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Performance stratégie croisement moyennes mobiles

Vous avez déjà sans doute entendu parler de la fameuse stratégie du croisement des moyennes mobiles qui consiste à acheter lorsque la moyenne mobile de court terme passe au-dessus de la moyenne mobile de long terme et vendre lorsqu’elle passe en dessous.

Ici, chez Eros-Trading, j’essaie de dissocier le vrai du faux, des théories largement acceptées et utilisées par l’industrie de la réalité. Les nombreux papiers au sujet de l’utilisation « de base » de chacun des indicateurs se contentent de rappeler la théorie sans pour autant vous donner des informations qui vous donneront un réel avantage sur les marchés.

Performance des « Death Cross »

J’ai récemment lu sur internet que le marché a chuté après un « Death Cross » (croix de la mort en français). Pour ceux qui ne le savent pas, un « Death Cross » se produit lorsque la moyenne mobile de 50 jours croise à la baisse la moyenne mobile à 200 jours. C’est en théorie (et relayé par les médias de cette façon) comme un important signal baissier pour les indices boursiers.

En réalité, comme la plupart des adages financiers, ce n’est pas le cas.

Historiquement, il est vrai qu’un Death Cross s’est toujours produit au début d’un marché baissier (à moins de 1/5ème du commencement). Mais c’est tout à fait normal. Le Death Cross est un signal de suivi de tendance, il va donc signaler de VENDRE/SHORTER dans le premier quart du marché baissier.

Cependant, les Death Crosses font trop de faux signaux. En réalité, un Death Cross est plus souvent un signal haussier sur du long terme qu’un signal baissier. Lors d’un jour lambda, la probabilité que le S&P 500 termine en hausse dans un an est de 73% contre 71% lorsqu’il y a un Death Cross.

Performance des Death Cross

Voici tous les Death Cross qui ont eu lieu sur le S&P 500 depuis le début des années 2000:

Si vous poursuivez l’étude jusqu’à 1950 vous aboutirez à la même conclusion: les Death Cross ne sont pas plus souvent baissiers que haussiers pour les indices boursiers.

Qu’en est-il de la performance des « Golden Cross » ?

Le « Golden Cross » (croisement d’or en français) se produit lorsque la moyenne mobile à 50 jours croise à la hausse la moyenne mobile à 200 jours. Ce croisement est généralement considéré comme un signal d’achat. Est-ce pour autant un signal haussier de moyen et long terme pour le marché boursier ?

Historiquement, un Golden Cross est bullish sur tous les horizons de temps pour les indices boursiers. Toutefois, le Golden Cross ne donne pas de réel avantage pour trader le marché boursier sur du court terme. Lors d’un jour lambda, la probabilité que le S&P 500 termine en hausse dans un mois est de 61% contre 63% lorsqu’il y a un Golden Cross.

Performance des Golden Cross

Voici tous les Golden Cross qui ont eu lieu sur le S&P 500 depuis le début des années 2000:

Si vous poursuivez l’étude jusqu’à 1950 vous aboutirez à la même conclusion: les Golden Cross ne donnent pas de réel avantage pour le court et moyen terme.

Stratégie croisement des moyennes mobiles

Imaginez que vous aviez décidé de baser vos décisions d’investissement uniquement sur le croisement des moyennes mobiles à 50 jours et 200 jours. Depuis 1950, vous auriez sous-performé en moyenne de 0,3% par an.

Performance stratégie croisement des moyennes mobiles

0,3% de sous performance n’est pas dramatique et cette stratégie certainement meilleure que l’achat et la conservation (Buy & Hold) compte tenu du fait qu’elle vous permet d’éviter les grands marchés baissiers. Votre drawdown maximum aurait été de 33% avec cette stratégie contre 57% pour une stratégie Buy & Hold.

Cette stratégie est donc intéressante pour un investisseur prudent, mais ne vous permet pas de surperformer les marchés.

Conclusion

Performances Death Cross et Golden Cross trading bourse

Death Cross

Comme vous l’aurez constaté, un Death Cross ne donne pas de réelle direction pour le court et moyen terme. C’est simplement un fait : le croisement de la moyenne mobile à 50 jours croise à la baisse la moyenne mobile à 200 jours

Les Death Cross peuvent être utilisées pour sortir du marché par précaution, car ce signal peut précéder une importante tendance baissière. Toutefois, le Death Cross est plus souvent un signal haussier que baissier sur du long terme.

N’oubliez pas que l’analyse technique n’est pas parfaite et qu’elle ne fonctionne pas très bien toute seule en bourse. Il conviendra donc de combiner l’analyse technique avec l’analyse fondamentale pour réduire les mauvais signaux des Death Cross.

Golden Cross

Comme vous l’aurez constaté, un Golden Cross ne donne pas de réel avantage pour le court et moyen terme. Parfois, le marché boursier monte les mois après un Golden Cross. Parfois, il chute.

Toutefois, il est très utile en tant que signal de long terme car il marque la fin d’une tendance baissière.

Les Golden Cross n’existent pas dans les marchés baissiers. Cela signifie que lorsqu’un Golden Cross se produit alors que le marché baissait les précédents mois, c’est que c’est probablement la fin de la tendance baissière et le début d’une nouvelle tendance haussière de long terme.

Voici des exemples de Golden Cross qui ont signalé la fin d’une tendance baissier/début d’une tendance haussière :

Pourquoi ne pas trader contre la tendance

La plupart des traders veulent aller à la fois long et short dans la même tendance afin de profiter des petites fluctuations du marché. Les traders pensent pouvoir doubler leurs profits s’ils tradent dans les deux sens du marché. En théorie c’est vrai. En pratique c’est rarement le cas.

Les traders doivent se contenter de rester dans le sens de la tendance de long terme (c.-à-d. à l’achat dans un marché haussier ou vendeur à découvert (short) dans un marché baissier). Trader contre la tendance de long terme peut être très dangereux (c’est-à-dire avoir une position short dans un marché haussier ou acheteuse dans un marché baissier). Voici pourquoi.

La tendance de long terme = un biais directionnel à exploiter

Le marché a un biais haussier dans une tendance de long terme haussière. Le marché a un biais baissier dans une tendance baissière de long terme. Cela signifie que :

  • Le marché monte plus souvent quand il est dans une tendance haussière.
  • Le marché baisse plus souvent quand il est dans une tendance baissière.

Donc d’un point de vue purement statistique, les positions shorts ont beaucoup moins de chances de réussite dans un marché haussier. A l’inverse, les positions acheteuses ont beaucoup moins de chances de réussite dans un marché baissier.

Mais voici le point le plus nuancé que je voudrais faire:

  • Peu importe le nombre d’études historiques que vous réalisez, vous ne savez pas quand une correction s’arrêtera dans un marché haussier.
  • Peu importe le nombre d’études historiques que vous réalisez, vous ne savez pas quand un rebond s’arrêtera dans un marché baissier.

Supposons que vous être en train de shorter le marché boursier haussier, car vous vous attendez à ce que le marché procède à une correction de plus de 6%.

Que se passe-t-il si le marché chute de -5,5%, puis rebondit et atteint un nouveau plus haut ? Attendez-vous que le marché chute exactement de 6% ou bien réduisez-vous vos pertes après que le marché ait atteint le nouveau sommet ?

Si la tendance de long terme est suffisamment forte (par exemple, les investisseurs achètent le moindre repli de la tendance haussière), alors même le plus petit objectif baissier a peu de chances d’être atteint !

Ne tradez pas dans le sens contraire de la tendance

L’inverse est également vrai. Supposons que vous êtes à l’achat dans un marché baissier et que vous vous attendez à ce que le marché rebondisse de 10%. Que se passe-t-il si le marché rebondit de 9% puis chute et atteint un nouveau plus bas ? Attendez-vous que le marché rebondisse exactement de 10% pour prendre vos profits ?

Dans un marché haussier, les corrections cesseront souvent sans aucune raison. Étant donné que les grands investisseurs institutionnels utilisent les corrections pour se positionner à l’achat, vous ne savez jamais quand la correction va se terminer. 

C’est également le cas pour les marchés baissiers. Les rallyes cesseront souvent sans aucune réelle raison. Étant donné que les grands investisseurs institutionnels utilisent les rallyes pour se débarrasser de leurs positions acheteuses, vous ne pouvez pas savoir quand ce rebond se terminera.

Votre timing est extrêmement important

Votre timing doit être d’une précision irréprochable si vous tradez dans le sens contraire de la tendance de fond. Pour ceux qui s’amusent à cette activité, voici la triste nouvelle : personne ne peut anticiper le marché avec une précision parfaite, en particulier les traders qui spéculent sur des horizons de temps de court terme.

Supposons que vous shortez le marché parce que vous vous attendez à une correction de 6%. Votre timing doit être extrêmement précis, car si le marché boursier augmente d’abord de 7%, puis perd 6%, vous serez toujours perdant sur votre position vendeuse. Il faut savoir qu’il est beaucoup plus facile pour le marché boursier de monter de 7% que de baisser de 6% dans un marché haussier. Le biais haussier naturel provoque cette distribution de probabilité asymétrique.

Vous ne pouvez pas garder votre position jusqu’à temps que vous ayez raison

La beauté du trading dans le sens de la tendance de long terme est que votre timing d’entrée et de sortie n’a pas besoin d’être très précis. Si vous entrez à l’achat à la veille d’une petite correction et que vous perdez de l’argent au départ, vous pouvez toujours attendre à ce que votre position soit rentable.

Par exemple, si le marché chute de 6%, puis 4%, il vous suffit d’attendre quelques semaines / mois avant que le marché corrige ces deux mouvements baissiers (le marché boursier a une tendance haussière sur du long terme).

En d’autres termes, vous pouvez vous permettre de conserver votre position perdante si vous êtes dans le sens de la tendance de long terme. Cependant, si vous négociez dans le sens contraire, vous avez plutôt intérêt à clôturer votre position perdante afin de limiter vos pertes.

Théoriquement, votre risque est illimité lorsque vous vendez à découvert un marché haussier, car rien ne permet de savoir quel prix le marché va atteindre avant une correction majeure.

Les signaux de contre-tendance peuvent être faux

Beaucoup de traders essaient de shorter un marché haussier « suracheté » ou d’acheter un marché « survendu ».

Cette pratique peut fonctionner si la tendance du marché haussier ou baissier n’est pas très forte. Mais il suffit que d’un seul mauvais positionnement dans un marché avec une forte tendance pour effacer tous vos précédents gains.

Un marché suracheté peut le devenir encore plus. Et un marché survendu peut devenir encore plus survendu.

S&P 500 "surchaté"

J’ai vu énormément de traders perdre beaucoup d’argent à shorter un marché haussier comme celui de 2013 à 2017. Chaque position acheteuse qu’ils ont placée était rentable, mais presque chaque position short représentait une perte massive. Il aurait été bien mieux de s’en tenir aux positions dans le sens de la tendance du marché.

Tendance haussière du S&P 500 en 2017
Tendance haussière du S&P 500 en 2013 et 2014

Vous ne devez pas toujours être long dans un marché haussier si vous pensez que le rallye est trop excessif et qu’une correction est imminente. Mais au moins, abstenez de shorter le marché haussier. Restez en cash.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, chaque trader doit d’abord savoir quelle est la tendance de long terme du marché avant de commencer à trader. Peu importe vos compétences de trading. Vous laisserez tôt ou tard votre capital à trader dans le sens contraire de la tendance de fond. Vous pouvez peut-être réussir une fois, deux fois ou trois fois, mais il y a un moment ou une seule de vos positions de contre tendance vous fera perdre la majorité de vos précédents gains.

Il est donc préférable de trader dans le sens de la tendance de long terme, c’est-à-dire spéculer sur la hausse dans un marché haussier et à la baisse dans un marché baissier.

Un excellent livre qui explique très bien ce principe est « Reminiscences of a Stock Operator ». Un best-seller que tout trader devrait lire.

Quel impact d’une hausse des taux d’intérêt sur la bourse

Les taux d’intérêt augmentaient aux Etats-Unis de la période allant de 2015 à 2018. Les experts de la finance misaient sur un krach des marchés boursiers, car la hausse des rendements obligataires allait rendre le marché actions moins attrayant. Bien évidemment ce krach n’a pas eu lieu. Mais le plus amusant dans tout ça, c’est que maintenant que les taux d’intérêt baissent, ces mêmes experts financiers annoncent que nous sommes au bord du krach, car « la Fed baisse ses taux d’intérêt en raison d’une dégradation de l’économie ».

Forcément, à force de toujours miser sur un scénario, il y a bien un moment ou ces « experts » auront raison. Dans cet article, nous allons étudier l’impact de la hausse des taux d’intérêt et des rendements obligataires sur le marché boursier

Le graphique suivant montre le cours du S&P 500. Les zones orange correspondent aux périodes ou les Fed Funds rate étaient en hausse tandis que les zones en bleue correspondent aux périodes ou les Fed Funds rate étaient en baisse.

Influence taux d'intérêt sur la bourse

Comme vous pouvez le constater, la remontée des taux d’intérêt n’est pas toujours baissier pour les actions. Dans les graphiques suivants, j’ai décidé d’utiliser le rendement du 2 ans US compte tenu du fait qu’ils suivent de façon assez fiable les mouvements des taux directeurs de la Fed.

Années 1990

Lorsque le rendement du 10 ans US augmentait, le S&P était soit à plat ou progressait de manière importante.

Evolution obligations et actions 1990

Années 2000

Dans les années 2000, le S&P s’est fortement apprécié alors que les taux d’intérêt augmentaient.

Evolution obligations et actions 2000

Années 2010

Depuis le début de cette décennie, le S&P 500 n’a fait que progresser malgré les régulières hausses des taux.

Evolution obligations et actions 2010

Conclusion

La corrélation du marché boursier avec la hausse des taux d’intérêt est totalement aléatoire.

  • Parfois, le marché boursier va baisser.
  • Parfois, le marché boursier va consolider.
  • Parfois, le marché boursier va augmenter.

Mais statistiquement, la bourse augmente plus souvent qu’il ne baisse lorsque le rendement du Trésor à 2 ans augmente (> moyenne à 52 semaines).

Impact hausse taux d'intérêt sur actions

Par conséquent, les investisseurs du marché actions devraient minimiser leurs décisions basées sur les taux d’intérêt et le marché obligataire. Même s’il existe actuellement une corrélation inverse entre les actions et le rendement à 2 ans sur du long terme, vous pouvez pas savoir quand cette corrélation s’inversera.

corrélation long terme obligations actions

Au lieu de cela, les investisseurs devraient se concentrer sur l’état de l’économie américaine. Le marché boursier et l’économie sont corrélés positivement sur le long terme.

Oui, les taux d’intérêt impacteront à un certain moment l’économie. Mais personne ne sait quel est ce niveau spécifique de taux d’intérêt! Cela pourrait représenter un taux de 3,5% du rendement du 10 ans US ou vient de 4%, 4,5% ou 5%. Personne ne sait. Ni même la Fed. C’est pourquoi il vaut mieux ignorer les taux lorsque vous tradez sur du long terme et vous concentrer sur des signes de détérioration économique et des signaux techniques baissiers pour vendre vos actions.

Pourquoi combiner l’analyse technique et l’analyse fondamentale pour trader ?

Qu’est-ce qui est le plus efficace pour investir : l’analyse technique ou l’analyse fondamentale? De nombreux investisseurs se retrouvent dans un camp ou dans un autre et soutiennent que seul l’un ou l’autre est le véritable moyen d’investir. Vous avez probablement vu et pris part aux arguments autour de ceux-ci. Alors, quelle est réellement la méthode la plus efficace ? Ma réponse : les deux combinés !

Ni l’analyse technique ni l’analyse fondamentale n’est le Saint Graal

Pour commencer, ni l’analyse fondamentale ni l’analyse technique n’est le Saint Graal. Les traders ont tendance à s’enfoncer dans le style d’analyse qu’ils ont utilisée lorsqu’ils ont débuté à trader. Si le trader gagne ses premiers gains sur les marchés via l’analyse des prix, il finit généralement par devenir un « pro-technicien » utilisant exclusivement l’analyse technique. A l’inverse, s’il réalise ses premiers gains grâce à l’analyse fondamentale, il finit généralement par devenir un « pro-macro » utilisant exclusivement l’analyse fondamentale. 

Mais la réalité, c’est que le Saint Graal n’existe pas dans le monde du trading. La psychologie humaine – la cupidité et la peur – anime les marchés financiers. Le trading n’est pas une science parce que la psychologie humaine est un mélange de science et d’art.

Le trading est comme la vieille histoire des trois aveugles et de l’éléphant. Chaque trader se fait sa propre idée du marché selon ce qu’il aperçoit, tout comme chacun des aveugles a sa propre idée de ce qu’est un éléphant. Alors, pourquoi voudriez-vous délibérément vous aveugler de certaines données en ignorant les autres aspects du marché ?

Les traders purement techniques manquent de données fondamentales utiles et les traders fondamentaux passent à côté de signaux techniques très utiles. N’oubliez pas qu’avoir plus d’informations est préférable à moins d’informations

Il est plus courant que les traders professionnels soient de purs techniciens plutôt que des fondamentalistes. Les traders qui disent que « le prix est tout » sont trop paresseux pour vraiment comprendre et apprendre les fondamentaux. Qu’on le veuille ou non, l’analyse fondamentale est beaucoup plus difficile, fastidieuse à apprendre que l’analyse technique. C’était en tout cas le cas pour moi.

L’analyse technique et l’analyse fondamentale sont utilisées différemment

L’analyse fondamentale et l’analyse technique sont utilisées pour deux choses différentes parce qu’elles sont utilisées par deux catégories différentes d’investisseurs et de traders.

L’analyse fondamentale

l'analyse fondamentale des marchés boursiers est plus importante sur le long terme

Les grands acteurs du marché utilisent les fondamentaux : les grands hedge funds, les investisseurs institutionnels, les fonds de pension, etc. Ces acteurs ne peuvent pas « acheter la moyenne mobile à 200 jours », car ils influenceraient le marché dû au manque de liquidités. Leur taille les oblige à prendre plusieurs positions au lieu d’une seule grande, ce qui est contraignant pour utiliser les signaux d’analyse technique. Ils ne sont pas assez petits pour entrer et sortir quand ils veulent.

Ces grands investisseurs conservent leurs positions sur du moyen et long terme, car ils ont besoin de beaucoup de temps pour entrer et sortir du marché. Ils ne peuvent pas profiter des petites fluctuations à court terme du marché.

Par conséquent, ces grands investisseurs ont une réelle influence sur l’orientation de moyen et long terme des marchés. Ils utilisent des principes fondamentaux pour prendre des décisions et effectuer ces transactions de moyen et long terme.

Même les traders de court terme doivent connaître la direction de moyen et long terme du marché sur lequel ils tradent compte tenu du fait que :

  • Le marché monte plus souvent qu’il ne baisse dans une tendance de long terme haussière.
  • Le marché baisse plus souvent qu’il ne monte dans une tendance de long terme baissière.

Le trading n’est qu’une question de probabilité. Les chances seront contre vous si vous tradez à l’encontre de la tendance de fond. Vous devez donc comprendre les fondamentaux pour connaître la tendance à long terme du marché.

Beaucoup de traders considèrent les principes fondamentaux comme un ensemble de théories du complot. Ils « adaptent » les fondamentaux à leur vision du marché. Concentrez-vous sur les données. Ignorer les opinions non fondées.

L’analyse technique

analyse technique est plus important sur du court terme

L’analyse technique a tendance à être utilisée par les plus petits acteurs du marché, car ces traders ont généralement des connaissances moins solides des fondamentaux. Comprendre les fondamentaux prend des années et demande des efforts. Or beaucoup ne se donnent pas la peine d’étudier en profondeur. Ils croient en la « sagesse » conventionnelle en ce qui concerne les fondamentaux, mais cette « sagesse » a plus souvent tendance à être fausse que vrai. Par exemple, la grande majorité des traders pensent que la hausse des taux d’intérêt a un impact baissier sur les actions, or l’histoire nous prouve le contraire. Sans vouloir dénigrer quiconque, n’importe qui peut dessiner des lignes de support et de résistance sur un graphique ou repérer un double top. Pour lire les fondamentaux, il faut avant tout les comprendre et donc les étudier en profondeur (pour avoir un réel avantage).

L’avantage d’être un trader particulier, c’est d’avoir la possibilité d’entrer et de sortir du marché n’importe quand. Etant donné que la taille de votre position est petite, vous ne rencontrez pas de problème de liquidités (dans 99% des cas).

Cependant, les traders particuliers doivent sans doute passer plus de temps à étudier les signaux d’analyse technique. En faisant cela, j’ai identifié des réelles différences entre la théorie (ce que nous pouvons lire sur internet et dans des livres best-seller) et la pratique. 

Ensemble, ces traders de court terme sont suffisamment importants pour avoir un impact sur la direction de court terme des marchés. C’est pourquoi l’analyse technique est plus fiable que l’analyse fondamentale pour le trading de court terme.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, l’analyse fondamentale et l’analyse technique présentent des défauts. Cependant, l’analyse technique peut être utilisée pour compenser les défauts de l’analyse fondamentale, et vice-versa. Les meilleurs traders et investisseurs combinent les deux.

L’analyse fondamentale ne peut pas être utilisée pour choisir un prix d’entrée et de sortie. Il peut vous donner une indication générale : ACHETER ou VENDRE, mais ne peut pas vous dire quand précisément acheter. C’est là qu’intervient l’analyse technique.

De plus, les fondamentaux du marché ne sont parfois pas clairs ou neutres, ce qui peut provoquer une consolidation du marché. L’analyse technique fonctionne mieux pendant ces phases du marché.

En revanche, l’analyse technique a un gros défaut. L’analyse technique a tendance à devenir moins fiable que les fondamentaux lorsque ces derniers convergent dans la même direction. Par exemple, l’économie et les bénéfices des entreprises étaient en forte croissance en 2017. Le marché n’a cessé de grimper et a ignoré tous les signaux techniques de vente.

Mon conseil est donc que vous devez connaître au moins les grands principes de la méthode d’analyse que vous ne suivez pas afin de pouvoir avoir une vision plus complète du marché.

Dans le cas ou vous voudriez être un pur technicien ou un pur fondamentaliste, vous devez devenir un expert dans le domaine pour avoir un réel avantage sur les autres opérateurs de marché. Lire le RSI, tracer des lignes ne suffiront pas pour surperformer les marchés sur le long terme. Rappelez-vous que les marchés ne sont plus du tout similaires aux années 70. Les marchés sont devenus plus complexes, plus difficiles à négocier.

Pour savoir concrètement comment vous pouvez utiliser les deux méthodes d’analyse, je vous invite à lire mon article : STRATÉGIES DE SUIVI DE TENDANCE, AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS

Le Bêta, les Facteurs et l’Alpha en bourse

Les experts de la finance aiment décomposer la performance d’un investisseur / trader en 3 parties :

  • Le Bêta
  • Le Facteur
  • L’Alpha

Bêta

Le « bêta » mesure l’exposition de l’investisseur au marché. Par exemple, si l’indice S&P 500 augmente de 8% et que vous êtes à l’achat, vous gagnez 8% (=> c’est-à-dire uniquement grâce à votre exposition au marché).

Pourquoi le bêta est-il important ?

  • Parce qu’il ne sert à rien de payer des frais élevés à un gestionnaire de fonds dont la stratégie est la même que d’être 100% long sur le S&P.
  • Vous pouvez facilement répliquer cette performance bêta en achetant ETF sur le S&P 500. C’est une « stratégie » que vous pouvez facilement copier.

Facteur

Le « facteur » est un concept relativement nouveau qui a été accepté pour la première fois dans les années 90.

Un « facteur » est une caractéristique d’un titre qui entraîne sa surperformance sur du long terme. Il existe plusieurs facteurs populaires :

  1. Taille: historiquement, un portefeuille constitué d’actions de petite capitalisation tend à surperformer un portefeuille composé d’actions de grande capitalisation. Par conséquent, un investisseur qui achète un indice de petite capitalisation surperformera un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme. De 1927 à 2014, les actions à petite capitalisation ont surperformé les actions à grande capitalisation de 3,4% en moyenne par an.
  2. Valeur: historiquement, un portefeuille constitué d’actions de valeur « sous-évaluées » tend à surperformer un portefeuille d’actions « surévaluées ». Par conséquent, un investisseur qui achète un indice d’actions sous-évaluées surperformera un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme. De 1927 à 2014, les actions de valeur ont surperformé les actions de croissance de 5% en moyenne par an.
  3. Momentum/Croissance: les actions qui ont récemment surperformé ont tendance à surperformer à court terme. Par conséquent, un investisseur qui achète un indice composé d’actions de croissance aura un rendement supérieur à celui d’un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme.
  4. Qualité et rentabilité: les titres peu endettés avec des bénéfices stables et une gestion saine tendent à surperformer les titres fortement endettés, avec des bénéfices volatils et un mauvais management. Par conséquent, un investisseur qui achète un indice boursier de qualité surperformera un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme.
  5. Volatilité (pari contre le bêta): les actions à faible volatilité ont tendance à surperformer les actions à forte volatilité lorsqu’elles sont ajustées au risque. Par conséquent, un trader peut tirer profit d’un effet de levier sur des actions à faible volatilité pour surperformer le S&P 500.

Les « facteurs » sont importants, car un investisseur ou un trader peut répliquer facilement et à moindre coût ces catégories d’actions qui surperforment sans avoir à payer des frais élevés.

  • Dans le passé, les bons investisseurs et les gestionnaires de fonds vantaient souvent leur surperformance comme un « alpha » (leur propre compétence), alors qu’en réalité, ils ne faisaient que suivre certains de ces facteurs. Les investisseurs non informés payaient des frais de gestion élevés à ces gestionnaires de fonds, car ils pensaient que la surperformance du fonds résultait de la compétence (alpha) du gestionnaire.
  • Lorsque la surperformance peut être expliquée par des « facteurs », les investisseurs et les traders peuvent facilement reproduire cette surperformance par eux-mêmes et à moindre coûts grâce à des ETFs.

Exemple : Un gestionnaire de fonds se compare au S&P 500.

  1. De 1997 à nos jours, le S&P 500 affiche un rendement annuel moyen de 7,2%.
  2. Depuis 1997, le gestionnaire de fonds gagne en moyenne 8,1% par an.

Le gestionnaire de fonds se vante de ses prouesses en matière d’investissement. En réalité, le gestionnaire de fonds n’a fait que basculer son portefeuille vers les actions à faible capitalisation boursière (taille). Cette décision expliquait toute la « surperformance ». (Historiquement, les petites capitalisations boursières ont tendance à surperformer).

Performance des petites capitalisations boursières vs grandes capitalisations boursières

Plutôt que payer à votre gestionnaire de fonds des frais exorbitants, vous pouvez facilement vous renseigner sur les facteurs qu’il utilise et reproduire sa surperformance.

Alpha

L’« Alpha » est la vraie compétence d’un trader/investisseur. Les rendements générés par l’« alpha » ne peuvent pas être répliqués par un fonds commun de placement (FCP) ou un tracker (ETF), car ces rendements sont générés par les compétences, la stratégie, l’intelligence du gestionnaire de fonds. L’alpha ne peut pas être qualifié ou répliqué par un facteur.

Le problème avec les facteurs

L’investissement suivant un ou plusieurs facteur(s) pose un problème. Tous les facteurs peuvent sous-performer pendant de très longues périodes. En fait, cela est vrai pour tout ce qui concerne l’investissement et le trading.

  1. De bonnes stratégies de trading qui surperforment à long terme peuvent sous-performer à court terme.
  2. Les facteurs qui surperforment à long terme peuvent sous-performer à court terme.

Le problème est que le « court terme » peut durer 10 ans. Par exemple, les actions de « valeur » ont tendance à surperformer sur du long terme. Cependant, les actions de valeur peuvent traverser des périodes de 10 à 15 ans au cours desquelles elles sous-performent. L’exemple le plus récent concerne la période 2009-2018, dans laquelle un panier de titres de valeur aurait sous-performé le S&P 500.

En d’autres termes, les facteurs ne sont pas suffisamment fiables.

Voici un exemple de Jeremy Siegel. De 1927 à 2014, les actions de petite capitalisation (le facteur « taille ») ont surperformé de près de 2% en moyenne par an.

Cependant, cette surperformance a entièrement eu lieu de 1975 à 1983. Sans cette période de surperformance, investir dans des actions de petite capitalisation aurait produit exactement le même rendement que le S&P 500.

Performance small caps vs large caps

Le problème pour les investisseurs et les traders est qu’il est impossible de prédire de manière précise le facteur qui surperformera à l’avenir.

Vous ne pouvez pas savoir si ce sont les actions de « croissance », de « petites capitalisations » (taille) ou « sous-évaluées » (valeur) qui vont surperformer à partir de l’année prochaine.

Par conséquent, un investisseur ou un trader qui compte sur des facteurs pour surperformer devra faire face à de longues périodes de sous-performance et accepter ces périodes comme faisant partie du jeu. Pour éventuellement surperformer sur du long terme,  vous devrez accepter le fait que vos performances seront inférieures au marché pendant certaines longues périodes.

Réflexion sur l’investissement factoriel

Les facteurs semblent attrayants. En fin de compte, tout ce que vous avez à faire pour surperformer est d’acheter un indice qui privilégie les facteurs de surperformance.

Par exemple, au lieu de trader / investir dans le S&P 500, trader / investir dans le S&P 600 (un indice de petites capitalisations boursières). Historiquement, le facteur « taille » des petites capitalisations a tendance à surperformer.

Cela semble être une bonne idée sur papier, mais de nos jours, cela peut se passer différemment.

Plus quelque chose est popularisé sur les marchés, moins elle a tendance à fonctionner. Ces facteurs sont compris et diffusés à un rythme de plus en plus rapide.

Cas de Warren Buffet

  • Par le passé, l’investissement factoriel fonctionnait bien, car ces facteurs étaient relativement inconnus. Des personnes comme Warren Buffett ont été parmi les premiers à en profiter.
  • Étant donné que l’investissement factoriel est bien connu de nos jours par les investisseurs institutionnels, il est possible que cela ne fonctionne pas aussi bien à l’avenir.

Warren Buffett a toujours privilégié le facteur « valeur » (sous-évalué/surévalué). Cependant, les performances de Warren Buffett se sont considérablement détériorées au fil du temps. Au début de sa carrière, la concurrence dans le secteur financier était bien moindre. Il y avait moins d’investisseurs à la recherche d’actions de valeur, ce qui signifiait que Buffett pouvait facilement trouver des offres très bon marché.

Aujourd’hui, de nombreux investisseurs recherchent des actions de « valeur » ce qui a rendu les actions de valeur plus chères. La conséquence est que les actions de « valeur » affichent une performance moins remarquable que par le passé.

Il suffit de comparer la performance du fond de Warren Buffet (Berkshire Hathaway) face au S&P 500 pour constater qu’il a surtout surperformé les marchés avant les années 90 et surperforme désormais beaucoup moins souvent depuis le début des années 2000.

Performance Berkshire Hathaway vs S&P 500

Une stratégie connue finit par sous-performer

C’est le plus gros problème du secteur financier. Pour réussir dans le secteur financier, il faut une certaine opacité. Au final, la surperformance est un jeu à somme nulle. Pour que quelqu’un puisse surperformer, quelqu’un d’autre doit sous-performer.

  • Surperformer était facile à une époque (par exemple, il y a 30 ans) où la plupart des gens avaient un accès limité à l’information financière.
  • Surperformer est difficile aujourd’hui, car la plupart des gens ont un accès presque illimité à l’information financière.

En d’autres termes, plus un élément qui « fonctionne » est partagé, moins il devient utile au fil du temps. Ce problème se pose dans tous les jeux à somme nulle tels que le trading et les jeux.

Prenons l’exemple d’un joueur de poker.

  • Il est facile pour un joueur de poker professionnel de gagner s’il est entouré d’amateurs, car il possède des connaissances que les autres joueurs amateurs n’ont pas.
  • Par contre, il est difficile pour un joueur de poker professionnel de gagner s’il est entouré par d’autres professionnels armés de connaissances et de stratégies similaires.

Il y a de plus en plus de professionnels dans le jeu de la Finance. Dans les années 1940, 90% des actions américaines étaient détenues par des ménages, donc par des personnes peu informées des marchés. Aujourd’hui, plus de 80% des actions américaines sont la propriété d’institutions.

Grâce à Internet et à sa capacité à diffuser rapidement l’information, il est de plus en plus difficile de surperformer de manière constante. Les stratégies comme l’investissement factoriel qui fonctionnaient auparavant sont dorénavant bien connues, ce qui les rend moins efficaces.

Les professionnels surperforment de moins en moins les marchés

Un rapport du Crédit Suisse datant de 2013 montre l’écart type moyen sur 5 ans des rendements excédentaires dans les fonds communs de placement à grandes capitalisations américaines de 1967 à 2013.

  • Si l’écart type est élevé, cela signifie que certains gestionnaires de fonds professionnels affichent des performances exceptionnelles, c’est-à-dire une grande dispersion par rapport à la stratégie d’achat et de conservation (« buy and hold »).
  • Si l’écart-type est faible, cela signifie que de plus en plus de gestionnaires de fonds professionnels ont des performances proches de la stratégie buy and hold.
Rapport 2013 Crédit Suisse

Comme vous pouvez le constater, les investisseurs professionnels et les traders sont de plus en plus indifférents en termes de performance. Bien sûr, certains fonds surperformeront certaines années et d’autres sous-performent. Mais en moyenne, les performances des stratégies connues se rapprochent de ceux d’un investissement passif sur un indice diversifié. C’est pourquoi, même les plus grands investisseurs et traders tels que George Soros et Stan Druckenmiller n’ont pas réellement fait mieux que la stratégie buy & hold ces dernières années.

Au fil du temps, les primes (surperformance) liées aux facteurs de taille, de valeur et de bêta du marché ont toutes diminuées. Les actions « à petite capitalisation » et « sous-évaluées » sont de plus en plus corrélées à un indice diversifié.

Cas des petites capitalisations boursières

Les choses changent avec le temps. Dans le passé, les actions à petite capitalisation ont surperformé. Mais peut-être que ce ne sera plus le cas à l’avenir.

Les actions de petite capitalisation ont tendance à surperformer, car les meilleures entreprises étaient toutes petites à un moment donné. Par exemple, Apple était autrefois une petite entreprise, Google était une fois une petite entreprise, Amazon était une fois une petite entreprise.

Ainsi, un portefeuille orienté vers les actions à petite capitalisation peut capitaliser sur la croissance explosive de ces futures grandes sociétés.

Mais les temps changent. Dans le passé, les petites entreprises décidaient de s’introduire en bourse pour lever des capitaux. Aujourd’hui, les petites entreprises prometteuses restent privées plus longtemps grâce au financement des fonds de capital-risque (comme par exemple Uber et Airbnb).

A l’avenir, les meilleures entreprises ne seront peut-être pas « petites » et accessibles au public. Les meilleures entreprises resteront peut-être « petites » et privées et ne deviendront publiques qu’une fois qu’elles seront grandes. Cela affectera les portefeuilles orientés vers les actions à petite capitalisation, car ils ne peuvent pas investir dans les meilleures actions à petite capitalisation si ces actions ne sont pas sur les marchés publics.

Dernier problème avec les facteurs

L’autre grand problème en matière d’investissement / de trading est qu’il faut utiliser le même facteur sur une très longue période.

  • Tous les facteurs traversent des périodes de sous-performance. Ces périodes peuvent durer très longtemps (comme par exemple 10 ans).
  • A l’inverse, tous les facteurs traversent des périodes de surperformance.

Si vous abandonnez un facteur après une période de sous-performance, vous pourriez simplement vous en débarrasser juste avant qu’elle surperforme. En d’autres termes, changer activement de facteur peut conduire à vendre avant que le facteur surperforme et acheter une fois qu’il a fini de surperformer.

En bourse, le « court terme » peut être de 10 à 20 ans. Par exemple, les actions surperforment les obligations à long terme (c’est-à-dire plus de 40 ans). Cependant, …

  • Les actions ont sous-performé les obligations de 1998 à 2008 (10 ans).
  • Les actions ont sous-performé les obligations de 1968 à 1982 (14 ans).

Sachant cela, vous déciderez peut-être de vous en tenir à un seul facteur / une stratégie à la fois. Mais prendre cette décision pose également un autre problème.

Certains facteurs qui ont surperformé dans le passé peuvent peut-être cesser définitivement de surperformer à l’avenir. Après tout, comment faire la différence entre une période de sous-performance « temporaire » et une sous-performance permanente ?

Conclusion

En conclusion, investir / trader selon un ou plusieurs facteur(s) est très incertain et peu fiable. Avec la forte compétition et la quantité d’informations disponibles sur internet, les marchés financiers se sont grandement complexifiés, même pour les professionnels.

De nos jours, il faut un réel « alpha » (compétence) pour surperformer les marchés et ne plus se contenter d’acheter les actions d’un facteur particulier.

SKEW : Tout savoir sur l’indice de volatilité de la CBOE

Moins connu que le VIX, l’indice SKEW de la CBOE est un indice dérivé du cours du S&P 500. Il est calculé à partir des prix des options hors de la monnaie (out-of-the-money options) du S&P 500.

Qu’est-ce que l’indice SKEW de la CBOE ?

L’indice SKEW mesure le risque potentiel des marchés financiers au cours des 30 prochains jours. Lorsque l’indice SKEW croît, cela suppose qu’il est plus probable qu’une correction de la bourse se produise.

L’indice SKEW est généralement compris entre 115 et 140. Plus la valeur est élevée, plus le risque d’une correction est grand.

Graphique de l’indice SKEW

Cours du SKEW

Comment utiliser l’indice SKEW ?

Théorie

L‘indice SKEW de la CBOE est généralement compris entre 115 et 140. Plus la valeur est élevée, plus le risque d’une correction est important. En théorie, l’indice a tendance à suivre le cours du S&P 500 pour les raisons suivantes:

  • À mesure que le marché boursier augmente, la probabilité d’une correction augmente (hausse du SKEW).
  • À mesure que le marché boursier chute, la probabilité d’une nouvelle correction diminue (baisse du SKEW).

Certains analystes considèrent que les risques de retournement sont élevés lorsque l’indice SKEW est au-dessus de 140, d’autres au-dessus de 150 et certains au-dessus de 130. Pour départager le vrai du faux, nous allons voir ce qui se passait au S&P 500 lorsque l’indice SKEW croisait à la hausse 130, 140 et 150.

Conséquences lorsque l'indice SKEW est élevé

Comme vous pouvez le constater, les différents seuils de surachat de l’indice SKEW n’étaient pas forcément sujets à des baisses du S&P 500 lorsqu’ils étaient atteints.

Cela peut peut s’expliquer par le fait que les marchés sont devenus moins volatils avec les politiques monétaires ultra-accommodantes des banques centrales. La moyenne à 200 jours du SKEW a atteint 135 en 2018, alors qu’elle était à 120 en 2013.

Graphique du cours de l'indice SKEW et du S&P 500

La moyenne à 200 jours de l’indice SKEW a chuté en 2019 en raison du retour de la volatilité sur les marchés depuis la fin-2018.

Etant donné l’évolution des conditions de marchés, nous pouvons essayer de comparer le SKEW à sa moyenne mobile à 200 jours pour savoir s’il existe un seuil relatif d’excès de confiance.

Conséquences lorsque l'indice SKEW divergent trop haut de sa moyenne à 200 jours

Comme vous pouvez le constater, même en comparant l’indice SKEW à sa moyenne mobile à 200 séances, les valeurs élevées ne sont forcément sujettes à des baisses du S&P 500.

Réalité

En réalité, il est très difficile de trouver des signaux fiables pour shorter les indices. Mais, l’indice SKEW, comme le VIX, est un indice intéressant pour se positionner sur les indices après une correction.

Conséquences lorsque l'indice SKEW est faible

Lorsque l’indice SKEW tombait sous 105, il y avait de très fortes chances que le S&P 500 rebondisse au cours des prochaines semaines. C’est aussi le cas lorsqu’il tombe de plus de 10% en dessous de sa moyenne à 200 jours.

Conséquences lorsque l'indice SKEW diverge trop bas de sa moyenne à 200 jours.

Conclusion

Une grande partie des théories financières et des croyances largement acceptées sont fausses lorsqu’on examine les données. Une valeur élevée du SKEW n’est pas un signal baissier pour le marché boursier.

En revanche, l’indice SKEW semble être un bon indicateur pour se positionner à l’achat sur le S&P. Il suffit pour cela d’attendre que le SKEW chute sous 105 ou 10% en dessous de sa moyenne à 200 séances.

Télécharger les données historiques de l’indice SKEW de la CBOE

Vous pouvez télécharger les données historiques de l’indice SKEW sur le site de la CBOE ou en cliquant sur ce lien.

Anticiper avec précision la Fed

Les taux d’intérêt des banques centrales, et en particulier ceux de la Réserve fédérale américaine (Fed), ont une influence importante sur les marchés financiers. Les opérateurs de marché ont les yeux rivés sur les commentaires des membres de la Réserve fédérale afin de tenter de prédire la Fed.

Différents outils existent pour tenter de prédire les futures décisions des banquiers centraux. Dans cet article, je vais vous expliquer comment l’écart de rendement entre l’obligation américaine à 2 ans et les taux de la Fed peut être utilisé avec la courbe des taux pour prédire la Fed.

La courbe des taux

La forme de la courbe des taux américains est l’élément le plus déterminant dans la politique monétaire de la Fed. Si vous n’avez pas lu mon article sur l’inversion de la courbe des taux, je vous invite à la lire avant de poursuivre cette lecture.

Présentation de la courbe des taux
  • Une pentification de la courbe des taux signale à la Fed qu’elle a des marges de manœuvres pour diminuer ses taux directeurs si elle en a besoin.
  • Un aplatissement de la courbe des taux suggère à la Fed que le cycle de hausse des taux doit ralentir.
  • Une inversion de la courbe des taux indique à la Fed que les conditions monétaires sont trop serrées et qu’une politique monétaire accommodante est adaptée afin d’éviter une crise du crédit.

Voici ce qui arrivait au Fed Funds rate lorsque le rendement du 10 ans US devenait inférieur au rendement du 3 mois US (inversion courbe des taux) :

Réaction de la Fed lorsque la courbe des taux s'inversée

L’état de la courbe des taux nous donne donc des informations clés sur les prochaines possibilités de la Fed. Depuis 1989, il n’y a jamais eu de hausse des taux de la Fed lorsque la courbe des taux* était inversée (10 ans US inférieur au 3 mois).

Le spread 2 ans US – Fed Funds rate

L’écart de taux, spread en anglais, entre l’obligation américaine à 2 ans et le principal taux directeur de la Fed (Fed Funds rate) permet de prédire de façon assez précises les prochaines décisions de la Fed.

Graphique des taux directeurs de la Fed et du rendement du 2 ans US


Lorsque les investisseurs ont confiance en l’économie américaine, ils anticipent une hausse des taux de la Fed. Les rendements des obligations de court terme – qui évoluent proche du taux directeur de la Fed – s’échangent donc avec un premium sur les Fed Funds rate.

A l’inverse, lorsque les investisseurs craignent une dégradation de l’économie américaine, ils anticipent une baisse des taux de la Fed. Les investisseurs se précipitent sur les obligations ce qui fait chuter les rendements des obligations. Les rendements des obligations de court terme – qui évoluent proche du taux directeur de la Fed – s’échangent donc avec un discount sur les Fed Funds rate.

Voici ce qui arrivait au Fed Funds rate lorsque le rendement du 2 ans US devenait inférieur au Fed Funds rate :

Réaction de la Fed lorsque le rendement du 2 ans US devenait inférieur au Fed Funds rate

Prédire la Fed

Combiner la courbe des taux américains avec le spread entre le 2 ans US et les Fed Funds rate permet donc d’avoir une idée précise du prochain mouvement de la Fed.

La courbe des taux plante le contexte (conditions monétaires trop serrées ou non) et le spread montre les anticipations du marché pour les prochains mois.

Par exemple, si la courbe des taux s’aplatit et que le spread est négatif, nous pouvons nous attendre à une pause voire quelques baisses des taux directeurs de la Fed.

En revanche, si la courbe des taux est inversée et que le spread est négatif, nous pouvons nous attendre à un important assouplissement monétaire de la Fed.

Graphique des taux directeurs de la Fed et des rendements américains.

L’étude ci-dessous montre qu’une inversion de la courbe des taux (10 ans US inférieur au 3 mois US) et une baisse du 2 ans US sous les Fed Funds rate tend à prédire avec précision (75%) un assouplissement monétaire de la Fed d’ici 1 à 2 ans.

Voici ce qui arrivait au Fed Funds rate lorsque le rendement du 10 ans US devenait inférieur au 3 mois (inversion courbe des taux) et que le 2 ans US était inférieur au Fed Funds rate :

Réaction de la Fed lorsque le rendement du 2 ans US devenait inférieur au Fed Funds rate et que la courbe des taux était inversée

Inversion courbe des taux : Signification et conséquences

L’inversion de la courbe des taux a bel et bien précédé des récessions et d’importants crashs boursiers. Pour autant, ce signal n’est pas magique et a également donné des faux signaux aux investisseurs. Dans cet article nous allons faire le tri de façon statistique entre le vrai et le faux.

La courbe des taux

La courbe des taux est la représentation graphique des taux d’intérêts d’une obligation en fonction des différentes échéances de temps.

Exemple d'une courbe des taux

En temps normal la courbe des taux est orientée vers le haut. Plus l’échéance de l’obligation est longue, plus le rendement est élevé. Cela s’explique par le fait que plus le futur est lointain plus il est incertain. Il présente donc plus de risques de défaut/retard de paiement.

A l’inverse, plus l’échéance de l’obligation est courte, plus le rendement est faible. En effet, il y a moins de risques de dégradation de l’économie sur du court terme que sur du long terme.

Signification d’une inversion de la courbe des taux

Une inversion de la courbe des taux signifie que les rendements des obligations de court terme deviennent supérieurs à ceux de long terme.

Une inversion de la courbe des taux a lieu lorsque les investisseurs achètent davantage d’obligations de long terme que de court terme. Ce signal indique que le marché a plus confiance en la capacité de remboursement de l’entité sur du long terme.

Les causes d’une inversion de la courbe des taux

La courbe des taux a tendance à s’aplatir de plus en plus, puis à s’inverser pendant les périodes où la Fed relève ses taux directeurs. Cela s’explique par le fait que la hausse des taux de court terme augmente de plus en plus les chances d’une récession, ce qui rend les obligations du Trésor de plus en plus attrayantes.

Juste avant que la Fed commence à baisser ses taux, c’est lorsque l’écart de la courbe des rendements est le plus négatif. La courbe des taux remonte ensuite brusquement, car la Fed baisse son principal taux d’intérêt plus rapidement que les rendements obligataires ne baissent.

Inversion courbe des taux et baisse des taux de la Fed

Inversion de la courbe des taux et récession

L’inversion de la courbe des taux est devenue très populaire, car ce signal a précédé plusieurs récessions de l’économie américaine. Généralement, les analystes surveillent la différence de rendement entre l’obligation à échéance 10 ans et celle à 3 mois.

Cette différence de rendement, également appelé spread, signale une inversion lorsqu’elle devient négative (le rendement du 10 ans étant donc inférieur au rendement à 3 mois).

Graphique du « spread » entre le 10 ans et le 3 mois US :

Ecart des taux américain 10 ans - 3 mois

Les investisseurs ne comparent que très rarement le rendement des obligations dont l’échéance est supérieure au 10 ans ou inférieure au 3 mois. Ce sont généralement le rendement des obligations comprises entre les échéances à 3 mois et 10 ans qui sont comparés.

Mais les investisseurs analysent également la différence entre le rendement du 10 ans et celui à 2 ans. La différence entre le rendement du 10 ans et les Fed Funds rate est également surveillé.

Historique des inversions de la courbe des taux

Il est vrai que l’inversion de la courbe des taux a souvent précédé une récession (surtout aux Etats-Unis).

Sur les 7 dernières récessions américaines, le rendement du 10 est devenu inférieur au Fed Funds rate en moyenne 55 semaines avant ces récessions, avec un minimum de 40 semaines et un maximum de 77 semaines.

Graphique du « spread » entre le 10 ans et les Fed Funds rate :

Ecart des taux américain 10 ans - Fed Funds rate

Mais la courbe des taux n’est pas parfaite. Elle a également donné des faux signaux, comme en 1966, 1995 et 1998.

Conséquences sur l’économie d’une inversion de la courbe des taux

L’inversion de la courbe des taux n’est pas un signal magique et n’est pas l’élément qui produit une récession. La courbe des taux n’est qu’une représentation graphique de la confiance des investisseurs sur le marché obligataire.

Il faut savoir que plus les maturités des obligations sont de court terme, plus ils sont influencés par les taux directeurs de la banque centrale. Le rendement du 10 ans américain est quant à lui souvent le taux d’intérêt utilisé par les banques commerciales pour les crédits accordés aux ménages ou aux entreprises américaines.

En théorie, lorsque les rendements de court terme (corrélés au taux de dépôt de la banque centrale) deviennent supérieurs aux rendements de long terme, les banques « cessent » de prêter aux particuliers et aux entreprises.

En effet, les banques commerciales seraient mieux rémunérées à laisser leurs liquidités à la banque centrale plutôt qu’à prêter aux ménages ou aux entreprises. Une inversion de la courbe des taux annoncerait donc un resserrement du crédit, ce qui entraîne inévitablement une récession.

Conséquences sur les marchés financiers d’une inversion de la courbe des taux

Bien qu’une inversion de la courbe des taux ait souvent précédé une crise du crédit et donc des marchés financiers, elle a également émis plusieurs faux signaux comme nous allons le voir à la suite.

Ci-dessous est le pourcentage de fois où le S&P 500 a terminé en hausse selon l’inversion de la courbe des taux et l’horizon de temps après le signal.

Conséquences bourse inversion courbe des taux US

Nous pouvons constater que les performances du S&P sont plus souvent positives que négatives pour le S&P 500 (faute aux faux signaux). Seuls les signaux d’inversion du 10 ans avec le 2 ans US et du 10 ans US avec le taux de la Fed ont donné un signal fiable pour les 3 premiers mois après l’inversion.

Toutes les études dans cet article ont été réalisées sur l’unité de temps mensuelle afin de filtrer une partie des faux signaux.

Voici comment réagissait le S&P 500 quand le rendement du 10 ans devenait inférieur au 2 ans US :

Conséquences bourse inversion courbe des taux 10 ans - 2 ans US

Voici comment réagissait le S&P 500 quand le rendement du 5 ans devenait inférieur au 2 ans US :

Conséquences bourse inversion courbe des taux 5 ans - 2 ans US

Voici comment réagissait le S&P 500 quand le rendement du 10 ans devenait inférieur au 3 mois US :

Conséquences bourse inversion courbe des taux 10 ans - 3 mois US

Voici comment réagissait le S&P 500 quand le rendement du 10 ans devenait inférieur au Fed Funds rate :

Conséquences bourse inversion courbe des taux 10 ans US - Fed Funds rate

Conclusion sur l’inversion de la courbe des taux

D’après l’étude que j’ai pu réaliser, je pense qu’une inversion de la courbe des taux doit être prise au sérieux. Une récession a généralement suivi ce signal, mais le S&P 500 n’a pas tout le temps plongé.

En 1995 et 1998, la courbe des taux s’est inversée à plusieurs reprises sans pour autant précéder de récession ou de crash des marchés boursiers.

En 1995, le S&P 500 a eu le temps de tripler (+200%) avant que la récession débute (6 ans plus tard !).

En 1998, le S&P 500 a chuté de 20% puis a rebondi de 60% avant que la récession débute (3 ans plus tard).

Nous pouvons donc conclure que l’inversion de la courbe des taux n’est pas un signal suffisant pour prédire une récession. Il sera nécessaire d’analyser des indicateurs macroéconomiques afin de filtrer les signaux de la courbe des taux. En effet, il est inutile de prédire une récession si le taux de chômage continue à baisser, que les prix de l’immobilier continuent à monter ou encore que les investissements battent leur plein.

Investir en bourse avec les ETF à effet de levier

Qu’est-ce qu’un ETF ?

Un ETF, également appelé tracker en français, est un produit financier dérivé qui tente de répliquer les performances d’un sous-jacent. Par exemple, un ETF sur le CAC 40 tente de répliquer les performances journalières de l’indice CAC 40. Un ETF sur le S&P 500 tente de répliquer les performances journalières de l’indice S& 500.

Un ETF à effet de levier a la même mission qu’un tracker sans effet de levier sauf qu’il amplifie la performance journalière du sous-jacent. Par exemple, un tracker du CAC40 à effet de levier de 2 va amplifier par deux les performances journalières du CAC40.

  • Si le CAC40 augmente de 1%, le tracker va réaliser une performance de 2%.
  • Si le CAC40 chute de 3%, le tracker va chuter de 6%.

Pourquoi acheter un ETF à effet de levier pour investir en bourse sur du long terme ?

Etant donné que le S&P 500 progresse en moyenne de 7% par an (hors dividendes), un ETF à effet de levier va vous permettre de multiplier cette performance ce qui vous permettra en théorie de surperformer le marché sur le long terme.

Trop beau pour être vrai ? En effet. Les trackers à effet de levier ont un problème. Leur construction mathématique fait que ces ETF peuvent s’éroder lorsque la volatilité devient importante.

Les ETF à effet de levier amplifient la performance journalière de l’indice sous-jacent. Comme nous l’avons déjà dit, si le S&P 500 chute de 1%, l’ETF avec un effet de levier de 2 va chuter de 2%.

Le problème c’est que sur le long terme, les importantes chutes journalières du sous-jacent vont éroder les performances de l’ETF.

Imaginons que le S&P 500 chute de 10% en une séance, l’ETF à effet de levier de 2 va donc chuter de 20%. Le S&P 500 devra rebondir de 11,11% pour revenir à ses sommets. S’il rebondit de 11,11%, l’ETF rebondira donc de 22,22%, or ce n’est pas suffisant pour qu’il revienne à ses sommets (0,8 x 1,2222 = 0,9776). L’ETF avec un effet de levier de 2 a besoin de rebondir de 25% pour revenir à ses sommets ! Cette différence est ce que l’on appelle l’érosion.

Comme vous pouvez l’imaginer, l’ETF à effet de levier peut être dévastateur pour votre capital lorsque le sous-jacent chute. Mais ce phénomène vous est profitable lorsque l’indice bondit.

Imaginons que le S&P 500 progresse de 5% aujourd’hui et de 5% demain, le S&P 500 sera donc en hausse de 10,25% sur les deux jours (1 x 1,05 x 1,05 = 1,1025). Avec un effet de levier de 2, l’ETF sera en hausse de 21% soit plus de deux fois la performance de l’indice (1 x 1,1 x 1,1 = 1,21).

Par conséquent, les rallyes haussiers des indices sont extrêmement profitables pour les ETF à effet de levier, car ils permettent de réaliser une meilleure performance que l’effet de levier.

Règles indispensables pour investir sur les trackers à effet de levier

Un investisseur qui souhaite acheter des ETF à effet de levier devra s’assurer d’être dans le bon sens de la tendance, car une baisse de 50% du S&P 500 peut résulter en une baisse de 95% de l’ETF à effet de levier de 2.

Avec un ETF à effet de levier et une bonne stratégie qui vous permet d’éviter les grandes corrections, vous pourrez surperformer significativement les marchés tout en prenant moins de risque que si vous décidiez d’investir passivement en bourse.

Bourse : Pourquoi la macroéconomie américaine est la plus importante ?

Si vous avez déjà comparé les différents indices boursiers entre eux, vous avez probablement remarqué qu’ils sont très corrélés avec ceux de Wall Street. Que vous compariez le SMI, le TSX ou le CAC 40 avec le S&P 500, les retournements se produisent au même moment.

Graphique du S&P 500, TSX, SMI et CAC 40

Les Etats-Unis : une économie résiliente

La première raison de cette importante corrélation entre les différents indices boursiers est l’influence de l’économie américaine sur les autres pays. Les Etats-Unis sont un pays avec une économie très résiliente et qui importe énormément de produits.

Les Etats-Unis sont un important client de la plupart des pays et ont donc tendance à avoir une influence conséquente sur l’économie de la plupart des pays. Lorsque les consommateurs américains consomment moins, les autres pays exportent moins et produisent moins.

A l’inverse des autres pays, l’économie américaine est très peu tournée vers l’export (seulement 10% du PIB contre 30% pour la France et 50% pour l’Allemagne). Par conséquent, l’économie américaine est moins impactée par les crises dans les autres pays, car ses exportations pèsent moins dans son PIB.

Part des exportations des biens et des services dans le PIB par pays.

Wall Street pèse environ 50% de la capitalisation boursière mondiale

Le second facteur qui justifie cette corrélation est la poids des actions américaines dans le marché boursier mondial. Le marché boursier américain représente près de la moitié de la capitalisation boursière mondiale.

Lorsque Wall Street recule, c’est donc un mauvais signal envoyé à toutes les autres bourses mondiales (le marché chinois semble faire exception à cette règle).

Capitalisation boursière par pays 2018

L’économie américaine est plus dynamique que l’économie mondiale

L’économie américaine se détériore généralement en premier lorsqu’une récession mondiale commence. Par exemple, lorsque l’économie mondiale se détériorait en 2008, l’économie américaine commençait déjà à ralentir en 2007.

La bourse américaine est presque uniquement impactée par l’économie américaine. Ce n’est pas le cas pour le CAC 40, le DAX ou d’autres indices. Prenez le cas du CAC 40 : ses deux plus grandes chutes ont eu lieu en 2001-2002 (-65%) et 2007-2008 (-60%) lorsque l’économie américaine tombait en récession et Wall Street chutaient.

Lors de la crise de la dette européenne en 2011, le CAC 40 n’a reculé que de 30% et de 25% lors de la chute de la bourse chinoise en 2015.

Si vous investissez ou spéculez sur le long terme les indices boursiers, il est donc indispensable de suivre avant tout la macroéconomie américaine. Ne pas la surveiller vous coûtera cher dès la prochaine récession américaine.

Evolution du cours du CAC 40 depuis 1990
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