La saisonnalité en bourse : mythe ou réalité ?

Régulièrement, la saisonnalité du marché boursier fait les grands titres et tous les investisseurs en parlent. Le fameux adage “Sell in May and go away” qui veut littéralement dire « Vendez en mai et partez » est sans doute le modèle de saisonnalité le plus connu. Sinon, nous entendons également beaucoup parler de « l’Effet de Janvier » et du fameux « Santa Rallye ».

Les médias financiers ont tendance à mettre beaucoup l’accent sur les facteurs de saisonnalité. À mon avis, les facteurs de saisonnalité sont d’une importance minime comparée aux fondamentaux et des aspects techniques du marché boursier. En réalité, une grande partie de la saisonnalité du marché boursier est le fruit du hasard.

Le principal problème avec la saisonnalité, c’est qu’elle change avec le temps. Par conséquent, la saisonnalité du marché boursier observée aujourd’hui n’aura probablement rien à voir avec celle dans 20 ans.

Par exemple, saviez-vous que depuis 1950, les six meilleurs mois pour investir dans le S&P 500 étaient de novembre à avril, mais qu’avant 1950, ils étaient de mars à août ?

Saisonnalité du marché boursier

J’ai pris ici l’exemple du S&P 500, car le CAC 40 a été créé trop récemment (1987) pour réaliser des études statistiques mensuelles fiables, mais les observations sont un peu près les mêmes.

Dans cet article, nous allons examiner en profondeur les modèles de saisonnalité les populaires du marché boursier et voir si certains peuvent nous être utiles.

Sommaire :

  1. La probabilité aléatoire que le marché boursier monte un mois donné
  2. Le rallye de fin d’année (« Santa Claus Rallye »)
  3. « Vendez en mai et partez » (« Sell in May and go away »)
  4. Les élections de mi-mandat (« Midterm Elections »)

Probabilité aléatoire de hausse du marché boursier un mois donné

Commençons par le commencement avec le calcul d’un benchmark afin de pouvoir ensuite comparer les statistiques des modèles de saisonnalité. Voici ci-dessous la probabilité que le S&P 500 termine en hausse sur un mois donné depuis 1950 :

Probabilité de terminer en hausse
Janvier61%
Février55%
Mars63%
Avril72%
Mai59%
Juin54%
Juillet58%
Août55%
Septembre46%
Octobre60%
Novembre69%
Décembre74%
Probabilité de hausse du S&P 500 selon le mois

Rallye haussier de fin d’année (« Santa Claus Rallye »)

Le rallye haussier de fin d’année (également appelé « Santa Claus Rallye ») fait référence à la tendance du marché boursier à augmenter en décembre, en particulier lors de la dernière semaine de l’année (entre Noël et le Nouvel An). La justification de cette saisonnalité est que les investisseurs ont tendance à être heureux pendant les fêtes de Noël, ils achètent donc plus d’actions ce qui fait grimper les cours des actions.

Il n’est pas explicitement dit que le Santa Rallye fait référence à la dernière semaine de l’année, mais c’est souvent ce qui est communiqué. Analysons ensemble la performance des 5 dernières séances de chaque année du S&P 500.

Performance saisonnalité Santa Rallye bourse

Comme vous pouvez le constater dans le graphique ci-dessus, le marché boursier s’est très bien comporté lors du Rallye de fin d’année entre les années 1950 et 1980, après quoi les performances ont été plus irrégulières. Cela montre une nouvelle fois que les saisonnalités changent dans le temps. Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être pas dans 10, 20 ou 30 ans.

Testons maintenant les deux dernières semaines de chaque année (10 dernières séances).

Pour ce qui est des 10 dernières séances de chaque année, les performances ont tendance à être un peu plus régulières, mais d’un point de vue statistique, il y a autant d’échantillons négatifs (19).

Cette observation est également similaire sur l’ensemble du mois de décembre !

Performance saisonnalité Santa Rallye bourse 3

CONCLUSION sur le Santa Rallye : la dernière semaine ou les deux dernières semaines de l’année ne montrent pas de probabilités de gain plus élevées que sur l’ensemble du mois de décembre. La bourse a tendance à bien se comporter en décembre (74% de probabilité d’être en gain). CEPENDANT, cela ne signifie pas que le marché boursier ne peut pas chuter, comme l’ont démontré les statistiques ci-dessus. Le Santa Rallye a en effet une légère tendance haussière, mais ne vous positionnez pas sur les actions simplement parce que « c’est le rallye de fin d’année ! »

Sell in May and go away

« Sell in May and go away » est une expression courante que les traders et les investisseurs utilisent. Il fait référence à l’idée que le marché boursier a tendance à sous-performer de mai à octobre et à surperformer de novembre à avril.

Performance saisonnalité Sell in May and go away bourse

Comme nous pouvons le constater dans le graphique, le mois de mai n’est effectivement pas le mois le plus intéressant pour commencer à investir en bourse. Le mois de septembre a tendance à être le pire. Le mois à partir duquel il faudrait acheter le S&P 500 diverge au sein de la communauté. Certains préfèrent le mois d’octobre au mois de novembre.

Afin de savoir quel est le meilleur moment, nous allons procéder à trois simulations différentes, à savoir :

  1. Achat du S&P 500 en 1950 (Buy & Hold).
  2. Achat du S&P 500 de début novembre à fin avril chaque année depuis 1950.
  3. Achat du S&P 500 de début octobre à fin avril chaque année depuis 1950.

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, si vous aviez suivi l’une des deux stratégies qui consistait d’acheter le marché à chaque mois d’octobre ou de novembre et de vendre fin avril (« Sell in May »), vous auriez sous-performé le marché dans les deux cas. « Vendre en mai » n’est pas donc pas forcément la meilleure idée à suivre.

Stratégie de trading Sell in May and go away bourse

Elections de mi-mandat

Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis sont rarement favorables au parti politique du président en exercice. 37 des 41 midterms se sont soldées par un recul du parti du président à la Chambre des représentants, le seul organe du pouvoir à être intégralement renouvelé lors de ces scrutins d’après Ipsos France. George W. Bush, au lendemain du 11 septembre, était le seul président capable de gagner des sièges à la Chambre ET au Sénat.

Au cours des cycles présidentiels américains (cycle de 4 ans), les années d’élection de mi-mandat sont souvent les meilleures. Elles ont lieu la troisième année après l’élection du président. Les dernières en date étaient celles de 2019 après l’élection de Donald Trump en 2016.

Voici ce qui arrive au S&P 500 après les élections de mi-mandat (3e année du cycle présidentiel) :

Saisonnalité bourse élections de mi-mandat US

Comme vous pouvez le constater, le marché boursier a eu une forte tendance à progresser les mois ayant suivis les élections de mi-mandat.

Conclusion

En conclusion, la saisonnalité en bourse est loin d’être une science. Certains mois ou certaines saisons montrent certes des tendances, mais les probabilités sont souvent trop faibles pour baser ses décisions d’investissement sur celles-ci.

Sauf les élections de mi-mandat, il n’y a aucune raison fondamentale qui justifie de vendre le marché boursier en mai ou de l’acheter en décembre pour profiter du « Santa Rallye ».

Le marché boursier a peut-être tendance à sous-performer certains mois, mais tous les mois sont plus souvent haussiers que baissiers dans le temps (sauf septembre avec 46% de probabilités).

Par conséquent, je ne prêterai pas grande attention à la saisonnalité du marché boursier que tout le monde connaît. Je préfère suivre des signaux avec des probabilités de réussite de +80% que de suivre des cycles avec des probabilités de réussite de 50-60%.


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Disclaimer

Cet article est uniquement à titre d\'information générale et ne vise pas à fournir des conseils ou des recommandations personnalisés. Rien ne garantit que les opinions ou stratégies discutées ici conviennent à tous les investisseurs ou donneront des résultats positifs. Investir comporte des risques, y compris une éventuelle perte de capital. Les prévisions économiques énoncées peuvent ne pas évoluer comme prévu et sont sujettes à changement.

2 Commentaires

  • alain grousset

    Bonsoir, il existe de fugaces saisonalités mais qui s’estompent assez rapidement.Parmi celles-ci on peut citer que la probabilité d’avoir une bonne semaine boursière était supérieure à la moyenne quand il faisait beau (météo ensoleillée) le lundi.Ceci était vrai quand les opérateurs n’étaient pas des robots mais des hommes et des femmes qui étaient plus optimistes, donc acheteurs en allant au travail avec le soleil. Dans cet exemple, qui a été mis en pratique par Jim Simons, il fallait réaliser un arbitrage entre 2 Bourses suivant la météo respective.L’espérance n’était que légèrement positive mais cela suffisait à avoir de bonnes performances à cause du levier.A propos de l’adage sell in May and go away, il existe un article de Star Capital qui montre un très faible gain si on vend en mai et que l’on achète des obligations de mai à octobre.Ceci dit, les conclusions ne seront pas forcément valables avec des taux très faibles, tels que nous les connaissons actuellement

    • Valentin Aufrand

      Bonsoir Alain,
      Merci pour vos éclaircissements…
      Il faudrait backtester cette stratégie pendant la période des années 30-40 pour avoir une idée de ce qui pourrait se passer en ce moment.
      Valentin

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