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Quel est l’état de l’économie américaine au T3 2020 ?

Six mois après le début de la crise économique provoquée par la pandémie du coronavirus, il est temps de faire un premier bilan de l’état de la reprise économique. Comme tout le monde sait, les mesures sans précédent de confinement ont été catastrophiques pour l’économie mondiale puisqu’elles ont mis plusieurs dizaines de millions d’employés sur le carreau, rien que dans les économies dites développées.

Heureusement et contre toute attente, l’économie mondiale se remet vigoureusement de la crise. Il faut dire que les banques centrales et les gouvernements n’ont jamais mis autant de moyens et aussi rapidement pour sauver l’économie. Rien que le G4 des banques centrales, plus de 10 000 milliards de dollars de nouvelle monnaie ont été « imprimés », l’équivalent de 11% du PIB mondial de 2019.

L’attention des investisseurs est axée sur le rythme de la reprise. Jusqu’à maintenant, les économistes et analystes ont été plutôt pessimistes sur sa vitesse qui bien qu’incomplète, est plutôt en forme de « V » qu’en forme de « L ».

Dans cet article, nous allons faire un point sur l’état de la reprise de l’économie américaine et quelques prévisions sur sa future trajectoire.

PIB

Sans surprise, la production a fortement rebondi au troisième trimestre, le PIB ayant augmenté de 33,1% sur un rythme annualisé. Comme prévu également, ce chiffre est trompeur, car il masque l’ampleur des dégâts causés par la pandémie. Le PIB est toujours inférieur de 2,9% au niveau de l’année dernière, et si l’on suppose que la croissance de croisière est d’environ 2%, le déficit réel est donc plus proche de 5%. Ce n’est donc pas une situation économique bonne, mais ce n’est pas non plus une dépression.

Consommation

La croissance va évidemment nettement ralentir au quatrième trimestre pour se rapprocher de sa normale. Il est intéressant de noter que le troisième trimestre s’est terminé avec une accélération de la dynamique. Les dépenses de consommation ont augmenté de 1,2% en septembre, contre 0,7 % en août.

Toutefois, la pandémie reste le principal obstacle à la guérison de l’économie. Le secteur des services ne pourra pas se rétablir complètement tant que la population ne sera pas totalement convaincue de pouvoir retourner dans les lieux bondés. Tant que ce doute sera présent, la demande continuera d’être poussée vers les dépenses de biens.

Il est légitime de penser qu’une fois que la pandémie sera derrière nous, il y aura une explosion des dépenses dans les loisirs et divertissements l’année prochaine. Les gens vont faire ce qu’ils n’ont pas fait en 2020, c’est-à-dire aller au restaurant, au cinéma et en vacances.

Emplois

L’emploi a continué de croître à un rythme historiquement rapide en septembre. Le nombre d’emplois a augmenté de 661 000 au total, dont 877 000 dans le secteur privé et un peu plus de 12 millions depuis mai après en avoir perdu 22 millions en mars et avril. Environ 50% des emplois perdus au printemps ont été récupérés.

Malgré les importantes aides de l’Etat et des renflouements, le marché de l’emploi a connu un des pires chocs de son histoire. La masse salariale américaine s’est contractée de 13% sur le seul mois d’avril contre 0,6% au pire mois de la grande récession de 2008-2009 (mars 2009).

Toutefois, comparer les pertes d’emplois par mois entre cette crise et les précédentes serait une erreur, car contrairement aux autres crises, la contraction de l’économie à cette fois-ci était soudaine et brutale à cause des mesures de confinement.

Au pire de la crise, le nombre d’employés était en baisse d’un peu plus de 14%, soit plus de deux fois plus que la grande récession de 2008-2009 (-6%) qui était déjà la plus grande récession du marché de l’emploi depuis la Grande Dépression des années 30. En septembre, le nombre d’employés (NFP) était encore 7% inférieur à son niveau du début d’année.

Les créations d’emplois devraient se poursuivre ces prochains mois, mais le rythme va probablement continuer à ralentir, sauf si les législateurs et la Maison-Blanche se mettent sur d’accord sur un nouveau plan de relance massif.

Une autre façon d’analyser le marché de l’emploi est à travers les inscriptions aux allocations chômage. Les inscriptions initiales à l’allocation chômage mesurent le nombre de personnes ayant demandé pour la première fois à recevoir des prestations de chômage.

Cette série est en baisse depuis fin mai, passant de près de 6 millions au pire de la crise à environ 850 000 début octobre. C’est un niveau qui reste élevé puisque c’est le même niveau qu’au pire de la Grande Récession de 2008-2009, mais la baisse de cette série suggère que l’économie américaine poursuit son redressement.

Le nombre de bénéficiaires réguliers à l’allocation chômage mesure le nombre total de personnes au chômage. Comme le nombre d’inscriptions initiales à l’allocation chômage, il est en baisse après avoir inscrit un record à près de 23 millions courant mai. La baisse de cette série est également un facteur encourageant pour la reprise.

Revenu disponible

La croissance réelle du revenu des ménages a été importante pendant les pires mois de la crise, progressant jusqu’à 15% sur un an grâce aux aides massives de l’Etat (CARES Act.), mais ces aides ont depuis expiré (fin juillet). Le revenu réel des ménages reste toutefois 4,0% supérieur à son niveau d’août 2019, ce qui explique le fort rebond de la consommation des ménages malgré les incertitudes et le chômage élevé.

Le revenu disponible sera une série à surveiller, car s’il y a moins de revenus, il y aura moins de dépenses et donc moins de croissance et d’embauches.

Industrie manufacturière

La production industrielle a également chuté lors des mois de confinement (-17%). C’est une récession industrielle sévère, comparable à celle connue lors de la grande récession de 2008-2009.

Depuis mai, l’industrie manufacturière se reprend comme tous les autres pans de l’économie américaine. La production industrielle reste néanmoins 8% inférieur à son plus haut historique inscrit en 2019 (7% inférieur à son niveau du début d’année).

La production industrielle a étonnamment reculé en septembre alors que les indices manufacturiers des districts fédéraux et les indices PMI étaient en hausse.

Cette baisse est essentiellement due à une normalisation du rebond de l’activité chez les fabricants automobiles. Toutefois, le trimestre s’est terminé sur une note encourageante avec une nouvelle augmentation des nouvelles commandes de biens d’équipement de base.

De plus, les PMI manufacturiers de Markit et de l’ISM continuent de croître suggérant une accélération de la reprise dans le secteur industriel.

Logements

Le marché du logement américain continue à progresser à toute allure en raison des tendances démographiques et des faibles taux d’intérêt. Les ventes de nouveaux logements sont ressorties en hausse de plus de 40% sur un an en août, le taux de croissance le plus élevé depuis le début des années 90!

Une partie de cette hausse est due à un report des ventes qui ne pouvaient pas se faire lors de la période de confinement, mais une énorme partie est probablement due à la chute des taux hypothécaires suite aux baisses des taux directeurs de la Fed. Le taux moyen d’emprunt à 15 ans a été constaté à 2,37% fin septembre contre 3,05% il y a à peine un an. Le taux moyen d’emprunt à 30 ans a été constaté à 2,87% fin septembre contre 3,57% il y a un an.

Conséquence de ces achats importants de nouveaux logements, le « stock » de logements disponibles a chuté à un plus bas record de seulement 2,7 mois en septembre. Ce « stock » est calculé selon le nombre de logements récemment vendus et le nombre de logements disponibles à la vente.

En raison du très faible stock, les prix des logements continuent de grimper, le prix médian des ventes est en hausse de 14,8% par rapport à l’année dernière.

Etant donné que le stock est de 2,7 mois et qu’il faut en moyenne 6 mois pour construire un logement individuel et 12 mois pour construire un logement collectif aux Etats-Unis, les nouvelles constructions devraient logiquement rester importantes ces prochains mois pour répondre à la demande et reconstruire un stock normal (6 mois).

Les mises en chantier et les permis de construire sont revenus à leur niveau d’avant crise. En août, il y a eu environ 1,4 million de permis de construire délivrés et mises en chantier (rythme annualisé).

Résumé

Indicateurs qui se sont totalement remis de la crise :

  • Logements
  • Consommation de biens

Indicateurs qui ne se sont pas encore totalement remis de la crise :

  • Consommation dans les services (-6%)
  • Nombre d’employés (-7%)
  • Production industrielle (-7%)

Prévisions de la reprise

Maintenant, ce qui nous importe vraiment sont les perspectives de la reprise à venir. L’économie américaine peut-elle maintenir sa dynamique ? La reprise peut-elle continuer sans plan de relance supplémentaire ?

Pour répondre à ces questions, nous devons regarder les chiffres d’octobre et l’indice économique hebdomadaire de la Fed de New York (WEI), un indicateur qui suit relativement bien les tendances de la croissance du PIB d’une année sur l’autre.

Le WEI a accéléré son redressement en octobre, ce qui suggère que l’économie a continué à se redresser en octobre et ce, malgré la fin des prestations de chômage exceptionnelles pour le troisième mois complet. De même, les PMI manufacturiers de Markit et de l’ISM vu plus tôt ont accéléré en octobre. Cela laisse à penser que l’économie américaine n’a pas encore besoin d’un nouveau soutien budgétaire.

Pour que le PIB américain revienne à son niveau d’avant crise (T4 2019), le PIB doit croître de 2,9% par rapport à son niveau actuel (T3 2020). Un retour à ce niveau semble peu probable d’ici la fin de l’année puisque pour le moment, les modèles de la Fed de New York et de la Fed de Philadelphie tablent sur une croissance d’environ 3% sur un rythme annualisé au T4 2020 alors qu’elle doit être de 8,2%.

La vitesse de la reprise dépendra de deux facteurs : 1) la gestion de la pandémie et 2) les prochains plans de relance. Bien qu’un nouveau plan de relance ne semble pas pour le moment nécessaire, il est clair que des nouvelles mesures accéléreraient la reprise. L’ampleur, le calendrier et la composition des nouvelles mesures dépendront vraisemblablement du parti qui contrôle le Sénat. La reprise sera plus lente avec un Sénat contrôlé par un parti différent du président.

Le début d’un nouveau bull-market ?

Les opinions divergent chez les experts sur la vitesse de la reprise économique. Certains tablent sur une reprise en V tandis que d’autres tablent sur une reprise en « aile d’oiseau ».

Malgré ces divergences, il semblerait que l’avenir des marchés boursiers soit déjà scellé. Evidemment, le terme est un peu exagéré, car rien n’est certain en bourse. Néanmoins, deux signaux techniques rares et particulièrement fiables ont récemment signalé le début d’un bull-market (marché haussier). Ces deux signaux sont basés sur ce qu’on appelle la « participation » du marché dans le jargon de l’analyse technique (breadth indicators en anglais).

Les indicateurs de « participation » (également appelés indicateurs d’étendue/de largeur) ne dépendent pas de l’évolution du prix d’un indice boursier, mais des actifs sous-jacents. Les indicateurs de participation les plus connus sont sans doute la ligne d’Avancée/Déclin (Advance/Decline Line) et l’indicateur On-Balance Volume (OBV).

Les signaux provenant d’indicateurs de participation indiquant le début d’un bull-market sont souvent appelés « breadth thrust ». La traduction française « poussée de respiration » n’est pas utilisée à ma connaissance.

Breakaway Momentum – Walter Deemer

Les deux signaux signalant un nouveau bull-market ont eu lieu à quelques jours d’intervalle début juin. Le premier est celui intitulé « Breakaway Momentum », popularisé par Walter Deemer. Le signal haussier est donné lorsque le nombre total d’avancées sur le NYSE a été en moyenne 1,97 fois supérieur au nombre total de déclins pendant 10 séances (en savoir plus sur la configuration).

En d’autres mots, il faut en moyenne deux fois plus d’actions qui avancent chaque jour que d’actions qui reculent sur une période de 10 jours.

Ce signal est rare, car il faut une pression acheteuse importante pendant plusieurs jours et une pression vendeuse faible lors des inévitables séances de replis qui ont lieu sur une période de 10 séances (2 semaines). Depuis 1945, ce signal n’a eu lieu que 24 fois (soit en moyenne une fois tous les 3 ans).

Signal bull-market Breakway momentum Walter Deemer
Source graphique : walterdeemer.com

Comme vous pouvez le constater ci-dessus, ce signal a souvent eu lieu après d’importantes corrections du marché boursier (comme en 2009). Si nous analysons ce signal d’un point de vue quantitatif, nous constatons qu’il était bullish sur tous les horizons de temps, mais en particulier sur le long terme. Après ce signal, le S&P 500 était en hausse 92% du temps un an plus tard et une fois sur deux de plus de 14%.

Etude du signal Breakaway Momentum
Etude réalisée par Valentin Aufrand (Eros-Trading)

McClellan Summation Index

Le second signal technique provient de l’indicateur McClellan Summation Index (Ratio Adjusted). L’indicateur qui a chuté sous -1000 lors du crash du marché en mars a donné un signal haussier de long terme en rebondissant au-delà de +1000 en juin.

L’indicateur McClellan Summation Index est assez complexe à calculer. Pour faire simple, il correspond à la somme des différences quotidiennes entre le nombre d’avancées et de déclins sur le NYSE (en savoir plus sur l’indicateur). Etant donné que le nombre d’actions listées sur le NYSE a bien évolué depuis 1960, l’indicateur est ajusté selon le nombre d’actions listées afin que le signal d’aujourd’hui soit cohérent avec ceux il y a 20, 30 ou 40 ans.

McClellan Summation Index signal bull-market
Source graphique : @mark_ungewitter (Twitter)

Lorsque l’indicateur passait de -1000 à +1000, nous constatons que ce signal était également bullish sur tous les horizons de temps. Lorsque ce signal avait lieu, le S&P 500 était systématiquement en hausse un an plus tard et une fois sur deux de plus de 13%.

Etude McClellan Summation Index
Etude réalisée par Valentin Aufrand (Eros-Trading)

Le point commun de ces deux signaux est qu’ils ont souvent eu lieu après des grosses corrections du marché (=> après des récessions). C’est normal puisqu’un nouveau bull-market est souvent signalé par une très forte poussée de l’ensemble du marché. Les récents signaux invitent donc à adopter des perspectives haussières pour les 6-12 prochains mois.

Remarque

Les indicateurs de participation traitent les actions équitablement, donc les GAFAM n’ont pas de poids supérieur à d’autres dans ces indicateurs. Etant donné qu’il y a actuellement environ 3000 sociétés cotées sur le NYSE, il faut donc un très grand nombre d’actions en hausse pour déclencher les signaux étudiés (pas seulement quelques sociétés).

Conclusion

Pour avoir backtester plusieurs centaines de signaux, les deux que je viens d’énumérer sont probablement ceux qui présentent les meilleurs track records. Les signaux donnent des probabilités de hausse du marché importantes et sur tous les horizons de temps.

Cela dit, il convient de préciser que ce ne sont pas les signaux qui provoquent un bull-market. Ces témoignent seulement d’une très grande poussée du marché, et qui dans le passé se produisaient au début des nouveaux marchés haussiers.

Etant donné que cette crise est tellement différente des autres (elle n’est pas provoquée par une défaillance du système économique ou financier), l’évolution des marchés boursiers dépendra essentiellement de l’évolution de la sanitaire. Une refermeture des économies menacerait évidemment les marchés boursiers d’une nouvelle correction.

Néanmoins, je crois qu’il est préférable de suivre les signaux/les faits, qu’ils soient de nature technique ou macroéconomique, plutôt qu’essayer de deviner ce qui va se passer dans 6 mois. Les marchés se chargent déjà d’anticiper ce qui va se passer ces prochains mois (et le font plutôt bien!).

Coronavirus : 4 indicateurs à surveiller pour mesurer la reprise de l’économie américaine

Début avril, j’expliquais dans un papier pourquoi cette crise était différente des autres. J’avais mis en perspective l’arrêt soudain des activités économiques dû aux mesures de confinement.

Dans cet article, je vais vous lister les 4 indicateurs qui me semblent les plus pertinents pour mesurer la vitesse de la reprise de l’économie américaine, car elle ne retournera pas à 100% de sa pleine capacité du jour au lendemain.

1) Les inscriptions aux allocations chômages

Jamais les Etats-Unis n’ont connu autant de licenciements. Du 14 mars au 25 avril, c’est plus de 30 millions d’américains qui ont demandé des allocations chômage. Sur ces 30 millions, une vingtaine reçoit des allocations chômage. A titre de comparaison, le nombre maximum de chômeurs lors de la grande crise financière de 2008 était de 6,6 millions.

Bien que tragique, cette situation devrait rapidement s’améliorer et une grande partie d’entre eux devraient retrouver leur ancien emploi les semaines après le déconfinement. Le renouvellement des demandes aux allocations chômage est l’un des cinq indicateurs à surveiller pour mesurer la reprise de l’activité économique.

Inscriptions aux allocations chômage Etat-Unis

2) Le trafic aérien

Le second indicateur à surveiller sera l’évolution du nombre de passagers aériens aux Etats-Unis. Le graphique ci-dessous montre le nombre de passagers aériens chaque jour aux Etats-Unis depuis le 1er mars (en rouge) et lors de la même période l’année dernière (en noir). Les données proviennent du site de l’agence nationale américaine de sécurité dans les transports (Transportation Security Administration).

Au 3 mai, le nombre total de passagers aériens était en baisse de 93% par rapport au 3 mai 2019.

Trafic passagers aériens Etats-Unis

Source des données

3) Réservations de table sur OpenTable

OpenTable est un service très présent aux Etats-Unis qui permet de réserver en ligne des tables dans des restaurants. Le 3 mai, le nombre de réservations était en baisse de 99% sur un an.

OpenTable réservations

Source des données

4) Fréquentation des hôtels

La fréquentation des hôtels est le dernier indicateur à surveiller pour mesurer la reprise de l’économie américaine. La fréquentation des hôtels aux Etats-Unis est en baisse de 62,2% sur un an aux Etats-Unis. Le taux d’occupation a légèrement augmenté au cours des deux dernières semaines d’avril, mais STR estime que cela provient « de travailleurs essentiels, d’initiatives de logement pour les sans-abri et d’invités sous contrat avec le gouvernement ».

Fréquentation des hôtels Etats-Unis

Coronavirus : Pourquoi le krach boursier est différent des autres ?

En me basant sur les chiffres macroéconomiques de janvier, j’expliquais début février pourquoi une récession en 2020 et un krach boursier étaient peu probables. Le marché de l’emploi américain continuait à créer des nouveaux emplois, le marché du logement explosait et la consommation des ménages restait solide.

Pourtant, l’économie américaine s’est retournée en mars et est vraisemblablement tombée en récession. La faute ? Nous la connaissons tous. La pandémie de coronavirus a immobilisé la Chine, puis l’Europe et les Etats-Unis.

Du jour au lendemain, les entreprises ont dû fermer. Les avions sont restés cloués au sol, les hôtels, les commerces et les restaurants ont fermé et les usines ont arrêté de tourner. Seuls les postes administratifs arrivent encore à travailler à distance.

L’arrêt instantané d’une partie significative de l’économie rend cette crise économique d’une ampleur considérable, unique et très spéciale. En effet, elle devrait être la pire depuis la Grande Dépression des années 30.

Selon des estimations de cabinets, l’économie européenne pourrait se contracter de 20% et les Etats-Unis de 15% au deuxième trimestre. Des chiffres qui rendent la crise de 2008 ridicule. Pourtant, les conséquences devraient être bien différentes, mais nous allons parler ici des raisons qui font cette crise unique et pourquoi la macroéconomie n’était d’aucune utilité pour la prédire.

Un cycle économique qui se termine différemment des autres

Toutes les crises économiques sont de nature différente, mais possèdent des symptômes similaires avant qu’elles provoquent une récession :

  1. Une chute du marché des logements.
  2. Un puissant ralentissement du nombre de créations d’emplois.

Permis de construire

Le marché des logements se retourne plusieurs mois voire plusieurs années avant le début d’une récession. C’est l’indicateur le plus avancé, mais ne permet pas de « timer » les récessions.

permis de construire Etats-Unis

Nombre total d’employés (% chg. sur un an)

Le marché de l’emploi est celui qui coïncide le mieux à l’économie et qui donne le moins de faux signaux. Il a tendance à ralentir drastiquement quelques mois avant le début d’une récession. Il permet de « timer » les récessions de façon assez précise.

Croissance de l'emploi aux Etats-Unis

En plus de ces deux symptômes, nous pouvons éventuellement observer :

  1. Une baisse de la consommation des ménages.
  2. Une baisse des revenus des ménages.
  3. Une récession de la production industrielle.

Comme vous pouvez le constater dans les deux précédents graphiques, les permis de construire n’ont pas chuté et les créations d’emplois restaient importantes. En réalité, les permis de construire ont même atteint un niveau-record dans ce cycle économique en janvier et les créations d’emplois restaient solides (+1,57% sur une année).

Cela s’explique par le fait qu’en février, ni les Etats-Unis, ni l’Europe n’était sous quarantaine. Tout était normal, car les cas de contaminés étaient uniquement recensés en Asie et principalement en Chine. Les Européens et Américains allaient travailler normalement, consommaient normalement, allaient au restaurant et voyageaient. Mais les politiciens ont pris la dure décision d’étouffer l’économie pour ralentir l’épidémie en mars.

Cette décision a fait passer l’activité économique de 100% à peut-être 50% (nous le saurons plus tard). Le graphique qui illustre le mieux l’arrêt brutal de l’activité économique est celui le plus parlé du moment : les inscriptions initiales aux allocations chômage aux Etats-Unis.

Inscriptions initiales aux allocations chômage (série complète)

Nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

Cette série actualisée de façon hebdomadaire indique le nombre de demandes d’allocations chômage par des nouvelles personnes. Cette série est passée d’environ 220.000/semaine en février à 3,3 puis 6,6 millions les deux dernières semaines de mars ! Du jamais-vu dans l’histoire des Etats-Unis. Ces deux « spikes » ont eu lieu dès le début des confinements.

A titre de comparaison, le nombre le plus important de nouveaux chômeurs aux Etats-Unis lors de la Grande récession de 2008 était de « seulement » 665.000. La série commençait à augmenter doucement dès février 2006, puis a accéléré en janvier 2008 pour atteindre son niveau le plus important en mars 2009. La hausse s’est faite crescendo contrairement, le plus dur s’est fait ressentir vers la fin de la récession.

Inscriptions initiales aux allocations chômage de 2006 à 2010 :

Nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis crise financière 2008

A titre de comparaison, voilà ce qui s’est passé ces dernières semaines :

Inscriptions initiales aux allocations chômage de mars 2015 à mars 2020 :

Nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis 2020

Cette crise est différente, car le plus mal devrait être ressenti au début de la crise, pas à la fin. Les plus importants licenciements se feront probablement en avril, puis baisseront.

Suivre le renouvellement des demandes d’allocations chômage

L’indicateur le plus important à suivre n’est plus les inscriptions initiales, mais le renouvellement des demandes d’allocations chômage. Cette série représente le cumul des sans-emploi qui renouvellent leurs demandes d’allocation. Dès que cette série commencera à diminuer, ce sera la fin de la récession.

Renouvellement inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis

Nous pouvons estimer que la baisse de cette série sera presque aussi rapide que sa hausse. Dès que les confinements seront levés, l’activité économique pourra reprendre. Les bars, restaurants, compagnies aériennes, commerces, etc. embaucheront la quasi-totalité des personnes qu’ils ont licenciées.

Analyse de l’économie US -février 2020

Introduction : L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, c’est ce qui tire le marché boursier sur le long terme. Par conséquent, les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques et les marchés baissiers coïncident généralement avec les récessions.

La macro se détériore de temps en temps, ce qui est normal pendant le flux et le reflux d’une expansion économique. Pour différencier les « ralentissements temporaires » des problèmes réels, nous recherchons une détérioration SIGNIFICATIVE de la macroéconomie.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés, qui se détériorent également avant le début des récessions.

Cela ne signifie pas que le sommet exact du marché boursier ne peut pas se produire avant que la macro ne commence à se dégrader. Cela s’est passé en janvier 1973, lorsque le marché boursier s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique ne commence à se détériorer.

Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient toujours après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Analyse de l’état de l’économie U.S. au mois de novembre

Résumé : Le bilan des données macroéconomiques reste positif. Il n’y a actuellement pas de détérioration significative de la conjoncture économique des Etats-Unis. La croissance reste positive mais son rythme ralentit. Une récession en 2020 semble peu probable.

Facteurs positifs pour le moment :

  • Marché de l’emploi
  • Marché de l’immobilier
  • Consommation

Facteurs négatifs pour le moment :

  • Courbe des taux
  • Spread High yield
  • Industrie manufacturière

La courbe des taux se pentifie

Le marché obligataire table sur une croissance continue mais modeste.

Les deux écarts de taux les plus importants (10 ans – 2 ans et 10 ans – 3 mois) sont redevenus positifs en septembre. Depuis 1960, le délai entre l’inversion du 10 ans avec le 2 ans U.S. et le début de la prochaine récession a été long : au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans.

La courbe des taux s’est inversée quelques jours en août. De ce fait, l’expansion actuelle devrait durer jusqu’en 2019, mais 2020 est dorénavant à risque.

Courbe des taux Etats-Unis février 2020

Depuis septembre 2018, la différence de rendements avec les obligations mal notées s’agrandit, tandis que les marchés boursiers enregistrent des nouveaux records.

L’écartement du spread est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour prévoir les marchés baissiers et les récessions. Dans le passé, cet écart de rendements était haussier avant le début des marchés baissiers et des récessions. Pourquoi ? Parce que les participants du marché obligataire sont généralement plus prudents que ceux du marché boursier.

High yield spread Etats-Unis février 2020

Les ventes au détail stagnent

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 3,5% en décembre sur une année, mais restent inférieures au pic inscrit en août. Dans le passé, les ventes au détail corrigées de l’inflation se contractaient (croissance sur une année négative) avant le début des récessions. C’est un point positif pour la macro.

*Ajustée de l’inflation

Ventes au détail réelles Etats-Unis décembre 2019

Les nouvelles inscriptions aux allocations chômage restent à leur plus bas

Les demandes aux allocations chômage ont atteint leur plus bas niveau en 50 ans en avril (il y a tout juste 11 mois). Depuis, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage oscillent proche du plus bas. Au cours des 50 dernières années, elles ont commencé à augmenter au moins 7 mois avant la prochaine récession. C’est un point encore positif, car il n’y a pas de bond des inscriptions aux allocations chômage.

inscriptions aux allocations chômage février

Récent pic des ventes de maisons neuves

Le marché de l’immobilier était préoccupant fin 2018 jusqu’à ce que les ventes de nouveaux logements recommencent à inscrire des nouveaux records en juin grâce aux baisses des taux de la Fed.

Les mises en chantier, les permis de construire et les ventes de nouveaux logements ont progressé en novembre, et sont en hausse de 40%, 6% et 23% respectivement sur une année glissante.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de logements neufs et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en juin, il y a à peine 7 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Ventes de nouveaux logements neufs

Indice économique avancé du Conference Board inchangé

L’indice du Conference Board composé d’indicateurs économiques avancés (LEI) de décembre est ressorti en baisse de 0,3% comparé au chiffre révisé de novembre à 111,5.

Cet indice comprend les indicateurs ci-dessus ainsi que l’évolution du S&P 500, des nouvelles commandes ISM, des heures de travail dans le secteur manufacturier ainsi que la confiance des consommateurs.

« Le LEI a légèrement diminué en décembre, sous l’effet de fortes contributions négatives de la hausse des demandes d’allocations chômage et d’une baisse des permis de construire. »

« Le LEI a maintenant baissé quatre fois au cours des cinq derniers mois. Son taux de croissance semestriel est devenu un peu plus négatif au dernier trimestre 2019, à cause des indicateurs manufacturiers pointant vers une faiblesse persistante du secteur. Cependant, les conditions financières et les perspectives économiques des consommateurs restent positives, ce qui devrait soutenir une croissance d’environ 2% jusqu’au début de 2020 ».

Ataman Ozyildirim, directeur principal de la recherche économique du Conference Board.

Cet indice peut légèrement baisser pendant une expansion, mais au cours des 50 dernières années, le dernier sommet a eu lieu au moins 7 mois avant la prochaine récession et la variation sur 6 mois de la moyenne à 6 mois du LEI était négative avant la prochaine récession.

Cela fait 6 mois que le LEI a inscrit son sommet et la variation à 6 mois de la moyenne à 6 mois du LEI était de 0,1%, ce qui ne suggère pas de récession.

Indicateur avancé LEI Etats-Unis janvier 2020

Pourquoi est-ce important pour les marchés boursiers?

Les indices boursiers sont également des indicateurs en avance sur la prochaine récession, mais les indicateurs macroéconomiques susmentionnés s’affaiblissent encore plus tôt que le marché. Ils permettent entre autres de distinguer une correction de 10-20% d’un long marché baissier.

Dans l’ensemble, ces indicateurs suggèrent qu’une récession au premier semestre 2020 est peu probable, mais qu’une récession en fin 2020 est une possibilité.

Bilan macroéconomique février 2020

Passons maintenant en revue les données les plus récentes, en nous concentrant sur cinq grandes catégories: le marché du travail, la consommation, l’industrie manufacturière, le marché immobilier et l’inflation.

Marché du travail

La croissance de l’emploi ralentit, mais ne montre pas de signe de dégradation majeure.

Emplois

L’économie américaine a créé 225 000 emplois en janvier (nets – hors secteur agricole) plus les 7 000 révisions nettes des deux mois précédents (novembre et décembre).

Les impressions NFP mensuelles sont volatiles. Depuis les années 1990, les publications du NFP proches de 300 000 (comme en janvier 2019) ont été suivis par des publications proches ou inférieures à 100 000 (comme en mai 2019). C’est un phénomène normal dans marché boursier haussier.

Les NFP mensuels étaient même parfois négatifs comme en 1993, 1995, 1996 et 1997, mais rebondissaient les mois d’après. Autrement, c’était des signaux de récession.

NFP depuis 1990

A cause de la volatilité du NFP, il est préférable de regarder sa tendance. En janvier, la croissance de l’emploi était de +1,4% sur 12 mois glissants alors qu’elle était supérieure à 1,5% jusqu’en janvier 2019.

Historiquement, la croissance de l’emploi a tendance à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Croissance de l'emploi aux Etats-Unis janvier 2020

Une autre façon d’analyser le marché de l’emploi est via les inscriptions aux allocations chômage.

Les inscriptions aux allocations chômage mesurent le nombre de personnes ayant demandé à recevoir des prestations de chômage.

En d’autres termes, cela mesure le nombre de personnes récemment au chômage. Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, les inscriptions aux allocations chômage avaient tendance à bondir avant le début d’une récession. Cet indicateur est donc toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où les demandes augmenteraient, car elles sont très faibles en ce moment.

inscriptions hebdomadaires allocations chômage février 2020

Les bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage mesurent le nombre de personnes qui renouvellent leurs demandes d’allocations chômage.

Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, le nombre de bénéficiaires réguliers avait tendance à augmenter avant le début d’une récession. C’est toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où ils augmenteraient, car le nombre de bénéficiaires est également très faible en ce moment.

renouvellements inscriptions allocations chômage février 2020

Salaires

La croissance réelle du salaire horaire moyen a été de 1% sur un an en novembre. Le taux de février à 1,9% était le plus élevé depuis 2015. Le rythme a donc ralenti depuis le début de l’année.

C’est une tendance positive, qui montre un marché de l’emploi en bonne santé avec une demande pour plus de travailleurs. Une accélération soutenue des salaires constituerait un grand avantage pour la consommation des américains et les investissements, ce qui alimenterait l’emploi.

Croissance des salaires réels Etats-Unis janvier 2020

Dans le même temps, l’indice des coûts de la main d’oeuvre a légèrement diminué au T4 2019 par rapport au T3 (+2,96% vs +2,98% sur une année), mais est proche du niveau le plus élevé au cours des 10 dernières années.

Indice coût de la main d'oeuvre aux Etats-Unis T4 2019

Un indicateur particulièrement intéressant créé par la Fed est le KC Fed Labor Market Conditions Index, Momentum Indicator.

Une valeur positive indique que les conditions du marché du travail sont supérieures à leur moyenne à long terme, tandis qu’une valeur négative signifie que les conditions du marché du travail sont inférieures à leur moyenne à long terme.

L’indicateur tombe généralement sous 0 avant le début d’un récession. Ce n’est pas le cas aujourd’hui (dernière valeur en décembre 2019).

KC Fed Labor Market Conditions Index, Momentum Indicator décembre 2019

Consommation des ménages

La consommation des ménages reste un point positif pour la macro

En excluant du PIB les variations dues aux stocks, on obtient les « ventes finales réelles ». C’est une meilleure mesure de la croissance de la consommation que le PIB. Au quatrième trimestre, sa croissance a accéléré à 2,7% en glissement annuel contre 2,2% au T3.

Croissance des ventes au T4 2019

La composante « dépenses de consommation personnelle réelle » du PIB (PCE réel), qui représente environ 70% du PIB, a légèrement accéléré à +2,6% sur un an au quatrième trimestre.

Le PIB mesure les dépenses totales de l’économie. Une autre mesure est le RIB (revenu intérieur brut), qui mesure le revenu total dans l’économie. Comme chaque dépense produit des revenus, ce sont des mesures équivalentes de l’économie.

La croissance du RIB a ralenti à 1,8% sur un rythme annuel au troisième trimestre 2019 (contre 2,0% au T2).

Revenu intérieur brut Etats-Unis novembre 2019

La croissance des ventes au détail réelles* a ralenti à 1,3% en novembre sur une année. Les ventes ont eu tendance à chuter plus d’un an avant la dernière récession. La contraction en décembre dernier est donc un signal d’alerte pour l’économie américaine.

ventes au détail réelle décembre 2019

Prévisions du PIB du T1 2020

Merrill Lynch+1,0%
NY Fed Nowcasting Report+1,7%
Fed d’Atlanta (GDPNow)+2,7%

Ces estimations suggèrent que la croissance du PIB réel se situera entre 1,0% et 2,7% en rythme annualisé au premier trimestre 2020.

Industrie manufacturière

Le ralentissement économique est le plus visible dans l’industrie manufacturière.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur manufacturier représente moins de 10% de l’emploi aux États-Unis. Ces mesures sont donc de moindre importance.

Part des emplois manufacturiers dans le marché de l'emploi US

La production industrielle s’est contracté de 1,0% sur une année en novembre. La composante de production la plus importante (qui exclut l’industrie minière et de l’extraction de pétrole et de gaz – ligne rouge) s’est contracté de 1,3% sur une année.

production industrielle décembre 2019

La production industrielle est officiellement tombée en récession en septembre. La production industrielle est une série volatile, avec une croissance annuelle négative pendant certains moments sans causer de récession comme en 2014 et 2016. Cela dit, ce signal est un facteur négatif de l’économie U.S.

Marché immobilier

Les indicateurs du marché du logement ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Les nouveaux logements vendus se sont élevées à 694 000 en décembre, en hausse de 23% sur une année. Dans ce cycle économique, les ventes ont atteint un sommet à 729 000 en juin. Historiquement, ces ventes commençaient à se replier en moyenne 28 mois avant la prochaine récession.

Evolution ventes de logements neufs

Les mises en chantier et les permis de construire ont atteint un sommet dans ce cycle économique en décembre et novembre respectivement. Ils sont ressortis en hausse de 40% et 6% respectivement sur une année en décembre.

Inflation

L’inflation est un facteur positif de la macroéconomie.

Malgré la stabilité de la consommation l’inflation de base reste à l’objectif de 2% fixé par la Fed.

L’IPC (ligne bleue) était de 2,3% le mois dernier. L’IPC de base (plus important ; ligne rouge) a également augmenté de 2,3% sur une année.

inflation IPC décembre 2019

La Fed préfère utiliser les dépenses de consommation personnelles (PCE) pour mesurer l’inflation. L’indice PCE total et de base étaient de 1,6% et 1,6% en décembre sur une année.

inflation PCE décembre 2019

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Analyse de l’économie US -décembre 2019

Introduction : Je n’essaie pas de prédire l’avenir de l’économie. Beaucoup de gens très intelligents essaient, et quand on additionne leurs succès et leurs échecs, les résultats ne sont généralement pas meilleurs qu’un tirage au sort 50/50. C’est pourquoi je me concentre plutôt sur les indicateurs économiques avancés. Regardez ce qui est déjà arrivé au lieu de tenter de prédire l’avenir.

L’économie est le moteur des bénéfices des entreprises, c’est ce qui tire le marché boursier sur le long terme. Par conséquent, les marchés haussiers coïncident généralement avec les expansions économiques et les marchés baissiers coïncident généralement avec les récessions.

Étant donné que le marché boursier a tendance à se retourner avant le début des récessions, nous devons examiner les indicateurs économiques avancés, qui se détériorent également avant le début des récessions. Cela ne signifie pas que le sommet exact du marché boursier ne peut pas se produire avant que la macro ne commence à se dégrader. Cela s’est passé en janvier 1973, lorsque le marché boursier s’est retourné quelques mois avant que la situation macroéconomique ne commence à se détériorer. Cependant, la plus grande partie des marchés baissiers survient toujours après une détérioration importante de la conjoncture macroéconomique.

Analyse de l’état de l’économie U.S. au mois de novembre

Résumé : Le bilan des données macroéconomiques reste positif. Il n’y a actuellement pas de détérioration significative de la conjoncture économique des Etats-Unis. La croissance reste positive mais son rythme ralentit. Une récession en 2020 semble peu probable.

Facteurs positifs pour le moment :

  • Marché de l’emploi
  • Marché de l’immobilier
  • Consommation

Facteurs négatifs pour le moment :

  • Courbe des taux
  • Spread High yield
  • Industrie manufacturière

La courbe des taux se pentifie

Le marché obligataire table sur une croissance continue mais modeste.

Les deux écarts de taux les plus importants (10 ans – 2 ans et 10 ans – 3 mois) sont redevenus positifs en septembre après s’être inversés. Depuis 1960, le délai entre l’inversion du 10 ans avec le 2 ans U.S. et le début de la prochaine récession a été long : au moins 7 mois et parfois jusqu’à 2-3 ans.

La courbe des taux s’est inversée en août. De ce fait, l’expansion actuelle devrait durer jusqu’en 2019, mais 2020 est dorénavant à risque.

Inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis en août 2019

Depuis septembre 2018, la différence de rendements avec les obligations mal notées s’agrandit, tandis que les marchés boursiers enregistrent des nouveaux records.

L’écartement du spread est une condition nécessaire mais pas suffisante pour prévoir les marchés baissiers et les récessions. Dans le passé, cet écart de rendements était haussier avant le début des marchés baissiers et des récessions. Pourquoi ? Parce que les participants du marché obligataire sont généralement plus prudents que ceux du marché boursier.

High yield spread Etats-Unis novembre 2019

Les ventes au détail réelles stagnent

Les ventes au détail réelles* ont augmenté de 1,3% en novembre sur une année, mais restent inférieures au pic inscrit en août. Dans le passé, les ventes au détail corrigées de l’inflation étaient en tendance baissière avant le début des récessions. C’est un point positif pour la macro.

*Ajustée de l’inflation

Ventes au détail réels Etats-Unis novembre 2019

Les nouvelles inscriptions aux allocations chômage restent faibles

Les demandes aux allocations chômage ont atteint leur plus bas niveau en 50 ans en avril (il y a tout juste 7 mois). Depuis avril, les nouvelles inscriptions aux allocations chômage consolident autour de 210k. Au cours des 50 dernières années, elles ont commencé à augmenter au moins 7 mois avant la prochaine récession.

Inscriptions aux allocations chômage

Récent pic des ventes de maisons neuves

Le marché de l’immobilier était préoccupant jusqu’à ce que les ventes de nouveaux logements recommencent à inscrire des nouveaux records depuis juin.

Les mises en chantier, les permis de construire et les ventes de nouveaux logements ont progressé en novembre, et sont en hausse de 13,5%, 11% et 31% respectivement sur une année glissante.

Au cours des 50 dernières années, une moyenne de 28 mois s’est écoulée entre le pic d’expansion des ventes de logements neufs et le début de la prochaine récession.

Jusqu’à présent, le dernier sommet s’est produit en septembre, il y a à peine 3 mois, ce qui laisse à penser que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Nouvelles maisons neuves vendues

Indice économique avancé du Conference Board inchangé

L’indice du Conference Board composé d’indicateurs économiques avancés (LEI) de novembre était inchangé par rapport au chiffre révisé d’octobre de 111,6.

Cet indice comprend les indicateurs ci-dessus ainsi que le cours des actions, les nouvelles commandes ISM, les heures de travail dans le secteur manufacturier ainsi que la confiance des consommateurs.

« Le LEI du Conference Board pour les États-Unis est resté inchangé en novembre après trois baisses consécutives. La forte contribution positive du cours des actions a été compensée par la forte contribution négative de l’indice nouvelles commandes de l’ISM »

Ataman Ozyildirim, directeur principal de la recherche économique du Conference Board.

Cet indice peut légèrement baisser pendant une expansion, mais au cours des 50 dernières années, le dernier sommet a eu lieu au moins 7 mois avant la prochaine récession, ce qui suggère que la prochaine récession n’est pas proche d’arriver.

Leading Economic Index Conference Board Etats-Unis novembre 2019

Pourquoi est-ce important pour les marchés boursiers?

Les indices boursiers sont également des indicateurs en avance sur la prochaine récession, mais les indicateurs macroéconomiques susmentionnés s’affaiblissent encore plus tôt que le marché. Ils permettent entre autres de distinguer une correction de 10-20% d’un long marché baissier.

Dans l’ensemble, ces indicateurs suggèrent qu’une récession débutant en 2019 est improbable, mais qu’une récession en 2020 est une possibilité.

Passons maintenant en revue les données les plus récentes, en nous concentrant sur cinq grandes catégories: le marché du travail, la demande des consommateurs, l’industrie et le marché immobilier et l’inflation.

Marché du travail

Les indicateurs du marché du travail ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Emplois

L’économie américaine a créé 266 000 emplois en novembre (nets – hors secteur agricole) plus les 41 000 révisions nettes des deux mois précédents (septembre et octobre).

En 2019, l’économie américaine a créé 1,969 million d’emplois jusqu’à la fin de novembre, soit en moyenne 179 000 par mois, contre 2,452 millions d’emplois au cours de la même période en 2018. La croissance de l’emploi a donc ralenti.

Les impressions NFP mensuelles sont volatiles. Depuis les années 1990, les publications du NFP proches de 300 000 (comme en janvier) ont été suivis par des publications proches ou inférieures à 100 000 (comme en mai). C’est un phénomène normal dans marché boursier haussier.

Les NFP mensuels étaient même parfois négatifs comme en 1993, 1995, 1996 et 1997, mais rebondissaient les mois d’après.

NFP depuis 1990

A cause de la volatilité du NFP, il est préférable de regarder sa tendance. En septembre, la croissance de l’emploi était de +1,5% sur 12 mois glissants. Jusqu’à l’hiver 2015, la croissance annuelle était supérieure à 2%, son niveau le plus élevé depuis les années 1990.

Historiquement, la croissance de l’emploi a tendance à chuter plusieurs mois avant le début d’une récession.

Evolution du nombre d'employés Etats-Unis novembre 2019

Une autre façon d’analyser le marché de l’emploi est via les inscriptions aux allocations chômage.

Les inscriptions aux allocations chômage mesurent le nombre de personnes ayant demandé à recevoir des prestations de chômage.

En d’autres termes, cela mesure le nombre de personnes récemment au chômage. Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, les inscriptions aux allocations chômage avaient tendance à augmenter avant le début d’une récession. Cet indicateur est donc toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où les demandes augmenteraient, car elles sont très faibles en ce moment.

inscriptions hebdomadaires allocations chômage Etats-Unis novembre 2019

Les bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage mesurent le nombre de personnes qui renouvellent leurs demandes de l’allocation chômage.

Cet indicateur économique poursuit sa tendance latérale. Dans le passé, le nombre de bénéficiaires réguliers avait tendance à augmenter avant le début d’une récession. C’est toujours un point positif pour la macro, mais attention au cours des prochains mois au cas où ils augmenteraient, car le nombre de bénéficiaires est également très faible en ce moment.

novembre de chômeurs Etats-Unis novembre 2019

Salaires

La croissance réelle du salaire horaire moyen a été de 1% sur un an en novembre. Le taux de février à 1,9% était le plus élevé depuis 2015. Le rythme a donc ralenti depuis le début de l’année.

C’est une tendance positive, qui montre un marché de l’emploi en bonne santé avec une demande pour plus de travailleurs. Une accélération soutenue des salaires constituerait un grand avantage pour la consommation des américains et les investissements, ce qui alimenterait l’emploi.

Croissance des salaires réels Etats-Unis novembre 2019

Dans le même temps, l’indice des coûts de la main d’oeuvre a légèrement augmenté au troisième trimestre par rapport au T2 (+3,0% vs +2,9% sur une année), ce qui est presque le plus élevé au cours des 10 dernières années.

Indice coût de la main d'oeuvre aux Etats-Unis

Demande des consommateurs

La consommation des ménages reste un point positif pour la macro.

Le PIB réel a augmenté de 2,1% sur une année au troisième trimestre. Cependant, la croissance au troisième trimestre a été de 1,9% sur un rythme annualisé. La croissance ralentit.

Croissance du PIB des Etats-Unis

En excluant les variations du PIB dues aux stocks, on obtient les « ventes finales réelles ». C’est une meilleure mesure de la croissance de la consommation que le PIB. Au troisième trimestre, sa croissance a accéléré à 2,2% en glissement annuel contre 1,8% au T2.

Croissance ventes finales

La composante « dépenses de consommation personnelle réelle » du PIB (PCE réel), qui représente environ 70% du PIB, a ralenti à +2,6% sur un an au troisième trimestre.

Croissance consommation et dépenses des ménages américains

Le PIB mesure les dépenses totales de l’économie. Une autre mesure est le RIB (revenu intérieur brut), qui mesure le revenu total dans l’économie. Comme chaque dépense produit des revenus, ce sont des mesures équivalentes de l’économie.

La croissance du RIB a ralenti à 1,8% sur un rythme annuel au troisième trimestre 2019 (contre 2,0% au T2).

Revenu intérieur brut Etats-Unis novembre 2019

La croissance des ventes au détail réelles* a ralenti à 1,3% en novembre sur une année. Les ventes ont eu tendance à chuter plus d’un an avant la dernière récession. La contraction en décembre dernier est donc un signal d’alerte pour l’économie américaine.

Ventes au détail Etats-Unis novembre 2019

Prévisions du PIB du T4 2019

Merrill Lynch+1,5%
Goldman Sachs+1,8%
NY Fed Nowcasting Report+1,3%
Fed d’Atlanta (GDPNow)+2,1%

Ces estimations suggèrent que la croissance du PIB réel se situera entre 1,3% et 2,1% en rythme annualisé au quatrième trimestre.

Industrie manufacturière

Le ralentissement économique est le plus visible dans l’industrie manufacturière.

Tout d’abord, il est important de noter que le secteur manufacturier représente moins de 10% de l’emploi aux États-Unis. Ces mesures sont donc de moindre importance.

Part des emplois manufacturiers dans le marché de l'emploi US

La production industrielle s’est contracté de 0,8% sur une année en novembre. La composante de production la plus importante (qui exclut l’industrie minière et de l’extraction de pétrole et de gaz – ligne rouge) s’est contracté de 0,7% sur une année.

Production industrielle Etats-Unis novembre 2019

La production industrielle est officiellement tombée en récession en septembre. La production industrielle est une série volatile, avec une croissance annuelle négative pendant certains moments sans causer de récession comme en 2014 et 2016. Cela dit, ce signal est un facteur négatif de l’économie U.S.

Marché immobilier

Les indicateurs du marché du logement ne montrent pas de détérioration significative pour le moment.

Les nouveaux logements vendus se sont élevées à 719 000 en novembre, en hausse de 16,9% sur une année. Dans ce cycle économique, les ventes ont atteint un sommet en septembre à 730 000. Historiquement, ces ventes commençaient à se replier en moyenne 28 mois avant la prochaine récession.

Evolution ventes de logements neufs

Les mises en chantier et les permis de construire ont atteint un sommet dans ce cycle économique le mois dernier. Ils sont ressortis en hausse de 13,5% et 11% respectivement sur une année en novembre.

Croissance permis de construire et mises en chantier

Inflation

L’inflation est un facteur positif de la macroéconomie.

Malgré la stabilité de la consommation l’inflation de base reste à l’objectif de 2% fixé par la Fed.

L’IPC (ligne bleue) était de 2,0% le mois dernier. L’IPC de base (plus important ; ligne rouge) a augmenté de 2,3% sur une année.

Inflation IPC novembre 2019

La Fed préfère utiliser les dépenses de consommation personnelles (PCE) pour mesurer l’inflation. L’indice PCE total et de base étaient de 1,5% et 1,6% en novembre sur une année.

Inflation PCE Fed

Si vous estimez que cet article a de la valeur, n’hésitez pas à le partager pour faire connaître ce blog à plus de personnes.

Prévision marché boursier: Début d’un nouveau bull-market ?

Le marché boursier a continué à progresser la semaine dernière. Les principaux indices américains ont continué à inscrire des nouveaux records.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

Ventes de logements neufs

Le marché du logement continue de s’améliorer, ce qui est un bon signe pour l’économie américaine. Après un ralentissement en 2018, les ventes de logements neufs continuent d’être à la hausse cette année. En octobre, les ventes de logements neufs sont ressorties en hausse de 31,6% sur une année.

Ventes logements neufs

Dans le passé, une hausse supérieure de 30% des ventes de logements neufs étaient un bon signe pour l’économie américaine et les marchés actions, puisque le S&P 500 était en hausse 89% du temps 6 mois plus tard.

Réaction S&P 500 lorsque les ventes de logements neufs croient de 30%

VIX

Le VIX a clôturé à son plus bas niveau en 1 an mercredi.

Plus bas d'un an du VIX

C’est assez impressionnant le nombre de personnes qui s’inquiètent d’un VIX si bas. Ils craignent que les chances de correction des marchés augmentent à mesure que le VIX soit faible. Ce raisonnement est vrai dans une certaine mesure.

Lorsque le VIX est très haut (>30), les probabilités de hausse du marché actions sont plus importantes que lorsque le VIX est faible (<20). Cependant, il n’y a pas de réelles différences en terme de probabilité de baisse entre un VIX à 17, 15 ou 12.

Il y a deux semaines, le VIX atteignait son plus bas niveau en 6 mois et je montrais que le VIX avait souvent tendance à rebondir, mais cela ne provoquait pas un repli du marché actions. La constatation est la même lorsque le VIX atteint son plus bas niveau en 1 an.

Evolution du S&P 500 lorsque le VIX inscrit un plus bas d'un an

Ratio Put/Call Equity

La complaisance des investisseurs est telle que la moyenne à 20 jours du ratio Put/Call Equity est inférieure à 0,6 depuis la semaine dernière.

Ratio Put/Call Equity sous 0,6

Dans le passé, une baisse si importante du ratio Put/Call Equity était souvent mitigé/légèrement haussier à court terme, mais bullish sur le long terme pour le marché actions

Evolution du S&P 500 lorsque le ratio Put/Call sous 0,6

MACD de NYSE Composite

La MACD du NYSE Composite est devenue positive en novembre après avoir évolué dans le rouge depuis l’automne 2018.

MACD NYSE Composite

Dans le passé, le marché boursier débutait souvent un nouveau bull-market après ce signal (2009, 2012, 2016). Une des exceptions était en 1987 avant la chute de 30% du marché en quelques mois.

Evolution du S&P 500 lorsque le MACD devient positif

Prévision marché boursier: Correction à venir des marchés ?

Mise à part la nouvelle contraction de la production industrielle américaine le mois dernier, rien n’a changé sur le plan fondamental la semaine dernière. Cette contraction de la production industrielle est une donnée inquiétante, car elle a souvent eu lieu avant une récession (2008, 2001), mais a également donné des faux signaux comme en 2015 et 1991.

Impact production industrielle

Les autres agrégats de l’économie comme le marché de l’emploi et celui de l’immobilier restent solides, donc le risque de récession reste faible malgré cette nouvelle contraction de la production industrielle. J’aurais l’opportunité d’en parler plus en détail dans mon analyse mensuelle publiée après le rapport NFP.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

VIX

Le VIX a clôturé vendredi à son plus bas niveau depuis avril à 12,06. Beaucoup de traders s’inquiètent d’un VIX si bas.

Une stratégie de couverture sur le VIX n’est pas un si mauvaise idée puisque le VIX a tendance à rebondir lorsqu’il atteint un plus bas de 9 mois.

Plus bas 9 mois VIX

Cependant, un tel signal n’était pas forcément bearish pour les actions. Dans le passé, le S&P 500 était haussier sur du court, moyen et long terme malgré un VIX si bas.

SPX après chute du VIX

AD Line

L’Advance/Decline Line diverge avec le S&P 500 depuis le début du mois. Est-ce un signal bearish pour les indices boursiers ?

Divergence AD Line

Voici ce qui se passait dans le passé lorsque l’AD Line était en baisse depuis 2 semaines tandis que le S&P 500 inscrivait des nouveaux records.

Conséquence divergence de l'AD Line

Une divergence comme celle-ci était plus souvent bearish pour les actions sur du très court terme, mais n’était pas un signal d’alerte pour le moyen et long terme.

Nouveau record

Le S&P 500 a clôturé vendredi à son niveau le plus haut de la semaine et à un nouveau record. Le drawdown entre le tick le plus haut et la clôture est de 0,00%. Un signal très rare puisqu’il n’a eu lieu que 24 fois depuis 1962.

Ce signal me rappelle plusieurs conseils d’anciens traders interviewés dans Market Wizard indiquant qu’un nouveau record est un signal bullish et qu’une clôture du marché le vendredi à son niveau le plus haut de la séance et de la semaine était également un signal très bullish.

SPX nouveau record

Voici ce qui se passé dans le passé lorsque le S&P 500 clôturé à son tick le plus haut de son histoire un vendredi :

Performance S&P après nouveau record

Au vu des indicateurs étudiés, le risque de correction (>5%) me semble relativement faible pour le moment. Une consolidation avant une nouvelle impulsion haussière me semble être le scénario le plus probable.

Bien sur, les marchés dépendront essentiellement de l’actualité sur le commerce plutôt que des signaux techniques. Un échec des négociations assécherait l’optimisme et les bears l’emporteraient probablement.

Prévision marché boursier: Faut-il shorter les nouveaux records ?

Encore des nouveaux records. Les bons résultats des entreprises et les annonces globalement positives sur les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont probablement les deux facteurs soutenant le plus les actions. Inutile pour autant de dire que « les marchés boursiers sont décorrélés de l’économie ». Allez jeter un coup d’œil à mon rapport du mois de novembre de l’économie américaine avant de poursuivre votre lecture.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

Ratio Cuivre / Or

Le ratio Cuivre / Or est surveillé, car il permet de jauger l’état psychologique des marchés

En théorie, lorsque le ratio est en hausse, cela est signe d’appétit au risque (bon pour les actifs risqués). Au contraire, lorsque ce ratio est en baisse, cela est signe d’aversion au risque (bon pour les actifs refuges).

Le ratio Cuivre / Or a inscrit un plus haut de 3 mois la semaine dernière.

Ratio Cuivre / Or

Dans le passé, un tel signal n’était pas « extrêmement » bullish pour les marchés boursiers. Le signal est positif mais n’est pas un signal significativement haussier.

Breakout ratio Cuivre / Or

VIX

Le VIX a clôturé à son plus bas niveau depuis 6 mois vendredi. Beaucoup de personnes sont préoccupées par cette chute du VIX. Ils pensent que ce signal est précurseur d’une correction des marchés actions.

Plus bas de 6 mois du VIX

Et ils est tout à fait normal d’avoir ce raisonnement. Car le VIX a très souvent tendance à rebondir à court terme.

Performance du VIX lorsque le VIX chute à un plus bas de 6 mois

Cependant, je vais sans doute en choquer plus d’un, mais une hausse du VIX n’est pas forcément synonyme de correction des marchés baissiers.

Lorsque la volatilité est très faible, le VIX a tendance à consolider et peut en effet clôturer en légère hausse. Mais le marché boursier corrige seulement lorsque le VIX bondit!

Dans le passé, une baisse du VIX à son niveau le plus bas en 6 mois n’était ni bearish ni bullish. Les traders ne devraient donc pas être plus préoccupés que cela de la faiblesse du VIX. Bien au contraire, car ce signal est fortement bullish sur le long terme (83% du temps haussier après 6 mois).

Performance du S&P 500 lorsque le VIX chute à un plus bas de 6 mois

Put/Call Ratio

Beaucoup de personnes jugent le marché trop complaisant. En plus du VIX à son plus bas en 6 mois, le ratio Put/Call a été extrêmement faible depuis le début du mois.

Le ratio a même atteint son plus bas niveau depuis… janvier 2018! Juste avant la correction de 10% des marchés boursiers en quelques séances.

Ratio Put/Call

Ce signal est une excellente nouvelle pour les permabears qui en profitent pour clamer que le marché va très bientôt corriger.

Personnellement, je préfère regarder la moyenne à 10 séances de ce ratio plutôt que la valeur au jour le jour, car la volatilité de celui-ci est très importante.

La moyenne à 10 séances est tombée sous 0,85 pour la première fois en plus de trois mois. Lorsque cela était arrivé dans le passé alors que le marché était haussier (> MM 200), cet environnement « extrêmement » complaisant n’était pas plus baissier que haussier

Performance S&P 500 lorsque la moyenne à 10 séances du Ratio Put/Call est inférieur à 0,85

% actions > MM200

Le pourcentages d’actions au-dessus de leur moyenne mobile à 200 séances a atteint 74,95% jeudi 07/11 !

Il est important de regarder cet indicateur, car il permet de savoir si la tendance de l’indice est portée par une majorité ou minorité de la côte.

% d'actions au-dessus de leur MM200

Visuellement, nous pouvons constater que les dernières fois qu’autant d’actions étaient en tendance haussière (> MM200), ce n’était pas bon signe pour le S&P 500.

En revanche, si nous nous focalisons sur « la grande image » (« focus on the big picture »), nous constatons que ce signal était plus souvent bullish sur tous les horizons de temps.

Performance du S&P 500 lorsque le % d'actions au-dessus de leur MM200 est supérieur à 74,95%

Autre fait intéressant, ce phénomène n’a jamais eu lieu pendant les marchés baissiers de l’indice (pas de signal en 2008 et 2009), ni même pendant les importantes corrections (2016 et 2018).

Ce signal a surtout eu lieu pendant les phases haussières de l’indice et avec peu de volatilité. Ce signal est donc un bon signe pour le marché boursier.

Prévision marché boursier: Vers un Santa Rallye ?

Le marché boursier continue d’inscrire des nouveaux records. Les meilleurs résultats des entreprises, l’apaisement des tensions commerciales et le léger mieux de la macro mondiale, contribuent à la hausse des indices depuis début octobre.

Voici mes perspectives du marché :

  • Le ratio risque/récompense ne favorise pas les investisseurs de long terme. Les valorisations sont élevées (mais peuvent rester élevées pendant plusieurs années donc ce n’est pas un signal baissier).
  • Analyse fondamentale (6-12 mois): Haussier. Il n’y a pas de détérioration majeure de la macroéconomie américaine (étude complète à lire ici).
  • Analyse technique (3-6 mois): haussier.
  • Analyse technique (1-2 mois): neutre/haussier.

CNN Fear & Greed Index

L’indice Fear & Greed Index de CNN est un excellent indicateur pour jauger l’état psychologique des investisseurs sur les marchés.

L’indice est assez complet puisqu’il est composé de plusieurs indicateurs comme le spread entre les obligations pourries (junk) et les obligations bien côtées, le VIX, l’écart entre le S&P 500 et sa moyenne à 125 séances entre autres (plus d’infos à ce lien).

Fear & Greed Index de CNN

Certaines personnes utilisent l’indicateur comme des signaux contrariens :

  • Vente/Short lorsque le marché est très gourmand (extreme Greed)
  • Achat/Débouclement short lorsque le marché est très peureux (extreme Fear)

C’était également ce que je pensais était le mieux. Mais après avoir réalisé un backtest, j’en ai conclu que le Fear & Greed Index n’est pas vraiment meilleur que le RSI.

Lorsque le S&P 500 est dans un marché haussier, les périodes d’extrême peur sont des excellentes opportunités d’achats. Mais les périodes d’extrême gourmandise ne sont pas des bonnes opportunités pour shorter.

Malheureusement, CNN ne fournit pas la formule mathématique exacte de son indicateur. Par conséquent, les données que nous pouvons trouver sur internet varient légèrement de l’indicateur officiel. Mais cela n’est pas un réel problème en soi, car ce que nous voulons savoir c’est si le Fear & Greed index est très haut ou très bas. Qu’il soit à 78, 80 ou 82, importe peu.

D’après les données que j’ai trouvées, le Fear & Greed Index a atteint la semaine dernière son plus haut niveau en 22 mois. Voici ce qui se passait pour le S&P 500 après ce signal :

Performance du S&P 500 lorsque le Fear & Greed Index est haut

Comme nous pouvons le constater le signal donne des perspectives mitigées pour le court terme (< 3 mois) et haussière sur du moyen/long terme.

+21% YTD

Le S&P 500 a clôturé son mois d’octobre en hausse de 21% par rapport au début d’année. Sa meilleure performance YTD depuis 2013!

Depuis 1927, le S&P 500 a progressé de plus de 20% du début d’année jusqu’au 31 octobre seulement 14 fois.

Performance des principaux indices boursiers depuis le début de l'année

Dans le passé, une telle performance était très souvent bullish pour la fin d’année.

Performance du S&P 500 lorsqu'il est en hausse de plu de 20%

% d’actions du S&P au-dessus de sa MM50 séances

Il y a dorénavant plus de 70% des actions du S&P 500 qui sont au-dessus de leur moyenne mobile à 50 séances. Cela veut dire qu’une grande majorité des large-caps américaines sont en tendance haussière.

% d'actions du S&P au-dessus de sa MM50 séances

Dans le passé, une telle participation de la côte américaine au marché haussier était souvent bullish pour le S&P 500.

Performance du S&P 500 lorsque plus de 70% des actions du S&P sont au-dessus de leur MM 50 Séances
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