en août. De ce fait, l’expansion actuelle devrait durer jusqu’en 2019, mais 2020 est dorénavant à risque.

Inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis en août 2019

Depuis septembre 2018, la différence de rendements avec les obligations mal notées s’agrandit, tandis que les marchés boursiers enregistrent des nouveaux records.

L’écartement du spread est une condition nécessaire mais pas suffisante pour prévoir les marchés baissiers et les récessions. Dans le passé, cet écart de rendements était haussier avant le début des marchés baissiers et des récessions. Pourquoi ? Parce que les participants du marché obligataire sont généralement plus prudents que ceux du marché boursier.

Spread high yield

Les ventes au détail réelles en croissance

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 2,3% en septembre sur une année, mais ont reculé comparé à août. Les ventes au détail corrigées de l’inflation continuent d’augmenter. Dans le passé, les ventes au détail corrigées de l’inflation étaient en tendance baissière avant le début des récessions. C’est un point positif pour la macro.

*Ajustée de l’inflation

Nouveau record des ventes au détail réelles aux Etats-Unis en août 2019

Faibles nouvelles inscriptions aux allocations chômage

Les demandes aux allocations chômage ont atteint leur plus bas niveau en 50 ans en avril (il y a tout juste 7 mois). Depuis avril, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage consolident autour de 210k. Au cours des 50 dernières années, elles ont commencé à augmenter au moins 7 mois avant la prochaine récession.

Evolution des demandes d'allocations au chômage depuis 1967

Récent pic des ventes de maisons neuves

Le marché de l’immobilier était préoccupant jusqu’à ce que les ventes de nouveaux logements atteignent un niveau record en juin.

Les mises en chantier, les permis de construire et les ventes de nouveaux logements ont reculé en septembre, mais restent en hausse de 1,6%, 8% et 15,5% respectivement sur une année glissante.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de logements neufs et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en juin, il y a à peine 5 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Evolution des ventes de maisons neuves depuis 1960

Consolidation à son plus haut de l’indice avancé du Conference Board

L’indice du Conference Board composé d’indicateurs économiques avancés (LEI), est tombé à 111,9, en baisse de 0,1% par rapport au chiffre révisé d’août à 112,0.

Cet indice comprend les indicateurs ci-dessus ainsi que le cours des actions, les nouvelles commandes ISM, les heures de travail dans le secteur manufacturier ainsi que la confiance des consommateurs.

« Le LEI U.S. a diminué en septembre en raison de la faiblesse du secteur manufacturier et de l’écart de taux d’intérêt, qui n’ont été que partiellement compensés par la hausse des cours des actions et par la contribution positive du Leading Credit Index »

Ataman Ozyildirim, directeur principal de la recherche économique du Conference Board.

Cet indice peut légèrement baisser pendant une expansion, mais le dernier sommet a eu lieu au moins 7 mois avant la prochaine récession au cours des 50 dernières années, ce qui suggère également que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Pourquoi est-ce important pour les marchés boursiers?

Les indices boursiers sont également des indicateurs en avance sur la prochaine récession, mais les indicateurs macroéconomiques susmentionnés s’affaiblissent encore plus tôt que le marché. Ils permettent entre autres de distinguer une correction de 10-20% d’un long marché baissier.

Dans l’ensemble, ces indicateurs suggèrent qu’une récession débutant en 2019 est improbable, mais qu’une récession en 2020 est une possibilité.

Tableau récapitulatif macroéconomique des indicateurs avancés

Passons maintenant en revue les données les plus récentes, en nous concentrant sur cinq grandes catégories: le marché du travail, la demande des consommateurs, l’industrie et le marché immobilier et l’inflation.

Marché du travail

Les indicateurs du marché du travail ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Emplois

La masse salariale non agricole du mois d’octobre était de 128 000 nouveaux employés plus les 95 000 révisions nettes des deux mois précédents (août et septembre).

La croissance de l’emploi ralentit cette année. Le gain mensuel moyen d’emploi était de 240 000 en 2015, 211 000 en 2016, 189 000 en 2017, mais a augmenté à 204 000 en 2018.

Au cours des 12 derniers mois, la moyenne mensuelle est tombée à 174 000, le plus bas niveau en 7 ans.

Evolution de la moyenne du NFP mensuel par an depuis 1975

Les impressions NFP mensuelles sont volatiles. Depuis les années 1990, les publications du NFP proches de 300 000 (comme en janvier) ont été suivis par des publications proches ou inférieures à 100 000 (comme en mai). C’est un phénomène normal dans marché boursier haussier. Les NFP mensuels étaient même parfois négatifs comme en 1993, 1995, 1996 et 1997, mais rebondissaient les mois d’après.

NFP depuis 1990

A cause de la volatilité du NFP, il est préférable de regarder la tendance. En septembre, la croissance de l’emploi était de +1,4% sur 12 mois glissants. Jusqu’au printemps 2016, la croissance annuelle avait été supérieure à 2%, son niveau le plus élevé depuis les années 1990.

Historiquement, la croissance de l’emploi a tendance à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Evolution sur une année du NFP

Salaires

La croissance réelle du salaire horaire moyen a été de 1,3% sur un an en septembre. Le taux de février à 1,9% était le plus élevé depuis 2015.

C’est une tendance positive, qui montre un marché de l’emploi en bonne santé avec une demande pour plus de travailleurs. Une accélération soutenue des salaires constituerait un grand avantage pour la consommation des américains et les investissements, ce qui alimenterait l’emploi.

Salaire horaire moyen réel aux Etats-Unis

Dans le même temps, l’indice des coûts de la main d’oeuvre a légèrement augmenté au troisième trimestre par rapport au T2 (+3,0% vs +2,9% sur une année), ce qui est presque le plus élevé au cours des 10 dernières années.

Indice coût de la main d'oeuvre aux Etats-Unis

Demande des consommateurs

La consommation des ménages reste un point positif pour la macro.

Le PIB réel a augmenté de 2,0% sur une année au troisième trimestre. Cependant, la croissance au troisième trimestre a été de 1,9% sur un rythme annualisé. La croissance ralentit.

Croissance du PIB des Etats-Unis

En excluant les variations du PIB dues aux stocks, on obtient les « ventes finales réelles ». C’est une meilleure mesure de la croissance de la consommation que le PIB. Au troisième trimestre, sa croissance a accéléré à 2,1% en glissement annuel contre 1,8% au T2.

Croissance ventes finales

La composante « dépenses de consommation personnelle réelle » du PIB (PCE réel), qui représente environ 70% du PIB, a ralenti à +2,5% sur un an au troisième trimestre.

Croissance consommation et dépenses des ménages américains

Le PIB mesure les dépenses totales de l’économie. Une autre mesure est le RIB (revenu intérieur brut), qui mesure le revenu total dans l’économie. Comme chaque dépense produit des revenus, ce sont des mesures équivalentes de l’économie.

La croissance du RIB est de 2,3% sur un rythme annuel au second trimestre 2019.

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 2,3% en septembre sur une année, mais ont reculé comparé à août. Les ventes ont chuté plus d’un an avant la dernière récession. La contraction en décembre dernier est donc un signal d’alerte pour l’économie américaine.

Evolution des ventes au détail réelles US depuis 1996

Pour le quatrième trimestre, la Fed d’Atlanta estime la croissance à 1,1%.

Estimation PIB quatrième trimestre 2019 Fed Atlanta

Le modèle de la Fed de New York prévoit un taux de croissance de 0,8%.

La croissance du T4 2019 devrait donc continuer à ralentir et être autour de 1% d’après les différentes estimations.

Industrie manufacturière

Le ralentissement économique est le plus visible dans l’industrie manufacturière.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur manufacturier représente moins de 10% de l’emploi aux États-Unis. Ces mesures sont donc de moindre importance.

Part des emplois manufacturiers dans le marché de l'emploi US

La croissance de la production industrielle s’est contracté de 0,1% sur une année en septembre. La composante de production la plus importante (qui exclut l’industrie minière et de l’extraction de pétrole et de gaz – ligne rouge) a baissé de 0,8% sur un an.

Croissance des indices de production aux Etats-Unis

La production industrielle est officiellement tombée en récession en septembre. La production industrielle est une série volatile, avec une croissance annuelle négative pendant certains moments sans causer de récession comme en 2014 et 2016. Cela dit, ce signal est un facteur négatif de l’économie U.S.

Marché immobilier

Les indicateurs du marché du logement ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Les nouveaux logements vendus se sont élevées à 701 000 en septembre, en hausse de 15,5% sur une année. Dans ce cycle économique, les ventes ont atteint un sommet en juin à 728 000. Historiquement, ces ventes commençaient à se replier en moyenne 28 mois avant la prochaine récession.

Evolution des ventes de nouvelles maisons US depuis 1960

Les mises en chantier et les permis de construire ont atteint un sommet dans ce cycle économique en août. Ils sont ressortis en hausse de 1,6% et 8% respectivement sur une année en septembre.

Evolution des mises en chantier et permis de construire aux Etats-Unis depuis 1960.

>> Lire mon dernier point complet sur l’état du marché immobilier américain

Inflation

L’inflation est un facteur positif de la macroéconomie.

Malgré la stabilité de l’emploi, de la demande et de l’immobilier, l’inflation de base reste proche de l’objectif de 2% fixé par la Fed.

L’IPC (ligne bleue) était de 1,7% le mois dernier. L’IPC de base (plus important ; ligne verte) a augmenté de 2,3% sur une année.

Evolution de l'inflation IPC depuis 1990

La Fed préfère utiliser les dépenses de consommation personnelles (PCE) pour mesurer l’inflation. L’indice PCE total et de base étaient de 1,3% et 1,6% en septembre sur une année.

Evolution de l'inflation PCE depuis 1990

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Prévision marché boursier: VIX, Nasdaq 100, Put/Call Ratio et AD Line

Le marché boursier a inscrit des nouveaux records la semaine dernière. Les bons résultats des entreprises, notamment technologique, ont fortement contribué à la hausse des indices la semaine dernière.

Cette semaine, les opérateurs de marché devraient avoir les yeux rivés sur les publications des résultats dont notamment ceux de Google, Facebook et Apple, trois mastodontes technologiques.

Sur le plan macroéconomique, le rapport de l’emploi, l’indice ISM manufacturier, les prix des logements et les revenus et dépenses disponibles seront les publications les plus importantes. Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): mitigé.

Cette semaine, nous allons nous concentrer sur le VIX, le Nasdaq 100, le sentiment des opérateurs de marché et l’Advance/Decline Line (participation de la côte américaine au bull-market).

VIX

La nervosité des marchés continue de s’apaiser. L’indice de la peur, le VIX, a clôturé vendredi sous 13 pour la première fois depuis fin juillet.

Graphique du VIX

Dans le passé, le S&P 500 était très bullish les mois après un VIX aussi faible. Il est intéressant de noter que ce signal n’a jamais eu lieu peu de temps en 2000 avant le crash de la bulle tech et en 2007 avant la crise financière.

Performance du S&P 500 lorsque le VIX tombe sous 13

Nouveau record du Nasdaq

Dans cet environnement complaisant, le Nasdaq et plusieurs autres indices boursiers ont inscrit des nouveaux plus hauts.

Nasdaq 100 inscrit des nouveaux records

Le S&P 500 n’a pas inscrit de nouveau record, mais s’est rapproché de son plus haut historique inscrit en juillet à 3025 points.

Dans le passé, lorsque le Nasdaq inscrivait un nouveau plus haut de 1 an pour la première fois en 60 séances, le S&P 500 était haussiers les semaines et mois après ce signal.

Performance du S&P lorsque le Nasdaq 100 inscrit des nouveaux records

Encore une fois, ce qui est intéressant à constater c’est que ce signal n’a pas eu lieu juste avant le début d’un crash.

Lors de l’éclatement de la bulle tech, le S&P 500 est revenu tester son plus haut historique plusieurs semaines après le Nasdaq.

Le Nasdaq s'est replié plusieurs semaines avant le S&P lors de l'éclatement de la bulle

Le nouveau record du Nasdaq 100 et des indices techs à plus fort bêta comme le SOX écarte donc l’hypothèse que ce nouveau record à Wall Street soit un signal baissier.

Sentiment

Le ratio Put/Call de la CBOE vient toutefois rafraîchir les perspectives haussières. Le ratio est devenu négatif et a clôturé sous 0,80 pour la première fois depuis 30 séances, ce qui veut dire que les traders ne prévoient pas de baisse du marché actions.

Graphique du cours du Put/Call Ratio

Dans le passé, un tel optimisme était souvent bullish pour les marchés boursiers, mais le S&P était souvent flat les semaines après.

Performance S&P 500 lorsque le ratio Put/Call clôture sous 0,8

Il faut garder à l’esprit que le marché boursier est une machine à voter géante. Lorsque la grande majorité est optimiste, il n’y a plus personne pour continuer à acheter. Le prix a donc plus de chances de reculer.

A l’inverse, lorsque la grande majorité est pessimiste, il y a beaucoup de potentiels acheteurs. Les perspectives haussières sont donc importantes.

Cette explication est la base de l’analyse contrarienne. Statistiquement, les meilleurs rendements du S&P sont lorsque l’indice a fortement reculé. Le consensus est donc extrêmement pessimiste, mais le pessimisme ne dure pas éternellement…

Exemple marché en panique

Participation de la côte américaine

Contrairement au S&P 500, l’AD Line inscrit des nouveaux records depuis fin août (le S&P est toujours sous ses sommets de juillet).

L’advance / decline line (AD Line), est un indicateur calculé quotidiennement qui additionne/soustrait le nombre net d’avancé des titres du NYSE.

Par exemple, s’il y a plus de titres du NYSE qui ont avancé que reculé la veille, l’AD Line aura clôturé en hausse.

Cet indicateur n’est plus très surveillé aujourd’hui, car contrairement à 2000 et 2007, l’AD Line inscrit des nouveaux records. Or cet indicateur est remis en avant par les permabears uniquement lorsqu’il échoue à inscrire des nouveaux records (en 2000 et 2007, l’AD Line s’est retourné plusieurs mois avant les crashs du S&P 500).

AD Line depuis 2009

Après une importante chute de l’AD Line en fin d’année dernière, il a fortement rebondi en début d’année.

L’AD Line devrait inscrire son 5ème record mensuel consécutif à la fin du mois. Dans le passé, le S&P 500 avait tendance à consolider à court terme avant de reprendre sa tendance haussière.

Performance du S&P lorsque l'AD Line est en hausse pendant 5 mois consécutifs

Focus marchés pour la semaine du 28 octobre 2019

Le rapport clé de cette semaine est le rapport de l’emploi publié vendredi.

Parmi les autres indicateurs clés figurent l’indice ISM manufacturier d’octobre, les revenus et dépenses des ménages ainsi que l’indice Case-Shiller des prix des logements pour août.

Concernant l’industrie, l’enquête de la Fed de Dallas sera publié cette semaine.

Le FOMC se réunit cette semaine et devrait baisser les taux directeurs de la Fed de 25 points de base.

Lundi 28 octobre

14h30 – Indice d’activité nationale de la Fed de Chicago pour septembre. Cet indice est composé de plusieurs données macroéconomiques.

16h00 – Indice manufacturier de la Fed de Dallas pour septembre.

Mardi 29 octobre

15h00 – Indice S&P/Case-Shiller des prix des logements pour août.

Evolution des prix des logements aux Etats-Unis

16h00 – Promesses de ventes de logements pour septembre. Le consensus table sur une baisse de 0,2% en septembre.

Mercredi 30 octobre

14h15 – Le rapport ADP sur l’emploi pour octobre. Ce rapport est uniquement pour les emplois dans le secteur privé (n’inclus pas ceux du gouvernement), ce qui n’est pas le cas du NFP. Le consensus est pour 139’000 créations d’emplois contre 135’000 en septembre.

14h30 – PIB du troisième trimestre 2019 (première estimation). Le consensus table sur une hausse de 1,7% du PIB sur un rythme annualisé, en baisse par rapport au deuxième trimestre (2,0%).

20h00 – Communiqué du FOMC. La Fed devrait procéder à une nouvelle baisse des taux de 25 points de base, sa troisième depuis le début de l’année.

20h30 – Discours du président de la Fed, Jerome Powell.

Jeudi 31 octobre

14h30 – Les revenus et dépenses des ménages pour septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,3% des revenus des ménages et de 0,2% des dépenses. L’indice PCE core est attendu en hausse de 0,1%.

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (212k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

15h45 – Indice PMI de Chicago pour octobre. Le consensus est pour une lecture à 48,0 contre 47,1 en septembre.

Vendredi 1 novembre

14h30 – Le rapport de l’emploi pour octobre. Le consensus est pour une augmentation de 93’000 emplois (publics et privés et hors secteur agricole) et d’une hausse du taux de chômage à 3,6%.

En septembre, il y a eu 136’000 emplois créés dans le secteur non agricole et une baisse à 3,5%.

Le graphique ci-dessous montre le changement sur une année des emplois (hors secteur agricole).

Rapport NFP de l'emploi des Etats-Unis

En septembre, il y a eu 2,147 millions emplois créés sur une année.

Les chiffres sur les salaires seront également importants à suivre.

16h00 – Indice ISM manufacturier pour octobre. Le consensus est pour une lecture à 49%, soit en hausse comparé à septembre (47,8%).

16h00 – Dans le même temps, les dépenses de construction de septembre seront publiées. Le consensus est pour une hausse de 0,2% des dépenses.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon dernier bilan complet de l’économie U.S..

Calendrier économique U.S. d’octobre

Calendrier économique US octobre 2019

Commentaires sur le marché américain des logements – Septembre

En ce moment, nous attendons beaucoup parler de la courbe des taux, de la guerre commerciale ou de la chute de la production industrielle, mais les observateurs de la macro ne semblent pas s’intéresser au marché des logements.

Confiance des constructeurs immobiliers

Pourtant, le marché des logements aux Etats-Unis continue à s’améliorer.

L’indice NAHB du marché immobilier a atteint son plus haut niveau en 20 mois à 71. Tout chiffre supérieur à 50 indique que davantage de constructeurs considèrent que les conditions de vente plutôt bonnes que mauvaises.

Indice NAHB à un plus haut de 20 mois en septembre.

Les indicateurs du logement sont extrêmement utiles en tant qu’indicateurs avancés de l’économie américaine. Par exemple, ils se sont affaiblis au second semestre de 2018 (avant le krach de décembre) et se sont renforcés depuis le début de 2019.

Dans le passé, lorsque l’indice NAHB du marché du logement atteignait son plus haut niveau en 20 mois, le S&P 500 était tout le temps en hausse 12 mois plus tard (sauf une baisse de 2% en 1993) et avec une performance médiane de 12% !

Performance du S&P 500 lorsque l'indice NAHB est à un plus haut de 20 mois

Mises en chantier

Les mises en chantier de logements mesurent le nombre de nouvelles maisons qui commencent à être construites aux États-Unis. Ce chiffre est en tendance haussière en ce moment.

Les mises en chantier sont ressorties en-dessous des attentes en septembre, mais les chiffres de juillet et août ont été revus à la hausse.

Le rapport a montré que les mises en chantier avaient diminué de 9,4% en septembre par rapport à août, mais qu’ils avaient augmenté de 1,6% sur une année glissante.

Les mises en chantier de maisons individuelles ont augmenté de 4,3% sur une année glissante tandis que les mises en chantier de logements collectifs ont diminué de 5,8%. Une grande partie de la faiblesse de ce mois-ci était dans les logements collectifs, mais le rapport reste correct dans son ensemble.

Dans le passé, les mises en chantier avaient tendance à baisser avant le début des récessions. Cette évolution est positive pour la macroéconomie, d’autant plus que les mises en chantier ont connu une tendance à la baisse à la fin de 2018.

Evolution des mises en chantier aux Etats-Unis

Logements collectifs

Vous trouverez ci-dessous l’évolution des mises en chantier et les achèvements de logements collectifs.

Comme la réalisation d’un logement collectif prend en moyenne plus d’un an, il existe un décalage entre les mises en chantier et les achèvements. Les achèvements sont importants car il s’agit d’une nouvelle offre ajoutée au marché, et les mises en chantier sont importantes car il s’agit d’une nouvelle offre future (les logements en construction sont également importants pour l’emploi).

Mises en chantier des logements collectifs aux Etats-Unis

Nous pouvons constater que la moyenne à 12 mois des mises en chantier (ligne rouge) a fortement augmenté les années après la grande récession jusqu’en 2015, puis a diminué. Les mises en chantier de logements collectifs évoluent dorénavant latéralement.

Cependant, je ne porterai pas de grande attention à cette stabilisation des mises en chantiers de logements collectifs, car nous pouvons constater qu’ils peuvent se stabiliser pendant de nombreuses années sans pour autant causer de récession.

Logements individuels

Le graphique ci-dessous montre les mises en chantier et les achèvements des logements unifamiliaux. Il faut généralement environ 6 mois entre la construction d’une maison unifamiliale et son achèvement. Les deux lignes sont donc beaucoup plus rapprochées. La ligne rouge correspond aux mises en chantier de logements unifamiliaux et la ligne bleue aux achèvements.

Mises en chantier des logements unifamiliaux aux Etats-Unis

Nous pouvons constater que les mises en chantier des logements unifamiliaux sont beaucoup plus utiles pour prédire le marché immobilier, car une baisse de la moyenne mobile à 12 mois peut être un signal de récession important, surtout lorsque l’économie est en fin de cycle (taux de chômage inférieur à 5% et courbe des taux inversée).

Pour le moment, ces mises en chantier sont stables. Leur nombre est relativement faible ce qui donne peu de chances de récession au cours des prochains mois.

Prix de vente des maisons

Le marché de l’immobilier américain n’est pas tout vert. Je note une baisse du prix de vente médian réel (net d’inflation) des maisons vendues. Dans le passé, le prix médian avait tendance à baisser avant la prochaine récession.

Prix réel des maisons vendus aux Etats-Unis

Logements disponibles

Le ratio entre le nombre de logements en vente et le nombre de logements vendus indique combien de mois le stocks de logements en vente disponibles peut tenir avec le rythme actuel d’achat si aucune maison neuve supplémentaire n’était construite.

Stock des logements

Après avoir augmenté en 2018, ce ratio est à nouveau en baisse en 2019, ce qui suggère qu’il y a eu plus de logements vendus que de logements mises en vente sur le marché depuis le début de l’année.

Le « stock » de logements disponible est en baisse et est à son niveau moyen (6 mois).

Le graphique ci-dessous montre la relation entre le ratio étudié précédemment et l’évolution sur une année du prix médian réel des maisons vendues. Nous pouvons constater qu’une réduction de l’offre de maisons (baisse du ratio) suggère un rebond des prix de vente.

Evolution du ratio des logements en vente/vendus

La moyenne à 12 mois du ratio est en baisse depuis seulement août. Si la tendance venait à être baissière, ce serait un signal positif pour l’économie. A l’inverse, si ce ratio recommence à augmenter et venait à dépasser 8 (8 mois de survie du stock avec le rythme actuel d’achat si aucune maison neuve n’est ajoutée au marché), ce serait un signal d’alerte pour l’économie américaine.

Conclusion sur les logements

Au vu des différents indicateurs étudiés, le marché de l’immobilier américain est encore solide et ne montre pas de signes de détérioration. L’indice NAHB et les mises en chantier des logements unifamiliaux sont des éléments positifs de la macro et suggèrent pas de récession à venir dans les prochains mois. L’offre de logements sur le marché est à sa moyenne historique ce qui écarte le scénario d’excès de construction (malgré les taux bas).

Le seul point noir relevé est le prix de vente médian des maisons vendues – en baisse depuis début 2018 (probablement en raison de l’augmentation de l’offre de maisons en vente).

Les ventes de logements neufs en septembre publiés la semaine prochaine devraient être élevées, mais ne devraient pas dépasser son pic inscrit en juin.

Pour une analyse des autres secteurs de l’économie (emploi, production, consommation et inflation), je vous invite à lire mon dernier bilan macroéconomique de l’économie américaine.

Cet article a été envoyé en avant première à ma liste de distribution. Si vous souhaitez recevoir les prochaines analyses directement dans votre boîte mail, vous pouvez vous y inscrire gratuitement en inscrivant votre adresse email dans le formulaire ci-dessous.

Prévision marché boursier: VIX, AAII, AD Line

Le marché boursier (S&P 500) continue d’évoluer proche de ses plus hauts historiques sans pour autant inscrire des nouveaux. L’apaisement des tensions commerciales et l’accord du Brexit conclu entre Boris Johnson et l’UE ont rassuré les marchés et ont permis aux principaux indices de rebondir. Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): neutre / haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): mitigé.

Cette semaine, nous allons nous concentrer sur le VIX, le sentiment des particuliers AAII et l’Advance/Decline Line (participation de la côte américaine au bull-market).

VIX

La nervosité des opérateurs de marché s’est calmée depuis le début du mois. Grâce à la conclusion de la « phase 1 » d’un accord intérimaire entre les Etats-Unis et la Chine et de l’accord du Brexit entre Boris Johnson et l’UE, le VIX est passé de plus de 20 à moins de 14 en moins de 3 semaines.

En fait, le VIX à chuté plus de 20% en dessous de sa moyenne à 50 séances la semaine dernière. Cela indique un rapide apaisement des tensions sur les marchés.

Graphique du VIX

Dans le passé, une telle chute alors que le S&P 500 était à moins de 5% de son plus haut d’un an n’était pas forcément un signal positif pour les marchés à court terme.

En fait, le marché boursier était assez aléatoire sur du court terme (< 3 mois), mais avait tendance à rebondir sur du plus long terme.

Voici ce qui se passait lorsque le S&P 500 était à moins de 5% de son plus haut d’un an.

Performance du S&P 500 lorsque climat complaisant

Sentiment

Le sentiment des particuliers s’est amélioré la semaine dernière. Le pourcentage d’investisseurs particuliers « bullish » est passé de 20,3 à 33,4.

Cependant, le pessimisme reste dominant sur du long terme puisque la moyenne à 26 semaines des particuliers « bullish » de l’enquête AAII est tombée à 29,8 la semaine dernière. Son plus bas niveau depuis novembre 2016 (35 mois).

Sentiment AAII des particuliers

Rappelons qu’il y a deux semaines, la moyenne à 10 semaines des particuliers « bullish » était tombée pour la première fois depuis novembre 2016 sous 27. Le S&P 500 était tout le temps haussier 1 an après un tel pessimisme.

Pour ce qui est de la moyenne à 26 semaines, les probabilités de hausses du S&P 500 sont beaucoup plus limitées et sont mêmes négatives sur du court terme (< 3 mois).

Performance du S&P 500 lorsque les particuliers sont majoritairement en vente

Ce qui est intéressant à constater, c’est que ce pessimisme prolongé des particuliers a eu souvent lieu pendant ce marché haussier, contrairement aux marchés haussiers de 2003 – 2007 et 1995 – 2000.

Personnellement, je préfère rester prudent avec les importantes probabilités de baisse du S&P 500 à court terme d’après cette étude. Le court terme dépend surtout de l’actualité.

Rappelons que lorsque la moyenne à 10 semaines de l’AAII Bull était inférieur à 28, les probabilités de hausse du marché boursier sont très bonnes à court et moyen terme.

Performance du marché actions lorsque le sentiment des investisseurs particuliers chutent

Ces deux études sur le même indicateur (% AAII Bull) donnent donc des indications opposées. Résultat : mitigé.

Participation de la côte américaine

L’advance / decline line (AD Line), est un indicateur calculé quotidiennement qui additionne/soustrait le nombre net d’avancé des titres du NYSE.

Par exemple, s’il y a plus de titres du NYSE qui ont avancé que reculé la veille, l’AD Line aura clôturé en hausse.

Cet indicateur n’est plus très surveillé aujourd’hui, car contrairement à 2000 et 2007, l’AD Line inscrit des nouveaux records. Or cet indicateur est remis en avant par les permabears uniquement lorsqu’il échoue à inscrire des nouveaux records (en 2000 et 2007, l’AD Line s’est retourné plusieurs mois avant les crashs du S&P 500).

Graphique Advance Decline Line NYSE

Après une importante chute de l’AD Line en fin d’année dernière, il a fortement rebondi en début d’année et continue d’inscrire des nouveaux records depuis juillet.

La semaine dernière, l’AD Line a inscrit un nouveau record contrairement au S&P qui reste sous ses plus hauts inscrits il y a plus de deux mois (fin juillet).

Dans le passé, lorsque ce fut le cas alors que le S&P était à moins de 5% de ses plus hauts historiques, le S&P 500 avait tendance à rebondir à court et moyen terme.

Rebond S&P 500 lorsque AD Line inscrit nouveau record

Encore une fois, je préfère rester prudent avec les chances de rebond pour le court terme, car le CT est surtout influencé par les bruits (l’actualité).

Focus marchés pour la semaine du 20 octobre 2019

Les rapports clés de cette semaine sont ventes de logements neufs et existants

Concernant l’industrie, les enquêtes de la Fed de Richmond et de la Fed de Kansas City seront publiées cette semaine.

Lundi 20 octobre

Pas de publication macroéconomique majeure

Mardi 21 octobre

16h00 – Ventes de logements existants en septembre. Le consensus est pour une baisse à 5,45 millions de logements contre 5,49 millions en août.

16h00 – Enquête auprès de l’industrie par la Fed de Richmond pour octobre.

Mercredi 22 octobre

Pas de publication macroéconomique majeure

Jeudi 23 octobre

10h30 – PMI manufacturier flash de l’Allemagne pour octobre. Le consensus est pour une hausse à 42,0% contre 41,7% en septembre.

14h30 – Commandes de biens durables pour septembre. Le consensus est pour une baisse de 0,7%

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (210k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

16h00 – Ventes de logements neufs en septembre.

Les ventes de logements neufs sont un indicateur avancé de l’économie américaine que je surveille particulièrement, car elles tendent à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Au cours des 50 dernières années, les ventes de logements neufs commençaient à baisser au moins 11 mois avant la prochaine récession. Le dernier pic des ventes de logements neufs était en juin 2019 à 729k soit il y a 4 mois.

Le consensus est pour une nouvelle baisse en septembre à 699K contre 713k en août.

Evolution des ventes de logements neufs depuis 1960

17h00 – Enquête auprès de l’industrie par la Fed de Kansas City pour octobre.

Vendredi 24 septembre

10h00 – Climat des affaires en Allemagne pour octobre. Le consensus est pour une baisse à 94,4 contre 94,6 en septembre.

16h00 – Confiance des consommateurs en octobre par l’Université du Michigan. Le consensus est pour une lecture à 96 contre 93,2 en septembre.

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

Calendrier économique US octobre 2019

Prévision marché boursier: Courbe des taux, Sentiment AAII et Put/Call Ratio

Le marché boursier (S&P 500) continue d’osciller de jour en jour en fonction de l’actualité sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): neutre / haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): mitigé.

Cette semaine, nous allons nous concentrer sur différents indicateurs de sentiment étant donné que les indicateurs de participation comme l’AD Line, le % de titres du S&P 500 au-dessus de leur moyenne mobile à 50 séances ou encore le McClellan Summation Index sont sans tendance à court terme.

Courbe des taux

La courbe des rendements du Trésor à 10 ans – 3 mois a mis fin à sa plus longue période d’inversion depuis la crise financière.

En effet, d’après les données fournies par le site FRED, l’écart entre le 10 ans et le 3 mois US est redevenu positif après plus de 50 jours d’inversion.

La courbe des taux se pentifie après s'être inversée

Le plus inquiétant dans la courbe des taux n’est pas l’inversion, mais lorsqu’elle se pentifie après s’être inversée (généralement après le début d’une normalisation de la politique monétaire de la Fed).

Dans le passé, lorsque cet écart de taux redevenait positif après avoir été négatif pendant au moins 1 mois, les rendements futurs du marché boursier étaient négatifs sur du moyen/long terme.

Performance du marché boursier après normalisation de la politique monétaire

Personnellement, je resterai prudent avec ce signal baissier. La courbe des taux ne représente pas un agrégat de l’économie. Or la macroéconomie américaine reste solide et ne montre pas de sérieux signe de récession. L’inversion de la courbe des taux est à prendre au sérieux, mais est selon moi davantage un signal confirmant que l’économie est en fin de cycle.

Sentiment

Le % d’investisseurs particuliers bullish continue à chuter. La moyenne à 10 semaines des « bullish » de l’enquête AAII est tombée à 27 la semaine dernière. Une première depuis novembre 2016.

Evolution de l'AAII

Dans le passé, un tel pessimisme des particuliers étaient souvent suivi par un important rebond du marché actions..

Marché boursier lorsque l'AAII est inférieur à 27

Notons qu’il n’y a pas eu de lecture de cette moyenne sous 27 lors de la crise financière ou de l’explosion de la bulle tech. En 2008, le sentiment a atteint un plus bas à 27,5 et 27,3 en 2003.

Si nous incluons ces valeurs en augmentant le seuil d’acceptation à 28 au lieu de 27, les résultats deviennent en fait encore plus bullish.

Performance du marché actions lorsque le sentiment des investisseurs particuliers chutent

La seule fois où il semblerait que les investisseurs particuliers aient eu juste était en mars 2008. Autrement, un tel pessimisme avait souvent lieu à la fin d’une correction.

Les particuliers ont-ils cette fois-ci raison ? Réponse dans les prochains mois…

Qu’en est-il des traders « professionnels » ?

Le marché des options est surtout utilisé par les traders professionnels ou du moins les trader aguerris, car ils s’en servent essentiellement pour protéger leurs positions sur le marché actions.

Or la moyenne à 10 semaines du ratio Put/Call a atteint une valeur extrêmement élevée. Autrement dit, cela fait plusieurs semaines que les traders se protègent avec des options Put.

Le pessimisme est donc également répandu chez les professionnels. Le problème, c’est que la majorité des gérants ne font pas mieux que les marchés. En fait, la plupart sont sous-exposés au marché boursier – traumatisé par la crise financière.

Dans le passé, un tel pessimisme des « professionnels » avait également souvent lieu à la fin d’une correction et le début d’un rallye haussier. La seule exception fut en septembre 2007, peu de mois avant la crise financière de 2008.

Réaction marché boursier lorsque le Ratio Put/Call est élevé

Focus marchés pour la semaine du 14 octobre 2019

Les rapports clés de cette semaine sont les mises en chantier et les ventes au détail.

Concernant l’industrie, le production industrielle de septembre et les enquêtes de la Fed de New York et de la Fed de Philadelphie seront publiées cette semaine.

Lundi 14 octobre

Jour férié de Christophe Colomb. Les banques seront fermées pour célébrer le jour de Christophe Colomb, mais le marché boursier sera ouvert. Aucune annonce économique n’est prévue.

Mardi 15 octobre

11h00 – Indice ZEW économique allemand pour septembre. Le consensus est pour une baisse à -27,3 contre -22,5 en août.

14h30 – Indice manufacturier Empire State Fed de New York pour le mois d’octobre. Le consensus est pour une baisse à 0,8 contre 2,0 en septembre.

Mercredi 16 octobre

11h00 – Indice des prix à la consommation de la zone euro pour septembre. Le consensus est pour une lecture à 0,9% sur un rythme annuel contre 1,0% en août.

14h30 – Ventes au détail du mois de septembre. Le consensus est pour une hausse de 0,3% comparé à août.

Les ventes au détail est indicateur avancé de l’économie. Compte tenu du fait que 70% du PIB américain est produit par la consommation, les ventes au détail tendent à reculer pendant les périodes de récession.

Le graphique ci-dessous montre les ventes au détail réelles depuis 1992.

Evolution des ventes au détail réelles aux Etats-Unis

16h00 – Indice NAHB du marché immobilier pour le mois d’octobre. Une lecture au-dessus de 50 indique qu’une majorité de constructeurs voient les conditions de vente « bonnes ». Le consensus est pour une lecture inchangée à 68.

Jeudi 17 octobre

14h30 – Mises en chantier en septembre. Le consensus table sur 1,300 million de mises en chantier en une année en septembre contre 1,364 en août.

Pour rappel, les mises en chantier et les permis de construire ont inscrit des nouveaux records dans ce cycle d’expansion économique en août.

Les mises en chantier est un indicateur avancé de l’économie. Le marché de l’immobilier a tendance à se détériorer plusieurs mois avant le début d’une récession.

Le graphique ci-dessous montre les mises en chantier (rouge) et les permis de construire (bleu) depuis 1959.

Mises en chantier et Permis de construire aux Etats-Unis

14h30 – Comme tous les jeudis, les inscriptions hebdomadaires au chômage de la semaine dernière seront publiées. Le consensus table sur 215k inscriptions, soit en hausse par rapport à la semaine précédente (210k).

Le marché de l’emploi est un indicateur avancé de l’économie. La moyenne à 4 semaines des inscriptions hebdomadaires au chômage tend à augmenter plusieurs semaines avant le début d’une récession.

Moyenne de 4 semaines des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

14h30 – Indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois d’octobre. Le consensus est pour une baisse à 7,1 contre 12 en septembre.

15h15 – La Fed va publier la production industrielle et l’utilisation de la capacité de production pour septembre. Le consensus est pour une baisse de 0,2% de la production industrielle et une utilisation de la capacité de production en baisse à 77,8%.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la production industrielle depuis 1919.

Production industrielle aux Etats-Unis

Vendredi 18 septembre

04h00 – PIB du troisième trimestre de la Chine. Le consensus est pour une lecture à +1,5% au T3 comparé au T2, contre +1,6% au T2 comparé au T1.

Sur un rythme annuel, le taux de croissance est attendu à 6,1% au T3 contre 6,2% au T2

16h00 – La semaine se terminera par le rapport sur l’emploi du Bureau of Labor Statistic (BLS)

Pour un suivi complet de la macroéconomie américaine, je vous invite à lire mon bilan complet de l’économie U.S. au mois de septembre.

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