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Les indicateurs de valorisation pour prédire le rendement futur du marché boursier

En bourse, les indicateurs de valorisation sont très populaires. Il y a un débat constant entre les « bulls » et les « bears » concernant le niveau de valorisation des marchés boursiers.

Connaître la valorisation d’un marché est extrêmement important, car il permettre d’avoir une idée assez précise de son rendement futur. Cependant, les indicateurs de valorisation ne fonctionnent que pour prédire les rendements de long terme d’un marché. Ils ne donnent aucune information fiable sur ce que le marché va faire lors des prochains mois.

Les 4 graphiques ci-dessous montrent le rendement annualisé du S&P 500 sur 1, 2, 5 et 10 ans en fonction du ratio Shiller P/E. La droite rouge est la normale de tous ces points.

Corrélation valorisation Shiller/PE et rendements futurs marchés actions
(cliquez pour zoomer)

Ces 4 graphiques permettent d’obtenir deux informations cruciales pour les investisseurs :

  1. Le niveau de valorisation donne uniquement des informations utiles pour le long terme (>5 ans). La corrélation entre le ratio Shiller P/E et le rendement du S&P 500 un an plus tard est de seulement -21%. Par contre, sa corrélation avec la performance annualisée des dix prochaines années est de -70%!
  2. La probabilité de perdre de l’argent en bourse est faible pour l’investisseur de long terme. Peu importe le niveau de valorisation, le marché a presque toujours généré un rendement positif au bout de 10 ans. Sur 10 ans, le rendement annualisé a toujours était compris entre -5% et +20%.

Le ratio Shiller P/E est certes l’un des indicateurs les plus populaires des investisseurs, mais ce n’est pas le meilleur pour évaluer la valorisation d’un marché. En tout cas, pas pour le marché boursier américain.

Dans cet article, je vais vous montrer les meilleurs indicateurs de valorisation pour prédire les rendements futurs du marché boursier appuyé par des études statistiques. Je terminerai par un important point sur la valorisation des marchés.

A noter :

  • Toutes les études qui sont réalisées dans cet article utilisent le S&P 500 Total Return (TR), c’est-à-dire le S&P 500 avec les dividendes réinvestis. Les dividendes sont importants à prendre en compte lorsque nous réalisons des études de long terme.
  • Les analyses sont réalisées avec les données du quatrième trimestre 2019, car toutes les données du premier trimestre 2020 n’étaient pas encore publiées (lors de la rédaction de l’article).
  • Le but de cet article est avant tout de partager une méthode rationnelle et basée sur des faits pour mesurer l’attractivité du marché boursier et prédire ses rendements futurs.

Les meilleurs indicateurs de valorisation pour prédire le rendement futur du marché actions

Afin de trouver le meilleur indicateur de valorisation, il était nécessaire de comparer la corrélation entre des indicateurs de valorisation et les rendements futurs du S&P 500.

La mesure la plus pertinente que j’ai trouvée pour prédire les rendements futurs des marchés est la part d’allocation d’actions dans les portefeuilles. Cette mesure est peu connue, car les données sont difficiles à trouver et le calcul laborieux.

Corrélation valorisation des marchés et marché boursier

La part moyenne d’actions dans les portefeuilles et le rendement annualisé des 10 prochaines années du S&P 500 sont inversement corrélés (-93%). Cela veut dire que plus les actions sont nombreuses dans les portefeuilles, moins le marché boursier progresse.

Le second indicateur le plus pertinent s’avère être le ratio entre la capitalisation boursière et le PIB (-91%), le troisième est le ratio Shiller P/E, le quatrième le ratio de Tobin’s Q et le cinquième le ratio P/E classique également appelé trailing P/E.

Nous allons étudier plus en détail les résultats des 4 premiers indicateurs. Je ne présenterai pas le ratio P/E classique compte tenu de sa faible corrélation.

Part d’actions dans les portefeuilles

Performance future du S&P 500 selon la part d'actions dans les portefeuilles

Formule : Capitalisation boursière de toutes les actions / (Capitalisation boursière de toutes les actions + passif total de tous les agents économiques sauf banques (obligations et cash))

Données : Toutes ces données sont publiées de façon trimestrielle dans le rapport Flow of Funds. Le graphique en temps réel est accessible à ce lien.

La part d’actions dans les portefeuilles s’avère statistiquement être la meilleure mesure pour prédire les rendements futurs des marchés.

Le rendement total d’une action dépend de deux facteurs :

  • 1) la différence entre le prix d’achat et de vente
  • 2) les dividendes versés entre-temps.

Evidemment, les dividendes comptent, mais l’évolution du prix est le plus important, car c’est lui qui influence le plus le rendement final d’un investisseur.

De nombreux investisseurs n’apprécient pas le fait que le prix soit le plus important, car cela reviendrait à dire que leurs rendements dépendent du sentiment des opérateurs de marché au lieu des fondamentaux. Autrement dit, beaucoup d’investisseurs ne veulent pas être étiquetés comme des spéculateurs. Ils refusent d’admettre que leurs rendements sont dépendants des arbitrages d’autres personnes et préfèrent se comporter comme des hommes d’affaires qui « achètent » et « conservent » des parts dans des sociétés pour toujours. Ils estiment que leurs rendements proviendront directement des fondamentaux, des flux de trésorerie des entreprises, indépendamment de ce que le marché fait.

Je ne rentrerai pas plus dans les détails, mais ce point de vue ne tient pas la route compte du fait qu’il faut plusieurs décennies pour récupérer un investissement en actions via des dividendes, qui sont les seuls flux de trésoreries qui sont réellement versés aux investisseurs.

Corrélation part d'actions dans les portefeuilles vs S&P 500

Au quatrième trimestre 2019, la part d’actions dans les portefeuilles s’élevait à 46%, ce qui représente l’une des plus importantes expositions aux actions depuis le début de cette mesure en 1952.

D’après la corrélation historique qui existe entre cette mesure de valorisation et le rendement annualisé du S&P 500, nous pouvons facilement estimer ce que le marché devrait nous produire au cours des 10 prochaines années. Il suffit pour cela de remplacer le « x » dans la formule en rouge dans le graphique ci-dessus par la part actuelle d’actions dans les portefeuilles (46%).

Rendement espéré = (-0,6624 x 46%) + 0,3301 = 2%.

D’après le niveau de valorisation actuel et la corrélation historique que nous venons d’étudier, le S&P 500 devrait générer un rendement annuel moyen de 2% au cours des 10 prochaines années. Notons qu’à chaque fois que le marché était à ce même niveau de valorisation, le moins bon rendement était de 4%/an sur 10 ans et le meilleur d’environ 5%.

Si nous comparons le rendement espéré face au rendement réalisé, nous constatons que cette formule était relativement précise pour prédire les rendements futurs du S&P 500.

Rendement futur théorique vs réalisé

L’investisseur passif (« buy and hol« ) doit donc s’attendre à une performance faible du S&P 500 au cours des 10 prochaines années.

Ratio Capitalisation boursière / PIB

Performance future du S&P 500 selon le ratio Capitalisation boursière / PIB

Formule : Capitalisation boursière / PIB

Données : Ce ratio est facilement trouvable sur internet. Vous pouvez retrouver le graphique actualisé en temps réel ici. Pour connaître ce ratio pour d’autres pays, vous trouverez un tableau au milieu de cette page.

Le ratio Capitalisation boursière / PIB est souvent appelé l’indicateur de Warren Buffet, car il l’a beaucoup énuméré en public pour juger la valorisation du marché boursier américain. Si Warren Buffet l’utilise, il est préférable d’en faire de même, d’autant plus qu’il a qualifié cet indicateur comme « probablement la meilleure mesure de la valorisation des marchés ».

En théorie, le marché est jugé « surévalué » lorsque ce ratio dépasse 100% (valeur de la bourse du pays > PIB). Le niveau actuel est légèrement au-dessus de 150%, ce qui n’a jamais été le cas (du moins depuis 1952).

Performance future du S&P 500 selon le ratio Capitalisation boursière / PIB

D’après le niveau de valorisation actuel, le S&P 500 devrait générer un rendement annuel moyen négatif (-5%) au cours des 10 prochaines années.

Ratio Shiller P/E (CAPE)

Performance future du S&P 500 selon le ratio Capitalisation boursière / PIB

Formule : Capitalisation boursière / Moyenne du résultat net sur 10 ans, ajusté avec l’inflation.

Données : Ce ratio est facilement trouvable sur internet. Vous pouvez retrouver le graphique actualisé en temps réel ici.

Le CAPE ou Shiller PE est l’une des mesures standard utilisées pour évaluer si un marché est « surévalué », « sous-évalué » ou « évalué correctement ». Cette métrique a été développée par Robert Shiller et popularisée pendant la bulle internet quand il a qualifié (correctement) que les actions étaient fortement surévaluées.

A la différence des deux autres ratios, le ratio Shiller P/E utilise les bénéfices nets. Cet indicateur est beaucoup plus intéressant que le ratio P/E classique (trailing P/E), car il permet d’éliminer les bruits du marché. Le grand inconvénient du ratio P/E classique est qu’il peut fortement augmenter pendant les récessions et donc nous indiquer que le marché est surévalué alors que c’est en réalité le meilleur moment pour l’acheter.

Alors que le ratio P/E classique se base uniquement sur le résultat net des 12 derniers mois, le ratio Shiller P/E se base sur la moyenne du résultat net sur 10 ans, ajusté avec l’inflation.

Performance future du S&P 500 selon le ratio Shiller PE

D’après le niveau de valorisation actuel, le S&P 500 devrait générer un rendement annuel moyen de 4% au cours des 10 prochaines années. Historiquement, chaque fois que le marché était au niveau de valorisation actuel, le moins bon rendement était de 3%/an sur 10 ans et le meilleur d’environ 8%.

Ratio Tobin’s Q

Performance future du S&P 500 selon le ratio Tobin's Q

Formule : Capitalisation boursière / Valeur de remplacement du capital fixe.

Données : Ce ratio est difficilement trouvable sur internet. Vous pouvez retrouver le graphique actualisé en temps réel ici.

Le ratio Q de Tobin est un ratio conçu par James Tobin de l’Université de Yale, Lauréat du prix Nobel d’économie, qui a émis l’hypothèse que la valeur du marché boursier devrait être à peu près égale à la valeur du coût de remplacement du capital fixe (actifs destinés à être utilisés pour la production).

Le coût de remplacement du capital fixe est un concept simple, mais incroyablement difficile et laborieux à calculer. C’est pourquoi la Réserve fédérale calcule ce chiffre une fois par trimestre dans les comptes financiers Z.1 des États-Unis. Ce nombre est généralement publié deux mois et demi après le trimestre terminé.

Bien que ce ratio présente une corrélation intéressante avec les performances futures du S&P 500 (-77%), la règle théorique selon laquelle le marché est « surévalué » lorsque la capitalisation boursière est supérieure à la valeur de remplacement du capital fixe est dépassée. En effet, le ratio est supérieur à 1 depuis 1994 (sauf pendant quelques mois en 2008-2009).

Performance future du S&P 500 selon le ratio Tobin's

D’après le niveau de valorisation actuel, le S&P 500 devrait générer un rendement annuel moyen négatif (-3%) au cours des 10 prochaines années. La seule et fois que ce ratio était aussi élevé était fin 1999 lors de la bulle internet. Le rendement annuel généré au cours des 10 années qui a suivi était nul (0%).

Les rendements envisagés du S&P 500 pour la décennie 2020-2030

Grâce à la corrélation historique entre ces 4 métriques et le rendement annualisé sur 10 ans du S&P 500, nous avons pu calculer le rendement annuel que nous pouvons espérer ces 10 prochaines années. La performance boursière de cette nouvelle décennie devrait en théorie être très faible, voire négative.

Une note sur la valorisation des marchés

Nous avons vu ensemble que les rendements futurs du marché boursier américain devraient être très faibles. Le marché boursier américain est surévalué et les plus optimistes ne devraient pas le contester. Sur toutes les mesures pertinentes que nous avons vues, les rendements futurs devraient être bien inférieurs à la moyenne historique.

Cela dit, plus que la corrélation entre un indicateur X et les rendements futurs, la question de qualité à se poser régulièrement est la suivante :

Pourquoi le marché boursier devrait-il offrir aux investisseurs le rendement historique moyen ?

Si au cours des 10 prochaines années, les obligations offrent un rendement de 1%/an, pourquoi les actions devraient-elles générer 9%/an ? Si c’était le cas, nous choisirions tous d’y allouer l’essentiel de notre portefeuille plutôt que de garder nos obligations qui ne rapportent plus rien.

La demande pour les actions augmenterait fortement et celle pour les obligations diminuerait ce qui pousserait le prix des actions vers le haut et ceux des obligations vers le bas. Cela aurait pour conséquence de faire chuter les rendements futurs des actions et augmenterait ceux des obligations. Il y a un lien direct entre le rendement du marché boursier et celui du rendement obligataire.

En estimant correctement les rendements futurs des actions, en utilisant par exemple le processus d’analyse présenté dans la précédente partie, nous pouvons évaluer l’attractivité du marché boursier en le comparant avec les autres alternatives d’investissement.

Au T4 2019, les actifs équivalents au cash offraient un rendement de 1,5% (T-Bill à 1 mois) et les obligations de long terme offraient un rendement de 1,8% (T-Bond à 10 ans). Ces deux autres véhicules d’investissement offraient donc un rendement équivalant aux prévisions futures du marché boursier que nous avons calculé (2% – la prévision selon la part d’actions dans les portefeuilles).

En comparant ces trois véhicules d’investissement (actions, obligations et cash), nous savons que le marché boursier n’offre aucune prime de risque. Le marché boursier est donc « surévalué ».

Prime de risque marché actions vs obligations

Pourquoi les investisseurs devraient privilégier les actions si la prime de risque est nulle ? En réalité, les investisseurs passifs ont tout intérêt à privilégier les obligations qui sont beaucoup moins risquées que les actions en attendant que la prime de risque redevienne attractive.

Néanmoins (il y a bien sûr un mais), les investisseurs ne sont pas forcément condamnés à des rendements nuls sur les actions. Il est toujours possible de générer des rendements décents en « timant » correctement le marché. « Timer » le marché ne signifie pas le boycotter jusqu’à ce qu’il vous apporte sur un plateau d’argent les rendements élevés que vous exigez. « Timer » le marché signifie analyser les processus qui tendent à faire chuter les marchés et de les exploiter afin de vendre avant que le marché chute et de racheter plus bas.

Les ventes massives se produisent généralement en association avec les récessions américaines (je vous invite à regarder ma vidéo pour IG Bank pour plus d’informations à ce sujet). Peu importe que vous investissiez seulement sur le marché boursier européen. C’est pendant les récessions américaines qu’un investisseur qui sait timer le marché peut générer un rendement bien supérieur à celui espéré par les indicateurs de valorisation.

Au plus haut de la bulle technologique en 2000, le rendement espéré calculé pour les 10 prochaines années était de -10% (-1% en rythme annualisé). Le marché était alors extrêmement surévalué (beaucoup plus qu’aujourd’hui). Un investisseur passif qui aurait acheté le marché le 1er jour de bourse de 2000 et aurait vendu le marché le 1er jour de bourse de 2010 aurait généré une perte totale de 9% (dividendes compris), soit une performance annualisée de -1% par an.

En timant le marché comme par exemple avec la stratégie basique que j’ai présentée dans cet article, il était possible de générer un rendement décent de +4%/an (+42% sur 10 ans, dividendes compris) malgré le niveau de valorisation extrêmement élevé à l’époque.

Mots de la fin

Je conclurai cet article par le fait que le niveau de valorisation est important à suivre, surtout pour les investisseurs passifs, car il permet d’avoir une idée assez précise du rendement des 10 prochaines années du marché boursier. Un investisseur passif devra privilégier d’autres véhicules d’investissement lorsque la prime de risque pour les actions sera faible (comme aujourd’hui).

Un niveau de valorisation faible permet à n’importe qui de gagner de l’argent en bourse sans prendre trop de risque en simplement achetant et conservant un ETF diversifié. Par contre, plus la prime de risque pour les actions devient faible, plus il est difficile de générer un rendement positif. Les compétences du gérant ou de l’investisseur deviennent déterminantes.

Investir en bourse au bon moment

Tous les investisseurs aimeraient savoir quand c’est le bon moment d’investir en bourse, ce qui est normal puisque personne ne veut investir juste avant un retournement majeur des marchés. Voir son argent durement gagner fondre comme de la neige au soleil ne laisse personne indifférent. Dans cet article, je vais vous présenter quelques indicateurs et signaux qui me semblent pertinents pour commencer à investir en bourse ou renforcer son exposition.

Les signaux que je vais vous présenter ne permettent pas de réaliser les meilleurs coups. Les meilleurs coups sont réalisés à la fin d’un crash majeur, généralement causé par une récession américaine. Mais dans ces moments-là, le pessimisme est tel que seule une poignée d’investisseurs a les reins assez solides pour placer une bonne partie de leur capital en bourse.

Pourtant, lorsque le marché est dominé par la panique et le pessimisme, c’est en général un timing très intéressant pour acheter des actions. En regardant en arrière, tout le monde aurait aimé se positionner sur le marché boursier en 2009 après la grande crise financière de 2008. Mais ces moments-là sont très rares. Parfois ils n’arrivent même pas au cours d’une décennie.

Corrélation économie et marché boursier

Dans cet article, je vais donc vous présenter des signaux qui peuvent avoir lieu simplement après une correction de 10% des marchés. Ces signaux ne permettent pas de réaliser des « coups de décennie », mais plutôt des « coups de l’année ».

“Be fearful when others are greedy and greedy when others are fearful.” – Warren Buffet

Le VIX

Plus connu sous l’indice de la peur, le VIX est très connu des investisseurs et peut être un excellent indicateur pour investir en bourse. Il est calculé par la CBOE selon la moyenne des volatilités sur les options d’achat (call) et les options de vente (put) sur le S&P 500.

Lorsque les investisseurs s’inquiètent ou paniquent, le VIX bondit, car plus d’options put et call sont ouvertes.

S&P 500 vs VIX

Nous pouvons constater que les bonds du VIX correspondent à des chutes du S&P 500. Un VIX élevé peut donc être une opportunité intéressante pour investir en bourse, car il est rare que le VIX reste élevé longtemps lorsque l’économie américaine se porte bien.

Vous pouvez retrouver ci-dessous tous les moments lorsque le VIX était supérieur à 30 (panique). Ces moments avaient souvent lieu après une importante chute du marché. Et même lorsque la tendance de fond était baissière, un rebond de court terme avait généralement lieu.

Investir en bourse grâce au VIX supérieur à 30

CNN Fear & Greed Index

Le Fear & Greed Index de CNN est moins connu des investisseurs que le VIX, car il est plus récent, mais a une composition relativement intéressante.

C’est un baromètre borné, qui à l’inverse du VIX peut fluctuer entre 0 et 100. 0 indique de la « peur extrême » des investisseurs et 100 de « l’avidité extrême ».

Fear & Greed Index CNN

La logique est cependant la même que le VIX : trop de peur peut faire chuter les actions bien en dessous de la valeur qu’elles devraient être. Et lorsque les investisseurs deviennent avides, ils peuvent faire monter les prix des actions bien au-dessus de la valeur qu’elles devraient être.

S&P 500 vs Fear & Greed Index

Lorsque cet indice tombe sous 10, il peut être intéressant de se positionner à l’achat sur les marchés.

Toutefois, ce n’est pas parce que le Fear & Greed Index tombe à 9 que le marché va immédiatement rebondir. Le marché peut rester survendu pendant un certain temps avant de rebondir.

Toutefois, cela évite de se positionner juste avant une correction et permet de se positionner proche de la fin des corrections.

Investir en bourse grâce au Fear & Greed Index inférieur à 10

Le proxy utilisé pour ce backtest est très proche de celui officiel (la formule officielle n’est pas partagée). Toutefois, nous pouvons constater que ce proxy n’a pas donné de signal de peur extrême avant 2008, donc seulement les données de ce proxy depuis 2008 sont pertinentes.

La moyenne de la volatilité quotidienne du marché

Tout comme le VIX, la volatilité sur les marchés actions est la plupart du temps associée à de la peur des investisseurs.

Volatilité 10 jours du S&P 500

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, les moments de forte volatilité ont le plus souvent lieu lorsque le marché chute.

Toutefois, étant donné que l’indicateur est une moyenne sur 10 séances, cet indicateur bondit le plus souvent à la fin d’une correction de court terme ou vers la fin d’un marché baissier lorsque la volatilité dure plus longtemps. Ce sont des moments intéressants si vous souhaitez investir en bourse.

Investir en bourse à l'aide de la volatilité du marché.

La distance du S&P 500 avec sa moyenne mobile à 200 séances

Considérée par beaucoup comme étant une normale des prix, la moyenne mobile à 200 séances peut être un indicateur intéressant pour identifier les excès haussiers ou baissiers du prix.

En effet, lorsque le prix s’éloigne trop loin de sa moyenne mobile, nous pouvons nous attendre à une consolidation voire un retournement vers cette moyenne mobile, car il n’y a deux manières pour que l’écart entre les deux diminue :

  1. Le cours se retourne en direction de la moyenne mobile
  2. La moyenne mobile se dirige lentement vers le cours qui consolide
Ecart relatif entre le S&P 500 et sa moyenne mobile à 200 séances

Ci-dessous, vous pouvez retrouver les périodes lorsque le S&P 500 était 10% plus bas que la valeur de sa moyenne mobile à 200 séances.

Généralement, un tel excès baissier signait souvent la fin d’une correction dans un marché haussier. Toutefois, ce signal pouvait avoir lieu au début d’une tendance baissière (2001 et 2008).

Investir en bourse grâce à l'écart du S&P 500 avec sa moyenne mobile à 200 séances

Le % actions au-dessus de sa MM 200 séances

Les indicateurs de respiration (“breath indicators“ en anglais), sont également très utiles pour déterminer les excès et la tendance du marché.

Nous pouvons qualifier un marché « haussier » lorsque la majorité des composantes de l’indice évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours. A l’inverse, nous pouvons qualifier la tendance « baissière » lorsque la majorité évolue en dessous.

Nombre d'actions du S&P 500 au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances

Cet indicateur peut également indiquer des excès dans une tendance. Lorsque un nombre trop important d’actions évolue au-dessus ou en dessous de sa moyenne mobile de long terme, la tendance devient fragile et un retournement peut avoir lieu.

Par exemple, lorsque seulement 20% des composantes d’un indice large comme le S&P 500 évoluent en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours, nous pouvons juger le marché « survendu » et qu’un retournement haussier est fort probable à court terme.

Investir en bourse grâce au nombre d'actions du S&P 500 au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances inférieur à 20%

Sentiment AAII

Les indicateurs de sentiment peuvent être d’excellents indicateurs pour trouver des points d’entrée. L’enquête d’Investor Intelligence (mon préféré) a été incroyablement précise pour mesurer la complaisance des investisseurs.

Enquête AAII

L’enquête menée auprès des investisseurs individuels se décompose en trois catégories : « bulls », « neutres » et « bears ».

Nous pouvons remarquer une importante corrélation négative entre la composante « bear » de l’enquête et le marché boursier.

Etant donné que les investisseurs individuels sont les moins biens informés/expérimentés, ils ont tendance à devenir bearish lorsque le marché a déjà bien corrigé.

Par conséquent, lorsque la majorité des investisseurs qui ont répondu à l’enquête était bearish, c’était généralement des moments opportuns pour acheter des actions comme nous pouvons le constater ci-dessous.

Sentiment AAII

Mots de la fin

Bien sûr, ces signaux sont à inclure dans une stratégie complète et ne sont pas suffisants pour investir de façon active en bourse. Ces signaux ne vous donnent aucune indication sur l’état de l’économie, si elle croît, ralentit ou est en récession.

Ces signaux indiquent simplement des périodes potentiellement intéressantes pour augmenter son exposition lorsque la tendance de fond est haussière et l’économie continue à croître. Sans filtrer ces signaux, vous auriez acheter le marché boursier en plein milieu des crashs.

Si vous souhaitez avoir des signaux de meilleure qualité, il vous suffit simplement de les filtrer et/ou d’être plus exigeant avec ces signaux.

Par exemple, vous pouvez combiner les signaux d’achats avec la macroéconomie, ou au lieu d’attendre une baisse de 10% du S&P 500 sous sa moyenne mobile à 200 jours, vous pouvez attendre une baisse de 20%.

Bien sûr, vous aurez moins de signaux d’achat, mais ils devraient être de meilleure qualité.

Pourquoi trader et investir avec l’aide d’études statistiques

Sur Eros-Trading et mes réseaux sociaux, j’essaye de porter mon contenu sur des faits – le trading systématique – grâce à des études statistiques du passé que je réalise sur Excel pour aider à établir des perspectives de marché.

Ces études me sont très utiles pour apprendre des réelles conséquences d’un facteur au lieu de reposer mes analyses sur des dogmes, souvent erronés. Mais surtout, ces études m’aident à trader et à investir plus efficacement sur les marchés boursiers. Voici pourquoi il me semble préférable de trader/investir sur les marchés en ayant une approche statistique.

Axée sur les données plutôt que sur les émotions

Trop de traders et d’investisseurs aiment « deviner ». Par exemple, nous lisons souvent sur les réseaux sociaux ou dans des articles « spécialisés » que :

  1. Les réductions d’impôts sont positives pour les actions.
  2. Les hausses des taux d’intérêt impactent les actions.
  3. L’élection/les actions de Trump vont provoquer un crack des marchés.

Tout ceci n’est que de la spéculation, et il n’y a pas de mal à cela. Mais sans études sur ces données, il n’y a absolument aucune preuve pour soutenir ces affirmations.

Ces suppositions sont tout simplement des dogmes, et nous savons tous que de nombreuses déclarations de « bon sens » ne se réalisent pas dans la réalité. Par exemple, le dogme qui suppose que lorsque les taux obligataires augmentent devient supérieur au montant des dividendes, les investisseurs privilégient les obligations aux actions, ce qui provoque une baisse des marchés actions.

En réalité, ce n’est statistiquement pas vrai. Mais en réalisant l’étude, nous constatons qu’il y a eu peu de cas où cela s’est produit, ce qui invite à prendre ces résultats avec des pincettes.

Taux obligataires supérieures aux dividendes S&P 500

Les prédictions basées sur les émotions/les croyances/les dogmes donnent souvent lieu à un « biais de confirmation ». Cela signifie que les investisseurs et les traders voient ce qu’ils veulent voir. Un investisseur pessimiste pensera que la hausse des taux d’intérêt aura un impact négatif sur les actions, ce qui en réalité n’est pas le cas.

Etant donné que les marchés sont négociés par des êtres humains (les automates sont programmés par des humains), les marchés réagissent de façon émotionnelle et d’une façon plus ou moins similaires dans le temps.

Si vous y réfléchissez, nous les humains sommes influencés par notre passé, car nous gardons à l’esprit nos erreurs dès notre plus jeune âge. Cette nature humaine n’est pas différente sur les marchés. Il y a donc un intérêt à analyser comment les marchés réagissaient dans le passé lors d’un certain événement.

L‘histoire ne se répète pas, elle rime

« Il n’y a rien de nouveau sous le soleil »

Cette expression très connue ne signifie pas qu’il n’y a pas de nouvelles innovations. Le monde est en constante évolution. « L’histoire ne se répète pas, elle rime » signifie que la psychologie humaine ne change pas vraiment. Mais les cycles existent pour une raison. Les modèles existent pour une raison.

C’est pour cette raison que je réalise des études statistiques du passé, pour rechercher des modèles, des habitudes du marché. Cela permet de réaliser des prédictions réalistiques sur l’avenir. Bien sûr, ces prédictions ne seront pas toujours justes, mais au moins elles donneront un avantage sur quelqu’un qui croit aveuglément aux dogmes. Après tout, il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaise » pratiques sur les marchés financiers. Mais le trading est une question de probabilité.

Supposons, par exemple, que l’événement X se soit produit en ce moment. Une étude basée sur le passé tentera de répondre à la question suivante : Qu’est-ce qui se passe au marché après que l’événement X se produit? Quelle est la probabilité de hausse du marché ? De combien monte-t-il ou baisse-t-il en moyenne ?

Que ce soit l’analyse technique ou l’analyse fondamentale, le but est le même :  trouver un biais directionnel à privilégier. Et les études historiques permettent de mesurer ce biais directionnel et d’avoir des attentes réalistes des marchés.

« Certains événements sont nouveaux et n’ont jamais eu lieu dans le passé »

Certains traders indiquent qu’il est inutile d’utiliser les prix passés simplement parce que « certains événements sont nouveaux et n’ont jamais eu lieu dans le passé ». C’est vrai. Par exemple, le QE à une telle échelle n’a jamais eu lieu auparavant. Le QT (quantitative tapering) ne s’est jamais produit à une telle échelle avant.

Quand l’évènement ne s’est jamais réalisé, il faut chercher les évènements plus ressemblants qui se sont passés. En réalité, le QE et le QT ne sont que des formes d’assouplissement et normalisation de la politique monétaire. Or des assouplissements monétaires massifs et des resserrements monétaires massifs se sont déjà produits. Les formes de certains événements changent, mais l’action est l’action derrière ces événements est la même. Le QE est destiné à soutenir l’économie, comme une baisse des taux tandis que le QT est destiné à resserrer la politique monétaire, comme une hausse des taux.

Nous n’avons pas besoin de chercher des répliques exactes tout au long de l’histoire lors de la réalisation d’études historiques. Nous avons juste besoin de réaliser des études sur les évènements les plus ressemblants.

Aucune étude n’est parfaite – C’est pourquoi vous devez réaliser plusieurs études

Rappelez-vous qu’aucune étude statistique n’est parfaite. Pour en avoir réalisé des centaines, rarement une étude vous donnera 100% de probabilités de hausse ou de baisse. Et les rares fois où l’étude indiquait 100% de probabilité de hausse, ce n’était pas forcément le cas lors du prochain signal.

C’est pour cela qu’il est important de réaliser plusieurs études, sous différents angles, pour faire une prédiction générale quant à savoir si le marché va monter ou descendre.

Les études vous aident à améliorer votre modèle

Mais il ne faut pas croire qu’une étude est inutile. Vous apprendrez énormément plus sur la réalité des marchés, qu’en lisant des livres ou en lisant des tweets de « spécialistes ». Parfois, vous trouverez même des signaux très fiables que vous pourrez intégrer dans votre stratégie de trading ou votre modèle d’investissement (comme c’est le cas pour moi).

Aucun modèle n’est parfait. Il y a toujours place à l’amélioration, et la conduite constante d’études quantitatives rendra votre modèle meilleur au fur et à mesure du temps.

Qu’est-ce que le day-trading : ses avantages et inconvénients

Les principes de trading profitables sont les mêmes pour les day traders et les swing traders. Ce qui change, ce sont les horizons de temps sur lesquels les traders opèrent et les différentes psychologies nécessaires. Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise façon de trader. Il existe des opportunités profitables sur tous les horizons de plan. Certains ne seront pas à l’aise à laisser une position courir pendant la nuit ou le weekend, tandis que d’autres ne seront pas à l’aise avec les unités de temps courtes. Aujourd’hui, nous allons discuter des avantages et inconvénients du day-trading par rapport au trading de plus long terme.

Tout d’abord, le day trading a tendance à être très populaire lorsque le marché monte en flèche. La bulle Internet et les bulles de crypto-monnaie en sont des parfaits exemples. Lorsque le marché monte en flèche, tout le monde peut gagner de l’argent « facilement ». Il suffit d’acheter à un peu n’importe quel prix et clôturer à la fin de la journée. C’est pendant les marchés baissiers que les choses se compliquent et qui permet de différencier les véritables day traders qualifiés des débutants.

Dans cet article, nous allons voir ensemble :

  1. Ce qu’est le day-trading
  2. Ses avantages et inconvénients
  3. Comment améliorer le day-trading

Qu’est-ce que le day-trading ?

Le day trading est une stratégie qui consiste à trader tout au long de la journée sans garder de position ouverte pendant la nuit. Le day-trading se distingue également par…

  1. La taille de position de chaque trade. Le taille de position de chaque trade est généralement petite (souvent inférieure à 5%). Chaque taille de position DOIT être petite parce que le day-trader a beaucoup de positions ouvertes en même temps.
  2. La durée du trade. Chaque trade ne dure que quelques heures.
  3. Le gain par position. Chaque trade ne générera que des petits bénéfices, car la taille de la position est petite et le délai court. Le day trader peut gagner beaucoup d’argent en accumulant les positions gagnantes. Un day trader peut très bien trader des centaines de positions chaque année.

Etant donné que le day-trading consiste à ouvrir et fermer plusieurs positions dans la même journée, cette pratique est considérée comme un travail à temps plein. Le day trader est scotché devant son écran d’ordinateur de l’ouverture à la fermeture de la séance.

Beaucoup de gens choisissent de devenir day traders pour différentes raisons :

  1. La première raison est que le day trading est séduisant en raison des nombreuses fluctuations des marchés sur le court terme. Le rêve de n’importe quel trader est de profiter du maximum de fluctuation des marchés pour générer rapidement des vastes profits.
  2. La deuxième raison est que le day trading tend à être une source de revenus plus régulière et stable que le trading de moyen/long terme. Le day-trader va faire de son mieux pour terminer le mois dans le vert. Un trader de moyen/long terme a davantage une approche « d’investisseur ». Il ne va pas porter de grande importance à sa performance mensuelle mais plutôt annuelle.

Le day-trading discrétionnaire

Les day traders discrétionnaires utilisent l’action du prix ou l’analyse technique pour trader.

  • Les day traders qui utilisent l’action des prix « écoutent » le marché. Le day trader ouvrira une position short s’il « sent » que le marché devient fragile et ouvrira une position longue s’il « sent » que le marché se renforce.
  • Les day traders qui utilisent l’analyse technique vont trader en fonction des supports et résistances matérialisés par des seuils horizontaux, des lignes de tendance, des moyennes mobiles, des figures chartistes ou encore des indicateurs contrarian tels que le RSI. Ils achètent lorsqu’ils voient le cours rebondir sur un support ou franchir une résistance et vendent lorsque le cours corrige sous une résistance ou casse un support.

Le day-trading non-discrétionnaire

Les autres day-traders utilisent une approche quantitative, également appellée non-discrétionnaire. Cette approche est appelée « quantitative », car leurs stratégies sont composées de conditions d’entrée et de sortie précises qui sont généralement backtestées avant d’être utilisées en conditions réels. Ils ne laissent pas de place à leurs « sentiments » pour trader les marchés. C’est une façon « mécanique » de négocier sur les marchés.

Les avantages et inconvénients du day-trading

Les avantages

Il y a des réels avantages et inconvénients aux day trading. Un day-trader prospère aura de nombreux avantages comparé aux traders de plus long terme :

  1. Le day trading permet de réduire son exposition et donc son risque.
  2. Le day trading génère des rendements plus réguliers, qui peut représenter une source de revenus tous les mois.
  3. Le day trading est plus adapté aux périodes de forte volatilité du marché.

Examinons ces 3 avantages en détail.

Le day trading permet de réduire son exposition et donc son risque

Les day-traders prospères risquent moins qu’un trader sur des horizons de temps plus long terme. Une règle bien connue des day-traders est de risquer maximum 5% de son capital de trading sur une seule position et d’avoir plusieurs positions ouvertes en même temps dans des sens opposés.

Un day-trader peut facilement avoir 5 positions ouvertes, longues et courtes, sur des marchés différents en même temps. Si un de ses « paris » échoue, le capital du day-trader sera théoriquement moins impacté qu’un trader de long terme (pour une taille de position similaire). De plus, le day-trader est moins exposé aux risques du marché, car il est beaucoup moins souvent dans le marché qu’un trader de long terme. Un trader de long terme peut être à l’achat sur une valeur pendant plusieurs mois, jour et nuit, alors que le day-trader peur y être à l’achat que quelques heures pendant différents jours.

Le day trading génère des rendements plus réguliers

Le second avantage des day-traders prospères est qu’ils génèrent des rendements plus réguliers. Alors qu’un trader de long terme peut connaître plusieurs mois de baisse sur l’une de ses valeurs, le day-traders va générer plusieurs petits gains tous les jours pour réaliser un profit conséquent et stable à la fin du mois.

Un bon day-trader doit générer un revenu régulier et assez constant, car c’est son activité principale.

Voici un exemple des performances d’un day-trader comparé à un trader de moyen/long terme :

day trading vs swing trading

A rendement égal à la fin de l’année, le trader de moyen/long terme connaîtra des mois négatifs avec parfois des baisses de 10 à 20% de son capital alors que les fluctuations du capital du day-trader seront moins volatiles.

C’est aussi pour cette raison que de nombreux petits hedge funds utilisent des stratégies de day-trading. Leurs clients veulent des rendements mensuels uniformes et réguliers, tels que 1 à 2% par mois. Ces hedge funds ne prennent pas de grosses positions, donc aucune perte n’affectera seule leurs rendements annuels.

Le day trading est plus adapté aux périodes de forte volatilité du marché

Le day trading est une stratégie de trading décente, mais convient surtout pendant les périodes de forte volatilité. Le day-trading n’est pas très approprié lorsque la volatilité du marché boursier est très faible, car vous raterez beaucoup plus de points à tenter de capter toutes les petites fluctuations intra-journalières plutôt que trader la tendance. L’exemple parfait était 2017.

  1. Les traders de moyen/long terme qui ont su rester en position ont facilement gagné en 2017 (+19,42%).
  2. Les day traders qui ont essayé de trader les fluctuations intra-journalières n’ont pas pu capter la longue tendance haussière.

Graphique journalier du S&P 500 en 2017 :

Graphique S&P 500 en 2017

Les oscillations du marché en 2017 étaient tellement petites que le temps que le day-traders ouvre sa position longue ou short, le marché avait déjà réalisé 50% du mouvement.

A l’inverse, l’année 2018 était extrêmement profitable pour les day-traders qui ont su être long et short au bon moment.

Voici un secret de day trading lorsque le marché est très volatile : vous pouvez gagner de l’argent même si votre prix d’entrée n’est pas très bon. Étant donné que le marché évoluera la plupart du temps latéralement en faisant de grandes oscillations, vous gagnerez sur presque toutes les positions, à condition que votre taille de position vous permette de tolérer la volatilité.

Graphique horaire du S&P 500 en 2018 :

Graphique S&P 500 en 2018

Le graphique horaire ci-dessus s’étend sur toute l’année 2018. Le principe expliqué s’adapte aussi bien au day-trading que swing trading :

Lorsque le marché est très volatile comme en 2018 ou en 2015/2016, le marché va faire des grandes oscillations, même dans la journée, et corriger une grande partie de son précédent mouvement. En faisant preuve de patience, vous pourrez transformer vos pertes latentes en gains.

Les inconvénients

Le principal inconvénient du day trading est que la plupart des day-traders ont une très mauvaise idée des fondamentaux et de la tendance de moyen et long terme du marché. Comprendre la tendance de long terme est essentiel car le marché boursier monte plus souvent qu’il ne baisse lorsque la tendance de fond est haussière. Il est plus facile de faire des gains avec des positions longues. A l’inverse, il est plus facile de faire des gains avec des positions shorts lorsque la tendance de fond est baissière.

Connaître la tendance de fond permet à un day-trader d’optimiser ses rendements et diminuer ses risques.

Les day traders doivent favoriser les positions acheteuses dans une tendance haussière, car les positions shorts auront moins de chances d’être rentables. Les positions shorts perdront de l’argent si votre timing est mauvais ou gagneront peu si votre timing est correct. A l’inverse, les day traders doivent favoriser les positions shorts dans une tendance baissière.

Le day trading contre la tendance de long terme coûte en général très cher aux traders. Après tout, pourquoi trader lorsque les chances sont contre vous ?

Comment améliorer le day-trading

Comme nous l’avons mentionné, le principal inconvénient du day-trading est que vous allez perdre de l’argent ou sous-performer le marché sur vos positions qui sont à l’encontre de la tendance de long terme.

Toutefois, une mauvaise chose à faire est de mettre tous ses œufs dans le même panier en ayant toutes ses positions dans la tendance de fond, car si le marché se retourne temporairement, toutes vos positions seront perdantes. C’est pourquoi les day-traders devraient tout le temps avoir des positions longues et shorts, mais davantage longues lorsque la tendance est haussière et davantage shorts lorsque la tendance est baissière.

Une règle cohérente avec cette logique est d’avoir au moins 50% de son portefeuille exposé au sens de la tendance de fond. Si vous vous accordez d’avoir au maximum 10 positions ouvertes simultanément avec un risque par position de 5%, vous devrez avoir au moins 6 positions dans le sens de la tendance de fond.

Evidemment, votre opinion sur la tendance doit se refléter dans votre portefeuille. Par exemple, si la tendance de long terme est haussière et que vous pensez que celle-ci va perdurer, vous pouvez détenir 8 positions longues et 2 positions shorts.

Conclusion

Certaines personnes n’aiment pas le day trading, car ces stratégies peuvent être extrêmement fatigantes. Les day-traders sont généralement devant leurs écrans toute la journée, de l’ouverture de la séance à la fermeture. C’est un mode de vie épuisant et devient difficile à supporter sur le long terme.

C’est pourquoi il est sans doute préférable de créer un modèle quantitatif pour effectuer vos trades à votre place si vous êtes un day-trader. Certes, vous passerez un certain temps à construire et à améliorer votre stratégie, mais au moins, vous pourrez le faire quand vous voulez. Ensuite, vous n’aurez qu’à laisser votre automate en ligne pour qu’il trade à votre place. Vous n’aurez plus besoin de passer d’interminables heures devant vos écrans.

Ne cherchez pas à anticiper le point le plus haut/bas parfait

De nombreux traders sont extrêmement fiers d’eux-mêmes lorsqu’ils arrivent à anticiper le plus haut ou le plus bas d’un marché. Personnellement je ne le suis pas. Tout d’abord parce que je pense que qu’avoir le point le plus haut ou le plus bas nécessite un facteur de chance important (qui arrive à se positionner régulièrement au plus haut et au plus bas du marché ?). Mais le plus important, c’est que les traders et investisseurs doivent se concentrer sur la maximisation de leurs profits. En réalité, essayer d’attraper les points de retournement extrêmes diminue les performances. Cela est particulièrement vrai lorsque vous essayez de capturer les creux dans un marché haussier et les sommets dans un marché baissier. Voici pourquoi.

La peur de rater quelque chose (« FOMO »)

Trader et investir est une question de probabilité. Il n’y a pas d’indicateur Saint Graal. Certains traders diront « Je n’achète XXX que si le RSI tombe à 25 ». En faisant cela, ils essaient essentiellement d’attraper le point le plus bas du marché. Mais cette pratique est dangereuse et peut amener le trader à rater une opportunité extrêmement rentable.

Les indicateurs ne peuvent être utilisés que pour se rapprocher du point de retournement du marché. Ils sont loin d’être parfaits et le marché est beaucoup plus compliqué que cela.

Vous raterez beaucoup de trades très profitables si vous essayez d’attraper le point le plus bas lors des phases de correction du marché. Par exemple, supposons que vous cherchez à acheter lorsque le RSI du marché tombe à 25. Que se passe-t-il si le RSI tombe à 26 puis rebondit et inscrit des nouveaux records ? Vous manquerez un trade extrêmement profitable simplement parce que vous voulez attendre que le RSI perde un point de plus.

Certains traders expérimentés vous diront qu’il n’y a rien de mal à rater un trade. C’est vrai, mais dans une mesure limitée. Ne pas profiter de quelques trades profitables n’est pas gênant. Mais si vous ratez souvent les trades rentables parce que vous voulez attraper le point le plus haut/bas, alors cela devient un problème, car vous laissez beaucoup d’argent sur la table.

Une des clés que j’ai pris beaucoup de temps à réaliser est de ne pas attendre la parfaite configuration de trading. Réduisez votre effet de levier et prenez position lorsqu’il y a une bonne configuration de trading car rarement une configuration sera EXTREMEMENT haussière ou EXTREMEMENT baissière.

“If you try to achieve Great, you might not even achieve Good”

Ne cherchez pas à attraper le point bas d’une correction dans un marché haussier

Cela est particulièrement vrai pour les traders qui essaient d’attraper le point bas des corrections dans les marchés haussiers.

Vous devriez vous soucier davantage de ne pas être à l’achat dans une tendance haussière que de vous être positionné à l’achat au mauvais moment. Dans le second cas, vous pouvez simplement attendre que le marché finisse sa correction et rende votre position rentable. En revanche, si vous n’êtes pas à l’achat dans un marché haussier, vous allez devoir attendre très longtemps avant que la prochaine correction survienne.

FOMO S&P 500

Par exemple, imaginez que vous vous attendez à une chute de -10% du marché. Le marché pourrait chuter de -9% et ensuite rebondir. Si cela se produit et que vous vous en tenez obstinément à une cible de -10% avant de rentrer à l’achat, vous manquerez l’opportunité.

Ces types de corrections sont particulièrement répandues dans un marché haussier, mais les marchés haussiers sont portés vers le haut… Cette dynamique haussière peut arrêter une correction plus tôt que vous le pensez. L’inverse étant également vrai dans un marché baissier.

En conclusion, si vous vous attendez à ce que le marché chute, disons de -10%, contentez-vous d’acheter quand le marché est en baisse -8%. Donnez une marge de tolérance à votre scénario afin de ne pas manquer bêtement des opportunités.

Soyez tolérant avec vos indicateurs

Je pense que c’est une bonne idée de laisser une marge de manœuvre à ses indicateurs. Cela éviterait de manquer beaucoup de trades rentables.

Supposons que, historiquement, la correction dans un marché haussier prenait fin lorsque le RSI était inférieur à 22 :

  1. Au lieu d’acheter seulement si le RSI tombe sous 22, laissez une marge de manœuvre à cet indicateur.
  2. Laissez-vous la possibilité d’acheter lorsque le RSI tombe à 25 plutôt que 22.
  3. De cette façon, vous ne manquerez pas des trades bêtement si le marché rebondit lorsque RSI sera à 23. Rien ne vous garantit que dans le futur, le marché ne rebondira pas lorsque le RSI sera à 23 ou 24.

Etude : L’inflation n’impacte pas les actions

Beaucoup d’investisseurs et de traders craignent la fin de la hausse du marché boursier lorsque l’inflation augmente . Je ne suis pas d’accord.

L’histoire montre qu’une hausse de l’inflation n’est pas toujours baissier pour le marché boursier. La stagflation* est baissière, pas l’inflation. L’augmentation de l’inflation est tout à fait normale lorsque l’économie est en croissance. Il n’y a aucun signe de détérioration significative de l’économie pour le moment.

*La stagflation est la situation d’une économie qui souffre simultanément d’une croissance économique faible ou nulle et d’une forte inflation.

Voici un aperçu de l’inflation aux Etats-Unis depuis 1948 :

Evolution de l'inflation aux Etats-Unis depuis 1948

Et voici les périodes pendant lesquelles l’inflation grimpait :

Périodes de forte inflation aux Etats-Unis

Voici ce qui se passait lorsque l’inflation augmentait :

Janvier 2015 – février 2017

Le S&P 500 a progressé alors que l’inflation augmentait, même s’il y a eu une « grande correction » en cours de route.

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Juillet 2009 – septembre 2011

Le S&P a augmenté même s’il y a eu deux corrections importantes en cours de route.

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Octobre 2006 – juillet 2008

Le S&P a augmenté au début avec l’inflation. Le S&P a par la suite commencé à baisser lorsque l’inflation s’est transformée en stagflation.

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Juin 2002 – septembre 2005

Le marché boursier et l’inflation ont augmenté simultanément. Ce phénomène est normal pour la première étape d’un marché haussier.

Mars 1998 – mars 2000

Le marché boursier a progressé, bien qu’il y ait eu une « grande correction » et plusieurs « petites corrections ».

Décembre 1986 – octobre 1990

Le marché boursier a globalement progressé, bien qu’il y ait eu 2 corrections importantes.

Décembre 1976 – mars 1980

Le S&P était généralement stable pendant cette période de hausse de l’inflation, mais il y a une grosse correction.

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Août 1972 – novembre 1974

Le marché boursier a chuté pendant cette période de hausse de l’inflation.

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Avril 1959 – février 1970

Le marché boursier a progressé malgré les nombreuses « grosses corrections ».

Juin 1955 – avril 1957

Le marché boursier a globalement augmenté malgré les nombreuses « petites corrections ».

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Août 1949 – avril 1951

Le marché boursier a augmenté, même s’il y a eu une « grande correction ».

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Voici ce qui se passait lorsque l’inflation était supérieure à l’objectif de la Fed à 2% :

Performance du marché boursier lorsque l'inflation était supérieure à 2%

Comme vous pouvez le constater, une inflation « élevée » n’est pas forcément baissier pour les marchés actions.

Lorsque l’indice des prix à la consommation (IPC) est au-dessus de sa moyenne à 12 mois (inflation en hausse), le marché boursier n’est pas forcément affecté.

Performance du S&P 500 lorsque l'inflation augmentait.

Conclusion

Le marché boursier tend généralement à être haussier lorsque l’inflation augmente. Cependant, une hausse de l’inflation entraîne une augmentation de la volatilité des marchés boursiers (corrections multiples).

L’inflation entraîne une augmentation des coûts des entreprises. Mais elle entraîne également une augmentation des revenus des entreprises, ce qui signifie que l’inflation n’a pas d’impact significatif sur les résultats réels (ajustés de l’inflation) des entreprises.

Investir en Bourse et générer +10% / an

Le modèle que je vais vous présenter aujourd’hui est une stratégie pour investir en Bourse purement basée sur l’analyse technique, c’est-à-dire qui n’utilise que les données du prix.

Cette stratégie permet à n’importe qui de surperformer le marché boursier sans prendre des risques démesurés. En réalité, la stratégie affiche des pertes plus faible que sont benchmark. Que vous soyez un trader professionnel ou une personne qui souhaite commencer à investir en bourse, vous pouvez utiliser ce modèle pour investir en bourse.

En plus d’être simple, cette stratégie à l’avantage de ne demander que quelques secondes par jour. Vous n’avez pas besoin de rester scotché des heures à votre écran pour surperformer le marché. Avec les outils d’aujourd’hui, il existe même des services qui vous permettent de recevoir une notification sur votre téléphone lorsque les conditions que vous avez paramétré sont réunies. Donc vous n’avez pas besoin de regarder le marché quotidiennement.

Ce modèle repose sur le croisement des moyennes mobiles à 50 et 200 séances. J’ai déjà étudié la performance de ces croisements dans mon blog (Golden Cross et Death Cross). La conclusion était simple : Les Death Cross ne sont pas toujours des signaux baissiers pour le marché boursier, mais les Golden Cross donnent des signaux haussiers intéressants pour le long terme.

Conditions d’entrée et de sortie

Le modèle que je vous présente est très simple. Il ne comporte que deux conditions :

  1. Vendre l’ETF SSO (S&P 500 à effet de levier de 2) lorsque la moyenne mobile à 50 séances croise à la baisse la moyenne mobile à 200 séances.
  2. Achetez l’ETF SSO lorsque le S&P 500 est au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances ET que la moyenne mobile à 50 séances et au-dessus de la moyenne mobile à 200 séances depuis 5 séances.

Voici quelques exemples de trades de ce modèle :

2000 – 2003 :

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2007 – 2009 :

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2018 – 2019 :

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Croisements des moyennes mobiles et du S&P 500

Cette stratégie a généré un rendement moyen de 14 % par an depuis 1950 (hors dividendes).

A titre de comparaison, le simple fait d’investir passivement sur le SSO aurait généré un rendement annuel moyen de 13,2%. Quant au S&P 500, il a généré un rendement annuel moyen de 8,9% sur la même période.

Comparaison de la stratégie vs une stratégie passive d’investissement sur le SSO depuis 1950 :

A première vue, cette stratégie n’est pas réellement meilleure qu’une stratégie d’achat et de conservation (Buy & Hold). Mais voici le principal atout derrière ce modèle: il est moins volatil qu’un investissement passif sur le SSO.

  1. Cette stratégie peut sous-performer pendant les marchés haussiers parce que vous manquerez certaines parties de la tendance haussière à cause des mauvais signaux de vente.
  2. Cependant, ces mêmes signaux de vente vous permettront de surperformer lorsque les marchés chutent, car vous serez à ces moments-là hors du marché.

Voici les phases d’exposition de cette stratégie au marché :

Vous pouvez constater que ce modèle vous empêche de perdre beaucoup d’argent en étant hors du marché lors des grandes corrections comme celles de 2001-2002 et 2008-2009.

Danger des ETFs à effet de levier

Les ETF à effet de levier comme le SSO peuvent perdre plus de 70 % de leur valeur pendant les marchés baissiers. Et bien que ces ETF à effet de levier finiront par se redresser lors du prochain marché haussier, il s’agit toujours d’une expérience psychologique extrêmement difficile dont la plupart finiront par clôturer leur position avec des larges pertes et racheter lorsque le marché aura déjà bien rebondi.

Ce modèle vous aide à éviter ces expériences psychologiques douloureuses pendant lesquelles vous auriez vu votre capital s’évaporer de plus de 50% en 1-2 ans.

Par exemple, vous aurez perdu moins de 40% de votre capital pendant les crashs de la crise financière de 2008 et de la bulle tech en 2001-2002 contre plus de 50% pour le SSO ou le SPY (ETF S&P 500 sans effet de levier).

Comparaison des drawdowns :

Étant donné que les marchés baissiers détruisent les ETFs à effet de levier comme le SSO, cette stratégie vous permet de sortir du marché relativement tôt lorsqu’il commence à se renverse.

Mot de la fin

Ce modèle d’investissement a l’avantage de ne prendre que très peu de temps (< 1 minute par jour) pour générer des rendements plus que confortable (>14%/an) tout en évitant les larges pertes que provoquent les marchés baissiers.

Cette stratégie est purement basée sur l’analyse technique et suppose que vous n’avez pas d’autre moyen de prédiction pour éviter les marchés baissiers.

Bien évidemment, il est facilement possible d’améliorer cette stratégie pour qu’elle génère un meilleur rendement simplement en combinant l’analyse technique avec l’analyse fondamentale.

Le meilleur stop-loss pour un trader / investisseur

Chaque trader ou investisseur doit avoir un stop-loss, quelle que soit sa stratégie.

  1. Vous devez prendre des décisions d’investissement et de trading fondées sur un ensemble de règles.
  2. Evidemment, nous croyons toujours que notre trade/investissement est une bonne idée (sinon nous ne traderions pas), mais nous devons toujours nous préparer au pire scénario. Nous devons savoir quand nous allons clôturer notre position si notre idée ne se déroule pas comme prévu.

Voici quelques méthodes pour déterminer où placer votre stop-loss. J’explique également ma méthode préférée.

Un stop-loss fixe en pourcentage %

Le type de stop-loss le plus couramment utilisé est en fonction d’un pourcentage fixe prédéfini. Cette méthode est préconisée dans les livres de trading tels que Market Wizards. De nombreux traders, gestionnaires de fonds et investisseurs réduiront voire couperont leur position si le marché chute de X% par rapport à l’endroit où ils sont entrés.

Je comprends la logique derrière ce type de stop-loss. Une position ne devrait pas commencer par une perte massive et les trades les plus rentables commencent le plus souvent par seulement une perte minime. Une position qui perd immédiatement 15% n’est probablement pas un bon trade.

Cependant, un stop-loss fixe en pourcentage peut vous obliger à couper votre position au pire moment. Imaginons que votre stop-loss est de 10%. Que se passe-t-il si le marché chute de 11% puis rebondit de 30% ? Vous venez de perdre 10% sur votre position qui aurait pu être très rentable.

Un stop-loss basé sur un support / une résistance

Cette méthode est couramment utilisée par les traders utilisant l’analyse technique. Ils traceront leurs lignes de support / résistance sur un graphique puis :

  1. Lorsqu’ils achètent, ils couperont leur position lorsque le cours tombera sous le support à X€.
  2. Quand ils vendent à découvert (short), ils couperont leur position lorsque le cours remontera au-dessus de la résistance à X€.

Cette stratégie fonctionnait quand il y avait moins de fausses cassures. Cela ne fonctionne plus très bien de nos jours, car il y a beaucoup plus de faux signaux aujourd’hui. Les grands fonds spéculatifs vont souvent provoquer une baisse du marché en dessous d’un support pour déclencher beaucoup de stop afin d’acheter des actions à un meilleur prix.

Un stop-loss suiveur

Supposons que votre position soit rentable. Certains investisseurs / traders choisiront de paramétrer un stop-loss suiveur. Par exemple. Ils vont coupeur leur position en perte ou en gain si le marché tombe en dessous de la moyenne mobile à 50 séances.

L’avantage de cette méthode est évident : vous ne transformerez pas une position rentable en une position perdante, car si le marché se retourne, vous clôturerez votre position en gain.

L’inconvénient est similaire à un stop-loss fixe en pourcentage. Supposons que votre stop est la moyenne mobile à 50 séances. Le marché est en hausse et vous êtes en gain. Ensuite, le marché corrige légèrement et tombe en dessous de la moyenne mobile. Vous coupez donc votre position, mais le marché rebondit juste après.

Vous avez pris un petit bénéfice sur une position qui aurait été plus rentable, mais puisque vous ne savez pas si la baisse est simplement une petite correction ou le début d’un marché baissier, cette décision est légitime.

Un stop-loss en fonction de la situation

Je vais très certainement en choquer plus d’un, mais ceci est ma méthode préférée.

Vous ne devriez couper votre position que si vous pensez que la thèse de votre trade / investissement devient fausse.

Il est dangereux de couper arbitrairement votre position sur la base d’un pourcentage ou d’un indicateur technique, car vous pourriez couper votre position au pire moment possible.

Je trade les indices sur le moyen et long terme selon une combinaison de signaux techniques ET de facteurs fondamentaux. J’ai bel et bien des conditions pour sortir du marché mais qui dépendent de ces deux facteurs. Pas seulement du prix. Je sors du marché uniquement lorsque mon modèle change de direction.

Par exemple. Disons que je suis depuis longtemps à l’achat sur le SSO (ETF sur le S&P 500 à effet de levier de 2), car mon modèle m’indique que l’économie américaine s’améliore. Je ne couperais mes pertes uniquement lorsque le marché baissera ET que l’économie américaine commencera à se dégrader. Si le SSO chute de 20% ET que l’économie américaine continue de s’améliorer, je garderai ma position, car d’après l’historique des prix, une correction de 20% est très souvent la limite de la correction lorsque l’économie américaine est toujours en expansion.

Evolution du S&P 500 et récessions américaines

Continuez votre lecture avec cet article >> Pourquoi faut-il combiner l’analyse technique avec l’analyse fondamentale lorsque vous investissez ?

Stratégies de suivi de tendance, avantages et inconvénients

Le suivi de tendance est une méthode de trading simple rendue célèbre dans les années 1970. Beaucoup de grands traders suivaient les tendances dans ces années tels que Paul Tudor Jones. Beaucoup d’entre eux sont présentés « Market Wizards », livre de Jack D. Schwager que je ne peux que recommander.

Dans cet article, nous allons examiner :

  • Qu’est-ce que le suivi de tendance ?
  • Quels sont ses avantages et inconvénients.
  • Comment trader les tendances

Qu’est-ce que le suivi de tendance

Le suivi de tendance est une stratégie de trading simple qui peut être utilisée sur tous les marchés. Elle repose exclusivement sur l’analyse technique et ne nécessite aucune analyse des fondamentaux.

Un trader qui suit les tendances va acheter un actif lorsqu’il sera en hausse, car il estimera que le marché va continuer à croître. A l’inverse, il va shorter le marché lorsqu’il sera en baisse, car il estimera que le marché va continuer à reculer.

Un trader qui applique une stratégie de suivi de la tendance croît aux hypothèses suivantes:

  • Si le marché est en baisse, il est préférable de se positionner à la vente, car personne ne sait avec certitude quand il cessera de baisser.
  • Si le marché est en baisse puis rebondit, le trader peut entrer au début de la nouvelle tendance haussière, car il est raisonnable de supposer que le marché continuera à remonter.
  • Si le marché est en hausse, il est préférable de se positionner à l’achat, car personne ne sait avec certitude quand il cessera de monter.
  • Si le marché est en hausse puis se renverse, le trader peut entrer au début de la nouvelle tendance baissière, car il est raisonnable de supposer que le marché continuera à baisser.

Les adeptes du suivi de tendance ne portent aucune attention aux fondamentaux. Ils ne peuvent pas utiliser les fondamentaux pour adopter un point de vue opposé au marché puisqu’ils suivent l’action du prix. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est se servir des prix actuels et passés pour juger s’il est bon d’être à l’achat ou à la vente.

Les traders qui suivent la tendance ne sortent pas du marché à moins que le marché se retourne. Les traders qui suivent la tendance n’utilisent pas de take-profits.

Il existe 2 types de suiveurs de tendance : les suiveurs de tendance systématiques et les suiveurs de tendance discrétionnaires :

Suiveurs de tendances systématiques

Les traders de tendance systématiques utilisent des indicateurs mathématiques tels que les moyennes mobiles et le MACD pour entrer et sortir du marché. Voici un exemple d’une stratégie simple de suivi systématique des tendances :

  • Acheter lorsque le marché croise à la hausse sa moyenne mobile à 50 jours. Le trader estimera que le marché a plus de chances de continuer à progresser que de se retourner.
  • Vendre lorsque le marché croise à la baisse sa moyenne mobile à 50 jours. Dans ce cas, le trader estimera qu’il y a plus de chances que le marché continue à baisser.

Voici un exemple.

Stratégie simple de suivi de tendance

Suiveurs de tendance discrétionnaires

Les traders de tendance discrétionnaire utilisent les cassures de ligne de tendance pour entrer et sortir du marché.

  • Ils achètent quand ils pensent que le marché a franchi une résistance majeure.
  • Ils vendent quand ils pensent que le marché a enfoncé un support majeur.

Voici quelques exemples.

Signal vente après breakout
Stratégie breakout

Les stratégies de suivi des tendances systématiques sont généralement meilleures que les stratégies de suivi des tendances discrétionnaires tout simplement parce que vous ne pouvez pas savoir si une stratégie de suivi de tendance discrétionnaire fonctionne.

En effet, vous ne pouvez pas backtester une stratégie basée sur la cassure de ligne de tendance, de support ou de résistance. Par contre, vous pouvez savoir si une stratégie basée sur des indicateurs mathématiques fonctionne, car vous pouvez la backtester.

Le problème avec le suivi de la tendance

Les avantages et inconvénients des stratégies de suivi de tendance sont évidents :

  • Les stratégies de suivi des tendances fonctionnent bien lorsqu’il existe des tendances claires et durables.
  • Les stratégies de suivi de tendance fonctionnent mal lorsque le marché est instable et qu’il commence à osciller. Cela entraîne beaucoup de petites pertes qui peuvent fortement impacter le capital.

Quand les stratégies de suivi de tendance fonctionnent bien

Par exemple, le suivi de la tendance a très bien fonctionné sur le marché boursier en 2017. La tendance haussière était très forte sans réelle correction. Les traders qui suivaient la tendance jusqu’au bout n’ont pas manqué le rallye, à la différence des traders qui pariaient sur un renversement de la tendance parce qu’il était « suracheté » ou « en bulle ».

Voici un exemple d’une simple stratégie de suivi de tendance :

  • Achetez quand le marché croise à la hausse sa moyenne mobile à 100 jours.
  • Vendez quand le marché clôture en dessous.
Exemple d'une stratégie de suivi de tendance simple

Comme vous pouvez le constater, cette simple stratégie de suivi de tendance vous aurait permis de rester dans l’intégralité du marché haussier de 2017 et de surperformer la quasi-totalité des traders et hedges funds puisque vous aurez réalisé un rendement de 19% en 14 mois.

Quand les stratégies de suivi de tendance ne fonctionnent pas bien

Les traders qui suivent la tendance doivent réduire leurs pertes lorsque le marché oscille. C’est lors de ces moments que le marché met en péril ces traders, car ils achètent puis vendent rapidement jusqu’à temps que le marché reprend une direction claire.

  • Le marché monte, alors les traders achètent. Manque de conviction, le marché se retourne, les traders fidèles à leur stratégie sont ainsi forcés à vendre en perte.
  • Ces mêmes traders shortent le marché, car le marché baisse. Problème, le marché rebondit, forçant les traders qui suivaient la tendance à clôturer à nouveau en perte.

Généralement, ces pertes sont petites. Mais lorsque le marché est instable pendant une longue période, ces pertes s’additionnent et peuvent occasionner une perte importante du capital.

Voici un exemple. Le marché boursier a été très instable en 2015. Les traders qui suivaient la tendance ont souvent changé de positionnement, générant ainsi plusieurs petites pertes.

Si nous reprenons la même stratégie de suivi de tendance (achat quand le marché dépasse sa MA100, vente quand le marché passe sous la MA100), les traders auraient été victime des nombreux retournements, qui au final auraient beaucoup coûté à ces traders.

Stratégies suivie de tendance donnent des faux signaux

Comment trader les tendances

L’inconvénient majeur des stratégies de suivi de tendance est que les signaux erronés entraînent beaucoup de petites pertes. La solution pour améliorer une stratégie de suivi de tendance est de réduire le nombre de mauvais signaux.

Pour cela, vous devez savoir si le marché est dans une forte tendance ou en consolidation sur un horizon de temps plus long.

Certains traders indiquent qu’il faut attendre quelques jours pour confirmer le signal du marché. Par exemple, ils vont attendre que le cours évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 100 jours pendant 3 séances avant d’acheter et vont vendre lorsque le cours va évoluer en dessous de sa MM100 pendant 3 séances.

Si vous backtestez avec cette « amélioration », vous constaterez que cette condition supplémentaire n’aide pas à éviter les faux signaux. En réalité, vous entrerez/sortirez du marché à un moins bon prix.

Améliorer les stratégies de suivi de tendance grâce à la macroéconomie

C’est un point que je défends régulièrement : les stratégies qui combinent l’analyse technique et l’analyse fondamentale sont préférables aux stratégies qui dépendent uniquement de l’analyse technique (ou uniquement de l’analyse fondamentale).

Suivre la tendance dépend exclusivement de l’analyse technique. Cela dépend des indicateurs basés sur les prix. Mais si vous combinez une stratégie de suivi de tendance traditionnelle avec des indicateurs fondamentaux, la stratégie deviendra beaucoup plus efficace. Vous obtiendrez beaucoup moins de faux signaux et un bien meilleur rendement.

Le marché boursier

La plus connue des stratégies de suivi de tendance est d’acheter le marché boursier lorsqu’il est au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances et le vendre lorsqu’il tombe en dessous.

Le problème de cette stratégie est que le marché boursier tombe régulièrement en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours sans réellement débuter un marché baissier. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’historiquement, le marché boursier est dans une longue tendance baissière uniquement lorsque l’économie américaine tombe en récession.

Eviter les faux signaux

Par conséquent, si vous combinez cette simple stratégie de suivi de tendance avec des indicateurs fondamentaux, vous pourrez réduire ces faux signaux de vente. Concrètement, votre nouvelle stratégie de suivi de tendance doit ressembler à cela :

  1. Acheter lorsque le S&P 500 est supérieur à sa moyenne mobile à 200 jours.
  2. Vendre lorsque le S&P 500 tombe en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours ET que l’économie américaine se dégrade nettement.

Méthode de trading simple et efficace pour trader les tendances

Voici un exemple concret pour trader simplement et efficacement les longues tendances haussières que fournit le marché boursier.

  1. Vendre le S&P 500 évolue en dessous de sa moyenne mobile à 200 séances ET que le nombre de bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage* aux Etats-Unis évolue au-dessus de sa moyenne à 52 semaines.
  2. Sinon acheter le S&P 500.

*continued claims

Comparaison stratégies suivi de tendance avec macroéconomie

Les résultats de cette simple stratégie sont bluffants. Alors qu’une stratégie basée uniquement sur la moyenne mobile à 200 jours a généré un rendement annuel moyen de 6,2% (hors dividendes), la stratégie présentée ci-dessus a généré un rendement annuel moyen de 8,1% (hors dividendes) depuis 1968.

Voilà un parfait exemple comment surperformer le marché boursier de façon simple et avec moins de risques. Vous n’avez pas besoin d’un doctorat en finance ou un QI de 150 pour surperformer les marchés.

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Qu’est-ce qu’un marché baissier et comment vous devriez le trader

Un marché baissier, également appelé « bear market », est une direction baissière des prix causée par les nombreuses ventes des opérateurs de marché. Il existe deux manières de définir un « marché baissier » ou un « marché haussier ».

  1. Un état d’esprit (psychologie des investisseurs)
  2. Une méthode quantifiable.

En termes de psychologie des investisseurs, un marché baissier peut se définir par « une période prolongée de chute des prix du marché dans laquelle la baisse est alimentée par le pessimisme des investisseurs ». Cela signifie que les inquiétudes sont partagées par la majorité des investisseurs et traders. Les opérateurs vendent parce qu’ils s’attendent à une chute des prix. Les prix baissent, alors les investisseurs / traders vendent davantage, ce qui fait baisser encore plus les prix. C’est une spirale négative.

Cela signifie que la tendance du marché à moyen et long terme est baissière (même s’il peut y avoir d’importants rebonds). Les marchés baissiers se caractérisent par :

  1. Un pessimisme partagé par les investisseurs (anticipation d’une chute du marché à moyen et long terme).
  2. Des fondamentaux négatifs ou en détérioration. Les « fondamentaux » de chaque marché sont différents. Par exemple, les fondamentaux du marché boursier sont l’économie et les bénéfices des entreprises. Le marché boursier baisse lorsque l’économie se dégrade.

La phrase clé ici est que les prix ont une tendance baissière dans un marché baissier. Mais comment définir cela de manière concise ? Quelle baisse faut-il pour qualifier un marché de « baissier » ? Pendant combien de temps les prix doivent-ils baisser ? Car oui, une notion de durée est tout aussi importante qu’une notion de magnitude.

C’est là qu’intervient la méthode quantifiable. La définition répandue du « marché baissier » est : une baisse de 20% ou plus du marché boursier.

Cette définition peut être différente pour les autres marchés. Pour un marché très instable comme l’argent, une baisse de 20% est simplement une « correction » et non un marché baissier. Le marché boursier est moins volatil que les matières premières.

Problème avec la définition standard d’un marché baissier

Je n’aime pas quand la sagesse conventionnelle définit un « marché baissier » comme une baisse de 20% des prix.

Pourquoi 20% et pas 15 ou 25% ?

De nombreux investisseurs et traders deviennent victimes de cette définition. Ils considèrent que la baisse du marché boursier de 2011 n’est qu’une correction, car le S&P a chuté de 19,3% lorsque vous utilisez les prix de clôture. Cependant, le S&P a chuté de 21% lorsque vous utilisez les mèches.

Le marché baisse de 20% puis rebondit

Le problème avec la définition des 20%, c’est que le marché peut corriger de 20% dans un marché haussier sans pour autant compromettre la tendance de fond. En réalité, le marché a souvent tendance à rebondir après une telle correction, sauf en cas de récession de l’économie américaine. C’est pour cela qu’il est toujours important de suivre l’évolution de l’économie américaine pour prendre les meilleures décisions d’investissement possibles.

Un baisse de 20% n'est pas un marché baissier

Qu’est-ce qu’un marché baissier ?

Nous devons revenir à la source de la définition d’un marché baissier : « un pessimisme rationnel qui se nourrit de lui-même » (c.-à-d. vague baissière après vague baissière). Un marché baissier doit ainsi comprendre deux variables selon moi : la magnitude et la durée de la correction.

Une meilleure définition d’un marché baissier peut être : Une correction de 40% pendant au moins 1 an (entre le plus haut et le plus bas).

Avec cette définition, les « marchés baissiers » seraient beaucoup moins fréquents et elle permettrait d’éviter de sortir du marché à la fin d’une correction marginale. En suivant cette définition, il n’y a eu que 6 marchés baissiers depuis la Grande Dépression.

  1. 1929-1933
  2. 1937-1938
  3. 1968-1970
  4. 1973-1974
  5. 2000-2002
  6. 2007-2009

Tous ces marchés baissiers ont connu des vagues de ventes successives. La durée (au moins 1 an) est tout aussi importante que la magnitude (baisse de +40%), car la durée est ce qui permet de différencier la panique d’une spirale négative.

Si le marché boursier s’effondrait de 40% en un jour, puis rebondissait pour atteindre des nouveaux sommets au cours des 3 prochaines semaines, on ne parlerait pas de spirale négative, mais de panique. Ce sont les longues tendances baissières qui font perdre aux investisseurs l’espoir d’un rebond rapide.

Il y a eu de nombreuses baisses de 15%, 20% et même 25% pendant les marchés haussiers. Celles-ci peuvent être appelées des « corrections significatives ».

Comment devriez-vous trader/investir dans un marché baissier

« Vous n’avez pas forcément besoin de trader. Parfois, rester hors du marché permet de gagner de l’argent. »

Quand il s’agit d’un réel marché baissier, tous les médias en parlent. L’apocalypse semble proche. Beaucoup d’investisseurs perdent de l’argent pendant ces moments. Être en cash permet d’être relativement bien lotis. Tout ce qui reste par la suite à faire est de racheter plus bas que le prix auquel vous avez vendu.

Le tout premier rebond après la fin du marché baissier (c’est-à-dire la première vague du nouveau marché haussier) est toujours extrêmement puissant. Détenir un ETF avec effet de levier de 2 voire 3 à ce moment-là est la meilleure des choses à faire, car cela permet de générer des profits colossaux.

Toutefois, avant de profiter de cette première vague haussière, il existe plusieurs bonnes façons pour trader un marché baissier au lieu de rester en cash.

Acheter des obligations d’Etat à court terme (peu risqué)

Vous pouvez envisager d’acheter des obligations d’Etats de court terme (par exemple une obligation de 2 ans) lorsque vous pensez que le marché est au début d’une tendance baissière de long terme. Les marchés baissiers durent généralement entre un et deux ans. Par conséquent, les obligations de court terme (< 2 ans) arriveront à échéance avant la fin du marché baissier. 

Ainsi, vous pourrez prétendre gagner ne serait-ce que 2% par an lorsque le marché boursier s’effondra de plus de 40%.

Vous pourrez également faire des gains sur l’appréciation de l’obligation si vous venez avant l’expiration et que la banque centrale a abaissé ses taux directeurs.

Shorter le marché baissier (risqué)

Vous pouvez également envisager de shorter le marché. Cependant, il est important de garder à l’esprit qu’il ne faut jamais le shorter lorsqu’il monte. N’essayez jamais de prédire le sommet d’un marché boursier. 

« Le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable » – John Maynard Keynes

Le marché boursier peut continuer à augmenter beaucoup plus longtemps que vous ne le pensez. Supposons que vous pensez qu’il reste une durée de vie d’un an au marché haussier. Vous attendez donc une dizaine de mois, puis vous décidez de shorter le marché afin de ne pas manquer le top.

Que se passe-t-il si vous vous trompez ? Qu’advient-il s’il reste en fait 2 ans de vie au marché haussier ? Le marché peut fortement monter les dernières années avant la fin d’un marché haussier. Vous allez donc perdre beaucoup d’argent sur votre position short.

Un conseil, ne sous-estimez jamais la capacité du marché à rester optimiste. Les meilleurs gestionnaires de fonds étaient baissiers sur du long terme en 1998 (par exemple, Jim Rogers, Julian Robertson, George Soros, Jeremy Grantham). Or le marché haussier a continué à progresser pendant 1 an et demi et de plus de 30% avant que le marché commence son déclin.

Beaucoup de personnes s’attendaient à un retournement majeur du cours du Bitcoin à 2 000 dollars. Or la bulle a continué à gonfler jusqu’à 20 000 dollars avant d’exploser. Encore une fois, ne sous-estimez jamais la capacité d’un marché à rester optimiste dans une bulle, que cet optimisme soit soutenu par des fondamentaux solides ou non.

C’est une chose de passer à côté des 1-2 dernières années d’un marché haussier, et c’en est une autre de perdre de l’argent en shortant alors que tout le monde gagne de l’argent en étant à l’achat.

Vous devez attendre une nette dégradation de la macroéconomie avant de shorter le marché boursier sur du long terme. Une position short dans un marché en hausse expose à un risque de perte considérable si vous utilisez un effet de levier.

Vous pouvez vous servir de la macroéconomie pour shorter le marché. Il est en réalité plutôt simple de savoir quand le marché baissier des actions commence. Il n’est pas garanti que le marché baissier commence lorsque l’économie se dégrade. Cependant, il est garanti que le marché baissier ait commencé si l’économie tombe en récession. Les récessions commencent généralement entre 1/4 et 1/3 du marché baissier.

Ce qu’il ne faut pas faire

Vous ne devez jamais trader l’actualité. Cela est vrai pour les marchés haussiers, mais surtout pour les marchés baissiers. L’actualité, la macroéconomie et les décisions politiques changent très rapidement dans un marché baissier. L’économie se dégrade vite, la volatilité du marché devient extrême et les gouvernements mettent rapidement en œuvre des stratégies pour rassurer les marchés.

L’actualité a tendance à venir de partout dans un marché baissier. Par exemple, un jour pendant le second semestre 2008, le gouvernement américain a annoncé une politique de relance, le marché boursier a bondi de 5%. Dans la même journée, le gouvernement annonçait des décisions contradictoires, ce qui a provoqué une chute de 5% du marché. La volatilité quotidienne et intra-journalière était insensée.

Toute personne ayant tradé en suivant ces informations aurait dans tous les cas été sortis du marché avec cette volatilité. A force de trader en période de forte volatilité, votre capital peut rapidement fondre.

Vous devez avoir un plan bien défini dans un marché baissier et vous y tenir. Vous ne devez en aucun cas dévier de votre stratégie à cause de l’actualité. Vous ne savez jamais quelle sera la prochaine nouvelle ou la prochaine annonce politique.

N’essayez pas d’attraper un couteau qui tombe

Certains traders aiment prédire la fin d’une tendance. Pourtant c’est dangereux. Aucun marché baissier ne se ressemble. Certains marchés baissiers évoluent en dents de scie tandis que d’autres dégringolent sans réellement rebondir.

Le marché peut rebondir de 10% ou plus dans un marché baissier
Parfois le marché baissier continue sans connaître de rebond

N’achetez pas un marché qui baisse avant d’être convaincu que la tendance est terminée. Ne tentez pas de trader les rebonds du marché baissier. Vous ne savez ni quand le marché baissier commencera et ni quand il se terminera.

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