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Modèle de trading Golden / Death Cross qui génère 14% par an

Le modèle que je vais vous présenter aujourd’hui est une stratégie de trading (d’investissement) purement basée sur l’analyse technique, c’est-à-dire qui n’utilise que les données du prix.

Cette stratégie permet à n’importe qui de surperformer le marché boursier sans prendre des risques démesurés. Que vous soyez un trader professionnel ou une personne qui souhaite commencer à investir en bourse, vous pouvez utiliser ce modèle pour trader les marchés.

En plus d’être simple, cette stratégie à l’avantage de ne demander quue quelques secondes par jour. Vous n’avez pas besoin de rester scotché des heures à votre écran pour surperformer le marché. Avec les outils d’aujourd’hui, il existe même des services qui vous permettent de recevoir une notification sur votre téléphone lorsque les conditions sont réunies au lieu de regarder tous les jours votre graphique.

Ce modèle repose sur le croisement des moyennes mobiles à 50 et 200 séances. J’ai déjà étudié la performance de ces croisements dans mon blog (Golden Cross et Death Cross). La conclusion était simple : Les Death Cross ne sont pas toujours des signaux baissiers pour le marché boursier, mais les Golden Cross donnent des signaux haussiers intéressants pour le long terme.

Conditions d’entrée et de sortie

Le modèle que je vous présente est très simple. Il ne comporte que deux conditions :

  1. Vendre l’ETF SSO (S&P 500 à effet de levier de 2) lorsque le S&P 500 fait un Death Cross.
  2. Achetez l’ETF SSO lorsque l’indice S&P 500 fait un Golden Cross, ET la moyenne mobile à 50 séances reste au-dessus de la moyenne mobile à 200 séances pendant 5 séances.

Voici quelques exemples de trades de ce modèle :

2000 – 2003 :

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2007 – 2009 :

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2018 – 2019 :

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Croisements moyennes mobiles vs. S&P 500

Cette stratégie a généré un rendement moyen de 14 % par an de 1950 à aujourd’hui (hors dividendes).

En comparaison, le simple fait d’investir passivement sur le SSO de 1950 à aujourd’hui a généré un rendement annuel moyen de 13,2 %. Quant au S&P 500, il a généré un rendement annuel moyen de 8,9%.

Comparaison d’une stratégie d’achat et de conservation du SSO et notre stratégie Golden / Death Cross sur SSO depuis 1950 :

A première vue, cette stratégie n’est pas réellement meilleure qu’une stratégie d’achat et de conservation (Buy & Hold). Mais voici le principal atout derrière ce modèle: il est moins volatil qu’un investissement passif sur le SSO.

  1. Cette stratégie sous-performe pendant les marchés haussiers parce que vous manquez certaines parties de la tendance haussière à cause des mauvais signaux des Death Cross.
  2. Mais les Death Cross vous permettront de surperformer pendant les marchés baissiers, car vous serez en dehors du marché lorsqu’il baissera.

Voici l’exposition de ce modèle au marché boursier (en vert) depuis 1950 :

Vous pouvez constater que ce modèle vous empêche de perdre beaucoup d’argent en évitant les marchés baissiers, surtout ceux de 2001-2002 et 2008-2009.

Danger des ETFs à effet de levier

Les ETF à effet de levier comme le SSO peuvent perdre plus de 70 % de leur valeur pendant les marchés baissiers. Et bien que ces ETF à effet de levier finiront par se redresser lors du prochain marché haussier, il s’agit toujours d’une expérience psychologique extrêmement difficile dont la plupart finiront par clôturer leur position avec des larges pertes et racheter lorsque le marché aura déjà bien rebondi.

Ce modèle vous aide à éviter ces expériences psychologiques douloureuses pendant lesquelles vous voyez votre capital s’évaporer de plus de 50% en 1-2 ans.

Par exemple, vous aurez perdu moins de 40% de votre capital pendant les crashs de la crise financière de 2008 et de la bulle tech en 2001-2002 contre plus de 50% pour le SSO ou le SPY (ETF S&P 500 sans effet de levier).

Comparaison des drawdowns d’une stratégie passive sur le SSO et notre stratégie Golden / Death Cross sur SSO :

Étant donné que les marchés baissiers détruisent les ETFs à effet de levier comme le SSO, cette stratégie vous permet de sortir du marché baissier relativement tôt et d’éviter la majeure partie des marchés baissiers.

Mot de la fin

Ce modèle d’investissement a donc l’avantage de ne prendre que très peu de temps (< 1 minute par jour) pour générer des rendements plus que confortable (>14%/an) tout en évitant les larges pertes que provoquent les marchés baissiers sur les ETF à effet de levier.

Cette stratégie est purement basée sur l’analyse technique et suppose que vous n’avez pas d’autre moyen de prédiction pour éviter les marchés baissiers.

Bien évidemment il est facilement possible d’améliorer cette stratégie pour qu’elle génère un meilleur rendement simplement en combinant l’analyse technique avec l’analyse fondamentale.

Quels sont les meilleurs indicateurs de valorisation ?

En bourse, les indicateurs de valorisation vous permettent de savoir si une action, un marché ou une classe d’actifs est « sous-évaluée » ou « surévaluée ».

  • Un marché est jugé « bon marché » lorsqu’il est « sous-évalué ». La sagesse conventionnelle affirme que les investisseurs et les traders préfèrent acheter ces actifs parce qu’ils sont « sous-évalués ».
  • Un marché est jugé « cher » lorsqu’il est « surévalué ». Dans ce cas, la sagesse conventionnelle affirme que les investisseurs et les traders préfèrent vendre ces actifs parce qu’ils sont « surévalués ».

Ce concept n’est pas seulement utilisé par les investisseurs de type « value » comme Warren Buffet. Les traders de renversement et contrarien fonctionnent avec la même logique qui stipule que les valorisations élevées doivent « retourner à des niveaux normaux ».

  • Les actifs dont les prix sont « surévalués » sont censées baisser, afin de réduire leur niveau de valorisation.
  • Les actifs dont les prix sont « sous-évalués » sont censées augmenter afin d’augmenter leur niveau de valorisation.

Mais il y a un point que de nombreux traders et les investisseurs ne réalisent pas:

La valorisation ne peut être utilisée que comme un indicateur de très long terme. Il ne peut pas être utilisé comme indicateur à moyen terme pour timer le marché.

  1. Lorsque les valorisations sont « élevées » (trop chères), le rendement futur prévu pour les 5 à 10 prochaines années est relativement faible.
  2. Lorsque les valorisations sont « faibles » (bon marché), le rendement futur prévu pour les 5 à 10 prochaines années est relativement élevé.

Cependant, les rendements futurs du marché sur 1 à 2 ans n’ont presque aucune corrélation avec les valorisations. Par conséquent, vous ne devriez pas être haussier sur une valeur simplement parce qu’elle est « sous-évaluée » et vous ne devriez pas être baissier sur une valeur simplement parce qu’elle est « sur évaluée ». Le niveau de valorisation ne peut pas être utilisé pour timer le marché. Or le timing est le plus important lorsque vous tradez ou investissez.

Corrélation entre les rendements futurs du S&P 500 et le ratio Shiller P/E

Voici un exemple, en utilisant l’indicateur de valorisation de la « capitalisation boursière / PIB des États-Unis ».

Indicateur valorisation Capitalisation boursière / PIB

Vous pouvez clairement constater la faille dans cet indicateur de valorisation : il n’est pas utile pour définir les sommets des marchés haussiers. En se basant sur cet indicateur, les valorisations sont « extrêmement chères » depuis 1994. En 1995, le S&P 500 côtait à 450 points. Quiconque est resté en dehors des actions parce que cet indicateur indiquait que le « marché boursier est surévalué » aurait manqué des gains considérables (Le S&P 500 a été multiplié par plus de 6 depuis).

Voici d’autres indicateurs de valorisation couramment utilisés. Le ratio Q de Tobin est celui que je préfère.

Ratio Q de Tobin

Le ratio Q de Tobin est le ratio entre la capitalisation boursière divisé par la valeur de remplacement du capital fixe. Le « coût de remplacement » est relativement proche de la « valeur comptable » (book value).

En théorie, un ratio au-dessus de 1 (surévalué) signifie que l’entreprise/le marché à tout intérêt à investir davantage pour augmenter son capital fixe.

Le « coût de remplacement » est un concept simple, mais incroyablement difficile et laborieux à calculer. C’est pourquoi la Réserve fédérale calcule ce chiffre une fois par trimestre dans les comptes financiers Z.1 des États-Unis. Ce nombre est généralement publié deux mois et demi après le trimestre terminé.

Le ratio Q de Tobin ressemble à ceci:

Ratio Q de Tobin

Le Q de Tobin est sans doute le meilleur et le plus complet indicateur de valorisation pour le marché boursier américain. Il prend en compte les actifs de production des sociétés américaines, ce qui n’est pas le cas du ratio P/E.

Le Ratio Q de Tobin fluctuait au sein d’une fourchette bien définie de 1900 à 1994. Depuis, la fourchette de valorisation s’est déplacée vers le haut, ce qui est arrivé à chaque indicateur de valorisation.

Ratio P/E du S&P 500

Il y existe deux ratios Price / Earnings (P/E) du S&P 500 :

  1. Le ratio P/E « forward » (sur 12 mois). Ce ratio divise la capitalisation boursière du S&P 500 d’aujourd’hui par les bénéfices prévus dans 1 an des entreprises du S&P 500.
  2. Le ratio P/E « trailing » (de 12 mois). Ce ratio divise la capitalisation boursière du S&P 500 d’aujourd’hui par les bénéfices des entreprises du S&P 500 générés depuis 1 an.

Le problème avec le ratio P/E du S&P 500 est que, contrairement au ratio Q de Tobin, n’a pas de pics et de creux clairement définis. Comme vous pouvez le constater dans le graphique ci-dessous, il est compliqué de trouver une « résistance » commune aux sommets. Le marché boursier peut être « surévalué » pendant une longue période.

Ratio P/E S&P 500

Cet indicateur d’évaluation a un autre problème. Les valorisations devraient baisser dans un marché baissier parce que le marché est en baisse et les valorisations devraient augmenter dans un marché haussier parce que le marché est en hausse.

Or parfois, le ratio P/E monte dans un marché baissier! Pourquoi ? Parce que les bénéfices des entreprises baissent plus rapidement que la capitalisation boursière du S&P 500.

En se basant sur cet indicateur, le marché boursier serait de plus en plus « cher » dans un marché baissier. Quiconque évite les actions à cause de cet indicateur manquera le rebond du marché.

Le ratio P/E « forward » du S&P 500 présente un problème similaire.

Ratio P/E forward S&P 500

Par conséquent, cet indicateur de valorisation est moins intéressant que le ratio Q de Tobin.

Capitalisation boursière en % du PIB nominal

Cet indicateur est sans doute l’un des indicateurs de valorisation les moins utiles.

Ratio Capitalisation boursière / PIB

Pour commencer, la « valorisation » est censée être la division entre le prix du marché et la « valeur » du marché. Pourquoi introduire une troisième variable comme le PIB ?

Le marché boursier et le PIB évoluent dans la même direction sur du long terme, mais pas à la même vitesse. De plus, les sociétés américaines sont devenues beaucoup plus rentables au cours des 30 dernières années, ce qui explique la hausse de cet indicateur de valorisation sur le long terme.

Enfin, cela ne sert à rien de savoir que la capitalisation boursière a atteint 75% du PIB. La capitalisation boursière de Hong Kong en % du PIB est proche de 300%!

Mais le plus gros défaut de ce ratio est qu’il ne prend pas en compte que les entreprises américaines tirent de moins en moins leurs revenus de l’économie américaine. Une part de plus en plus importante des bénéfices des entreprises américaines provient de l’étranger (actuellement environ 50 %). Cela signifie que si la croissance économique des États-Unis ralentit au cours des prochaines décennies, la croissance des bénéfices des entreprises américaines ne ralentira pas forcément autant que l’économie parce que les économies des pays en développement continueront de croître à des taux beaucoup plus élevés. Les bénéfices des entreprises américaines bénéficieront de taux de croissance plus élevés dans les économies étrangères.

S&P 500 par rapport à sa tendance de régression linéaire

C’est sans doute le pire indicateur d’évaluation parce qu’il ne mesure pas du tout le niveau de valorisation.

Sur du long terme, le S&P 500 est en hausse de 7 à 8% par an. Donc cet indicateur ne fait que tracer la tendance du S&P 500 (inflation ajustée) soit une hausse de 7 à 8 % par an…

Régression linéaire du S&P 500

L’idée derrière cet indicateur est que lorsque le marché est au-dessus ou en dessous de sa ligne de tendance de long terme pendant trop longtemps, il finira par revenir à sa ligne de tendance.

Mais comme vous pouvez le constater dans le graphique ci-dessus, le marché peut être au-dessus ou en dessous de cette ligne de tendance de régression pendant une très, très longue période (1-2 décennies). Par conséquent, il ne peut pas être utilisé pour prévoir les sommets des marchés haussiers ou les creux des marchés baissiers !

Cet indicateur d’évaluation est inutile parce qu’il suppose simplement que le S&P 500 augmentera de 7 à 8% par an. Or cela est une moyenne. Le S&P 500 progresse beaucoup plus que 7-8% par an ou beaucoup moins. En aucun cas le S&P 500 progresse de 7-8% chaque année.

Enfin, la performance à long terme de l’indice pourrait être plus élevée ou plus faible à l’avenir en fonction d’un certain nombre de facteurs :

  1. Les taux d’intérêt à long terme. Les taux d’intérêt ont été beaucoup plus bas au cours des 30 dernières années que les 30 années précédentes.
  2. La rentabilité des entreprises américaines. Les marges bénéficiaires des entreprises américaines ont constamment progressé au cours des 30 dernières années.
  3. L’appétit des investisseurs pour les actions. Le concept d’investir dans les actions n’était pas vraiment répandu jusqu’aux années 1980. Avant cela, les investisseurs particuliers avaient davantage tendance à placer la plupart de leurs économies dans des obligations.

Le meilleur stop-loss pour un trader / investisseur

Chaque trader ou investisseur doit avoir un stop-loss, quelle que soit sa stratégie.

  1. Vous devez prendre des décisions d’investissement et de trading fondées sur un ensemble de règles.
  2. Evidemment, nous croyons toujours que notre trade/investissement est une bonne idée (sinon vous ne traderiez pas), mais nous devons toujours nous préparer au pire scénario avant de trader/investir. Nous devons savoir quand clôturer sa position s’il ne se déroule pas comme prévu.

Voici quelques méthodes pour déterminer où placer votre stop-loss. J’explique également ma méthode préférée.

Un stop-loss fixe en pourcentage %

Le type de stop-loss le plus couramment utilisé est en fonction d’un pourcentage fixe prédéfini en avance. Cette méthode est préconisée dans les livres de trading tels que Market Wizards. De nombreux traders, gestionnaires de fonds et investisseurs réduiront voire couperont leur position si le marché chute de X% par rapport à l’endroit où ils sont entrés.

Je comprends la logique derrière ce type de stop-loss. Une position ne devrait pas commencer par une perte massive et les trades les plus rentables commencent le plus souvent par seulement une perte mineure. Une position qui perd immédiatement 15% n’est probablement pas un bon trade.

Cependant, un stop-loss fixe en pourcentage peut vous obliger à couper votre position au pire moment. Imaginons que votre stop-loss est de 10%. Que se passe-t-il si le marché chute de 11% puis rebondit de 30% ? Vous venez de perdre 10% sur votre position qui aurait pu être très rentable.

Un stop-loss basé sur un support / une résistance

Cette méthode est couramment utilisée par les traders utilisant l’analyse technique. Ils traceront leurs lignes de support / résistance sur un graphique puis :

  1. Lorsqu’ils achètent, ils couperont leur position lorsque le cours tombera sous le support à X€.
  2. Quand ils vendent à découvert (short), ils couperont leur position lorsque le cours remontera au-dessus de la résistance à X€.

Voici un exemple avec le cours de l’or.

Cette stratégie fonctionnait il y a des décennies, quand il y avait moins de fausses cassures. Cela ne fonctionne pas bien de nos jours, car il beaucoup de faux signaux de cassure. Les grands fonds spéculatifs vont souvent provoquer une baisse du marché en dessous d’un support pour déclencher beaucoup de stop afin d’acheter des actions à un meilleur prix.

Un stop-loss suiveur

Supposons que votre position soit rentable. Certains investisseurs / traders choisiront de paramétrer un stop-loss suiveur. Par exemple. Ils vont coupeur leur position en perte ou en gain si le marché tombe en dessous de la moyenne mobile à 50 séances.

L’avantage derrière cette méthode est évident: vous ne transformerez pas une position rentable en une position perdante, car si le marché se retourne, vous clôturerez votre position en gain.

L’inconvénient est similaire à un stop-loss fixe en pourcentage. Supposons que votre stop est la moyenne mobile à 50 séances. Le marché est en hausse et vous gagnez de l’argent. Ensuite, le marché corrige légèrement et tombe en dessous de la moyenne mobile. Vous coupez donc votre position, mais le marché rebondit juste après.

Vous avez pris un petit bénéfice sur une position qui aurait été plus rentable, mais puisque vous ne savez pas si la baisse est simplement une petite correction ou le début d’un marché baissier, cette décision est légitime.

Un stop-loss en fonction de la situation

Je vais très certainement en choquer plus d’un, mais ceci est ma méthode préférée.

Vous ne devriez couper votre position que si vous pensez que la thèse de votre trade / investissement devient fausse. Cela semble pourtant logique, non?

Il est dangereux de couper arbitrairement votre position sur la base d’un pourcentage ou d’un indicateur technique, car vous pourriez couper votre position au pire moment possible.

J’investis dans les ETF du S&P 500 uniquement via mes modèles de moyen et long terme (qui seront bientôt disponibles sur mon site). Mes modèles reposent sur une combinaison de facteurs techniques ET de facteurs fondamentaux. J’ai bel et bien des conditions pour sortir du marché mais qui dépendent de ces deux facteurs. Pas seulement du prix. Je sors du marché uniquement lorsque mon modèle change de direction haussière à baissière.

Par exemple. Disons que je suis depuis longtemps à l’achat sur le SSO (ETF sur le S&P 500 à effet de levier de 2) car mon modèle m’indique que l’économie américaine s’améliore. Je ne couperais mes pertes uniquement lorsque le marché baissera ET que l’économie américaine commencera à se dégrader. Si le SSO chute de 20% ET que l’économie américaine continue de s’améliorer, je garderai ma position, car d’après l’historique des prix, une correction de 20% est très souvent un bon prix pour rentrer à l’achat lorsque l’économie américaine est toujours en expansion.

Evolution du S&P 500 et récessions américaines

Continuez votre lecture avec cet article >> Pourquoi faut-il combiner l’analyse technique avec l’analyse fondamentale lorsque vous investissez ?

Stratégies de suivi de tendance, avantages et inconvénients

Le trading de suivi de tendance est une méthode de trading simple rendue célèbre dans les années 1970. Beaucoup de grands traders suivaient les tendances dans ces années tels que Paul Tudor Jones. Beaucoup d’entre eux sont présentés « Market Wizards » de Jack D. Schwager, livre que je ne peux que recommander.

Dans cet article, nous allons examiner:

  • Qu’est-ce que le suivi de tendance ?
  • Quels sont ses avantages et inconvénients.
  • Comment trader les tendances

Qu’est-ce que le suivi de tendance

Le suivi de tendance est une stratégie de trading simple qui peut être utilisée sur tous les marchés. Elle repose exclusivement sur l’analyse technique. Suivre les tendances ne nécessite pas l’analyse des fondamentaux.

Un trader qui suit les tendances va acheter un actif lorsqu’il sera en hausse, car il estime que le marché va continuer à croître. A l’inverse, il va shorter le marché lorsqu’il sera en baisse, car il estime que le marché va continuer à reculer.

Un trader qui applique une stratégie de suivi de la tendance croît aux hypothèses suivantes:

  • Si le marché est en baisse, je ne sais pas quand il cessera de baisser.
  • Si le marché est en baisse puis rebondi, je peux entrer au début de la nouvelle tendance haussière, car je peux raisonnablement supposer que le marché continuera à augmenter.
  • Si le marché est en hausse, je ne sais pas quand il cessera de monter.
  • Si le marché est en hausse puis se renverse, je peux entrer au début de la nouvelle tendance baissière, car je peux raisonnablement supposer que le marché continuera à chuter.

Les adeptes du suivi de tendance ne portent aucune attention aux fondamentaux. Ils ne peuvent pas utiliser les fondamentaux pour adopter un point de vue opposé au marché puisqu’ils suivent l’action du prix. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est se servir des prix actuels et passés pour juger s’il est bon d’être à l’achat ou à la vente.

Les traders qui suivent la tendance ne sortent pas du marché à moins que le marché se retourne en leur défaveur. Les traders qui suivent la tendance n’utilisent pas de take-profits.

Le suivi de tendance peut être utilisé pour le trading de court, moyen et long terme, mais il est le plus populaire parmi les traders de court et moyen terme.

Il existe 2 types de suiveurs de tendance: les suiveurs de tendance systématiques et les suiveurs de tendance discrétionnaires :

Suiveurs de tendances systématiques

Les traders de tendance systématiques utilisent des indicateurs quantitatifs tels que les moyennes mobiles et le MACD pour entrer et sortir du marché. Voici un exemple d’une stratégie simple de suivi systématique des tendances:

  • Achetez lorsque le marché croise à la hausse sa moyenne mobile à 50 périodes. Les traders qui suivent la tendance estimeront que le marché à plus de chances de continuer à progresser que se retourner.
  • Vendez lorsque le marché croise à la baisse sa moyenne mobile à 50 périodes. Dans ce cas, les traders qui suivent la tendance estimeront que la tendance est dorénavant baissière.

Voici un exemple.

Stratégie simple de suivi de tendance

Suiveurs de tendance discrétionnaires

Les traders de tendance discrétionnaire utilisent les cassures de ligne de tendance pour entrer et sortir du marché.

  • Ils achètent quand ils pensent que le marché a cassé une résistance ou une ligne de tendance baissière.
  • Ils vendent quand ils pensent que le marché a cassé un support ou une ligne de tendance haussière.

Voici quelques exemples.

Signal vente après breakout
Stratégie breakout

Les stratégies de suivi des tendances systématiques sont généralement meilleures que les stratégies de suivi des tendances discrétionnaires tout simplement parce que vous ne pouvez pas savoir si une stratégie de suivi de tendance discrétionnaire fonctionne. En effet, vous ne pouvez pas backtester une stratégie basée sur la cassure de ligne de tendance, de support ou de résistance. Par contre, vous pouvez savoir si une stratégie basée sur des indicateurs techniques fonctionne ou non, car vous pouvez la backtester.

Le problème avec le suivi de la tendance

Les avantages et inconvénients des stratégies de suivi de tendance sont évidents:

  • Les stratégies de suivi des tendances fonctionnent bien lorsqu’il existe des tendances claires et durables.
  • Les stratégies de suivi de tendance fonctionnent mal lorsque le marché est instable et qu’il commence à fortement osciller. Cela entraîne beaucoup de petites pertes et peut ruiner votre capital.

Quand les stratégies de suivi de tendance fonctionnent bien

Par exemple, le suivi de la tendance a très bien fonctionné sur le marché boursier en 2017. La tendance haussière était très forte sans réelle correction. Les traders qui suivaient la tendance du marché jusqu’au bout n’ont pas manqué le rallye, à la différence des traders qui misaient sur un renversement de la tendance parce qu’il était « suracheté » ou « en bulle ».

Voici un exemple d’une simple stratégie de suivi de tendance :

  • Achetez quand le marché croise à la hausse sa moyenne mobile à 100 périodes.
  • Vendez quand le marché clôture en dessous.
Exemple d'une stratégie de suivi de tendance simple

Comme vous pouvez le constater, cette simple stratégie de suivi de tendance vous aurait permis de rester dans l’intégralité du marché haussier de 2017 et de surperformer la quasi-totalité des traders et hedges funds puisque vous aurez réalisé un rendement de 19% en 2017.

Quand les stratégies de suivi de tendance ne fonctionnent pas bien

Les traders qui suivent la tendance doivent réduire leurs pertes lorsque le marché oscille. C’est à ce moment que le marché met en péril ces traders, car ils entrent puis vendent plus bas à de multiples reprises.

  • Le marché monte, alors les traders achètent. Manque de conviction, le marché se retourne, les traders fidèles à leur stratégie sont donc forcés à vendre en perte.
  • Le marché baisse, alors les traders shortent. L’optimisme reprend la main, alors le marché rebondit, forçant les traders qui suivaient la tendance à clôturer à nouveau en perte.

En général, ces pertes sont petites. Mais lorsque le marché est instable pendant une longue période, ces pertes s’additionnent et entraînent une perte importante.

Voici un exemple. Le marché boursier a été très instable en 2015. Les traders qui suivaient la tendance ont changé souvent de positionnement, générant plusieurs petites pertes.

Si nous reprenons la même stratégie de suivi de tendance (achetez quand le marché dépasse sa MA100, vendez quand le marché passe sous la MA100), les traders auraient été victime des nombreux retournements du marché, qui au final auraient beaucoup coûté à ces traders.

Stratégies suivie de tendance donnent des faux signaux

Comment trader les tendances

Le grand désavantage des stratégies de suivi de tendance est que les mauvais signaux entraînent beaucoup de petites pertes. La solution pour améliorer une stratégie de suivi de tendance est de réduire le nombre de mauvais signaux.

Pour cela, vous devez savoir si le marché est dans une forte tendance ou en consolidation pour du long terme.

Certains traders indiquent qu’il faut attendre quelques jours pour confirmer le signal du marché. Par exemple, ils vont attendre que le cours évolue au-dessus de sa moyenne mobile à 50 périodes pendant 3 séances avant d’acheter et vont vendre lorsque le cours va évoluer en dessous de sa MM50 pendant 3 séances.

Si vous backtester avec cette « amélioration », vous constaterez que cette condition supplémentaire n’aide pas à éviter les faux signaux. En réalité, vous entrerez/sortirez du marché à un moins bon prix.

Améliorer les stratégies de suivi de tendance grâce à la macroéconomie

C’est un point que je défends régulièrement: les stratégies qui associent l’analyse technique à l’analyse fondamentale sont préférables aux stratégies qui dépendent uniquement de l’analyse technique (ou uniquement de l’analyse fondamentale).

Suivre la tendance dépend exclusivement de l’analyse technique. Cela dépend des indicateurs basés sur les prix. Mais si vous combinez une stratégie de suivi de tendance traditionnelle avec des indicateurs fondamentaux, la stratégie deviendra beaucoup plus efficace. Vous aurez beaucoup moins de faux signaux et un bien meilleur rendement.

Le marché boursier

La plus connue des stratégies de suivi de tendance est d’acheter le marché boursier lorsqu’il est au-dessus de sa moyenne mobile à 200 séances et le vendre lorsqu’il tombe en dessous.

Le problème de cette stratégie c’est que le marché boursier tombe régulièrement en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours sans réellement débuter un marché baissier par la suite. Pourquoi ? Tout simplement parce que le marché boursier est dans une longue tendance baissière uniquement lorsque l’économie américaine tombe en récession.

Eviter les faux signaux

Donc si vous combinez cette simple stratégie de suivi de tendance avec des indicateurs fondamentaux, vous pourrez réduire ces faux signaux de sortie. En clair, votre nouvelle stratégie de suivi de tendance doit ressembler à cela :

  1. Achetez lorsque le S&P 500 est supérieur à sa moyenne mobile à 200 jours.
  2. Vendez uniquement lorsque le S&P 500 tombe en dessous de sa moyenne mobile ET que l’économie américaine se dégrade.

Méthode de trading simple et efficace pour trader les tendances

Voici un exemple concret pour suivre de façon simple mais efficace les longues tendances haussières que procure le marché boursier.

  1. Vendez le S&P 500 lorsqu’il évolue en dessous de sa moyenne mobile à 200 séances ET que le nombre de bénéficiaires réguliers de l’allocation chômage* aux Etats-Unis évolue au-dessus de sa moyenne à 52 semaines.
  2. Sinon achetez le S&P 500.
Comparaison stratégies suivi de tendance avec macroéconomie

Les résultats de cette simple stratégie sont bluffants. Alors qu’une stratégie basée uniquement sur la moyenne mobile à 200 jours a généré un rendement annuel moyen de 6,2% (hors dividendes), la stratégie présentée ci-dessus a généré un rendement annuel moyen de 8,1% (hors dividendes).

Voilà un parfait exemple comment surperformer les marchés de façon simple et avec moins de risques. Vous n’avez pas besoin d’un doctorat en finance ou un QI de 150 pour surperformer les marchés. Si vous avez aimé cet article, je vous remercie d’avance de le partager afin de soutenir mon site et me motiver à proposer davantage de contenu.

Qu’est-ce qu’un marché baissier et comment vous devriez le trader

Un marché baissier, également appelé « bear market », est une direction baissière des prix causés par les nombreuses ventes des traders. Il existe deux manières de définir un « marché baissier » ou un « marché haussier ».

  1. Un état d’esprit (psychologie des investisseurs)
  2. Une méthode quantifiable.

En termes de psychologie des investisseurs, un marché baissier peut se définir par « une période prolongée de chute des prix du marché dans laquelle la baisse est alimenté par le pessimisme des investisseurs ». Cela signifie que les inquiétudes sont partagées par la majorité des investisseurs et traders. Les investisseurs / traders vendent parce qu’ils s’attendent à une chute des prix. Les prix baissent, alors les investisseurs / traders vendent davantage, ce qui fait baisser encore plus les prix. C’est un cercle vicieux.

Cela signifie que la tendance du marché à moyen et long terme est baissière (même s’il peut y avoir des importants rebonds (+10%)). Les marchés baissiers se caractérisent par:

  1. Un pessimisme partagé par les investisseurs (anticipation d’une chute du marché à moyen et long terme).
  2. Des fondamentaux négatifs ou en détérioration. Les « fondamentaux » de chaque marché sont différents. Par exemple, les fondamentaux du marché boursier sont l’économie et les bénéfices des entreprises. Le marché boursier baisse lorsque l’économie se dégrade.

La phrase clé ici est que les prix ont une tendance baissière dans un marché baissier. Mais comment définir cela de manière concise? Quelle baisse faut-il pour qualifier un marché de « baissier » ? Pendant combien de temps les prix doivent-ils baisser? Car oui, une notion de durée est tout aussi importante qu’une notion de magnitude.

C’est là qu’intervient la méthode quantifiable. La définition répandue du « marché baissier » est une baisse de 20% ou plus du marché boursier.

Cette définition peut être différente pour les autres marchés. Pour un marché très instable comme l’argent, une baisse de 20% est simplement une « correction » et non un marché baissier. Le marché boursier est moins volatil que les matières premières.

Problème avec la définition standard d’un marché baissier

Je n’aime pas quand la sagesse conventionnelle définit un « marché baissier » comme une baisse de 20% des prix.

Pourquoi 20% et pas 15 ou 25% ?

De nombreux investisseurs et traders deviennent victimes de cette définition. Ils considèrent que la baisse du marché boursier de 2011 n’est qu’une correction, car le S&P a chuté de 19,3% lorsque vous utilisez les prix de clôture. Cependant, le S&P a chuté de 21% lorsque vous utilisez les mèches.

Le marché baisse de 20% puis rebondit

Le problème avec la définition des 20%, c’est que le marché peut corriger de 20% dans un marché haussier sans pour autant compromettre la tendance. En réalité, le marché a souvent tendance à rebondir après une telle correction, sauf en cas de récession de l’économie américaine. C’est pour cela qu’il est toujours important de suivre l’évolution de l’économie américaine pour prendre les meilleures décisions d’investissement possibles.

Un baisse de 20% n'est pas un marché baissier

Qu’est-ce qu’un marché baissier ?

Nous devons revenir à la source de la définition d’un marché baissier: « un pessimisme rationnel qui se nourrit de lui-même » (c.-à-d. vague baissière après vague baissière). Un marché baissier doit donc comprendre deux variables : la magnitude et la durée de la correction.

Une meilleure définition d’un marché baissier peut être : Une correction de 40% pendant au moins 1 an (entre le plus haut et le plus bas).

Avec cette définition, les « marchés baissiers » seraient beaucoup moins fréquent et permettrait d’éviter de sortir du marché à la fin d’un repli temporaire d’un marché haussier. En suivant cette définition, il n’y a eu que 6 marchés baissiers depuis la Grande Dépression.

  1. 1929-1933
  2. 1937-1938
  3. 1968-1970
  4. 1973-1974
  5. 2000-2002
  6. 2007-2009

Tous ces marchés baissiers ont connu des vagues de ventes successives. La durée (au moins 1 an) est tout aussi important que la magnitude (baisse de +40%), car la durée est ce qui permet de différencier la panique d’un pessimisme rationnel.

Si le marché boursier s’effondrait de 40% en un jour, puis rebondissait pour atteindre des nouveaux sommets au cours des 3 prochaines semaines, on ne parlerait pas de pessimisme rationnel, mais de panique. Ce sont les longues tendances baissières qui font perdre aux investisseurs l’espoir d’un rebond rapide.

Il y a eu de nombreuses baisses de 15%, 20% et même 25% pendant les marchés haussiers. Celles-ci peuvent être appelées des « corrections significatives ».

Comment devriez-vous trader/investir dans un marché baissier

« Vous n’avez pas forcément besoin de trader. Parfois, rester hors du marché permet de gagner de l’argent. »

Quand il s’agit d’un réel marché baissier, tous les médias en parlent. L’apocalypse semble proche. Beaucoup d’investisseurs perdent de l’argent pendant ces moments. Être en cash permet d’être relativement bien lotis. Tout ce que reste ensuite à faire est de racheter plus bas que le prix auquel vous avez vendu.

Le tout premier rebond après la fin du marché baissier (c’est-à-dire la première vague du nouveau marché haussier) est toujours extrêmement puissant. Détenir un ETF avec effet de levier de 2 voire 3 à ce moment-là est la meilleure des choses à faire car cela permet de générer d’énormes profits.

Toutefois, avant de profiter de cette première vague haussière, il existe plusieurs bonnes possibilités pour trader un marché baissier au lieu de rester en cash.

Acheter des obligations d’Etat à court terme (peu risqué)

Vous pouvez envisager d’acheter des obligations d’Etats de court terme (par exemple une obligation de 2 ans) lorsque vous pensez que le marché est au début d’une tendance baissière de long terme. Les marchés baissiers durent généralement entre un et deux ans. Par conséquent, les obligations de court terme (< 2 ans) arriveront à échéance avant la fin du marché baissier. 

Ainsi, vous pourrez prétendre gagner ne serait-ce que 2% par an lorsque le marché boursier s’effondra de plus de 40%.

Shorter le marché baissier (risqué)

Vous pouvez également envisager de shorter le marché. Cependant, il est important de garder à l’esprit qu’il ne faut jamais le shorter lorsqu’il monte. N’essayez jamais de prédire le sommet d’un marché boursier. 

« Le marché peut rester irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable » – John Maynard Keynes

Le marché boursier peut continuer à augmenter beaucoup plus longtemps que vous ne le pensez. Supposons que vous pensiez qu’il reste 1 an au marché haussier. Vous attendez donc une dizaine de mois, puis vous décidez de shorter le marché afin de ne pas rester le top.

Que se passe-t-il si vous vous trompez ? Qu’advient-il s’il reste en fait 2 ans au marché haussier ? Le marché peut beaucoup monter les dernières années avant la fin d’un marché haussier. Vous allez donc perdre beaucoup d’argent sur votre position short.

Un conseil, ne sous-estimez jamais la capacité du marché à rester optimiste. Les meilleurs gestionnaires de fonds étaient baissiers pour du long terme sur le marché boursier en 1998 (par exemple, Jim Rogers, Julian Robertson, George Soros, Jeremy Grantham). Or le marché haussier a continué à progresser pendant 1 an et demi et de plus de 30% avant le début du marché baissier.

Beaucoup de personnes clamait un sommet majeur du cours du Bitcoin à 2 000 dollars. Or la bulle a continué à gonfler jusqu’à 20 000 dollars. Encore une fois, ne sous-estimez jamais la capacité d’un marché à rester optimiste dans une bulle, que cet optimisme soit soutenu par des fondamentaux solides ou non.

C’est une chose de passer à côté des 1-2 dernières années d’un marché haussier. C’est une autre chose de perdre de l’argent en shortant alors que tout le monde gagne de l’argent en étant à l’achat.

Vous devez attendre une importante dégradation de la macroéconomie avant de shorter le marché boursier sur du long terme. Une position short dans un marché en hausse expose à un risque de perte extrêmement important si vous utilisez un effet de levier.

Vous pouvez vous servir de la macroéconomie pour shorter le marché. Il est en réalité plutôt simple de savoir quand le marché baissier des actions a commencé. Il n’est pas garanti que le marché baissier commence lorsque l’économie se dégrade. Cependant, il est garanti que le marché baissier ait commencé si l’économie tombe en récession. Les récessions commencent généralement entre 1/4 et 1/3 du marché baissier.

Ce qu’il ne faut pas faire

Vous ne devez jamais trader l’actualité. Cela est vrai pour les marchés haussiers, mais surtout pour les marchés baissiers. L’actualité, la macroéconomie et les décisions politiques changent très rapidement dans un marché baissier. L’économie se dégrade vite, la volatilité du marché devient extrême et les gouvernements mettent rapidement en œuvre des stratégies pour rassurer les marchés.

L’actualité a tendance à venir de partout pendant un marché baissier. Par exemple, un jour pendant le second semestre 2008, le gouvernement a annoncé une politique de relance, le marché boursier a bondi de 5%. Dans la même journée, le gouvernement annonçait des décisions contradictoires, ce qui a provoqué une chute de 5% du marché. La volatilité quotidienne et intra-journalière était insensée.

Toute personne ayant tradé en suivant ces informations aurait dans tous les cas été sortis du marché avec cette volatilité. A force de trader en période de forte volatilité, votre capital peut rapidement fondre.

Vous devez avoir un plan bien défini dans un marché baissier et vous y tenir. Vous ne devez jamais dévier de votre stratégie à cause de l’actualité. Vous ne savez jamais quelle sera la prochaine nouvelle ou la prochaine annonce politique.

N’essayez pas d’attraper un couteau qui tombe

Certains traders aiment prédire la fin d’une tendance. Pourtant c’est dangereux. Aucun marché baissier ne se ressemble. Certains marchés baissiers évoluent en dents de scie tandis que d’autres dégringolent sans réellement rebondir.

Le marché peut rebondir de 10% ou plus dans un marché baissier
Parfois le marché baissier continue sans connaître de rebond

Ne passez pas à l’achat dans un marché baissier avant de penser que la tendance est terminée. Ne tentez pas de trader les rebonds du marché baissier. Vous ne savez ni quand le marché baissier commencera et ni quand il se terminera.

Performance stratégie croisement moyennes mobiles

Vous avez déjà sans doute entendu parler de la fameuse stratégie du croisement des moyennes mobiles qui consiste à acheter lorsque la moyenne mobile de court terme passe au-dessus de la moyenne mobile de long terme et vendre lorsqu’elle passe en dessous.

Ici, chez Eros-Trading, j’essaie de dissocier le vrai du faux, des théories largement acceptées et utilisées par l’industrie de la réalité. Les nombreux papiers au sujet de l’utilisation « de base » de chacun des indicateurs se contentent de rappeler la théorie sans pour autant vous donner des informations qui vous donneront un réel avantage sur les marchés.

Performance des « Death Cross »

J’ai récemment lu sur internet que le marché a chuté après un « Death Cross » (croix de la mort en français). Pour ceux qui ne le savent pas, un « Death Cross » se produit lorsque la moyenne mobile de 50 jours croise à la baisse la moyenne mobile à 200 jours. C’est en théorie (et relayé par les médias de cette façon) comme un important signal baissier pour les indices boursiers.

En réalité, comme la plupart des adages financiers, ce n’est pas le cas.

Historiquement, il est vrai qu’un Death Cross s’est toujours produit au début d’un marché baissier (à moins de 1/5ème du commencement). Mais c’est tout à fait normal. Le Death Cross est un signal de suivi de tendance, il va donc signaler de VENDRE/SHORTER dans le premier quart du marché baissier.

Cependant, les Death Crosses font trop de faux signaux. En réalité, un Death Cross est plus souvent un signal haussier sur du long terme qu’un signal baissier. Lors d’un jour lambda, la probabilité que le S&P 500 termine en hausse dans un an est de 73% contre 71% lorsqu’il y a un Death Cross.

Performance des Death Cross

Voici tous les Death Cross qui ont eu lieu sur le S&P 500 depuis le début des années 2000:

Si vous poursuivez l’étude jusqu’à 1950 vous aboutirez à la même conclusion: les Death Cross ne sont pas plus souvent baissiers que haussiers pour les indices boursiers.

Qu’en est-il de la performance des « Golden Cross » ?

Le « Golden Cross » (croisement d’or en français) se produit lorsque la moyenne mobile à 50 jours croise à la hausse la moyenne mobile à 200 jours. Ce croisement est généralement considéré comme un signal d’achat. Est-ce pour autant un signal haussier de moyen et long terme pour le marché boursier ?

Historiquement, un Golden Cross est bullish sur tous les horizons de temps pour les indices boursiers. Toutefois, le Golden Cross ne donne pas de réel avantage pour trader le marché boursier sur du court terme. Lors d’un jour lambda, la probabilité que le S&P 500 termine en hausse dans un mois est de 61% contre 63% lorsqu’il y a un Golden Cross.

Performance des Golden Cross

Voici tous les Golden Cross qui ont eu lieu sur le S&P 500 depuis le début des années 2000:

Si vous poursuivez l’étude jusqu’à 1950 vous aboutirez à la même conclusion: les Golden Cross ne donnent pas de réel avantage pour le court et moyen terme.

Stratégie croisement des moyennes mobiles

Imaginez que vous aviez décidé de baser vos décisions d’investissement uniquement sur le croisement des moyennes mobiles à 50 jours et 200 jours. Depuis 1950, vous auriez sous-performé en moyenne de 0,3% par an.

Performance stratégie croisement des moyennes mobiles

0,3% de sous performance n’est pas dramatique et cette stratégie certainement meilleure que l’achat et la conservation (Buy & Hold) compte tenu du fait qu’elle vous permet d’éviter les grands marchés baissiers. Votre drawdown maximum aurait été de 33% avec cette stratégie contre 57% pour une stratégie Buy & Hold.

Cette stratégie est donc intéressant pour un investisseur prudent, mais ne vous permet pas de surperformer les marchés.

Conclusion

Performances Death Cross et Golden Cross trading bourse

Death Cross

Comme vous l’aurez constaté, un Death Cross ne donne pas de réelle direction pour le court et moyen terme. C’est simplement un fait : le croisement de la moyenne mobile à 50 jours croise à la baisse la moyenne mobile à 200 jours

Les Death Cross peuvent être utilisées pour sortir du marché par précaution, car ce signal peut précéder une importante tendance baissière. Toutefois, le Death Cross est plus souvent un signal haussier que baissier sur du long terme.

N’oubliez pas que l’analyse technique n’est pas parfaite et qu’elle ne fonctionne pas très bien toute seule en bourse. Il conviendra donc de combiner l’analyse technique avec l’analyse fondamentale pour réduire les mauvais signaux des Death Cross.

Golden Cross

Comme vous l’aurez constaté, un Golden Cross ne donne pas de réel avantage pour le court et moyen terme. Parfois, le marché boursier monte les mois après un Golden Cross. Parfois, il chute.

Toutefois, il est très utile en tant que signal de long terme car il marque la fin d’une tendance baissière.

Les Golden Cross n’existent pas dans les marchés baissiers. Cela signifie que lorsqu’un Golden Cross se produit alors que le marché baissait les précédents mois, c’est que c’est probablement la fin de la tendance baissière et le début d’une nouvelle tendance haussière de long terme.

Voici des exemples de Golden Cross qui ont signalé la fin d’une tendance baissier/début d’une tendance haussière :

Pourquoi ne pas trader contre la tendance

La plupart des traders veulent aller à la fois long et short dans la même tendance afin de profiter des petites fluctuations du marché. Les traders pensent pouvoir doubler leurs profits s’ils tradent dans les deux sens du marché. En théorie c’est vrai. En pratique c’est rarement le cas.

Les traders doivent se contenter de rester dans le sens de la tendance de long terme (c.-à-d. à l’achat dans un marché haussier ou vendeur à découvert (short) dans un marché baissier). Trader contre la tendance de long terme peut être très dangereux (c’est-à-dire avoir une position short dans un marché haussier ou acheteuse dans un marché baissier). Voici pourquoi.

La tendance de long terme = un biais haussier ou baissier à exploiter

Le marché a un biais haussier dans une tendance de long terme haussière. Le marché a un biais baissier dans une tendance baissière de long terme. Cela signifie que :

  • Le marché monte plus souvent quand il est dans une tendance haussière.
  • Le marché baisse plus souvent quand il est dans une tendance baissière.

Donc d’un point de vue purement statistique, les positions shorts ont beaucoup moins de chances de réussite dans un marché haussier. A l’inverse, les positions acheteuses ont beaucoup moins de chances de réussite dans un marché baissier.

Mais voici le point le plus nuancé que je voudrais faire:

  • Peu importe le nombre d’études historiques que vous réalisez, vous ne savez pas quand une correction s’arrêtera dans un marché haussier.
  • Peu importe le nombre d’études historiques que vous réalisez, vous ne savez pas quand un rebond s’arrêtera dans un marché baissier.

Supposons que vous être en train de shorter le marché boursier haussier, car vous vous attendez à ce que le marché procède à une correction de plus de 6%.

Que se passe-t-il si le marché chute de -5,5%, puis rebondit et atteint un nouveau plus haut ? Attendez-vous que le marché chute exactement de 6% ou bien réduisez-vous vos pertes après que le marché ait atteint le nouveau sommet ?

Si la tendance de long terme est suffisamment forte (par exemple, les investisseurs achètent le moindre repli de la tendance haussière), alors même le plus petit objectif baissier a peu de chances d’être atteint !

Ne tradez pas dans le sens contraire de la tendance

L’inverse est également vrai. Supposons que vous êtes à l’achat dans un marché baissier et que vous vous attendez à ce que le marché rebondisse de 10%. Que se passe-t-il si le marché rebondit de 9% puis chute et atteint un nouveau plus bas ? Attendez-vous que le marché rebondisse exactement de 10% pour prendre vos profits ?

Dans un marché haussier, les corrections cesseront souvent sans aucune raison. Étant donné que les grands investisseurs institutionnels utilisent les corrections pour se positionner à l’achat, vous ne savez jamais quand la correction va se terminer. 

C’est également le cas pour les marchés baissiers. Les rallyes cesseront souvent sans aucune réelle raison. Étant donné que les grands investisseurs institutionnels utilisent les rallyes pour se débarrasser de leurs positions acheteuses, vous ne pouvez pas savoir quand ce rebond se terminera.

Votre timing est extrêmement important

Votre timing doit être d’une précision irréprochable si vous tradez dans le sens contraire de la tendance de fond. Pour ceux qui s’amusent à cette activité, voici la triste nouvelle : personne ne peut anticiper le marché avec une précision parfaite, en particulier les traders qui spéculent sur des horizons de temps de court terme.

Supposons que vous shortez le marché parce que vous vous attendez à une correction de 6%. Votre timing doit être extrêmement précis, car si le marché boursier augmente d’abord de 7%, puis perd 6%, vous serez toujours perdant sur votre position vendeuse. Il faut savoir qu’il est beaucoup plus facile pour le marché boursier de monter de 7% que de baisser de 6% dans un marché haussier. Le biais haussier naturel provoque cette distribution de probabilité asymétrique.

Vous ne pouvez pas garder votre position jusqu’à temps que vous ayez raison

La beauté du trading dans le sens de la tendance de long terme est que votre timing d’entrée et de sortie n’a pas besoin d’être très précis. Si vous entrez à l’achat à la veille d’une petite correction et que vous perdez de l’argent au départ, vous pouvez toujours attendre à ce que votre position soit rentable.

Par exemple, si le marché chute de 6%, puis 4%, il vous suffit d’attendre quelques semaines / mois avant que le marché corrige ces deux mouvements baissiers (le marché boursier a une tendance haussière sur du long terme).

En d’autres termes, vous pouvez vous permettre de conserver votre position perdante si vous êtes dans le sens de la tendance de long terme. Cependant, si vous négociez dans le sens contraire, vous avez plutôt intérêt à clôturer votre position perdante afin de limitezrvos pertes.

Théoriquement, votre risque est illimité lorsque vous vendez à découvert un marché haussier, car rien ne permet de savoir quel prix le marché va atteindre avant une correction majeure

Les signaux de contre-tendance peuvent être faux

Beaucoup de traders essaient de shorter un marché haussier « suracheté » ou d’acheter un marché « survendu ».

Cette pratique peut fonctionner si la tendance du marché haussier ou baissier n’est pas très forte. Mais il suffit que d’un seul mauvais positionnement dans un marché avec une forte tendance pour effacer tous vos précédents gains.

Un marché suracheté peut le devenir encore plus. Et un marché survendu peut devenir encore plus survendu.

S&P 500 "surchaté"

J’ai vu énormément de traders perdre beaucoup d’argent à shorter un marché haussier comme celui de 2013 à 2017. Chaque position acheteuse qu’ils ont placée était rentable, mais presque chaque position short représentait une perte massive. Il aurait été bien mieux de s’en tenir aux positions dans le sens de la tendance du marché.

Tendance haussière du S&P 500 en 2017
Tendance haussière du S&P 500 en 2013 et 2014

Vous ne devez pas toujours être long dans un marché haussier si vous pensez que le rallye est trop excessif et qu’une correction est imminente. Mais au moins, abstenez de shorter le marché haussier. Restez en cash.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, chaque trader doit d’abord savoir quelle est la tendance de long terme du marché avant de commencer à trader. Peu importe vos compétences de trading. Vous laisserez tôt ou tard votre capital à trader dans le sens contraire de la tendance de fond. Vous pouvez peut-être réussir une fois, deux fois ou trois fois, mais il y a un moment ou une seule de vos positions de contre tendance vous fera perdre la majorité de vos précédents gains.

Il est donc préférable de trader dans le sens de la tendance de long terme, c’est-à-dire spéculer sur la hausse dans un marché haussier et à la baisse dans un marché baissier.

Un excellent livre qui explique très bien ce principe est « Reminiscences of a Stock Operator ». Un best-seller que tout trader devrait lire.

Quel impact d’une hausse des taux d’intérêt sur la bourse

Les taux d’intérêt augmentaient aux Etats-Unis de la période allant de 2015 à 2018. Les experts de la finance misaient sur un krach des marchés boursiers, car la hausse des rendements obligataires allait rendre le marché actions moins attrayant. Bien évidemment ce krach n’a pas eu lieu. Mais le plus amusant dans tout ça, c’est que maintenant que les taux d’intérêt baissent, ces mêmes experts financiers annoncent que nous sommes au bord du krach, car « la Fed baisse ses taux d’intérêt en raison d’une dégradation de l’économie ».

Forcément, à force de toujours miser sur un scénario, il y a bien un moment ou ces « experts » auront raison. Dans cet article, nous allons étudier l’impact de la hausse des taux d’intérêt et des rendements obligataires sur le marché boursier

Le graphique suivant montre le cours du S&P 500. Les zones orange correspondent aux périodes ou les Fed Funds rate étaient en hausse tandis que les zones en bleue correspondent aux périodes ou les Fed Funds rate étaient en baisse.

Influence taux d'intérêt sur la bourse

Comme vous pouvez le constater, la remontée des taux d’intérêt n’est pas toujours baissier pour les actions. Dans les graphiques suivants, j’ai décidé d’utiliser le rendement du 2 ans US compte tenu du fait qu’ils suivent de façon assez fiable les mouvements des taux directeurs de la Fed.

Années 1990

Lorsque le rendement du 10 ans US augmentait, le S&P était soit à plat ou progressait de manière importante.

Evolution obligations et actions 1990

Années 2000

Dans les années 2000, le S&P s’est fortement apprécié alors que les taux d’intérêt augmentaient.

Evolution obligations et actions 2000

Années 2010

Depuis le début de cette décennie, le S&P 500 n’a fait que progresser malgré les régulières hausses des taux.

Evolution obligations et actions 2010

Conclusion

La corrélation du marché boursier avec la hausse des taux d’intérêt est totalement aléatoire.

  • Parfois, le marché boursier va baisser.
  • Parfois, le marché boursier va consolider.
  • Parfois, le marché boursier va augmenter.

Mais statistiquement, la bourse augmente plus souvent qu’il ne baisse lorsque le rendement du Trésor à 2 ans augmente (> moyenne à 52 semaines).

Impact hausse taux d'intérêt sur actions

Par conséquent, les investisseurs du marché actions devraient minimiser leurs décisions basées sur les taux d’intérêt et le marché obligataire. Même s’il existe actuellement une corrélation inverse entre les actions et le rendement à 2 ans sur du long terme, vous pouvez pas savoir quand cette corrélation s’inversera.

corrélation long terme obligations actions

Au lieu de cela, les investisseurs devraient se concentrer sur l’état de l’économie américaine. Le marché boursier et l’économie sont corrélés positivement sur le long terme.

Oui, les taux d’intérêt impacteront à un certain moment l’économie. Mais personne ne sait quel est ce niveau spécifique de taux d’intérêt! Cela pourrait représenter un taux de 3,5% du rendement du 10 ans US ou vient de 4%, 4,5% ou 5%. Personne ne sait. Ni même la Fed. C’est pourquoi il vaut mieux ignorer les taux lorsque vous tradez sur du long terme et vous concentrer sur des signes de détérioration économique et des signaux techniques baissiers pour vendre vos actions.

Pourquoi combiner l’analyse technique et l’analyse fondamentale pour trader ?

La plupart des traders particuliers se fient uniquement à l’analyse technique. Pour eux, « le prix est tout ». La plupart des investisseurs de long terme se fient quant à eux uniquement aux fondamentaux. Pour eux, l’analyse technique n’a aucune crédibilité, après tout, tout le monde peut tracer des lignes sur un graphique. Alors analyse technique ou analyse fondamentale ?

Personnellement, je suis quelque part au milieu (non je ne suis pas Suisse). J’utilise à la fois l’analyse technique et l’analyse fondamentale lorsque je trade. Et en le faisant, je combine le meilleur des deux. Voici pourquoi.

Ni l’analyse fondamentale ni l’analyse technique n’est le Saint Graal

Pour commencer, ni l’analyse fondamentale ni l’analyse technique n’est le Saint Graal. Les traders ont tendance à s’enfoncer dans le style d’analyse qu’ils ont utilisé lorsqu’ils ont débuté à trader. Si le trader gagne ses premiers 1000 € sur les marchés via une analyse technique, il finit généralement par devenir un « pro-technicien » utilisant exclusivement l’analyse technique. A l’inverse, s’il gagne ses premiers 1000 € sur les marchés via une analyse fondamentale, il finit généralement par devenir un trader / investisseur « pro-macro » utilisant exclusivement l’analyse fondamentale. Ensuite, comme ils utilisent de plus en plus leur stratégie technique ou fondamentale, cela devient ensuite presque une sorte de religion. 

Mais la réalité c’est que le Saint Graal n’existe pas dans le monde du trading. La psychologie humaine – la cupidité et la peur – anime les marchés financiers. Le trading n’est pas une science parce que la psychologie humaine est un mélange de science et d’art.

Le trading est comme la vieille histoire des trois aveugles et de l’éléphant. Chaque trader se fait une idée du marché, tout comme chacun des aveugles a sa propre idée de ce qu’est un éléphant. Alors, pourquoi voudriez-vous délibérément vous aveugler avec certaines données en ignorant les autres aspects du marché ?

Les traders purement techniques manquent complètement de données fondamentales utiles et les traders fondamentaux passent complètement à côté de signaux techniques utiles. N’oubliez pas que plus d’informations est préférable à moins d’informations

Il est plus courant que les traders professionnels soient de purs techniciens plutôt que des fondamentalistes. Les traders qui disent que « le prix est tout » sont trop paresseux pour vraiment comprendre et apprendre les fondamentaux. La réalité c’est que l’analyse fondamentale est beaucoup plus difficile à apprendre que l’analyse technique. N’importe qui peut lire un livre sur l’analyse technique, alors que l’analyse fondamentale est difficile à apprendre.

L’analyse technique et l’analyse fondamentale sont utilisées différemment

L’analyse fondamentale et l’analyse technique sont utilisées pour deux choses différentes parce qu’elles sont utilisées par deux catégories différentes d’investisseurs et de traders.

L’analyse fondamentale

analyse fondamentale est plus important sur du long terme

Les grands acteurs du marché utilisent les fondamentaux: les grands hedge funds, les investisseurs institutionnels, les fonds de pension, etc. Ces acteurs ne peuvent pas « acheter la moyenne mobile à 200 jours », car ils feraient fortement grimper le cours. Leur taille les oblige à prendre de grandes positions et les limite donc à l’analyse fondamentale. Ils ne sont pas assez petits ou agiles pour entrer et sortir quand ils veulent.

Ces grands investisseurs conservent leurs positions sur du moyen et long terme, car ils ont besoin de beaucoup de temps pour entrer et sortir du marché. Ils ne peuvent donc pas profiter des petites fluctuations à court terme du marché.

Par conséquent, ces grands investisseurs ont le plus grand impact sur l’orientation de moyen et long terme des marchés. Ils utilisent des principes fondamentaux pour prendre des décisions et effecteur ces transactions de moyen et long terme.

Même les traders de court terme doivent connaître la direction de moyen et long terme du marché sur lequel ils tradent compte tenu du fait que :

  • Le marché monte plus souvent qu’il ne baisse dans une tendance de long terme haussière.
  • Le marché baisse plus souvent qu’il ne monte dans une tendance de long terme baissière.

Le trading n’est qu’une question de probabilité. Les chances seront contre vous si vous tradez à l’encontre de la tendance de fond. Vous devez donc comprendre les fondamentaux pour connaître la tendance à long terme du marché.

*Beaucoup de traders considèrent les principes fondamentaux comme un ensemble de théories du complot. Ils « adaptent » les fondamentaux à leur vision du marché. Concentrez-vous sur les données. Ignorer les opinions non fondées.

L’analyse technique

analyse technique est plus important sur du court terme

L’analyse technique a tendance à être utilisée par les plus petits acteurs du marché, car les traders comprennent mal les fondamentaux. Comprendre les fondamentaux prend des années et demande des efforts. Or les traders ne se donnent généralement pas la peine de les étudier en profondeur. Ils croient en la « sagesse » conventionnelle en ce qui concerne les fondamentaux, mais cette « sagesse » a plus souvent tendance à être fausse que vrai. Par exemple, la grande majorité des traders pensent que la hausse des taux d’intérêt a un impact baissier sur les actions, or l’histoire nous prouve le contraire. Tout le monde peut dessiner des lignes sur un graphique ou repérer un double top. Comprendre les fondamentaux prend beaucoup plus de temps.

Ces petits acteurs du marché ont tendance à être des traders de court terme. Il faut dire que leur petite taille leur permet d’entrer et sortir du marché quand ils veulent. Ces traders de court terme ont tendance à faire la même chose, car ils ont tous appris la même analyse technique. Par exemple, ils achètent tous lorsque le momentum est survendu ou achètent lorsque le marché teste un support comme une moyenne mobile. Ce n’est pas leur faute puisque la plupart des ressources sur internet et en librairie suggère cela. En totalité, ces traders de court terme sont suffisamment importants pour avoir un impact sur la direction de court terme des marchés. C’est pourquoi l’analyse technique est plus fiable que l’analyse fondamentale pour le trading de court terme.

Conclusion

Comme vous pouvez le constater, l’analyse fondamentale et l’analyse technique présentent des défauts. Cependant, l’analyse technique peut être utilisée pour compenser les défauts de l’analyse fondamentale, et l’analyse fondamentale peut être utilisée pour compenser les défauts de l’analyse technique. Les meilleurs traders et investisseurs combinent les deux.

L’analyse fondamentale ne peut pas être utilisée pour choisir un prix d’entrée et de sortie. Il peut vous donner une indication générale : ACHETER ou VENDRE, mais ne peut pas vous dire quand précisément acheter. C’est là qu’intervient l’analyse technique.

De plus, les fondamentaux du marché ne sont parfois pas clairs ou neutres, ce qui peut provoquer une consolidation du marché. L’analyse technique fonctionne mieux pendant ces phases du marché.

En revanche, l’analyse technique a un gros défaut. L’analyse technique a tendance à devenir moins fiable que les fondamentaux lorsque ceux-ci sont suffisamment directionnels. Par exemple, l’économie et les bénéfices des entreprises étaient en forte croissance en 2017. Le marché n’a cessé de grimper et a ignoré tous les signaux techniques de vente. Vous devez donc savoir quels sont les grands principes de l’analyse fondamentale afin de prédire quand le marché va monter en flèche ou entrer dans un marché baissier.

Le Bêta, les Facteurs et l’Alpha en bourse

Les experts de la finance aiment décomposer la performance d’un investisseur / trader en 3 parties :

  • Le Bêta
  • Le Facteur
  • L’Alpha

Bêta

Le « bêta » mesure l’exposition de l’investisseur au marché. Par exemple, si l’indice S&P 500 augmente de 8% et que vous êtes à l’achat, vous gagnez 8% (=> c’est-à-dire uniquement grâce à votre exposition au marché).

Pourquoi le bêta est-il important ?

  • Parce qu’il ne sert à rien de payer des frais élevés à un gestionnaire de fonds dont la stratégie est la même que d’être 100% long sur le S&P.
  • Vous pouvez facilement répliquer cette performance bêta en achetant ETF sur le S&P 500. C’est une « stratégie » que vous pouvez facilement copier.

Facteur

Le « facteur » est un concept relativement nouveau qui a été accepté pour la première fois dans les années 90.

Un « facteur » est une caractéristique d’un titre qui entraîne sa surperformance sur du long terme. Il existe plusieurs facteurs populaires :

  1. Taille: historiquement, un portefeuille constitué d’actions de petite capitalisation tend à surperformer un portefeuille composé d’actions de grande capitalisation. Par conséquent, un investisseur qui achète un indice de petite capitalisation surperformera un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme. De 1927 à 2014, les actions à petite capitalisation ont surperformé les actions à grande capitalisation de 3,4% en moyenne par an.
  2. Valeur: historiquement, un portefeuille constitué d’actions de valeur « sous-évaluées » tend à surperformer un portefeuille d’actions « surévaluées ». Par conséquent, un investisseur qui achète un indice d’actions sous-évaluées surperformera un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme. De 1927 à 2014, les actions de valeur ont surperformé les actions de croissance de 5% en moyenne par an.
  3. Momentum/Croissance: les actions qui ont récemment surperformé ont tendance à surperformer à court terme. Par conséquent, un investisseur qui achète un indice composé d’actions de croissance aura un rendement supérieur à celui d’un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme.
  4. Qualité et rentabilité: les titres peu endettés avec des bénéfices stables et une gestion saine tendent à surperformer les titres fortement endettés, avec des bénéfices volatils et un mauvais management. Par conséquent, un investisseur qui achète un indice boursier de qualité surperformera un investisseur qui achète le S&P 500 sur du long terme.
  5. Volatilité (pari contre le bêta): les actions à faible volatilité ont tendance à surperformer les actions à forte volatilité lorsqu’elles sont ajustées au risque. Par conséquent, un trader peut tirer profit d’un effet de levier sur des actions à faible volatilité pour surperformer le S&P 500.

Les « facteurs » sont importants, car un investisseur ou un trader peut répliquer facilement et à moindre coût ces catégories d’actions qui surperforment sans avoir à payer des frais élevés.

  • Dans le passé, les bons investisseurs et les gestionnaires de fonds vantaient souvent leur surperformance comme un « alpha » (leur propre compétence), alors qu’en réalité, ils ne faisaient que suivre certains de ces facteurs. Les investisseurs non informés payaient des frais de gestion élevés à ces gestionnaires de fonds, car ils pensaient que la surperformance du fonds résultait de la compétence (alpha) du gestionnaire.
  • Lorsque la surperformance peut être expliquée par des « facteurs », les investisseurs et les traders peuvent facilement reproduire cette surperformance par eux-mêmes et à moindre coûts grâce à des ETFs.

Exemple : Un gestionnaire de fonds se compare au S&P 500.

  1. De 1997 à nos jours, le S&P 500 affiche un rendement annuel moyen de 7,2%.
  2. Depuis 1997, le gestionnaire de fonds gagne en moyenne 8,1% par an.

Le gestionnaire de fonds se vante de ses prouesses en matière d’investissement. En réalité, le gestionnaire de fonds n’a fait que basculer son portefeuille vers les actions à faible capitalisation boursière (taille). Cette décision expliquait toute la « surperformance ». (Historiquement, les petites capitalisations boursières ont tendance à surperformer).

Performance des petites capitalisations boursières vs grandes capitalisations boursières

Plutôt que payer à votre gestionnaire de fonds des frais exorbitants, vous pouvez facilement vous renseigner sur les facteurs qu’il utilise et reproduire sa surperformance.

Alpha

L’« Alpha » est la vraie compétence d’un trader/investieur. Les rendements générés par l’« alpha » ne peuvent pas être répliqués par un fonds commun de placement (FCP) ou un tracker (ETF), car ces rendements sont générés par les compétences, la stratégie, l’intelligence du gestionnaire de fonds. L’alpha ne peut pas être qualifié ou répliqué par un facteur.

Le problème avec les facteurs

L’investissement suivant un ou plusieurs facteur(s) pose un problème. Tous les facteurs peuvent sous-performer pendant de très longues périodes. En fait, cela est vrai pour tout ce qui concerne l’investissement et le trading.

  1. De bonnes stratégies de trading qui surperforment à long terme peuvent sous-performer à court terme.
  2. Les facteurs qui surperforment à long terme peuvent sous-performer à court terme.

Le problème est que le « court terme » peut durer 10 ans. Par exemple, les actions de « valeur » ont tendance à surperformer sur du long terme. Cependant, les actions de valeur peuvent traverser des périodes de 10 à 15 ans au cours desquelles elles sous-performent. L’exemple le plus récent concerne la période 2009-2018, dans laquelle un panier de titres de valeur aurait sous-performé le S&P 500.

En d’autres termes, les facteurs ne sont pas suffisamment fiables.

Voici un exemple de Jeremy Siegel. De 1927 à 2014, les actions de petite capitalisation (le facteur « taille ») ont surperformé de près de 2% en moyenne par an.

Cependant, cette surperformance a entièrement eu lieu de 1975 à 1983. Sans cette période de surperformance, investir dans des actions de petite capitalisation aurait produit exactement le même rendement que le S&P 500.

Performance small caps vs large caps

Le problème pour les investisseurs et les traders est qu’il est impossible de prédire de manière précise le facteur qui surperformera à l’avenir.

Vous ne pouvez pas savoir si ce sont les actions de « croissance », de « petites capitalisations » (taille) ou « sous-évaluées » (valeur) qui vont surperformer à partir de l’année prochaine.

Par conséquent, un investisseur ou un trader qui compte sur des facteurs pour surperformer devra faire face à de longues périodes de sous-performance et accepter ces périodes comme faisant partie du jeu. Pour éventuellement surperformer sur du long terme,  vous devrez accepter le fait que vos performances seront inférieures au marché pendant certaines longues périodes.

Réflexion sur l’investissement factoriels

Les facteurs semblent attrayants. En fin de compte, tout ce que vous avez à faire pour surperformer est d’acheter un indice qui privilégie les facteurs de surperformance.

Par exemple, au lieu de trader / investir dans le S&P 500, trader / investir dans le S&P 600 (un indice de petites capitalisations boursières). Historiquement, le facteur « taille » des petites capitalisations a tendance à surperformer.

Cela semble être une bonne idée sur papier, mais de nos jours, cela peut se passer différemment.

Plus quelque chose est popularisé sur les marchés, moins elle a tendance à fonctionner. Ces facteurs sont compris et diffusés à un rythme de plus en plus rapide.

Cas de Warren Buffet

  • Par le passé, l’investissement factoriel fonctionnait bien, car ces facteurs étaient relativement inconnus. Des personnes comme Warren Buffett ont été parmi les premiers à en profiter.
  • Étant donné que l’investissement factoriel est bien connu de nos jours par les investisseurs institutionnels, il est possible que cela ne fonctionne pas aussi bien à l’avenir.

Warren Buffett a toujours privilégié le facteur « valeur » (sous-évalué/surévalué). Cependant, les performances de Warren Buffett se sont considérablement détériorées au fil du temps. Au début de sa carrière, la concurrence dans le secteur financier était bien moindre. Il y avait moins d’investisseurs à la recherche d’actions de valeur, ce qui signifiait que Buffett pouvait facilement trouver des offres très bon marché.

Aujourd’hui, de nombreux investisseurs recherchent des actions de « valeur » ce qui a rendu les actions de valeur plus chères. La conséquence est que les actions de « valeur » affichent une performance moins remarquable que par le passé.

Il suffit de comparer la performance du fond de Warren Buffet (Berkshire Hathaway) face au S&P 500 pour constater qu’il a surtout surperformé les marchés avant les années 90 et surperforme désormais beaucoup moins souvent depuis le début des années 2000.

Performance Berkshire Hathaway vs S&P 500

Une stratégie connue finit par sous-performer

C’est le plus gros problème du secteur financier. Pour réussir dans le secteur financier, il faut une certaine opacité. Au final, la surperformance est un jeu à somme nulle. Pour que quelqu’un puisse surperformer, quelqu’un d’autre doit sous-performer.

  • Surperformer était facile à une époque (par exemple, il y a 30 ans) où la plupart des gens avaient un accès limité à l’information financière.
  • Surperformer est difficile aujourd’hui, car la plupart des gens ont un accès presque illimité à l’information financière.

En d’autres termes, plus un élément qui « fonctionne » est partagé, moins il devient utile au fil du temps. Ce problème se pose dans tous les jeux à somme nulle tels que le trading et les jeux.

Prenons l’exemple d’un joueur de poker.

  • Il est facile pour un joueur de poker professionnel de gagner s’il est entouré d’amateurs, car il possède des connaissances que les autres joueurs amateurs n’ont pas.
  • Par contre, il est difficile pour un joueur de poker professionnel de gagner s’il est entouré par d’autres professionnels armés de connaissances et de stratégies similaires.

Il y a de plus en plus de professionnels dans le jeu de la Finance. Dans les années 1940, 90% des actions américaines étaient détenues par des ménages, donc par des personnes peu informées des marchés. Aujourd’hui, plus de 80% des actions américaines sont la propriété d’institutions.

Grâce à Internet et à sa capacité à diffuser rapidement l’information, il est de plus en plus difficile de surperformer de manière constante. Les stratégies comme l’investissement factoriels qui fonctionnaient auparavant sont dorénavant bien connues, ce qui les rend moins efficaces à l’avenir.

Les professionnels surperforment de moins en moins les marchés

Un rapport du Crédit Suisse datant de 2013 montre l’écart type moyen sur 5 ans des rendements excédentaires dans les fonds communs de placement à grandes capitalisations américaines de 1967 à 2013.

  • Si l’écart type est élevé, cela signifie que certains gestionnaires de fonds professionnels affichent des performances exceptionnelles, c’est-à-dire une grande dispersion par rapport à la stratégie d’achat et de conservation (« buy and hold »).
  • Si l’écart-type est faible, cela signifie que de plus en plus de gestionnaires de fonds professionnels ont des performances proches de la stratégie buy and hold.
Rapport 2013 Crédit Suisse

Comme vous pouvez le constater, les investisseurs professionnels et les traders sont de plus en plus indifférents en termes de performance. Bien sûr, certains fonds surperformeront certaines années et d’autres sous-performent. Mais en moyenne, les performances des stratégies connues se rapprochent de ceux d’un investissement passif sur un indice diversifié. C’est pourquoi, même les plus grands investisseurs et traders tels que George Soros et Stan Druckenmiller n’ont pas réellement fait mieux que la stratégie buy & hold ces dernières années.

Au fil du temps, les primes (surperformance) liées aux facteurs de taille, de valeur et de bêta du marché ont toutes diminuées. Les actions « à petite capitalisation » et « sous-évaluées » sont de plus en plus corrélées à un indice diversifié.

Cas des petites capitalisations boursières

Les choses changent avec le temps. Dans le passé, les actions à petite capitalisation ont surperformé. Mais peut-être que ce ne sera plus le cas à l’avenir.

Les actions de petite capitalisation ont tendance à surperformer, car les meilleures entreprises étaient toutes petites à un moment donné. Par exemple, Apple était autrefois une petite entreprise, Google était une fois une petite entreprise, Amazon était une fois une petite entreprise.

Ainsi, un portefeuille orienté vers les actions à petite capitalisation peut capitaliser sur la croissance explosive de ces futures grandes sociétés.

Mais les temps changent. Dans le passé, les petites entreprises décidaient de s’introduire en bourse pour lever des capitaux. Aujourd’hui, les petites entreprises prometteuses restent privées plus longtemps grâce au financement des fonds de capital-risque (comme par exemple Uber et Airbnb).

A l’avenir, les meilleures entreprises ne seront peut-être pas « petites » et accessibles au public. Les meilleures entreprises resteront peut-être « petites » et privées et ne deviendront publiques qu’une fois qu’elles seront grandes. Cela affectera les portefeuilles orientés vers les actions à petite capitalisation, car ils ne peuvent pas investir dans les meilleures actions à petite capitalisation si ces actions ne sont pas sur les marchés publics.

Dernier problème avec les facteurs

L’autre grand problème en matière d’investissement / de trading est qu’il faut utiliser le même facteur sur une très longue période.

  • Tous les facteurs traversent des périodes de sous-performance. Ces périodes peuvent durer très longtemps (comme par exemple 10 ans).
  • A l’inverse, tous les facteurs traversent des périodes de surperformance.

Si vous abandonnez un facteur après une période de sous-performance, vous pourriez simplement vous en débarrasser juste avant qu’elle surperforme. En d’autres termes, changer activement de facteur peut conduire à vendre avant que le facteur surperforme et acheter une fois qu’il a fini de surperformer.

En bourse, le « court terme » peut être de 10 à 20 ans. Par exemple, les actions surperforment les obligations à long terme (c’est-à-dire plus de 40 ans). Cependant, …

  • Les actions ont sous-performé les obligations de 1998 à 2008 (10 ans).
  • Les actions ont sous-performé les obligations de 1968 à 1982 (14 ans).

Sachant cela, vous déciderez peut-être de vous en tenir à un seul facteur / une stratégie à la fois. Mais prendre cette décision pose également un autre problème.

Certains facteurs qui ont surperformé dans le passé peuvent peut-être cesser définitivement de surperformer à l’avenir. Après tout, comment faire la différence entre une période de sous-performance « temporaire » et une sous-performance permanente ?

Conclusion

En conclusion, investir / trader selon un ou plusieurs facteur(s) est très incertain et peu fiable. Avec la forte compétition et la quantité d’informations disponibles sur internet, les marchés financiers se sont grandement complexifiés, même pour les professionnels.

De nos jours, il faut un réel « alpha » (compétence) pour surperformer les marchés et ne plus se contenter d’acheter les actions d’un facteur particulier.

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